Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.
Jean-Luc Parant, Nuit dorées
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Publié par Filiiip à 18:55:12 dans Esperluette | Commentaires (2) | Permaliens
"Three studies for a crucifixion - 2", Francis Bacon, 1962, Guggenheim Musem, New York
En voilà un autre qui m'a toujours fortement secoué ! Fascinant et effrayant, avec Bacon, je suis en pleine attraction/répulsion. C'est dans ses triptyques que je suis le plus sensible au génie de Bacon : on peut en admirer certains ici : http://www.geocities.com/whiteinkal3/triptychs.html
Publié par Filiiip à 18:30:44 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Filiiip à 18:16:52 dans Esperluette | Commentaires (1) | Permaliens
Rien rien ne se passe entre le onze et le douze de la pendule pas même le murmure du remember rien sinon l'éternité de l'ennui rien sinon des-kilomètres-de-secondes-à-rechercher-la-mort-exacte rien sinon l'absence de moi-même mais dans le néant tragique de cet intervalle je trouve encore la force d'étrangler le temps perdu.
Pour fuir je ne sais quoi je me suis enfermé à double tour dans un nuage de fumée assassine à perpète une âcre puanteur pénètre mes yeux en désordre et le plafond qui n'y voit plus que d'un oeil louche vers mes douleurs prostituées leurs rires édentés sont des plaies béantes comme des injures mais les murs déments continuent de se masturber niaisement je m'endors de sommeils macabres.
Je me pends au crochet de boucherie que j'ai trouvé au fond de mon orgueil et j'y moisis le temps d'un minable cauchemar mes paupières ahuries par quelque sordide illusion s'entrouvrent sur un ciel crasseux où clapote une lune glauque j'enfonce mes ongles dans la chair huileuse de mes draps et la griffe de cicatrices infectes ces silences narcotiques me rendent fou de solitude j'étire mes nerfs jusqu'à la cassure je ronge les croûtes de mes angoisses abruties je n'en peux plus je n'en peux plus.
Mais peu importe.
Peu importe demain il y aura l'amour.
Publié par Filiiip à 17:47:16 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens
Comme une boule de cristal je prends ma tête entre les mains et je me demande s'il y a une vie avant la mort : y a-t-il une vie avant la mort ? mais n'ayant plus rien à espérer de cette métaphysique de pacotille je préfère encore prolonger mon suicide à petit feu en honnête victime du devoir je joue à pile ou face avec le temps qui passe et c'est toujours lui qui gagne le temps qui passe est un tricheur.
Parfois je m'invente des bonheurs cousus de fil blanc et par le jeu grossier d'une illusion d'optique je les secoue tels des pantins dérisoires à la fin je me prends au jeu et je finis par y croire quelle ironie...
La nuit perdure dans sa transpirance.
Je résume ma vie dans un verre d'eau quand dehors agenouillée sur le grand ciel noir la lune passe la serpillière en fredonnant une goualante paillarde sa voix interminable d'orpheline me transperce la poitrine de part en part en part en part les heures tristes s'en vont sans même un adieu comme des amantes que l'on regrette.
Je fais des bulles de songes en soufflant sur ma mémoire savonneuse des bulles vides de toute pensée et qui meurent trop vite pour avoir un soupir tandis qu'elles s'évanouissent à la plus ingénue des caresses je scrute leurs vacuités sphériques sans savoir si leur domaine est bien le mien hélas le temps toujours le temps le temps passe et se chiffonne comme un rideau immense le vide me glisse entre les doigts.
Publié par Filiiip à 17:10:15 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens