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Le mort kilométrique

Un utopître passe par l'école de journalisme

Cékimoi/Cékoissa

Arrivé, depuis un an déjà, du 2-9 (département le plus à l'Ouest) dans la presqu'Allemagne française, je saisis le clavier pour faire partager le meilleur ou le pire d'une formation en journalisme!

Dès la première semaine, mes camarades et moi-même avons été initiés à la sacro-sainte règle du mort-kilométrique, à laquelle obéirait l'intérêt du lecteur-spectateur d'un média. C'est donc naturellement que ce fabuleux concept donne son nom à ma modeste contribution à la webosphère...


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Mon premier mort par kilomètre! | 03 décembre 2007

Ok, il ne m'était pas destiné...
Mais j'ai pris dans la gueule mon premier "mort kilométrique" ces derniers jours.
Au cours d'une session radio, menée par un présentateur de RMC Info, plusieurs personnes de notre groupe "spécialité radio" ont "ouvert leur canard" avec 3 attentats coordonnés en Inde qui ont fait un peu plus d'une dizaine de morts. Eh bien on leur a rétorqué que si on faisait le rapport du nombre de morts par kilomètre qui nous sépare de "l'événement", eh bien leur info valait peanuts. Pour ma part, elle faisait la clôture de mon journal de 6 minutes, mais plus parce que ça venait de se passer (ou plutôt de "tomber" sur le "fil AFP"... ça fait beaucoup de jargon, non?) que parce que je l'avais pesée au nombre de mort et à la distance.

Bref, ce principe du "mort kilométrique" que l'on nous avait livré pour un de nos premiers cours de première année du Cuej nous revenait en pleine face, et en situation, une fois entré dans notre enseignement de spécialité. Rude leçon de hiérarchie de l'information.
A côté de ça, pendant une semaine de cette session de présentation, nous avons préparé l'usager à ce qui l'attendait le soir pour rentrer du travail: RER B bloqué, trains au ralenti... J'aurais lâché un "salauds de syndicats" à la fin de mes journaux que ça n'aurait même pas été choquant. ça fait mal de se rendre compte qu'on peut, pour coller aux pratiques et à ce qu'on attend de nous dans les rédactions, dire exactement le contraire de ce que l'on gueulerait dans la rue... Pas facile la dictature du format.

Vous avez dit "formatage", M. Ruffin*?

*François Ruffin a écrit Les petits soldats du journalisme à la fin de ses deux années d'études à au Centre de formation des journalistes de Paris (Rue du Louvre). Il est un "militant du journalisme", membre de la rédaction du Plan B (critique sociale et observation des médias) et de Fakir, journal alternatif dans la Somme.

Edit, après relecture: Ce titre avec un point d'exclamation... ça y est, déjà cynique à 24 ans 1/2? On dirait un chirurgien de série américaine qui espère que les hurlement des ambulances lui amènent, des lieux d'un carnage, un carnaval de viscères à réparer. C'est ti pas triste?

Publié par Pourkwapas à 09:19:51 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

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