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Une caméra vidéo, qu'y a-t-il de plus chouette que cette machine qui enregistre les premiers pas de nos bébés, les sourires de nos conquêtes, les paysages de nos vacances, les tablées souriantes de nos amis ?
Une caméra vidéo dans les rues de ce petit village, où j'étais l'autre jour, bien propre, à côté de l'église, entre un petit hôtel et une boutique de déco, à quoi sert-elle donc ?
Une caméra vidéo sur une route de campagne que j'ai empruntée, la route est droite, sans relief, sans végétation et on me dit : "pour votre sécurité, vous êtes filmé" ?
Une caméra vidéo dans l'ascenseur, dans le restaurant, dans l'entrée de la boîte de nuit.
Pour ma sécurité ou pour la "sécurite aigüe" de l'homme politique qui dirige la ville, le pays ?
Car enfin, une caméra n'intervient pas en cas de problème, elle ne fait que le constater, que l'enregistrer, elle ne me sert de rien, moi la victime.
C'est pour la dissuasion, me répond-on à ma droite ? Si mes intentions sont coupables, je commence par la démonter, par la casser ou par tirer sur l'oeil. La caméra n'empêche pas le crime, au mieux elle le filme, au pire elle souligne de manière narquoise l'impuissance des politiques à nous protéger.
Elle fonctionne comme une intention incapable, comme un vouloir sans effet.
Sans effet ? Si elle en a un, nous faire croire que cela en aura un.
Publié par Anthropia à 11:51:12 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Le propre d'une étoile, c'est d'être perçue de loin, dans l'espace, et de ne dégager finalement qu'une lumière froide, une sorte de trace de sa présence bien longtemps après qu'elle ait émis ses ondes.
C'est ce qui est en train d'arriver à Sarkozy. Nous l'entendions tous les soirs en direct, dans des grands shows médiatiques, sur des plateaux de TV en campagne, avec vidéos sur son site si on voulait se gargariser de tel ou tel passage du grand discours. Nous étions bercés par sa voix inquiète, le rythme heurté de son phrasé, le débit rapide voire saccadé de sa parole. La voix impérieuse de celui qui est avide de nous happer, plus que de nous séduire.
Et tout à coup, la voix de Sarkozy s'éteint. Une étoile est née. Sur son yacht, ne voilà-t-il pas que nous sommes réduits à interroger l'image d'un homme assis comme tout un chacun sur son siège, parlant semble-t-il avec son fils, nous jaloux qu'il ne nous parle plus. Ou bien sur une marche de son Palais, bougeant, se démenant ou bien encore en short et T-shirt, dans la rue ou sur la route près du Fort de Brégançon. Silence radio. Charlie Tango ? Tango Charlie ? Nous voyons l'image, mais n'avons plus le son.
Il a bien conscience de cela, Sarkozy. Alors il saute de sa limousine pour serrer les mains, il profite de chaque instant pour faire un bain de foule. Des fois que nous pensions que l'image sans le son pourrait signifier que l'homme ne nous aime plus, il s'efforce de se montrer mangeant des frites avec des ouvriers ou serrant la paluche d'autres lambdas comme nous. Des fois qu'il habiterait maintenant dans les hautes sphères du palais de l'élite en chef, il se montre en vilain T-shirt, en vieilles Reebok.
Mais il a bien atteint l'Olympe, et chacun sait que Zeus le plus souvent se tait, sauf de temps en temps. Une parole éphémère, chiche qu'il nous mesure comme du lait maternel, quatre biberons par mois, il faut attendre pour le mériter, téter au jour et à l'heure prévue, ni avant, ni après.
Où sont parties les longues stances de Rodrigue ? A-t-il du cœur ? Où sont donc les slogans simplistes qu'on retenait par coeur comme des comptines du soir, « Fais dodo Colas mon p'tit frère », « travailler plus pour gagner plus », « ah vous dirais-je maman ? », «parce que celui qui se lève tôt, il en a marre » , « Loup y es-tu, entends-tu, que fais-tu ? », « quand on n'aime pas la France, on la quitte ». Jusqu'à la vibration de sa parole qui vient à s'effacer, éteinte au firmament.
