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"Revenez l'hiver prochain
ce sont des mots semblables
qui soutiennent ma vie
et font passer mes jours,
un à un, comme une colonne de soldats par dessus le pont
qui va sauter.
Revenez l'hiver prochain.
Qui n'a pas entendu ces mots-là ? Qui reviendra ?"
Yehuda Amichaï
début fin début
traduction de Michel Eckhard Elial
éditions de l'éclat
Publié par Anthropia à 11:01:44 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Urs Fischer et Udo Rondinone
Eglise San Stae
Biennale de Venise 11
(droits réservés)
L'estive n'est pas loin.
Un événement et un espace ;
montée aux alpages, transhumance pour les chevaux,
évasion dans les prairies là-haut,
Encore quelques semaines et je prendrai la tangente.
Publié par Anthropia à 11:25:07 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Untitled
Good'n fruity Madonna
Joe Brainard
1968
Cliché Anthropia
The Third Mind
Palais de Tokyo
Je remonte la rue Desnouettes.
A l'époque, j'habite dans le XVème.
Une longue voiture noire se glisse le long du trottoir.
Je suis à quelques mètres.
Tout à coup, un vieil homme mince en sort,
il se déplie, s'appuie sur le capot arrière,
semble s'y brûler, la matinée est chaude,
la sirène d'Orsec sonne, il est midi.
Il fait le tour très vite,
dans un déséquilibre
qui frôle la chute à chaque instant.
Je mets plusieurs secondes à comprendre
qu'il est en souffrance.
Il se colle à la paroi de l'immeuble,
il y implore, ses deux avant-bras au mur,
en position de lamentation,
adhésion et adhérence dans la même supplique.
Il semble s'affaisser,
je veux m'approcher, le retenir,
peut-être même,
le recouvrir de ma chaleur.
Mais deux hommes jeunes sortent
de la conduite intérieure noire,
Ils me font un geste,
l'air libanais,
l'air impérieux de ceux qui connaissent la mort,
deux frères siamois,
qui ne craignent pas le risque,
prêts à tout,
les yeux bandés d'angoisse.
Je m'arrête instantanément, fascinée,
l'un s'approche de l'homme,
l'autre me bloque l'accès à cette partie du trottoir.
Le vieil homme mince met ses bras autour de son cou,
il semble glisser vers le sol,
ses pieds n'offrent plus que pointes au trottoir.
L'autre le retient,
Pas d'amour dans cet acte,
Juste un réflexe, le corps raide,
une pratique professionnelle,
L'autre est là pour maintenir
une poupée de chiffon en tailleur homme, haute couture.
Mais le corps vaque dans le vêtement, perte de soi, infinie déréliction.
La structure vertébrale est ce qui semble manquer ;
un flageolement de l'être, comme un mal étrange,
une de ces maladies incurables dont on ignore le nom.
L'homme de main ouvre la porte de l'immeuble,
pousse le vieil homme mince à l'intérieur.
Mais dans ce geste même, la tête se retourne
Et j'entrevois à face de Méduse,
intimité volée à l'homme public,
dans la nudité de la faiblesse,
le masque d'YSL,
comme déjà de l'au-delà.
A peine reconnu que j'ai fermé les yeux,
Pour qu'il ne me regarde pas l'ayant vu.
Publié par Anthropia à 12:37:34 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 00:46:49 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 00:46:07 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
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