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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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    Quand Laura rencontre Cécilia | 24 septembre 2007

     

    L'AFP vient de faire paraître une nouvelle qui vaut son pesant de cacahuètes :

     

    Laura Bush se rendra au Proche-Orient en octobre. L'épouse du président américain, Laura Bush, se rendra en octobre au Proche-Orient pour une mission de diplomatie publique visant à améliorer l'image des Etats-Unis dans la région, a indiqué lundi la Maison Blanche.

    © 2007 AFP - 24/09/2007 16:01

     

    La nouvelle est intéressante. Diplomatie publique dit l'Agence. Envoyer sa femme au feu quand on connaît l'image de Bush au Proche-Orient, c'est risqué. Est-ce une demande de la Dame ou un oukaze du mari ?

     

    On dirait que le cas Cécilia fait école. Les Dames quittent les tricots et la compassion hospitalière pour entrer dans la POLITIQUE INTERNATIONALE. On se demande quelle légitimité, pouvoir particulier ou diplôme, permettent à ces First Lady d'intervenir sur la scène diplomatique. Serait-ce ce talent très ordinaire d'être nées femmes, qui fait d'elles des émissaires très spéciales ? A-t-on d'emblée un capital sympathie parce qu'on a le sexe dit faible ? Serait-ce un effet de la stratégie Colombo, yeux baissés, genoux serrés, sourire timide, qui serait capable d'émouvoir les élus éructants des grandes capitales arabes ?

     

     

    Ne les envoie-t-on pas ainsi au casse-pipe, sans statut, les aiguilles entre les dents et l'épée dans le dos ?

     

     

     

    Publié par Anthropia à 16:25:05 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    L'état de grâce, suite | 24 septembre 2007

     

     

    Que vous disais-je hier ? Qu'il fallait rester vigilant, car un sondage Opinion way n'allait pas tarder à arriver pour nous dire que tout va bien.

     

    Lu dans Libé ce jour "En revanche, selon Opinion Way pour le Figaro (2), 76 % des personnes interrogées ont jugé Nicolas Sarkozy «convaincant» lors de son intervention télévisée de jeudi." ,CQFD.

     

    Parlons de la méthodologie de ce sondage. Les sondés sont 900 en ligne, on les interroge juste après l'événement, pas de temps de repos pour digérer. Ensuite, on ne leur pose que des questions positives, de type Sarkozy était-il ou pas :

    Dynamique

    Courageux

    Sincère

    Convaincant

    Rassemble les français

    A l'écoute des français

    Rassurant

    Proche de vos préoccupations

     

    donc il faut s'opposer pour répondre si on n'est pas d'accord, ce qui est plus difficile et exige une capacité de résistance au sondeur, car nulle part on ne vous offre de parler d'un défaut, il n'a que des qualités cet homme-là, c'est sûr. D'ailleurs, on voit que les CSP- ont moins résisté que les CSP+, c'est à dire que les gens de catégories socio-professionnelles élevées sont plus critiques que les autres, ce qui dénote simplement leur moindre sujétion aux questions pushy d'Opinion way.

     

    Enfin, la plupart des qualités sur lesquelles on interroge sont prises dans le registre charismatique : sincère, courageux, à l'écoute des Français, en quoi l'interview permet-elle de dire s'il l'est ? Elles portent davantage sur la qualité rhétorique de leur auteur que sur son action politique. On ne demande pas s'il est honnête, efficace, ingénieux, si sa politique est pertinente, etc..

     

     

    Enfin, dans les réformes à apprécier, deuxième partie du sondage, nulle part trace de questions sur le non-renouvellement des fonctionnaires, le bouclier fiscal ou la franchise médicale, ou alors noyée dans la masse. On parle de réformes sur le droit du travail ou la politique de santé, bien abstraitement. On interroge sur la sévérité à l'égard des chômeurs, le regroupement Unedic/ANPE, etc., dans des formulations plutôt consensuelles. Bref, ce qui ressort tout de même, c'est que sur les pré-retraites, la santé et le droit du travail, les gens sont bien moins nombreux à valider la politique de Sarkozy, on frôle les 50% à chaud, juste après le discours du Che, c'est dire.

