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Filiiip

Blog un peu simpliste de dessins un peu naïfs (et réciproquement) (quoique)

Moi

Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.

Jean-Luc Parant, Nuit dorées

C'est lié...

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Esperluette, Partie VI | 23 avril 2007

VI

Contre ma fenêtre le nez collé aux reflets atmosphériques j'observe la nuit s'assouvir succinctement le matin arrive en effet or - stupéfaction - il est vierge encore !

Au coin de l'immeuble à l'entrée du parc l'orée d'un bosquet agite des lumières d'éther sous le miel corsé des premières ombres parmi elles la silhouette mauve d'une robe déjà vue et tout à coup le soleil m'embrasse si fort que je tombe.

Amoureux.

Car c'est elle et je l'aime comprenez-vous ?

C'est elle exsultate jubilate car je l'aime comprenez-vous je suis sûr qu'elle s'appelle Sylvie !

Savoir ses lèvres et y mourir y mourir de saveurs improbables je l'aime elle est mon innocence je l'aime l'inouï et maint amour sur ses lèvres condense je l'aime elle est ma transparence je l'aime et les mains sont multiples et les doigts sont quintuples je l'aime par coeur je l'aime je l'aime !

Alors qu'elle passe sous ma fenêtre je lui envoie ce télégramme improvisé dans l'instant :

MADEMOISELLE MON AMOUR stop LE CIEL A TENDU SA JOUE A VOTRE BAISER NATUREL stop VOTRE CORPS EST DESORMAIS LA VIRGULE QUI SUSPEND MES MOTS stop JE VOUS AIME stop LES BAISERS VIRTUOSES FERONT DE NOS LEVRES UNE SEULE BOUCHE stop JE VOUS EMMENE VIENDREZ VOUS stop

Publié par Filiiip à 22:13:41 dans Esperluette | Commentaires (0) |

Esperluette, Partie V, Extrait III : le dessin ! | 09 avril 2007


J'ouvre mon cahier à croquis, j'essaye quelques traits et aboutis en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire à ce dessin. Or, ce que je voulais mettre dans l'illustration de cet extrait me semble déjà y être. Pour le laborieux que je suis, et qui avait prévu une journée entière, je reste perplexe devant une besogne si expéditive !

Mais peu importe.

Peu importe demain il y aura l'amour.

Publié par Filiiip à 18:55:12 dans Esperluette | Commentaires (2) |

Esperluette, Partie V, Extrait III : éloge de la difformité | 09 avril 2007


"Three studies for a crucifixion - 2", Francis Bacon, 1962, Guggenheim Musem, New York

En voilà un autre qui m'a toujours fortement secoué ! Fascinant et effrayant, avec Bacon, je suis en pleine attraction/répulsion. C'est dans ses triptyques que je suis le plus sensible au génie de Bacon : on peut en admirer certains ici : http://www.geocities.com/whiteinkal3/triptychs.html

 

Publié par Filiiip à 18:30:44 dans Esperluette | Commentaires (0) |

Esperluette, Partie V, Extrait III : éloge de la folie | 09 avril 2007


"El sueño de la razon produce monstruos" (los caprichos n°43), Francisco Goya, 1798

L'obscure folie évoquée par l'extrait m'a immédiatement rappelé les inquiétantes gravures de Goya : Les Caprices, et aussi, Les désastres de la Guerre. Je boudais cette oeuvre, dérangeante, qui me mettait par trop mal à l'aise. Mais en visitant l'année dernière le Musée Goya de Castres, où sont exposées toutes les grandes séries gravées de l'artiste, j'ai pu finalement dépasser cette gêne et mieux accéder à l'incroyable richesse graphique de cette oeuvre dantesque.

Publié par Filiiip à 18:16:52 dans Esperluette | Commentaires (1) |

Esperluette, Partie V, Extrait III | 09 avril 2007

Rien rien ne se passe entre le onze et le douze de la pendule pas même le murmure du remember rien sinon l'éternité de l'ennui rien sinon des-kilomètres-de-secondes-à-rechercher-la-mort-exacte rien sinon l'absence de moi-même mais dans le néant tragique de cet intervalle je trouve encore la force d'étrangler le temps perdu.

Pour fuir je ne sais quoi je me suis enfermé à double tour dans un nuage de fumée assassine à perpète une âcre puanteur pénètre mes yeux en désordre et le plafond qui n'y voit plus que d'un oeil louche vers mes douleurs prostituées leurs rires édentés sont des plaies béantes comme des injures mais les murs déments continuent de se masturber niaisement je m'endors de sommeils macabres.

Je me pends au crochet de boucherie que j'ai trouvé au fond de mon orgueil et j'y moisis le temps d'un minable cauchemar mes paupières ahuries par quelque sordide illusion s'entrouvrent sur un ciel crasseux où clapote une lune glauque j'enfonce mes ongles dans la chair huileuse de mes draps et la griffe de cicatrices infectes ces silences narcotiques me rendent fou de solitude j'étire mes nerfs jusqu'à la cassure je ronge les croûtes de mes angoisses abruties je n'en peux plus je n'en peux plus.

Mais peu importe.

Peu importe demain il y aura l'amour.

Publié par Filiiip à 17:47:16 dans Esperluette | Commentaires (0) |

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