Je suis restée de marbre, comme je peux si bien le faire en pareille circonstance. « Qu'est-ce que tu veux ? », lui ai-je demandé à mi-voix. Il était grand, il semblait fort, et voire un petit peu dangereux dans ses moments de contrariété. Il ne me répondait pas. Il me faisait peur. J'ai répété ma question, mais si bas que moi-même je ne m'entendais plus. .
De son regard surgirent de minuscules étincelles. Ces deux pépites rayonnantes me subjuguaient et me tétanisaient en même temps.
Je me rendis compte subitement que j'étais sortie dans le jardin en petite culotte.
Je voulais voir si les pivoines, grosses hier soir comme des poings de bébé, s'étaient ouvertes au petit matin.
Il faisait frais pour un début de juin. J'avais un peu la chair de poule.
Au loin, un duel de coqs me cassait les oreilles.
Il était déjà là, m'attendant derrière la grille.
Je posai mes paumes sur mes seins nus.
Il passa la langue, un long morceau de chair rouge et écœurante, sur ses lèvres.
Je me suis encourue à l'intérieur.
Il était hors de question que j'adopte quiconque, et moins encore ce sale cabot au regard humide.
De toute manière, Huckleberry semblait de mon avis. Il a fait quelques sauts de carpe en toisant la grille avec un air de défi, puis, il m'a suivie dans la maison, la queue dressée et interrogative.
7 juin 2006
Publié par topxine à 06:51:45 dans les Alice's déballages | Commentaires (0) | Permaliens
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Je m'appelle donc Alice, Alice Label. J'ai 20 et des ans, ou peut-être un peu plus, ou moins, qui sait ? Il parait que je mesure à peu près un mètre septante pour une petite soixantaine de kilos, chairs, tripes et os. Je suis assez belle, évidemment, et, la plupart du temps, je vis seule, de-ci de là, là-bas, ici, ailleurs...
A vrai dire, je suis nettement moins attirante que ça en a l'air parce que finalement je ne suis qu'une petite personne... ambigüe ! Je suis le jouet de mon propre délire ou peut-être le fruit des rêveries d'un auteur quelconque, quelconque comme ces personnes inconnues que vous venez de croiser tout à l'heure en rue. J'hésite. Je ne sais plus trop. En fait, peu importe, je pense.
Je me sens comme obligée de titiller votre imaginaire, allez savoir pourquoi ! Je me sens réduite à vous séduire, à vous faire avaler mon histoire de gré ou de force et, finalement, à vous tenir définitivement sous ma coupe... jusqu'à ce que lire et délire s'ensuivent !
Publié par topxine à 08:25:12 dans les Alice's déballages | Commentaires (8) | Permaliens
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