     

     

    Et parce que je suis fatiguée de cet Opinion way, qui arrive tel Zorro pour sauver Sarko, je propose que les députés lancent une commission parlementaire sur la méthodologie des sondeurs et leur manipulation des médias.

     

    D'ailleurs, même le Parisien proche de ses lecteurs, qui fût en son temps la voix de son maître, ne s'y trompe pas, puisqu'il titre sur le pataquès des heures supplémentaires : apparemment, les décrets ne sont pas sortis. C'est le bordel. Mais cette question ne figurait pas dans le sondage d'Opinion way.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 14:14:48 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    La fin de l'état de grâce ? Suite | 23 septembre 2007

     

    Le JDD de ce jour annonce la baisse de 8 points du taux de popularité de Monsieur Sarkozy. S'agissant de lui, c'est un vrai décrochage. On ne parle pas d'une petite baisse de - 1 ou 2 points. Cela n'est pas compris dans les marges d'erreur des instituts de sondage, c'est un phénomène.

     

    Je racontais ici même dans "L'état de grâce s'achève", publié il y a quelques jours, mes propres constats d'une critique de plus en plus acerbe dans des cénacles franchement partisans de Sarkozy en juin.

     

    Le commentaire de Monsieur Parodi souligne que les mots "dictateur", "totalitaire" apparaissent, spontanément cités par les sondés. A peine trois mois, et ils comprennent enfin. Je pense que c'est un commencement.

     

    C'est à lire dans le sondage IFOP.

     

    Le Figaro en ligne essaie bien de contre-attaquer en mettant ce soir en Une un de ses sondages, titré "l'état de grâce se maintient". Mais c'est un plus vieux sondage datant du 27 août.

     

    Soyons vigilants, un autre sondage d'Opinion way ne va pas tarder à sortir, un de ces sondages en ligne sans réelle représentativité. Celui de l'IFOP s'appuie sur un questionnement de près de 1900 personnes.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 00:38:24 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    L'état de grâce s'est achevé | 20 septembre 2007

    Bruno Rousseaud

    Tourelles pour voitures sportives, 1999

    (Droits réservés)

     

     

    Quand vous rencontrez tous les mois les mêmes personnes autour d'un déjeûner, vous mesurez très bien les écarts entre les discours de la dernière fois et ceux d'aujourd'hui.

     

    C'est ce qui m'est arrivé cette semaine. J'ai rencontré une vingtaine de personnes, hommes d'affaires, tous de farouches partisans en juin de Sarkozy.

     

    J'ai pris le parti depuis longtemps avec ces personnes de ne pas exprimer mes opinions personnelles. Ce qui fait que mon attitude a toujours été, ce qu'on nommme en psychanalyse, de neutralité bienveillante et qu'elle n'a pas ni dans un sens ni dans un autre pu influencer leurs propos.

     

     

    Quelle ne fut donc ma surprise quand je les ai entendus cette semaine exprimer ce qui m'apparût comme un réel changement de position.

     

     

    Les boute-feu qui quelques mois plus tôt soutenaient Sarkozy pour casser les mouvements sociaux, leur en remontrer à ces mous qui ne veulent pas changer, se mettent à me dire que oui pour les sans-papiers avec les enfants, c'est violent, les quotas, l'ADN, c'est mal venu. Leur orgueil de mâle peut-être ? Sensibles à l'argument du test qui repère les fausses paternités endossées à l'insu du plein gré ? Quelques-uns chrétiens commencent à entendre l'indignité de ces pratiques.

     

     

    Les plus convaincus en juin se taisent, l'air grave, presque heurtés dans leur sensibilité -j'ai déjà parlé ici de Harry-, j'ai trouvé le même regard inquiet et tourmenté chez ces endoctrinés, qui rêvaient les yeux au ciel en juin.

     

     

    D'autres enfin s'avouent consternés par les décisions futiles, gaspillant les rares ressources de l'Etat, le manque de vision économique et de politique structurée de relance.

     

     

    Je ressors du repas étonnée. Comment, sont-ce là les soutiens à Sarkozy ? Où sont donc les 63%, qui d'après les questions floues d'Instituts peu sérieux, le plébiscitent sans état d'âme ? Dans mes sondages hara kiri, rien de tel, à la table des afficionados, on ne trouve plus que des critiques ou des muets.

