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Un petit mot sur ma surprise
quant aux chiffres de la mobilisation annoncés au journal de 20H. Le
présentateur fait mention des chiffres de la préfecture qui évaluaient la
mobilisation à 65 000 personnes sur Paris ! Certes, il a également
fait mention des chiffres des syndicats ; mais je suis resté stupéfait
devant cette évaluation alors que je rentrais tout juste de cette
manifestation. Le décalage est abyssale entre ce que j'ai vu et ce qu'ont pu
voir les services de la préfecture ! C'est lamentable de voir qu'on paie
des gens à compter les manifestants, si c'est pour ensuite trafiquer les
chiffres.
Au soir de la manif, Sarkozy, qui manifestement est revenu de son « Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit », avait jugé « légitimes » les inquiétudes exprimées face à la crise. Et d'ajouter qu'il allait faire acte de « pédagogie, d'explication » face à cette crise.
Et d'envoyer ses lieutenants pour ressasser son message dans les médias, lequel pourrait se résumer dans la bouche de Brice Hortefeux « Nous sommes attentifs mais on ne va pas changer de cap » (propos tenus sur RTL dimanche dernier).
Le discours est proprement hallucinant, voire à la limite de prendre les gens pour des imbéciles à ce point tel que l'Empereur (cf le livre du gars Duhamel La Marche consulaire que je trouve déplacé de la part d'un chroniqueur politique si bon d'habitude, et dont on pourrait attendre qu'il produise de l'analyse de nature à nous éclairer plutôt que d'aller s'aventurer à comparer Sarko à Bonaparte)... l'Empereur, disais-je, est disposé à faire acte d'explication. Avant je ne vous écoutais pas, maintenant je vous écoute mais je ne tiens pas compte de ce que vous dites, à la limite je me dis que vous n'avez pas compris mes projets et je vais m'empresser de vous les expliquer, idiots que vous êtes.
Mais ce que Sarkozy n'a pas bien saisi, c'est que nous avons fort bien compris ses projets, d'ailleurs nous les subissons de plein fouet, et que nous n'en voulons pas. La manifestation n'était pas l'expression d'une inquiétude face à la crise, mais bien un refus du projet Sarkozyste. Tous les slogans que j'ai entendu à cette manifestation, des syndicats, du personnel hospitalier, de la psychiatrie, de la justice, des sans-abris, des étudiants, des fonctionnaires, des travailleurs sociaux, et même de quidams isolés, concourent tous à dire la même chose : On ne veut pas du projet de société de Sarkozy !
Alors que sa clique de boutiquiers aille squatter les médias pour réduire, dans leur discours, cette manifestation à l'expression d'une inquiétude face à la crise n'y changera rien. Seulement, ces boutiquiers nous indiquent par leur verbiage déplacé le niveau de leur surdité.
En plus de nier les ressorts profonds de cette ire populaire, ces mêmes boutiquiers en arrivent à chercher à faire culpabiliser le peuple... vous vous rendez compte, ce n'est pas le moment de faire grève, avec la crise et tout le tutti quanti... et puis quoi encore, à cette cadence ils vont bientôt nous inventer la manif du quand tout va bien !
J'ai manifesté parce que, comme tous les manifestants, je refuse le projet de société que nous imposent nos gouvernants actuels. Je refuse un projet qui sert quelques uns au détriment du peuple, un projet de société qui avait auguré sa mise en branle par un premier acte significatif : la mise en place d'un bouclier fiscal pour les plus fortunés et la décision du président fraîchement élu d'augmenter de façon significative son salaire ainsi que celui de ses boutiquiers. Ailleurs, un Obama a auguré son investiture par la décision d'une fermeture de l'ignominie (Guantanamo), d'un soutien significatif aux plus pauvres et d'une main tendue à tous pour un nouvel espoir pour plus de justice et de paix.
La manif était belle, parce qu'il ne s'agissait précisément pas d'une manifestation sectorielle, de telle ou telle profession qui revendique, mais bien d'un élan d'un peuple qui envahit la rue, et qui d'une même voix dit son refus du projet de société qui est actuellement en œuvre.... les chômeurs, les sans papiers, les syndicalistes, les retraités, les fonctionnaires, les employés du privé, les blancs, les noirs, les arabes, les sans grades, les gradés, les femmes, les hommes, les jeunes, les profs,..., tout un peuple réunit pour un même refus.
Yes we can !
Publié par razane à 16:20:20 dans actualité | Commentaires (3) | Permaliens
03-02-2009 11:37
De Gil Sujet:
Bien armé côté coeur ...
02-02-2009 19:48
De razane
Sujet:
Cher Gil... Url: [Liens]
02-02-2009 19:12
De Gil Sujet:
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