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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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    QUI T'A FAIT RICHE ? | 12 octobre 2007

    Oncle Picsou (détail)

    BD - Walt Disney

    (droits réservés)

     

    Quand les régions riches se désolidariseront des régions pauvres.

     

    Quand les communautés riches préféreront garder l'argent pour leurs proches plutôt que de supporter les communautés voisines.

     

    Quand les familles riches préféreront habiter ensemble et ne plus financer les équipements collectifs des familles pauvres.

     

    Quand les individus riches compteront leur argent, dans leur auto blindée, dans leur maison domotisée, donnant leurs ordres bancaires de leur domicile.

     

    La Louisiane déjà est abandonnée de son pays. La Belgique échappera-t-elle au démantèlement voulu par les Flamands ? L'ostracisme catalan ne veut plus financer l'Espagne des pauvres. Et tant d'autres territoires où se regroupent peu à peu les familles riches. Programme d'isolement dans des villes parallèles, sur des îles paradisiaques.

     

    Je pensais que l'Etat-nation avait été inventé pour nous protéger. Mais la protection d'aujourd'hui est un privilège de riches, qui se passe des coûts somptuaires d'un Etat impartial. Moins d'Etat, moins de services, comme dit Monsieur Fillon. Mais pour quoi faire ? Pourquoi devrions-nous renoncer à ce qui fait notre bien-être, celui qu'on nous envie.

     

    Voilà la belle utopie du XXIème siècle, du capitalisme mondialisé triomphant, une caste de très riches, vivant dans un chateau-fort moderne, et l'abandon des pauvres, des esseulés, des rebelles, des malades, l'abandon de l'Etat, parce que les riches en ont marre de financer les pauvres.

     

    Mais qui t'a fait riche, le Riche ?

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 07:55:36 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    La spécificité russe | 11 octobre 2007

     

     

    "Sarkozy a donc fait un geste en recevant les représentants de Memorial. Mais il s'agit d'un engagement limité. «Je comprends les spécificités russes. Je n'ai pas de leçons à donner la Russie», a-t-il dit lors d'une conférence de presse des deux chefs d'Etat, où il a précisé avoir informé son hôte de son intention de recevoir les membres de l'ONG." dixit Libé du jour.

     

     

    Et voilà le devoir est accompli, à peu de frais, un petit mot, une tape sur le bras, les droits-de-lhommistes sont contents ?

     

    Non. Comme d'habitude, en cela aucun changement dans la diplomatie, on ne s'attaque pas aux vrais problèmes. Car avec Poutine, on fait du business, beaucoup de business.

     

     

    Et Sarkozy sait qu'en URSS avec les hommes d'affaires, il n'y a pas de problèmes tant qu'on est réglo. Si on ne tient pas ses promesses, on vous tue.

     

     

    Espérons que Sarkozy ne fera pas d'entourloupe à son ami russe.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:48:10 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    Ta mère ! | 10 octobre 2007

    Ce texte est un "work in progress", je tente de comprendre ce qui est sous-jacent à ce jeu de cache-cache sur les tests ADN. La lenteur à prendre position, la réaction du Sénat, les réactions des plus anciens, l'amendement d'un Mariani, obsédé de la pureté du sang. Donc ce texte va évoluer, sans montrer ses modifications.

     

    Etonnant comme les test ADN se trouvent finalement au coeur de nos problématiques actuelles.

     

    Ainsi Kouchner nous a-t-il dit qu'il ne s'indignait pas des tests ADN, registre de la honte, de l'honneur, la colère, le déni de celle-ci. C'est sa problématique de trahison qu'il évoque ici. Est-il un homme d'honneur ? Ses colères sont-elles encore dignes de foi ? D'où peut-il maintenant se mettre en colère ? S'il n'a plus le blanc-seing du parti des pauvres et des malheureux. C'est bien son problème.

     

    Fadela Amara vient de nous offrir aussi deux petites perles. Elle trouvait "dégueulasse", registre de l'hygiène et de la probité morale, la stigmatisation des migrants avec les tests ADN. Voilà que l'Assemblée nationale en la personne de Devedjian de l'UMP l'attaque à corps, profitant de l'éloignement du Président, avez-vous remarqué, quand le chat n'est pas là, les souris dansent, mais quand il occupe le terrain, tout le monde se tait.

