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Art Anthropophagie Aujourd hui !

A propos de l'exposition-événement de Gilles de Staal et Jaime Zapata qui s'est déroulée du 1er au 12 novembre 2006, à la Galerie de Nesle à Paris

Présentation

Les publicités Google affichées sur ce blog sont le fait de l'herbergeur. Nous considérons ces pubs comme une intrusion abusive sur cette espace consacré à l'Anthropophagie et aux oeuvres de Jaime Zapata et Gilles de Staal.

Album

Luc Martin Meyer

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Tacco Ndongo, "la" chef cuisinier de l'exposition

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Roberto San Geroteo | 18 octobre 2006

Roberto San Geroteo est un enfant de la guerre civile espagnole, né en Bretagne en 1951, naturalisé Français pour les besoins de la cause.
Il a publié :


«La lengua de la quimera » (ediciones Portuguesas – Valladolid , 1990)


«Dans l'intimité de l'air » (Alibis – Reims, 1999)
« La solitude du tournesol » (Au fil du temps – Le Havre, 1999)


« La palabra de un hombre » (Icaria Poesia – Barcelona, 1999)


« Résonnances » (Le Givre de l'Eclair – Troyes, 2000)


« La vie s'arrête à va » (Encres Vives – Colomiers, 2000)


« Le chien d'à côté se tait » (Alidades – Thonon les Bains, 2001)


« Easy pieces » (La Porte – Laon, 2003)


« Gens de la nuit » (Encres Vives – Colomiers, 2004)


Il a traduit en espagnol Bernard Noël, Jean-Marie Le Sidaner, ean Malrieu, Guillevic, Henri Meschonnic, Pierre Dhainaut, et traduit en français de nombreux poètes espagnols contemporains, notamment dans la revue Noire et Blanche qu'il a fondé en 1994 à Charleville Mezière puis au Havre.


Roberto San Geroteo lira ses poèmes et ceux de César Vallejo,
à l'exposition-manifeste Ah!Ah!Ah!-A3 : Art-Anthropophagie-Aujourd'hui !


Galerie de Nesle, le vendredi 10 novembre.


 


LAURA
à Florence Rey

Tu lui ressembles
parce que tu ne ressembles à personne


et ton regard étrange regarde l'étranger


l'épaule nue par intermittences, brune


aussi fraîche qu'une averse


dans les mains vides du bonheur.


Tu lui ressembles
comme une inconnue à une autre inconnu
à qui on demande
comment l'appeler
et on reste pour voir


chacun de son côté, transi jusqu'au bout de son rêve


partir en fumée le long des rues


jusqu'à l'aube


dans la bouche un nom propre


sur ses lèvres le sourire pour le dire.


Comment se faire la peau de la nuit


une nuit, pour toujours ?



                                                        Roberto San Geroteo
                                                      ( in Gens de la nuit)

Un pansement à l'œil, l'absence

dans la glace, au téléphone.


Le bruit de la rue devant la mort


d'un goéland. L'odeur


des voitures au soleil. Nos filles


se font femmes. Les rêves


prennent la poussière.



                                       Roberto San Geroteo
                       Le chien d‘à côté se tait. (Extrait)


Un homme sait depuis l'enfance

qu'il va mourir en telle année. C'est un jeu


puis un destin. Cela


donne du relief aux saisons


et du goût aux ongles


à condition de voir dans chaque flambée


la dernière


Une femme blanche, d'autres sont noires.


Les lèvres fraîches comme la betterave


les coudes et les yeux sur le marbre d'un café


elle passe dans la vie d'un homme


assis en face d'elle, toute une nuit d'automne


à parler pour ne rien dire de ce qui l'étreint


depuis son premier regard.

                                       Roberto San Geroteo
                               La vie s'arrête à va (Extrait)

Poème de César Vallejo

(poète péruvien, engagé dans la guerre d'Espagne. 1892-1938)


Aujourd'hui j'aime la vie beaucoup moins,
mais j'aime toujours vivre : je le disais bien.
J'ai presque touché la part de mon tout et me suis contenu
d'un coup de feu dans la langue derrière ma parole.


Aujourd'hui je me palpe le menton en fuite
et dans ces pantalons d'un moment je me dis :
Tant de vie et jamais !
Tant d'années et toujours mes semaines... !
Mes parents enterrés avec leur pierre
et leur triste raidissement qui n'en finit pas ;
un portrait en pied des frères, mes frères,
et, enfin, mon être en plan et en gilet.


J'aime la vie énormément
mais bien entendu,
avec ma mort chérie et mon café
et en voyant les marroniers touffus de Paris
et en disant :
Cet œil est un, un autre ; ce front, un autre...
et en répétant :
Tant de vie et jamais ne me fait défaut l'air de la chanson !
Tant d'années et toujours, toujours, toujours !


J'ai dit gilet, j'ai dit
tout, partie, angoisse, j'ai dit presque, pour ne pas pleurer.
Car c'est vrai que j'ai souffert dans cet hôpital d'à côté
et c'est bien et c'est mal d'avoir examiné
de bas en haut mon organisme.


J'aimerais toujours vivre, ne serait-ce qu'à plat ventre
car, comme je disais et je le répète,
tant de vie et jamais ! Et tant d'années,
et toujours, toujours beaucoup, toujours, toujours toujours



                                   
                                       Traduit de l'espagnol par Roberto San Geroteo

(Publié dans Blanche et Noire N°spécial été 1996, Charleville Mézière)



 

Publié par staal à 11:42:14 dans Intervenants | Commentaires (0) |

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