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Si la France doit faire son devoir au Tchad, elle le fera.
Magnifique phrase de Sarkozy, superbe exemple de cette langue pourrie de l'intérieur. Si la France doit faire.... une obligation morale sans doute. Son devoir, la guerre, la montée à la rescousse de Deby, sûrement. Elle le fera... pour dire qu'elle l'a déjà fait, que ça a commencé. Et si ce n'était que pour protéger le départ de nos ressortissants, mais je crains davantage.
On a en mémoire les conclusions de la Commission sur le rôle de la France au Rwanda, Védrine faisant tout pour se protéger, on a fini sur un storytelling à dormir debout.
N'a-t-on pas encore tiré les conclusions de nos erreurs ? Doit-on intervenir dans un conflit intérieur, soutenir notre candidat préféré, au nom de sacro-saints intérêts économiques ?
J'aimerais que la politique étrangère et la décision pour la France de s'engager militairement soit discutée au sein de l'assemblée nationale, la commission des affaires étrangères n'a-t-elle rien à dire sur ce qui se prépare ?
J'ai toujours pensé que Sarkozy chercherait à détourner notre attention du pouvoir d'achat en proposant une guerre sainte. Ce "faire son devoir" commence à y ressembler, pour mon plus grand souci.
Publié par Anthropia à 14:26:07 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) | Permaliens
Les résultats impressionnants du PS aux législatives partielles de Chartres montrent assez que les citoyens ne sanctionnent pas seulement Sarkozy, dans un sentiment d'avoir été floués, mais aussi les députés UMP, qui ont apporté leur caution à sa politique, à ses projets de lois, qu'ils ont votées comme un seul homme.
Il est temps pour eux de se réveiller, de craindre le pire, où étaient-ils quand il s'agissait de ne pas voter le bouclier fiscal, les lois scélérates de la ministre de la justice, les franchises médicales, la loi sur l'immigration et ses tests ADN, le durcissement des mesures dans tous les domaines ? Jusqu'aux lois ridicules, sur les heures sup, sur le logement, sur l'autonomie des universités, qui sont de la poudre de perlin-pimpin.
Combien ont-ils été pour décrier cette présidence m'as-tu-vue, combien se sont indignés de voir les courbettes à Bush, les salamalecs à Khadafi, les offres bradées de nucléaire à tous ces pays dont on peut dire qu'ils ne sont pas 'stabilisés' ? Aucun. Ils ont expliqué, justifié, défendu leur Président, se réjouissant de sa posture nouvelle, de son style. Ils se sont couchés devant leur leader massimo, sans aucun scrupule, tout contens d'être au pouvoir et de pouvoir vaquer à leurs petites affaires.
Quand les socialistes hurlaient à l'Assemblée, ils riaient goguenards. Enfin, le libéralisme, la sauvagerie, l'abus et le non-droit.
Alors aujourd'hui, ils gémissent, ils repoussent le porte-malheur, non, ne viens pas chez moi, ils effacent les traces umpistes sur leurs affiches, ils mélangent les listes, pour qu'on oublie d'où elles viennent. Ils s'indignent. Mais où étaient-ils quand il fallait défendre les citoyens qu'ils représentaient ?
Publié par Anthropia à 17:25:45 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Tentons de réécrire l'histoire dans un futur virtuel, dans une école "juste" qui aurait réfléchi à son projet pédagogique, qui développerait des valeurs d'exemplarité des profs, de justice, de capacité à s'améliorer, le droit à l'erreur, le droit à l'excuse, le sens d'une autorité juste de la part des profs.
Un prof entre énervé dans sa classe du matin. Il voit que la salle n'est pas installée. Re-prise de tête. Il s'approche d'un écolier et balance toutes ses affaires par terre.
Scène alternative 1
Devant la tête de l'écolier, il dit : je te demande pardon, je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai eu une mauvaise matinée. L'élève dit bon. Le prof se baisse et ramasse.
Scène alternative 2
Le prof est énervé. Il se souvient de son cours de relaxation, pris une fois par semaine. Avant d'entrer dans la classe, il se demande ce qui l'énerve, se rend compte que c'est sa femme qui l'a insulté ce matin et qui se met à ressembler à sa mère. Il se calme en se disant qu'il va régler ça. Il respire calmement cinq fois et entre dans sa classe zen.
Il demande alors aux élèves de retirer leurs affaires des tables pour réorganiser la salle.
Scène alternative 3
Le prof est énervé. Il a viré les affaire de la table. L'élève l'a traité de connard. A ce moment-là, il dit : bon, on arrête là les hostilités. Je n'avais pas le droit de virer tes affaires comme je l'ai fait et toi tu n'as pas le droit de me traiter de connard. On en reste là, d'accord ?
Publié par Anthropia à 11:34:43 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Le site de la gifle
Que s'est-il donc passé ? Selon les journalistes, nous apprenons qu'un élève a insulté son professeur, ou qu'un enseignant a giflé son élève, ou encore qu'un gendarme a profité de son autorité pour mettre un enseignant 24h en garde en vue ou qu'encore qu'un Ministre a pris la défense des enseignants. Selon le point de vue idéologique, on prend le parti de resserrer le cadrage, on zoome sur une partie de la scène, on s'indigne sur tel ou tel détail de l'événement.
Et moi je voudrais simplement qu'on reprenne le scénario dans son déroulement intégral.
Un enseignant pour pouvoir réorganiser les tables dans sa classe a vidé de son contenu l'une d'entre elle, d'un revers de la main il a balayé la surface et mis par terre les affaires d'un élève. C'est le début de l'heure, pas de problème particulier avec l'élève avant ça.
Alors qu'est-ce qui a pris à l'enseignant de maltraiter ainsi un élève, de lui faire cet affront devant ses camarades, de le traiter comme un paria à qui on ne doit aucun respect. L'enseignant a passé ses nerfs sur l'élève, sans raison.
Ensuite, l'élève indigné a rétorqué, il a insulté, connard, oui il a osé se rebeller contre ce premier abus d'autorité. Il n'a pas aimé l'élève être ainsi traité.
Puis le prof a giflé l'élève. On le voit la gifle arrive comme une montée crescendo, dont l'initiateur est l'enseignant. Puis....
Puis le gendarme, père de l'élève, pas de chance, a porté plainte et l'enseignant a été mis en garde à vue. Puis les syndicats d'enseignant se sont insurgés contre la violence de l'élève.
Mais qui a fait preuve de manque de contrôle et de violence dès le départ ?
Cela me rappelle une scène dans la classe de mon fils en primaire, où un de ses copains, le jour anniversaire de la Shoah, fils de boulanger, s'est entendu dire par la maîtresse : si j'étais ton père, je te mettrais dans le four.
Voulez-vous connaître la réponse de la directrice, à qui, par moi aidée, la mère avait envoyé une lettre de protestation ? Que la maîtresse avait dit 'fournil' et non 'four' et que donc, il n'y avait pas dérapage. Ai-je oublié de dire que la directrice était juive, et que la maîtresse a donné des cauchemars pendant des années à tous les petits garçons de la classe. L'année suivante, un groupe de parents a réussi à provoquer son départ.... pour une autre école encore plus huppée dans le XVIème arrondissement de Paris.
Tant que les enseignants sont "maîtres dans leur classe", sans jamais aucun contre-pouvoir, comment les enfants pourront-ils défendre leur honneur, se débattre dans les abus d'autorité de certains enseignants ?
La violence à l'école existe, certes, mais sachons comprendre ce qui la déclenche, ce qui la développe, ce qui la provoque. Tant que l'école ne saura pas être "juste" dans son traitement des situations, qu'elle sera trop souvent une zone de non-droit pour les écoliers, l'école ne pourra pas faire progresser le sens du respect, les valeurs de dialogue et d'entraide dans notre société.
Publié par Anthropia à 17:11:41 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Un oeil à une voiture garée sur le bas-côté, un trou dans le siège avant du conducteur. C'est un trou de cigarette, petite trace d'une pratique aujourd'hui de plus en plus interdite.
Un regard sur le bitume des trottoirs parisiens, de minuscules tâches blanches. Je me baisse, j'y regarde de plus près et je vois quelques chewing gum, petites dragées mâchées jusqu'à fin de jus, qui collent aux semelles égarées sur elles par inadvertance.
Je marche et j'en vois de plus en plus de ces petites traces de l'énervement du fumeur qui passe ses nerfs sur les sevreurs imposés par la législation.
Arrivée dans le hall d'un immeuble industriel, à nouveau des gommes racornies, des petits rictus qui se moquent des censeurs.
Et je me mets à penser que le coût social de la loi anti-tabac n'ira plus piocher dans les caisses primaires d'assurance-maladie mais dans celles des budgets ménages des communes et des entreprises. Et je me mets à penser que les grands cigarettiers devraient investir dans les groupes pharmaceutiques, Nikitin, Nicotell et les autres, qui voient exploser leurs profits.
Publié par Anthropia à 20:39:21 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
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