     

    Donc bref, Fadela Amara a conclu que ces attaques étaient "stériles". On est à nouveau dans le champs sémantique de l'hygiène, cette fois, c'est le bouclier hygiéniste qui lui sert de rempart qui ne peut être pénétré par l'armée de microbes contre elle envoyée. Mais d'où lui vient ce bouclier ? Sarkozy ? Elle serait comme stérilisée par l'aura du Président ? Mais alors le dégueulasse des tests risquerait de l'attaquer elle, comme fille de migrants ? Le bouclier ne serait donc pas stérile pour tout ? Elle rappelle qu'elle est une femme libre. Cela résonne pour moi : "libre de quoi" ?

     

    L'ADN est bien du côté d'un jugement sur le pur et l'impur, la pureté du sang du descendant, on doit dire si un enfant est du côté du même, comme son père. Et c'est tout l'enjeu de cet amendement pour moi, cette hantise, cette obsession de savoir si les enfants de cette République-là sont bien aussi nos enfants, si nous devons nous considérer comme leur parent.

     

    Après les querelles multiples, les sénateurs se sont réconciliés sur l'amendement, en passant du père à la mère, je teste la maternité pas la paternité. Il est intéressant que ce soit le Sénat, ce choeur antique, qui remette en cause l'amendement apparemment conservateur d'un petit député de l'assemblée nationale

     

    Comme de bien entendu, quand on risque le statut du pater familias, le Sénat rétorque. Il est le garant du droit patrimonial, du droit du père. Il botte donc en touche sur la maternité elle-même. Est-elle bien la mère de celui qu'elle a enfanté ? Comme disent les enfants des banlieues comme pire injure, Ta mère. C'est bien ce que viennent de dire les sénateurs aux enfants migrants : ta mère ! Non pas, ta mère la pute ! Mais ta mère, la mère !? Est-elle vraiment ta mère, celle qui t'a porté ? A-t-elle vraiment accouché de toi ?

     

     

    Peut-on être mère en-dehors du lien de sang ? Le Sénat ne pouvant renier le symbolique paternel attaque le symbolique de la mère, sa part culturelle, sa part de construction, pour la limiter au lien génétique. Comme si comme mère migrante, on devait désormais prouver deux fois sa maternité par le corps et par le test. Et toujours jamais par l'éducation et la transmission culturelle. Comme si nous ne pouvions être mère sans l'alibi génétique.

     

     

    Renforçant en cela l'angoisse de ces enfants migrants, celle qui les accompagne au quotidien, l'angoisse d'être non seulement "fils de personne" mais en plus "pas le fils de sa mère".

     

     

     

    Bizarre que tout ce ram-dam se transforme en remise en question de la mère. Accord final entre hommes, quand on doute du père, on charge la mère. Et de m'interroger si ces centaines d'années de pouvoir phallocrate ne sont pas finalement le plus bel aveu de l'angoisse de n'être pas le père, quand il n'existait pas encore la preuve par neuf, la preuve scientifique, le test ADN. Alors qu'attendent-ils ?

     

     

     

    N'est-ce pas le voeu souterrain que chaque père convoite en secret, être sûr, prouver qu'il est bien le père. Ce qu'il demande au migrant, n'est-ce pas finalement à lui-même qu'il voudrait le demander ce père, se tester et tester son enfant, sans oser le faire parce que ce faisant, c'est lui-même qu'il remet en question, l'automaticité de sa paternité dans le cadre de la conjugalité. Tentation de l'homme moderne, savoir qui est le père quitte à perdre tous ses droits. Et le Sénat garant de la famille et de la production de fils, bon citoyens et bons Républicains, lui en dénie le droit.

     

     

    Le Sénat vient de tenter de protéger, mais pour combien de temps, le tout-puissant statut des pères, qui sont considérés "père de sang" sans avoir à le prouver. La fiction phallocrate du chef de famille omnipuissant, "Si elle est bien la mère, alors lui, son mari, est le père", encore renforcée par le test ADN pour la mère (comme si le problème était là). Et d'une certaine façon, la paternité vient d'être reconfirmée dans sa dépendance à la conjugalité et à la maternité. Extrême tricotage du droit, où la toute-puissance repose sur la fragilité absolue.

