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Filiiip

Blog un peu simpliste de dessins un peu naïfs (et réciproquement) (quoique)

Moi

Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.

Jean-Luc Parant, Nuit dorées

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Esperluette, Partie II, Extrait II : principes de l'anamorphose cylindrique | 16 novembre 2006

Finalement, puisqu'il s'agit d'évoquer les déformations au travers d'un verre à bière, j'ai choisi l'anamorphose cylindrique plutôt qu'oblique.

Le schéma ci-dessus provient du site http://www.mathcurve.com (rubrique "Courbes 2D")

Il s'agit, c'est en fait très simple, de projeter un quadrillage rectangulaire sur un quadrillage circulaire... 

Publié par Filiiip à 23:29:08 dans Esperluette | Commentaires (0) |

Esperluette, Partie II, Extrait II : le buveur d'absinthe | 16 novembre 2006


"Buveur d'absinthe", Pablo Picasso, 1901, Saint-Petersbourg, Musée de l'Ermitage


Ce Picasso de la période bleue sera le point de départ de mon anamorphose.

Publié par Filiiip à 23:19:21 dans Esperluette | Commentaires (0) |

Esperluette, Partie II, Extrait II : une réponse à Kag | 11 novembre 2006

"Les époux Arnolfini", Jan Van Eyck, 1434, National Gallery, Londres

Cher KaG,

Un grand merci pour ta question ! Pour te répondre, j'ai choisi ce tableau fameux de Jan Van Eyck, fameux notamment pour ce détail que j'ai agrandi : un miroir convexe.

L'histoire de la peinture retient que les frères Van Eyck sont les inventeurs de la peinture à l'huile. Et comme tu peux le constater, ils maîtrisaient leur sujet. Si la renaissance italienne s'est emparée des techniques à l'huile, c'est bel et bien grâce aux artistes flamands, avec qui les échanges étaient nombreux. Note bien que ce tableau a été peint 20 ans avant que naisse Léonard de Vinci.

La grande contribution technique des italiens à la révolution picturale renaissante, c'est bien sûr la perspective, étudiée jusque dans ses plus intimes secrets géométriques et systématiques.

Pourtant, j'ai choisi ce tableau pour montrer que les nordiques s'en sortaient déjà honorablement : la scène est représentée selon une perspective à un point de fuite, et surtout, avec cette impressionnante étude d'un reflet convexe, qui n'est rien d'autre, en fait, qu'une anamorphose.

Les maîtres hollandais étaient friands de ce genre de morceau de bravoure. Au détour d'un tableau, une prouesse technique qui sonne presque comme un défi lancé à la concurrence ! Et voilà, finalement, le premier élément de ma réponse : "L'os de seiche" d'Holbein me semble s'inscrire dans cette sorte de tradition.

Mais le plus intéressant n'est pas là. Voici un extrait de l'article que l'on peut lire dans son intégralité sur http://www.ditl.info/arttest/art721.php :

"En 1533, Holbein avait peint son célèbre tableau Les Ambassadeurs (exposé à la National Gallery), témoignage anamorphotique le plus célèbre de l'histoire de la peinture. Deux jeunes et beaux ambassadeurs, somptueusement vêtus, l'un ecclésiastique, l'autre laïque, posent avec un air de suffisance dans un riche décor d'objets (livres, globes, tapis, etc..), emblématiques des sept arts libéraux (grammaire, logique, rhétorique, musique, arithmétique, géométrie, astronomie). Comme le résume Louis Ferrier dans son livre Holbein, Les Ambassadeurs (Paris : Denoël, 1977), ce tableau exprime « la puissance laïque et ecclésiastique appuyée sur le savoir » (p.25). Pourtant, à leurs pieds, une forme blanche demeure floue, indéfinissable, énigmatique tant qu'on la regarde de face, qu'on en a une vue frontale. Mais que le spectateur du tableau se déplace, en ait une vue latérale, et cette forme se révélera à lui comme un crâne, une tête de mort. Donc, toute la scène que donne à voir le tableau se révèle quant à elle comme un trompe-l'œil qui dissimule la vanité des grandeurs de ce monde et la réalité de la mort. L'œuvre est « ouverte » à la réflexion du spectateur sur les liens à établir entre le réel et les apparences."

Voilà qui donne à ce tableau une portée inattendue, n'est-ce pas ? En fait, la "vanité" est un genre à part entière dans la peinture flamande à l'âge baroque. Dans les vanités, les objets représentés sont tous symboliques de la fragilité et de la brièveté de la vie, du temps qui passe, de la mort. Et objet par excellence, la tête de mort.

Que la clé de cette vanité soit anamorphotique chez Holbein, c'est une manière de cryptage. Mais j'en suis à me demander si ça ne serait pas aussi une "vanité dans la vanité", mettant finalement en abyme la perfection technique de la peinture elle-même, une prétention formelle comme en miroir avec les précisiosités mondaines... et nous voici revenus au miroir !

As-tu noté que l'on voit deux personnages supplémentaires au fond du reflet ? Beaucoup pensent que le peintre est parmi ces deux-là. D'autres pensent que ce sont là les époux Arnolfini, et que finalement, le couple représenté dans le tableau n'est autre que Van Eyck et son épouse !!! Vertigineux, non ?

Ils sont fous ces bataves :-)

Publié par Filiiip à 23:40:54 dans Esperluette | Commentaires (1) |

Esperluette, Partie II, Extrait II : et le crâne apparaît ! | 05 novembre 2006


S'agissant d'une anamorphose dite "oblique", la perspective est corrigée en se plaçant sur le côté (droit, en l'occurrence) du tableau.

Publié par Filiiip à 02:31:49 dans Esperluette | Commentaires (0) |

Esperluette, Partie II, Extrait II : les anamorphoses | 05 novembre 2006


"Les ambassadeurs", Hans Holbein le jeune, 1533, Londres, National Gallery

Ce tableau est un des chefs-d'œuvre du peintre et de la peinture en général. Triplement important, par ses résonances historiques, par sa richesse symbolique et par son excellence plastique, il comporte un étrange objet au premier plan resté longtemps mystérieux. Ce n'est qu'au XXe siècle qu'un historien de l'art, Jurgis Baltrusaitis, redécouvrira que cette forme qui occupe le premier plan de la peinture, et que l'on nommait souvent os de seiche, était en fait l'anamorphose d'un crâne humain. (Source Wikipedia)

Et si, pour mettre en dessin ces déformations dont il est question dans l'extrait d'Esperluette, je créais une anamorphose ?

Publié par Filiiip à 02:26:58 dans Esperluette | Commentaires (3) |

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