Et le public en manque. Il ruse avec l'attente. Bien vite, Hans apprend à lancer sa petite bobine. Fort. Da. Il joue avec l'image de son héros, reprend les antiennes, tente de les garder vivantes, bien en bouche. Mais ce n'est pas pareil. C'est mieux quand c'est lui. Mais lui n'est plus là.
Alors le public se lasse et regarde autour de lui. Il se tourne vers d'autres idoles, tiens ce soir, la figure de proue sur le bateau de pêche, la vareuse rouge et le foulard rose. Pourquoi pas celle-là pour continuer la conversation ?
Publié par Anthropia à 23:11:44 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
On doit à Nicolas Sarkozy de finir le travail, en bon bourreau, il ne laisse rien au hasard.
Tenez, si l'un de ses ministres parachuté aux législatives venait à perdre les élections dans sa circonscription, la règle est claire : on le vire.
Pas de pitié pour les perdants.
Quant aux perdants de l'autre camp, s'ils survivent, s'ils respirent encore, on sort le colt pour finir le travail, une dernière balle pour la route.
Ségolène annonce-t-elle son retour au Zénith ? Vite, vite, Sarko file au Havre pour faire un petit discours minable de candidat en campagne, au risque de paraître partisan. Il ne sera pas dit qu'il aura laissé la vedette à quelqu'un d'autre qu'à lui ? Nous verrons si TF1, France 2, Paris-Match, Le Parisien, Le Figaro, LCI, etc. feront leur Une sur l'Une ou l'Autre.
Mais davantage, les mohicommunistes bougent-ils encore ? Le Prime-président va les éliminer, faire baisser de 1% à Zéro. Au Havre, cette vieille citadelle rouge, Sarko veut les éradiquer.
La philosophie de Sarkozy est d'écraser les loosers à terre et de mettre tout le monde sauf lui en position de looser potentiel, sur un siège éjectable.
Voilà comment on tient une équipe, une nation. Il s'apprête même à en faire autant au niveau européen. Mais cela marchera-t-il ? C'est une autre histoire.
Publié par Anthropia à 11:33:28 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai mis 500 kms entre Paris et moi et le soleil est apparu, la chaleur, 30°.
J'ai mis 500 kms entre Sarkozy et moi et l'air est devenu plus respirable
J'ai mis 500 kms entre la gauche et moi et la route m'a fait penser à la manière dont mes engagements se sont construits, à l'orée de mes années, plutôt perdue solitaire dans la grande vie, et plus je vieillis, plus j'en viens à l'essentiel, plus je ressens la solidarité avec les humains, les proches et les lointains.
J'ai mis 500 kms entre moi et moi et sur cette place où je wi-fise, je me sens du petit village de partout, vous savez le petit village universel, où chaque personne est reconnaissable, où je pense à vous et à la petite fille assise par terre en train de jouer à la poupée. Tout à la fois.
Publié par Anthropia à 16:30:01 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
"...Je pense exactement l'inverse : je crois qu'il nous faut un Churchill, avec une majorité forte et unie derrière lui, pour imposer le sursaut vital et les réformes radicales dont la France a besoin. Je ne crois pas au ménage à trois. Toute cette énergie qu'il faudrait dépenser pour faire collaborer entre eux des acteurs disparates et incompatibles, pour unir des mi-chèvre mi-choux derrière une ambition tonique et ardente, je préfère qu'elle soit consacrée à l'action pour la France. Et pour cela, bon gré mal gré, on n'a jamais rien trouvé de mieux, en démocratie, qu'une franche majorité, soudée et active...."
A lire sur le blog de Xavier Darcos... ce qu'il pense de l'ouverture d'un gouvernement.
et pour une synthèse dans LeMonde et sur le Bigbangblog.
Publié par Anthropia à 13:20:19 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
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