Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.
Jean-Luc Parant, Nuit dorées
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"Campbell's soup cans", Andy Warhol, 1962, New-York, MoMA
Je pense me baser sur l'idée d'accumulation pour illuster cet extrait : un rayonnage d'alcools dans l'épicerie de nuit.
La première image qui m'est venue est celle des "Campbell's soup", dont le message qu'elle adresse à la société de consommation me semble intéressant à croiser avec cet extrait. Pour les mêmes motifs esthétiques et éthiques, j'ai aussi cherché des accumulations de bouteilles d'Arman, mais je n'ai rien trouvé.
Publié par Filiiip à 23:25:09 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens
Loin des stupeurs enlacées je me dirige non par hasard vers une épicerie de nuit que les néons tyrannisent de blancs aveugueulants où les bouteilles d'alcool fort étalées pareilles à des putes à cent balles la gueule de bois me déglinguent la cervelle elles et leurs reflets de brutes or l'une d'elles en forme d'illusion perdue m'attire sourdement par son ennui désespéré alors je la saisis et ses hanches glacées me brûlent les doigts.
Puis d'entre les rayons je résous le labyrinthe qui mène à la sortie et la caissière fait une démonstration par l'absurde avec le seul mascara de ses yeux seuls enfin je glisse un billet dans le tiroir-caisse et vais asseoir mes idées douteuses au bas d'un monument classé historique quand une vieille bigote qui faisait semblant de marcher sur l'allée me montre un luminaire du bout de sa canne et s'écrie : "R'gardez donc un peu l'soleil 'vec sa grande gueule et ses rayons incidents".
Bras dessus bras dessous avec l'horizon je regarde le ciel par le cul du flacon d'où la terre est bleue comme du sang coagulé le goulot alcoolique rebondit sur mes dents incisives avec un bruit de Harley-Davidson ma tête s'est progressivement déformée jusqu'à devenir parfaitement cubique mes paupières sont des enseignes lumineuses où clignotent les lettres SOS.
Publié par Filiiip à 18:30:18 dans Esperluette | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par Filiiip à 18:00:47 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens
Mon ami Philémon a glissé cette photo dans un message électronique aujourd'hui. Cette photo, pour moi, c'est un cadeau, que j'offre à mon tour aux quelques amis qui visitent ce blog.
C'est une photo des Goudes sous la neige (dans le 8ème arrondissement de Marseille). Etonnant, non ?
Publié par Filiiip à 20:44:35 dans Divers | Commentaires (2) | Permaliens
Au tout départ, cet extrait m'avait fait penser à Robert Combas. N'ayant même pas envisagé une seule seconde que celui-ci m'autorise à reproduire ses oeuvres sur ce blog, voici le lien vers son site perso : http://www.combas.com . Dommage, ça bugge... Et puis, finalement, le feeling n'y est plus vraiment...
Ainsi donc, si quelqu'un pense à quelque chose concernant "l'imagerie" de ce passage d'Esperluette... merci !
Publié par Filiiip à 23:40:48 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens