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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

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    Regardes le sécuritaire, tu oublieras le pouvoir d'achat | 29 novembre 2007

    Alain Jacquet

    Le déjeuner sur l'herbe, 1964

    Cliché Anthropia

     

     

    Ce soir, vous allez voir Sarkozy à la TV, sur les deux chaînes.

     

    Il ne parlera pas du pouvoir d'achat. Il n'a rien à en dire.

     

    Non pour Noël, il nous offrira encore plus de police, toujours plus d'interventions musclées, du baratin sur sa détermination, et sans doute à nouveau de la poudre aux yeux, s'agissant des circonstances de l'accident de Villiers-le-Bel, qui posent de plus en plus question : contrairement à ce que dit la police, la voiture n'a pas été cassée par des jeunes des cités, une vidéo en atteste. Les dépositions policières semblent déjà quelque peu mises à mal. Comme à Clichy.

     

    Ce soir, le Prime-Président déversera son verbe, qui pourrait bien provoquer de nouvelles émeutes dans les cités.

     

    Cela occupe le cerveau disponible, et pendant ce temps-là, les grèves, la baisse du pouvoir d'achat passent à la trappe.

     

    Mais j'espère que cette fois les Français ne s'y laisseront pas prendre. C'est cousu de fil blanc, tout ça.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 00:48:43 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) |

    La politique de l'éloignité | 28 novembre 2007

    Détail Affiche BNF

    Cliché Anthropia

     

     

    Déjà en son temps, le ministère de Sarkozy avait supprimé la police de proximité, remplaçant par des CRS les policiers de quartier qui connaissaient leurs ouailles. On en voit le résultat dans la radicalisation de la situation depuis deux ans, affecter les compagnies républicaines de sécurité au maintien de l'ordre dans une manif, c'est une gradation dans la proportionnalité de la menace, les déclencher au quotidien, dans des contrôles ordinaires de police, c'est rendre le face à face d'emblée agressif, le problème des CRS est qu'ils circulent beaucoup, qu'ils sont affectés un soir ici, l'autre là, qu'ils ne connaissent pas de visu les gens et que leur pratique est une pratique ostracisée, c'est pour cela qu'ils ont été créés. La possession de fusils à grenailles ne serait pas passée inaperçue d'une police de relations. La possession de fusils à grenailles est une réponse proportionnelle à la guerre quotidienne entre la police d'exception et les gens de banlieue, dont les contrôles au facies sont devenus des instances d'humiliation et de violence ordinaire. Qu'on se le dise les fusils à grenailles existent depuis longtemps dans les cités, j'ai en mémoire une étude faite sur un quartier sensible, il y a une dizaine d'années, ces objets existaient déjà, MAIS ON NE S'EN SERVAIT PAS.

     

    Puis vient le temps de Dati-Sarkozy, qui supprime la justice de proximité : pour porter plainte, les victimes devront désormais payer de leur poche l'essence pour se rendre chez l'avocat et au tribunal de l'autre côté du département et s'ils n'ont pas de véhicule, tant pis pour eux ils iront en bus. On vient d'autre part de découvrir que la réforme des tutelles est gravement mise en péril par cette décision : les personnes handicapées, fragiles, âgées en curatelle ou en tutelle vont devoir prendre le train avec leurs délégués à la tutelle. Quant aux chômeurs qui essaieront de faire reconnaître leurs droits à salaires devant les Prud'hommes, ils devront d'abord débourser le prix du billet avant de toucher leurs indemnités. Des surcoûts pour ces personnes, des douleurs à emprunter les transports, mais que diable, le service public n'a pas à rendre service, il ne manquerait plus que cela.

     

    Après les Municipales, vous entendrez parler des hôpitaux d'éloignité : ceux qu'on supprimera pour cause de manque de rentabilité étant ceux précisément qui seront près de chez vous.

     

    Et je me dis ce matin, en voyant Sarkozy rentrer de Chine, rentrer des USA, rentrer de Malte, rentrer du Maroc, rentrer du Mali, rentrer du Tchad, que ce régime est celui de l'éloignité. Télévisuel ne désigne-t-il pas la qualité de ce qui se voit à distance ? Il semble que cette politique irréalise le réel, virtualise la vraie vie, que moins qu'un Président omniprésent, nous avons hérité d'une icône téléprésente.

     

    Ce n'est même plus la perte des corps intermédiaires que nous vivons à présent, c'est l'éloignement des corps réels de nos institutions, c'est leur virtualisation. A quand la justice par internet, tu dis ton cas, tu tapes tes données, tu valides, on te dit de combien tu as écopé, tu mets ton bracelet, on t'inflige un courant électrique si tu t'éloignes de ton domicile et la justice est rendue.

     

    Comme si d'obscurs sentiments phobiques de nos gouvernants, la peur du réel, le dégoût de l'odeur du peuple, gagnaient nos services publics (Hortefeux ne vient-il pas d'opposer les Français propres aux étrangers ?).

     

    Parlez derrière l'hygiaphone de l'ordinateur, s'il vous plaît.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:47:02 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    Le tonneau des Danaïdes | 27 novembre 2007

    Le tonneau des Danaïdes

     

    Excellente émission de Capital avec Brice Hortefeux, dans une interview de Guy Lagache, qui a fait du bon boulot de journaliste, reprenant les arguments d'Hortefeux, pour les lui retourner, pour le pousser à bout/au bout de sa logique.

     

    Outre le racisme larvé de tout l'entretien, Brice Hortefeux se lâchant sur les "étrangers", qui contrairement aux Français ne seraient pas "honnêtes" et "propres", l'interview a révélé quelques petits chiffres bien intéressants.

     

    Je les ai repris pour faire l'addition. 25 000 étrangers à expulser, que je multiple -allez- un chiffre à la louche, lâché par Hortefeux, 15 000 euros, cela fait 375 millions d'euros.

     

    Un beau pactole, surtout quand on sait que les étrangers à peine chassés par la porte des avions, reviennent par la fenêtre. C'est 375 millions d'euros jetés par la fenêtre, c'est le cas de le dire.

     

    375 millions d'euros, qu'on aurait pu insuffler dans la croissance, dans le pouvoir d'achat des Français, dans les universités ou dans la recherche. Quelle gabegie ! Et encore, je n'ai pas compté les millions d'heures de fonctionnaires, acharnés à la tâche.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 22:55:26 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    La guerre des classes aura-t-elle lieu ? | 27 novembre 2007

    AES+F group

    FIAC 2007

    Cliché Anthropia

     

     

     

    Denis Olivennes a sorti un rapport qui prêche pour la paroisse des distributeurs. Rendre le téléchargement plus difficile, voilà son objectif. Et accessoirement, parce que c'est son intérêt de patron de la FNAC, supprimer les DRM, qui l'enquiquinent dans son business.

    Comprendre pourquoi le téléchargement s'est développé est une idée qui ne l'effleure pas.

    On aimerait qu'il rappelle que la vente des CD a chuté en France pour cause de coûts exagérés, mais surtout du fait que les consommateurs, après avoir remplacé par des CD les disques de leurs discothèques, sont revenus à une consommation normale. Cela aurait permis de mesurer cette fameuse baisse de la consommation et sans doute aussi le recours au téléchargement.

     

    Enfin, se contenter de durcir la répression des internautes est un aveu de faiblesse. Il sait que le combat est perdu d'avance, que le phénomène de société est irréversible, comme le dit très justement Versac sur son blog.

     

    Je suis consternée par la position des stars de la chanson qui ne voient que leur intérêt immédiat, sans se rendre compte qu'à terme, ils se mettent ainsi dans les mains des distributeurs, qu'on les évaluera selon des critères purement financiers, qui leur coûtera tôt ou tard leurs mirifiques contrats.

     

    Il est quand-même intéressant de constater que les têtes de gondoles, un fois chassés de leur maison de production, se tournent enfin vers Internet, lieu où la loi du marché cède le pas à la loi du plaisir et de la bonne musique.

     

    La licence globale était une solution médiane. Ces producteurs et distributeurs pensent encore qu'ils vont faire davantage d'argent en prenant les internautes à revers. Ils se trompent. En refusant d'assumer le problème, en croyant encore que la loi sera plus forte que l'immense engouement, ils se marginalisent et à terme, scient la branche sur laquelle ils sont assis.

     

    Je pense qu'in fine, c'est la technique qui gagnera, celle qui contournera les méthodes de traçabilité des internautes téléchargeurs.

     

    Toutes les décisions de ce gouvernement n'ont décidément qu'un but, ostraciser les conflits, durcir les guerres, rendre tangible la lutte des classes, au cas où on aurait oublié qu'elles existent.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 15:55:11 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    A la recherche du nanti | 25 novembre 2007

    Mer de nort

    Détail d'une affiche de la BNF

    Cliché Anthropia

     

     

      

    On est riche, quand....

      

    Quand on gagne 4000 euros par mois par personne. Si on gagne plus de 3000 euros par mois, on fait partie des privilégiés de ce pays, les 20% les mieux payés.

     

     

    Mais est-ce le seul salaire, a-t-on alterné des périodes de travail et de chômage, s'est-on endetté dans une précédente période, est-on propriétaire, a-t-on d'autres revenus venus des placements, de l'immobilier, a-t-on une épouse pour cuisiner et s'occuper des enfants, ce qui revient moins cher en plats cuisinés et en garde d'enfants, est-on mère célibataire, appartient-on à une famille nombreuse, a-t-on des avantages d'entreprise, les stocks options, l'épargne d'entreprise, le petit week-end dans le chalet ou dans la maison de bord de mer du comité d'entreprise, la colonie de vacances de l'entreprise moins chère, les réductions de cinéma, de théâtre, de billets d'avion, de billets de train, la perruque qu'on fait à titre privé pour arrondir les fins de mois, la mise en pli gratuite, les pourboires ?

     

     

     

    Je crois que nous n'avons pas à ce jour de vision claire de ce qu'est le niveau de vie dans ce pays. Et l'INSEE ne s'est pas encore doté d'un véritable outil de comparaison, ce qui révèle au mieux un certain retard à l'allumage, au pire un désir de non-transparence.

     

     

     

    Par ailleurs, je pense qu'il faudrait reprendre les postes de dépense et les analyser. Se faire un panier de la ménagère du pauvre propriétaire et un pour les non-propriétaires, de la classe moyenne propriétaire ou pas et des classes sociales les plus aisées, qui elles le sont.

     

     

     

    Quand un pauvre entre dans un hypermarché, il achète le produit du rayon du bas, le moins cher. Quand l'autre se sert à hauteur du regard sur l'étagère. Il achète peu de légumes, de poissons, de fruits, quand l'autre remplit le caddy de produits frais. Ce qui retentit sur sa santé, avec ou sans mutuelle, avec une bonne ou une mauvaise mutuelle.

     

     

     

    Mais un pauvre à la campagne jardine, cultive ses légumes dans le potager, reçoit en échange d'un service, deux salades, un sac plastique plein de haricots verts. Il faut donc établir des différences entre les pauvres de villes et les pauvres de campagne.

     

     

     

    Quand un pauvre achète des vêtements, il achète le bas de gamme, qui ne dure pas, il doit donc racheter chaque année. Ce qui n'est pas le cas du riche, qui achète très cher des vêtements qui durent plusieurs années. Idem pour l'électro-ménager, l'automobile, etc.

     

     

     

    Parler des nantis, des privilégiés, comme le fait ce gouvernement, en désignant les titulaires de régimes spéciaux, les fonctionnaires, n'a donc pas de sens aujourd'hui. Sans le thermomètre, qui n'existe pas, on ne sait pas si on la fièvre.

     

     

     

    Balladur en son temps avait supprimé le Centre d'études des revenus et des coûts (CERC), l'organisme qui fourmillait d'informations sur le coût de la vie. Il a cassé le thermomètre. Son poulain, Sarkozy, dit ne pas aimer les économistes. Il a compris la leçon et assène des certitudes, sans base réelle d'analyses, qui risqueraient de le contredire.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 14:50:45 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

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