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:44:03 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    Retard à l'allumage | 05 octobre 2007

     

    La logique de l'action politique me pose souvent problème. Tiens, prenons les socialistes, le groupe socialiste, plus exactement à l'Assemblée nationale. Le mois dernier, ils n'étaient que quelques-un dans la nuit à voter contre l'amendement ADN et le reste. On ne les entendait pas. 91 membres de la droite votaient pour, 91 on les avait chez les socialistes, mais ils n'étaient pas là pour s'opposer valablement. Une sorte de deal était passé. La présence des députés est organisée, pour ce genre de vote, on s'arrange pour distribuer les votes à due-proportion des pourcentages d'élus dans la chambre. Donc les socialistes n'étaient que 45. Ils n'ont pas par exemple mobilisé tous leurs élus, pour qu'ils arrivent au petit matin et votent contre. C'est ainsi la politique, on fait des impasses. L'immigration en est une.

     

    Puis le Sénat se réveille, il donne la charge, la brèche s'ouvre côté UMP. Même Pasqua -qui lui a quelque chose à dealer, la mansuétude à l'égard de son fils- se met à établir des comparaisons entre les tests ADN et la période de l'Occupation, mais bien vite dira qu'il votera pour la loi, entre temps, sûrement, le chantage a fonctionné, on a dû lui donner des garanties.

     

    Alors, le PS, le groupe socialiste à l'AN,  se dit tout à coup que c'est un sujet, qu'on peut y aller et il se met à dire ce qu'il pense, plus haut, plus fort, plus incisif.

     

    C'est ainsi que les choses vont dans la politique politicienne, on s'économise, on ne donne que les batailles qu'on peut gagner, on s'épargne les combats sans issue apparente. C'est ainsi que va le fossé entre les citoyens et les partis, car eux quand ils s'indignent, ce n'est pas par calcul politique, c'est parce que SUR LE FOND ils ne sont pas d'accord, qu'ils trouvent injustes et indignes le sort réservé à ces migrants.

     

    Quand les édiles du parti socialiste auront compris que la politique n'est pas seulement un calcul de probabilités, mais aussi des convictions, des points de vue sur le monde, et que s'économiser est une stratégie de gagne-petit, peut-être aurons-nous des chances de gagner les prochaines grandes échéances.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 12:00:21 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    Désabonnez-vous ! | 30 septembre 2007

     

    Si vous voyez ces prochaines semaines sur vos hebdo, vos quotidiens ou vos médias TV une couverture massive du Grenelle de l'Environnement, sachez que tout cela a été préparé.

     

     

    C'est dans Marianne en ligne, qui nous informe que 21 patrons, actionnaires et red chef de médias, sont allés à la soupe cette semaine chez Borloo. Parmi eux, le JDD, le Parisien, Paris-Match, la presse Sarko rien que de plus normal, mais aussi les Télé Sarko, TF1, France 2, et même, eh oui, Le Nouvel Obs. Objet de la sauterie, euh de la réunion de travail, couvrir le Grenelle de l'Environnement.

     

    Dans le rôle du red chef des red chef, Borloo.

     

    Et je ne décolère pas. Savoir que tous ces gens se mettent d'accord avec lui, dans une pratique qu'on qualifierait d'anti-concurrentielle, puisqu'il s'agit d'orchestrer ensemble la couverture d'un événement pour la réussite dudit programme.

     

    On ne parle pas ici d'une conférence de presse, où les journalistes poseraient des questions, bien dans leur rôle, mais de patrons qui demandent comment driver leurs journalistes, pour que la soupe soit mieux servie.

     

    Dernière station avant l'autoroute de la dictature, sarkosysation des médias à un point tel que même De Gaulle ne faisait pas. Alors je propose un grand mouvement de désabonnement, de boycott, sauf à Libé, Marianne, Le Canard Enchaîné, Rue89 et ASI en ligne bien sûr. Pour que ces félons entendent que le peuple ne va pas continuer à payer des journaux vendus au pouvoir.

     

    Je plains les enfants de ces pères et mères de famille, les pauvres, savoir qu'ils ont des parents achetés, ce sera dur pour eux, quand ils s'en rendront compte.

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:56:21 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (15) |

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