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Dubossarsky Vinogradov
Japanese beauties under the water 2005
Galerie Krinzinger Vienne
Crédit photo Anthropia
Depuis que je tente de comprendre la crise économique, je suis comme tout le monde, je pédale.
Comme vous, je sais qu'elle est complexe et je vais tenter de mettre bouts à bouts ce que je crois avoir saisi.D'un côté, c'est la crise financière, les subprimes, les crédits hypothécaires accordés à des dossiers peu solides sur fond de crise immobilière qui voit bientôt la valeur des biens ne pas couvrir l'hypothèque, bon ça c'est le petit bout de la lorgnette, aux USA. Très vite, les banquiers voyant le risque passent à la titrisation (on mélange les bons placements et des bouts de prêts hypothécaires pourris), qu'on revend à l'étranger, ça c'est l'exportation de la crise.
Parallèlement et on peut remonter aux années soixante (Brettenwoods), on constate l'abandon d'une indexation des taux de changes sur l'or par Nixon, dans un contexte du dollar roi. Mais du coup les taux flottent, comment prévoir ? On invente les produits dérivés, on crée des modèles mathématiques, on spécule sur les chances de perte ou de gain vis-à-vis des taux de changes d'abord, on parie sur des tendances, on finit pas spéculer sur l'évolution des produits pétroliers, puis agricoles, jusqu'aux émeutes contre la faim africaines récentes.
Tout ça est fondé sur (ou génère) un découplage accéléré entre l'économie réelle et l'économie financière, rapport passé de 1 dollar économie réelle pour 1 dollar 50 ingéniérie financière, à 1 dollar économie réelle pour 10 dollars générés en finance aujourd'hui. Rendu possible par la stratégie des actionnaires de se liguer pour faire pression dans les conseils d'administration et obtenir des taux de 8 à 15% de rentabilité de leurs actions, sans lien avec la valeur ajoutée réelle de l'activité. Pour obtenir une totale soumission au conseil d'administration, on a désolidarisé le patron de son entreprise, par l'indexation de sa rémunération sur le taux de profit de l'entreprise, cf. notamment les parachutes dorés. Les entreprises se sont alors mises à externaliser, à faire fabriquer des produits à meilleure marge, à réorganiser à la sauvage pour trouver des poches de rentabilité, à supprimer les activités non rentables à ce taux-là, à augmenter la productivité à tout-va, en pressurisant le personnel. Tout ça pour que la ligne "bénéfices" augmente.
De son côté le salariat est coincé, dans un contexte de fragilisation de l'emploi, des formations peu adaptées,une pénurie des bons emplois est organisée pour plier les salariés et réduire les acquis syndicaux. En France, la mondialisation n'explique que 10% du chômage, les réorganisations à tout-va ont conduit sans doute à un taux important de "non-employabilité" (ne maitrisent pas l'informatique, ne savent pas lire) de certaines populations, le reste, c'est du manque de travail, donc de la non-croissance, qu'on constate dans toutes les économies occidentales.
On a donc des augmentations de Pib fondées non sur une valeur ajoutée, non sur une croissance de l'activité réelle, non sur une consommation dynamique de salariés bien payés, mais sur une consommation des Etats financée sur les impôts des citoyens, ou sur une consommation artificiellement augmentée par la hausse des coûts du logement, de la santé, de l'alimentation, de l'éducation.Un tour de passe-passe qui profite aux actionnaires.
On a abandonné les salariés, En France, 11% des Pib en salaires est passé en rémunération d'actionnaires, qui ne profite pas au pays qui en fait le sacrifice, la richesse d'un pays fuit ailleurs. L'argent produit ici circule et profite à d'autres,on a découplé les lieux de dépense et les lieux de profit, les lieux d'activité et les lieux de rentabilité. A titre d'exemple, les grandes multinationales prélèvent des droits corporate de pure forme sur les économies de leurs filiales qu'elles rapatrient pour leurs actionnaires dans le pays d'origine.
Le plus grand nombre, s'il ne meurt pas de faim, ne se voit plus capable de couvrir ses dépenses et 5% des populations s'enrichissent sur le dos des autres.
Voici ce que j'ai trouvé, comme non-sens qui expliqueraient la crise, je suppose que vous pouvez m'aider à en trouver d'autres, La question se pose de savoir comment traiter ce MEGA-PROBLEMEà l'échelle du monde ? Dans quel ordre s'y prendre ? En ne comptant ni sur l'honnêteté des banques ou d'actionnaires, qui veulent poursuivre leur course aux profits, ni sur le courage de gouvernants à genoux, ni sur des populations qui veulent conserver leurs avantages et leurs modes de consommation.
On comprend bien confusément qu'une fois nos pays occidentaux bien dotés, on ne peut plus compter sur une croissance à deux chiffres, le simple renouvellement de nos équipements ne le permet pas, D'ailleurs on le constate en France, la courbe des croissances baisse sans discontinuer depuis vingt ans. La vraie croissance, celle de nos trente glorieuses, ne peut donc venir que des pays qui s'équipent nouvellement.
Ce que nous voyons, c'est que nous devons réfléchir globalement,en prenant en compte les problèmes du monde, penser à ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté aujourd'hui, les doter d'un minimum alimentation,santé, éducation, bien-être, droits de la femme. Nous devons songer aussi à protéger nos avantages essentiels d'occidentaux, parce que nous priver de tout, transformer nos villes en poubelles, ne serait pas non plus une solution, nous devons raisonner en termes de croissance forte, mais intégrant le développement durable sur les zones en développement, et de croissance nulle ou faible chez nous, mais recomposée de manière originale.
Et pour cela réfléchir sans revenir aux antiennes, le protectionnisme tous azimuts,le nationalisme idiot, ou le retour à l'étalon-or, et en ne vouant pas aux gémonies l'économie virtuelle. Nous devons regarder ce qui a une valeur ajoutée réelle, à long terme, sans préjugés, par exemple ne pas jeter les fonds de pension avec l'eau du bain, car ils financent les retraites de nos têtes blanches.
Et pour commencer remettre du sens et du politique dans tout ça, j'avoue que pour moi c'est ça qui est le plus compliqué, parce que nos politiques n'ont pas le niveau.
Mis à jour le 15 janvier 2009
Sur France Culture, Autres regards sur la crise, Paul Virilio rappelle que la crise est systémique notamment pour cause d'hyperconnexion des ordinateurs banquaires, de la rapidité des échanges internationaux, dûe à une généralisation de l'hypervitesse. La réalité accélérée ne marche pas, dit-il, la crise se redouble ; c'est l'accident intégral, un accident qui entraine des accidents, dans un système de propagation généralisé. Face à cela, il insiste sur la notion de rythme à introduire pour faire face à cette notion de flux tendu, stock zéro. L'homme sortirait de l'espace et le temps, il ne serait plus même dans le présent, il est inscrit dans l'instantanéité. Qui n'est pas gérable à long terme. C'est le tempo du progrès qui fait sauter le système, en commençant par le plus stable, l'immobilier. C'est la fin de la géographie, si le monde est trop petit pour le profit instantané, il faut retrouver une chronopolitique, avec une économie politique de la vitesse. il faut retrouver un tempo, un rythme. Cela doit déboucher sur une nouvelle façon de faire de la politique. Pour moi, dit-il, cette crise est un crash-test de l'économie et de la culture. il souhaite donc observer ce crash-test, dans une université du désastre, c'est à dire une université. d'une certaine façon, on vient de rentrer dans le mur du temps, quand on est entré dans un mur, il faut reculer, utiliser le crash pour en tirer des conséquences. C'est tout récent, on est dans la révolution des transmissions instantanées. il n'y a pas d'exempe précédent. On a ruiné le système au sens des distances et des proportions. C'est un drame tout à fait nouveau et sans référence. Et ce n'est pas le délire des exoplanètes qui va résoudre, l'idée que la terre est trop petite. il nous faut dominer la domination technologique.
inventer face à la grande peur, la peur écologique, une nouvelle université, comme l'université de Bologne face à la peur millénariste. Notre nouvelle université, dit-il, doit être celle du désastre, celle de l'analyse du crash-test.
Mis à jour le 19 janvier
Lire ici Joseph Stiglitz dans Le Monde
Publié par Anthropia à 13:06:33 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (5) | Permaliens
William S. Burrough and Brion Gysin
Palais de Tokyo
The Third Mind
Crédit Photo Anthropia
Les mots n'ont plus de sens,
la réalité échappe peu à peu.
