Le Premier ministre, M. Driss Jettou a annoncé, mercredi à Rabat, l'intégration prochaine des caisses internes de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) et de l'Office national de l'Electricité (ONE) au Régime Collectif d'Allocations de Retraites (RCAR).
Intervenant lors de la réunion de la Commission nationale chargée de la réforme du système de retraite, M. Jettou a souligné que le processus d'intégration des systèmes internes de retraite de certains établissements publics au sein du RCAR s'inscrit dans le cadre des réformes urgentes engagées par le gouvernement dans le but de faire face à la situation "délicate" que connaissaient certains systèmes de retraite et qui risque de menacer leurs équilibres financiers sur le moyen terme.
L'ensemble de ces opérations d'intégration devront coûter aux caisses de l'Etat quelque 55 milliards DH, a relevé le Premier ministre, faisant remarquer que si ces mesures permettent d'alléger la pression en termes de temps, elles ne constituent pas pour autant une alternative à une réforme globale du système de retraite au Maroc.
Une telle réforme constitue une nécessité dictée par les données objectives relatives aux mutations sociodémographiques que connaît le Maroc, a souligné M. Jettou, ajoutant que l'ensemble des intervenants (gouvernement, acteurs socio-économiques) sont appelés à s'acquitter de leur responsabilité pour épargner les systèmes de retraite d'une crise imminente qui résulterait de l'absence de solutions appropriées.
Il a ainsi souligné que le gouvernement s'engage, à travers le dialogue et la concertation, dans le traitement de ce dossier, l'objectif étant d'aboutir à des décisions consenties par l'ensemble des partenaires.
M. Jettou a par ailleurs relevé que l'augmentation de l'espérance de vie en général et celle de la population active en particulier a eu des répercussions sur l'équilibre démographique du système de retraite.
L'ensemble de ces facteurs, a soutenu M. Jettou, ont poussé de nombreux pays (Finlande, Canada, Mexique, Pologne) à opter pour des réformes visant essentiellement le relèvement de l'âge légal de retraite (entre 65 et 69 ans), la révision du taux des cotisations (18 pc en Hollande et 28 pc en Espagne) et la révision de l'assiette de calcul de la retraite en prenant en considération le salaire moyen d'une période déterminée au lieu du dernier salaire servi.
Présentant le rapport sur la première phase des travaux de la Commission nationale chargée de la réforme du système de retraite, le rapporteur de ladite commission, M. Thami El Barki, a dressé un diagnostic de la situation actuelle du système de retraite, relevant que le recul du taux démographique de ce système est à même de provoquer, à l'horizon 2010, un premier déficit des caisses de retraite et une rupture des provisions en 2016, ainsi que l'augmentation de 20 à 31 pc des taux de prélèvement.
M. El Barki a ajouté que le rapport de la Commission conclut notamment à la vulnérabilité des équilibres démographiques du système de retraite, l'aggravation des engagements et la mauvaise gestion de certaines caisses, soulignant à cet égard l'importance d'adopter un système unique de retraite qui prendrait en considération l'ensemble des données démographiques et socio-économiques actuelles et futures.
La seconde phase des travaux de Commission nationale devra se pencher sur l'élaboration d'un plan de réforme devant être adopté avant fin 2007, a-t-il fait savoir. |
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