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Mc Dermotte et Mc Gough (nés en 1952 et 1958)
Late night -11 - Jennifer Jones, 1967, 2008 (détail)
Galerie Jerome de Noirmont
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Un baiser, un baiser de cinéma,
en vrai, il met pas la langue,
supputait-on avec mes frères, enfants,
la curiosité pour cet instant où le film engage davantage,
où le réel fait irruption, ces acteurs, en train de faire l'acteur,
nous interrogent sur ce que cette intimité peut leur révéler,
le jeu avec le feu,
Angelina Jolie et Brad Pitt, qui jouent au petit couple,
dans Mr et Mrs Smith, les prémisses, tout bascule.
Et nous en sommes témoins, nous voyons la magie d'un baiser de cinéma
remplir son office, nous dans la salle en train de nous embrasser,
et eux à l'écran, qui ne savent plus où ils en sont.
Y a-t-il encore, comme dans certaine famille que j'ai connue,
une mère qui s'interpose entre la TV et la famille,
pour que les petits ne voient pas le baiser de cinéma,
comble de l'obscénité ou hystérie d'une mère qui sait,
qu'après on ne résiste plus, après ce baiser-là, vient la baise.
Publié par Anthropia à 08:54:24 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) | Permaliens
Claude Leveque
Ne prends pas froid
2008
Courtesy Kamel Mennour
FIAC 2008
Crédit Photos Anthropia
Tout n'est qu'attente, je ne sais pas pour vous.
Tout n'est que doute en cette période sombre de novembre.
Novembre de tous temps fût le mois honni,
mais ces jours entre Obama qu'on espère,
l'hiver qu'on redoute, la crise qu'on apprivoise
et Sarkozy qui ne passe décidément pas,
il me semble qu'il y a quelque chose d'une charge supplémentaire.
Tiens les chiffres du jour, ou plutôt les nombres,
au départ de Clinton,
il y avait plus 200 milliards de dollars dans les caisses de l'Etat,
en solde, au départ de Bush, il y aura moins 400 milliards.
Elle n'est pas belle la guerre ?
Alors parce qu'on est dimanche,
que je rentre d'une longue soirée,
dont je ne sais pas encore si je vais la prolonger
ou plonger dans les bras de Morphée,
juste un petit conseil : ne prends pas froid.
Publié par Anthropia à 04:45:22 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (5) | Permaliens
Cindy Shermann
Sans titre
Exposition
Musée du Jeu de Paume
Tu montres ta gueule et tu nommes ça 'sans titre'.
Je, à aucun titre, c'est ce que fait Cindy.
Elle noie le Je dans ses hétérovisages,
Je sous toutes les formes autres que Je.
Pour moi, ici, Je se tente,
le blog m'apprend le Je,
je veux dire, je le cultive, là, sous vos yeux,
vous ne vous en doutiez pas, peut-être,
tous les jours que Dieu fait, enfin si on y croit,
je m'emploie à tourner autour de mon Je.
Oui, je vous vois déjà faire la moue, O la méchante,
la vilaine égocentrique.
Mais non, c'est pas mon nombril que je cherche, c'est Je,
plus noble, le sujet, le S supposé savoir, enfin, je crois.
Ce qu'il pense, ce qu'il vit, ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas.
Je est un autre, alors faut bien s'en occuper.
Un peu comme dans cette bleuette, la fille.
Et vous les oeufs, vous les aimez comment, le dimanche matin,
Et elle se rendait compte qu'elle ne le savait pas,
qu'elle avait toujours cuisiné les oeufs pour ses amants,
se mettant à aimer leur goût.
Et elle, comment elle les aimait, les oeufs ?
Alors, elle les a cuits de toutes les manières,
elle en a rempli des assiettes
de toutes les recettes d'oeufs qu'elle connaissait,
et elle a goûté.
Finalement, elle a su celle qu'elle préférait.
Voilà, je viens ici chaque jour,
pour me demander comment j'aime les oeufs.
Et à peine je commence à le savoir,
à peine je m'occupe, en ce dimanche matin,
à peine je parviens à me distraire,
que je me le reproche,
parce qu'aujourd'hui, il y a un homme à l'hôpital.
Et j'aimerais bien savoir comment il aimera ses oeufs, lui,
quand il sortira du coma.
Publié par Anthropia à 08:46:03 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) | Permaliens
Mina, la petite dernière
Cliché Anthropia
Ce dimanche, je vais faire preuve d'anthropomorphisme,
les gros mots, déjà, de si bon matin,
il se trouve que ma chatte Next vient de vivre,
ce qu'il est convenu d'appeler en mode humain,
les plus beaux jours de son existence,
à savoir la maternité avec trois ravissants chatons.
Moi, qui suivais de près la chose,
dois vous avouer que je fus très étonnée.
Elle qui passait jadis et sans aucun scrupule,
des heures devant son narcissique miroir à se lécher
et à lustrer la splendeur de sa robe,
devint tout de suite, comme par miracle,
une mère parfaite.
Elle s'était mise à l'allaitement comme si elle avait suivi un cours accéléré,
sachant d'emblée alterner toutes les deux heures, la têtée pour deux,
puis la têtée pour un.
Me connaissant bien, elle acceptait que je voie ses petits,
non sans vérifier derrière moi, que j'avais bien refermé la porte de son nid.
Elle sécurisait les lieux, nichant son museau à deux fois
dans le premier interstice venu,
pour s'assurer qu'il ne permettait pas l'échappée des petits.
Déjà je m'avouais OK, vaincue par K.O,
l'instinct maternel animal était donc bien
en tous points supérieur à celui des femmes.
Quand je découvris la subtile psychologie de ma chatte,
toute à son affaire d'allaitement certes,
de tendresse de langue et de cajolements oui,
mais qui montra assez rapidement un autre sentiment,
au bout d'une vingtaine d'heures à peine,
qu'on appelle en humain, l'ambivalence.
Moi qui croyais que c'était un des propres de l'Homme.
Marre d'allaiter, de se faire mordiller par trois voraces,
plantant allègrement leurs serres dans les flancs de leur mère ?
Next se mit à montrer à son tour ses canines énervées,
à faire ce chuintement qui raconte autre chose
que l'idyllique rêve de maternité.
C'est bien simple, à la voir ronchonner, repousser de la tête
les débordements des petits barbares, qui avaient envahi sa vie,
qui ne lui laissaient plus une seule minute de tranquillité,
je me sentis a posteriori légitime,
d'avoir connu ces moments où,
allaitant mon fils et réduite ainsi à l'état mammifère,
je conspuais le nirvana publicitaire qui célébrait des mères extatiques
en robes roses et en dents blanches,
quand elles n'auraient dû que vaquer en savattes,
l'oeil morne et le cheveu terne,
d'un allaitement à l'exercice des couches-culottes.
Oui, cette petite femelle de Next me confirmait
que le ras-le-bol, l'énervement, l'extrême fatigue, le ronchonnement,
sont tout aussi présents dans l'instinct animal,
qu'on présente toujours comme l'absolu maternel,
que dans la pseudo-culture humaine et ses méandres,
tels que décrits, merci Elisabeth Badinter, dans L'amour en plus,
cette thèse qui montre que les mères du XVIIIème siècle envoyaient
volontiers se faire nourrir ailleurs la progéniture, prunelle de leurs yeux.
Rien de tel qu'une chatte pour vous apprendre à déculpabiliser.
Publié par Anthropia à 11:14:15 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (1) | Permaliens
Marronnier : raisin en branche
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 12:17:32 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) | Permaliens
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