Ce matin, Esther Duflo, économiste du Mit,
affirmait que ses collègues experts
ne comprenaient rien à la crise.
Je crois que nous avons perdu le réel,
le niveau de complexité est devenu tel,
que pour le décomposer en tous petits niveaux de problèmes,
il va nous falloir beaucoup de temps,
et que les solutions seront caduques
avant que d'être appliquées.
Le monde ne sera plus que communication virtuelle
sur ce que nous ne ferons jamais.
Nous en avons déjà une idée aujourd'hui
avec Sarkozy qui nous berce de réformes virtuelles,
jamais votées, jamais appliquées, toujours remplacées,
comme si la réalité se fabriquait en catimini,
se transformait en dépit du plein conscient de quiconque.
La question n'est plus le sens,
la question est le timing, la forme, l'assurance.
Publié par Anthropia à 20:11:37 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) | Permaliens
Moon 1
Crédit photo Anthropia
Regarde la lune, blogueur,
fixe la à t'en brûler la cornée,
point nodal contre le viral,
l'orange vitamine C
contre l'appel de l'apnée,
souffle ouf j'échappe,
et toi, t'as la grippe ?
Publié par Anthropia à 22:45:48 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Extrait de l'Ephéméride 2009
Moriceau et Mrzyk
Expo à la Galerie Air de Paris
Je guette derrière ton dos,
je zyeute avec toi,
les gens qui partent en vrille,
l'angoisse que ce Noël
est le dernier possible,
en l'état d'une haute consommation débridée,
la panique de bouger, de fouler les travées du magasin,
en quête de quête,
chercher, chercher le cadeau, le foie gras, les huitres,
et j'oubliais le caviar, le pas cher,
celui que j'ai vu, qui vient d'Espagne,
et puis tiens cette fiole, cela fera joli sur la table,
et puis ne pas oublier les deux cartes de voeux,
et le papier cadeau, argenté, ou irisé, c'est tendance.
Jamais tu te calmes, tranquille, cool, t'es pas obligé,
tu peux faire tout ça zen, avec un budget, une limite supérieure,
tu peux même regarder s'il te faut vraiment sortir aujourd'hui,
n'as tu pas déjà tout ce qu'il te faut ?
Publié par Anthropia à 09:54:40 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Moriceau et Mrzyk
Exposition à la Galerie Air de Paris jusqu'au 11 janvier 2009
Fermeture jusqu'au 5 janvier 2009
Voilà, nous y sommes.
La dernière réforme constitutionnelle avait pour but,
nous disait-on, de renforcer le pouvoir parlementaire,
lémédias (copyright Schneidermann) nous le serinaient,
j'avais des doutes mais bon,
et tout à coup, the truth comes out,
Sarkozy veut réduire le droit d'amendement des députés,
en fait il laisse à l'arbitraire d'un tenant de sa majorité
le choix de trier dans les amendements.
Comme d'habitude,
derrière une communication généreuse de Sarkozy,
se cache une intention trouble,
Le Monde de ce jour nous en révèle les turpitudes (ici).
Même les présidents de chambres, Accoyer et Larcher,
qu'on ne peut taxer d'opposition partisane,
sont eux-mêmes révoltés par le procédé :
"le droit d'amendement est sacré".
Oui, Monsieur Sarkozy, le droit d'amendement,
c'est le droit de débat, d'amélioration d'un projet,
c'est la valeur ajoutée collective,
c'est le fruit du mélange d'opinions,
c'est le 1+1=3, quand de la confrontation nait la lumière.
Le droit d'amendement,
c'est aussi la parole accordée aux représentants de l'opposition,
qu'ils en usent ou abusent, c'est leur droit d'intervenir,
parce qu'ils incarnent pour presque la moitié des Français,
qui n'ont pas voté pour vous,
la possibilité d'être entendus et de donner leur opinion.
Par ce projet de loi organique,
vous provoquez les Français de l'opposition,
vous leur dites sans le moindre doute
que leur vote
pour d'autres députés que les vôtres,
ne compte pas.
C'est la démocratie que vous mettez en jeu, Monsieur Sarkozy,
plus nettement que vos récentes réformes ne l'avaient encore fait.
Nous ne l'accepterons pas.
Publié par Anthropia à 13:09:20 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
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