     

     

    La situation évolue. L'état de grâce s'est achevé. C'est normal, plus de cent jours sont passés.

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:40:43 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) |

    Joues pas au dur, tu fumes que des light ! | 16 septembre 2007

     

    Olivier Marchal, cinéaste : Gangster, 36, etc.

     

     

    J'avoue que je suis curieuse de la rentrée sociale, cette année. Sarkozy va-t-il oser aller contre les syndicats sur le code du travail, le contrat de travail, les retraites ?

     

     

     

    Jusqu'ici, soit on l'a vu sur du facile, le bouclier fiscal, soit sur du n'importe quoi sur la réforme des universités ou l'obligation de service en cas de grève. Dans ces deux derniers cas, c'est de la roupie de sansonnet, du tape-à-l'œil, du turlututu, juste pour dire qu'il l'a fait, mais c'est pur jeu de miroir. L'obligation de service public existe déjà et la loi sur l'autonomie des universités est bien en-deçà des besoins. C'est de la politique Canada Dry, ça a le goût de l'alcool, la couleur de l'alcool, mais chez Sarkozy qui ne boit pas, n'est-ce pas, c'est Canada dry tous les soirs. Comme quand il était à l'intérieur et qu'on a vu augmenter les violences sur les personnes, paradoxal, non ?

     

     

     

    La rentrée voit donc Monsieur Sarkozy au pied du mur de ses promesses électorales. Finie la politique de Canada Dry ? Va-t-il s'attaquer « aux choses sérieuses, parce que lui quand il parle, il tient ce qu'il dit » ? On peut en douter.

     

     

     

    Comme disait le héros dans un très bon film d'Olivier Marchal, « Joues pas au dur, tu fumes que des light »(1), Sarkozy a le discours de la fermeté, le look du Bonaparte sûr de lui, mais c'est un mou déguisé en dur. Ce qui compte chez lui, c'est le paraître, pas l'être. D'ailleurs, le seul domaine où il insiste, persiste et signe dans la dureté, c'est sur les immigrés, qui comme chacun sait, ne votent pas. Enfin un domaine où il peut maintenir l'illusion d'optique.

     

     

     

    Mais pour tenir le coup dans ce contexte, il faut savoir utiliser les contre-feux. Un sondage affiche - 2 points à Paris-Match, -les traîtres-, vite, vite, on fait donner Le Point qui montre le bon maintien du Président, ça c'est le contre-feu médiatique, qui s'appuie sans doute sur l'expérience d'une ancienne rédactrice en chef du Point, qui vient de prendre un poste à l'Elysée. Tiens, tiens.

     

     

      

    Dans le genre contre-feu langagier, Sarkozy a décidé que les ministres qui échoueraient aux Municipales ne seraient pas évincés du gouvernement. Alors, c'est fini, la règle du « je veux que des gagnants avec moi » ? Les Législatives seraient plus importantes que les Municipales ? Ou bien aurait-il à ce point peur de ces prochaines échéances qu'il change les règles en cours de route, au cas où ? C'est un art, le contre feu, cela implique comme aux échecs, un jeu avec quelques tours d'avance, et Monsieur Sarkozy y excelle.

     

     

     

    Alors c'est sûr, si les syndicats à la rentrée montaient au créneau, si les Français décidaient de descendre dans la rue, il faudrait sortir les Canadair, et cela n'est pas dans le style de Monsieur Sarkozy. Il préfère les boissons gazeuses et les mini-feux de broussaille, pour ne pas faire peur aux grand-mères. 

     

     

    Gageons que pour se dégager de ce mauvais pas, où la France de gauche comme de droite l'attend, Monsieur Sarkozy saura distraire l'attention, agiter le torchon rouge, montrer une nouvelle lune médiatique. A mon avis, il rebondira sur un événement quelconque, alertera sur le terrorisme, ou bien relancera une nouvelle guerre linguistique dont il a le secret. Je suis prête à parier qu'octobre sera un mois où un nouveau thème sarkozien viendra masquer l'actualité sociale.

     

     

     

     

     

    (1) Version expurgée. La version attestée in Gangster d'Olivier Marchal est "Si t'as pas peur de la mort, alors pourquoi tu fumes des Light, connard ?"

     

          

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 11:14:48 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

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