Il n'y a pas plus éloigné que le monde où nous sommes. Nous ouvrons les yeux mais tout est inaccessible, nous ne pourrons jamais atteindre ce que nous voyons. Nos yeux se sont ouverts pour nous montrer à quel point nous sommes loin de tout, à quel point il a fallu nous éloigner de tout pour pouvoir exister.
Jean-Luc Parant, Nuit dorées
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Comme une boule de cristal je prends ma tête entre les mains et je me demande s'il y a une vie avant la mort : y a-t-il une vie avant la mort ? mais n'ayant plus rien à espérer de cette métaphysique de pacotille je préfère encore prolonger mon suicide à petit feu en honnête victime du devoir je joue à pile ou face avec le temps qui passe et c'est toujours lui qui gagne le temps qui passe est un tricheur.
Parfois je m'invente des bonheurs cousus de fil blanc et par le jeu grossier d'une illusion d'optique je les secoue tels des pantins dérisoires à la fin je me prends au jeu et je finis par y croire quelle ironie...
La nuit perdure dans sa transpirance.
Je résume ma vie dans un verre d'eau quand dehors agenouillée sur le grand ciel noir la lune passe la serpillière en fredonnant une goualante paillarde sa voix interminable d'orpheline me transperce la poitrine de part en part en part en part les heures tristes s'en vont sans même un adieu comme des amantes que l'on regrette.
Je fais des bulles de songes en soufflant sur ma mémoire savonneuse des bulles vides de toute pensée et qui meurent trop vite pour avoir un soupir tandis qu'elles s'évanouissent à la plus ingénue des caresses je scrute leurs vacuités sphériques sans savoir si leur domaine est bien le mien hélas le temps toujours le temps le temps passe et se chiffonne comme un rideau immense le vide me glisse entre les doigts.
Publié par Filiiip à 17:10:15 dans Esperluette | Commentaires (0) | Permaliens