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Filiiip

Blog un peu simpliste de dessins un peu naïfs (et réciproquement) (quoique)

Moi

Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.

Jean-Luc Parant, Nuit dorées

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Esperluette, Partie VII, Extrait I | 18 mai 2007

VII

Le papier tombe à ses pieds elle se penche et le ramasse.

S Y L V I E l'amour est un mot de six lettres que j'écris sur tous les toits à l'heure où palpitent les premières aubades je me déguise en violoniste vert et m'en vais à cheval sur les courants d'air chanter la fiancée du vent.

Elle ouvre le mot et le lit en souriant.

Les zéphyrs courent derrière moi en riant les étoiles jouent avec leurs tresses en me voyant passer l'air respire le bonheur l'horizon rougit de plaisir les amoureux chuchotent mille baisers c'est fou !

Elle replie mon télégramme et regarde vers ma fenêtre.

J'ai le coeur comme une bulle de chewing-gum à la fraise des mélodies rouge fluo s'extirpent de mon violon dans ma frénésie appasionata en grosses couleurs majuscules je peins un S et un Y et un L et un V et un I et aussi un E.

Elle serre le papier dans son poing.

Des bises nord-nord-est s'épouffent d'aise dans les harmonies irrésolues du soleil levant au fil de son dégradé minutieux la lumière d'abord rousse et pâmée prend des poses moirées puis soupire des bruns translucides un vrai poème.

Publié par Filiiip à 00:30:21 dans Esperluette | Commentaires (2) |