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Obama, et la France en miroir… | 05 novembre 2008

 Le 44ème président des Etats-Unis est donc noir, ou métisse. « Africain-américain » dans la terminologie américaine. Son père, Barack Obama Senior était Kenyan, de culture musulmane. Il s'agit là, bien sûr, d'une formidable révolution, en Amérique d'abord, 44 ans après le Civil Right Act qui a aboli en pratique la ségrégation et 7 ans après les attentats du 11 septembre qui ont entraîné une série de mesures répressives ciblant en particulier la communauté musulmane américaine. Par contrecoup, ou effet de miroir, c'est aussi, de fait, un événement fondamental pour la France dans la mesure où l'élection de Barack Obama, en tant que symbole, ou symptôme d'une société réconciliée, post-raciale où la race en tant que construit social n'est plus un marqueur discriminant, doit nous alerter sur les faiblesses de notre modèle national.
 
Il ne s'agit pourtant pas de hâter l'analyse et d'en tirer la conclusion péremptoire selon laquelle notre République ne vaut rien parce qu'aucun représentant de ce que l'on appelle pudiquement les « minorités visibles » n'a encore été élu président de la République. L'élection d'Obama obéit en effet à une évolution profonde et rapide de la nation américaine et de sa capacité, tout au long de cette dernière décennie, à synthétiser de façon positive la diversité culturelle qui est à son fondement et qu'illustre la devise « E pluribus unum » (l'unité à partir de la diversité).

Ce phénomène de régénération permanente de la nation américaine, en dépit des caractéristiques structurelles d'une société marquée par de profondes inégalités, est pourtant stupéfiant et contraste avec nos difficultés hexagonales à penser et admettre le multiculturalisme. De cela, sans doute, nous pouvons déjà nous inspirer.

Car Obama incarne, jusque dans les limbes de la société américaine, le changement radical dont il se fait l'apôtre et qui, au fond, avait échappé à ceux qui, depuis Paris, se gaussaient de la société balkanisée, au bord de l'explosion et sous le joug d'une pernicieuse dictature des minorités alimentée par la surenchère identitaire et la concurrence mémorielle : vision erronée et abstraite, teintée d'une bonne dose d'anti-américanisme, qui s'est pendant longtemps focalisée sur les méfaits de l'Affirmative Action, dont les programmes sont désormais, un peu partout, démantelés mais qui n'en ont pas moins produit maintes trajectoires d'excellence et sans lesquels, par exemple, Obama ne serait pas rentré à Harvard...Lire la suite
 
 
Article du camarade Karim Amellal, membre fondateur de notre collectif.

Publié par razane à 18:36:04 dans actualité | Commentaires (0) |

Interview Libération | 30 octobre 2008

 Retrouvez-moi aujourd'hui dans la rubrique Politiques de Libération. Interview de Xavier Renard.

Voici le lien vers l'article sur le net : "L'école sert les héritiers..."

Publié par razane à 10:31:03 dans actualité | Commentaires (0) |

Jeudi 16/10/2008 : Emission "VIP" sur Demain TV. | 13 octobre 2008

 Je suis l'invité, en compagnie de Thomté Ryam, de Vanessa Dolmen, dans le cadre de son émission "VIP" sur Demain TV, Jeudi prochain, le 16/10/2008, à 20H15. Demain TV est diffusée par la TNT.

Publié par razane à 17:52:07 dans actualité | Commentaires (0) |

Mabrouk Aïd | 01 octobre 2008

Publié par razane à 12:37:51 dans actualité | Commentaires (0) |

L’érosion de la colère, par JM Couvreur, philosophe | 28 juillet 2008

 Ce qui se passe insensiblement, ce à quoi on assiste dans nos sociétés fatiguées, c'est à un recul de la fureur. La fureur est un concept intéressant pour désigner la réaction qui se manifeste quand on a de bonnes raisons de croire que des conditions pourraient être changées et qu'elles ne le sont pas, comme le précise Hannah Arendt dans Crises of the Republic. On n'entre jamais en fureur devant une catastrophe naturelle, c'est plutôt l'affliction, le désespoir qui se répandent. Face à ce qu'on ne peut modifier, des tonalités affectives diverses apparaissent mais jamais la fureur. Celle-ci ne naît « que lorsque notre sens de la justice est bafoué ».

Car là est le mal. Le mal ne consiste pas dans un excès mais dans un déséquilibre. Le mal n'est pas de voir tel dirigeant d'entreprise gagner un salaire mirobolant, après tout le goût de la richesse peut être contestable mais n'est pas en soi gênant, n'est pas en soi un mal. La tension douloureuse apparaît dans la corrélation qu'on peut établir entre ce gain extrême et l'extrême démunition de ceux qui se battent pour survivre. Là commence l'intolérable. Or il existe quelque chose de plus insupportable que tout, c'est la mauvaise foi dénégatrice de ceux qui contestent l'existence d'un rapport entre possédants et aliénés. Interpréter comme une fatalité naturelle une situation dont les ressorts sont exclusivement humains et donc modifiables par définition a quelque chose de fondamentalement inadmissible, propre à soulever des tempêtes sociales. Former le lien entre ceux qui, dans l'organisation du travail, bénéficient des fonctions les plus prestigieuses ou qui peuvent se dispenser d'une activité laborieuse et ceux qui n'ont pas d'autre choix que de devoir fournir sans relâche leur énergie et leur corps pour subsister. Quand on parle de mérite, critère à priori pertinent puisqu'il repose sur l'effort et la compétence, c'est-à-dire sur la volonté et la nature, on oublie souvent que beaucoup ayant entretenu leurs dispositions par un réel exercice ont dès le départ eu le seul mérite d'être bien nés; il y a là un critère tacite que l'on omet car il est politiquement incorrect et irritant. D'autre part, la faiblesse du mérite, c'est de s'appuyer sur des éléments considérés comme évidents (la persévérance, le talent) et inhérents à ce que, de manière nébuleuse, on nomme le caractère, le tempérament. Or ces données ne font l'objet d'aucune analyse, d'aucune inspection de l'esprit : comment devient-on déterminé ? Qu'est-ce qui préside à la constitution de la volonté chez un être ? D'où vient le talent ? Est-ce naturel ? Est-ce à dire génétique ? Voilà que, dès qu'on pousse un peu la réflexion, on se sent encombré de questions non posées qui auraient bien fait de l'être mais il est ô combien plus confortable de se rassurer avec des réponses toutes faites ! ...Lire la suite

Publié par razane à 14:57:55 dans Qui Fait La France | Commentaires (0) |

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