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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Débris de semaine 11 - L'oeuf et la poule | 30 août 2008

Cliché Anthropia

Musée Dali de Figueres (Espagne)

 

Lundi

Vous invitez des amis à venir boire le café,

façon de rattraper quelques lueurs de vacances

dans le quotidien qui recommence à déborder.

Ils annulent en fin de matinée,

souhaitant plutôt venir pour le thé.

Et là vous acceptez,

puisque vous avez aussi invité

une amie pour le thé.

Plus on est de fous.

Puis vient l'amie, et les amis,

et comme à vingt heures vous êtes en train de rire,

vous prolongez pour le dîner,

sachant qu'un autre ami doit arriver incessamment.

Et vous voilà tous réunis comme en vacances,

tous autour de la grande table.

 

Vous apprenez que Delacroix adorait Dante,

La Divine Comédie,

que c'était son livre de chevet,

qu'il est devenu célèbre grâce à son tableau

sur Socrate, sur la barque sur le Styx.

 

Mardi

Les libations continuent,

cette fois pour un anniversaire.

Vous parlez d'Henri Bauchau,

de son boulevard périphérique et de son enfant bleu.

 

Mercredi

Retour aux choses sérieuses, il faut partir,

meetinguer, enrouler dans la bouche

les syllabes oubliées depuis les vacances,

retrouver ces phrases mystérieuses du business,

qui sonnent étrangement dans la tête,

le docte langage, la sérieuse analyse,

après les rires de l'été.

 

Jeudi

Ca y est le conseiller du Prince va partir.

Il part au Canada, la France c'est plus possible,

il l'a décidé, il a pris des contacts,

des premiers rendez-vous en novembre,

il est jeune encore, la trente-cinquaine,

c'est l'âge pour partir en Amérique.

Il n'a pas lu la nouvelle,

cette de Peter Bichsel, dans Histoires Enfantines,

qui montre comment Colombo s'était caché derrière un arbre,

et qu'il n'est jamais jamais allé humer les odeurs de là-bas.

 

Vendredi

Une amie d'Amérique m'appelle,

elle est du Missouri, elle me dit

que le dossier de jumelage Metz-Kansas City,

il ne restait qu'à signer,

est tombé à l'eau,

en raison du changement de maire à Metz,

changement de priorité sans doute,

comme si ça faisait quelque chose.

Je lui demande si c'est elle

qui a reçu Obama dans sa salle à manger,

non, mais elle connaît les G.,

elle est allée à l'école avec la femme.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:46:32 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

Débris de semaines 10 Photos-souvenirs | 07 juin 2008


Le sapin qui pisse

Cliché Anthropia 

 

 

 

  

Lundi

Tempête sur le toit du loft,

des pots de fleurs atterrissent dans le jardin,

Moi qui suis loin, je reçois des appels de détresse,

Mais quand on est loin, on s'en fiche.

Tant que ce n'est pas une vache.

  

 

Mardi

Un nouveau client,

Je guette les trois premières secondes,

celles où on voit dans le regard de l'autre,

la glaciation ou la relation,

C'est selon.

Beau fixe.

  

Le client m'emmène manger dans une auberge.

Je découvre une curiosité locale,

un sapin qui pisse l'eau,

une source y est née, ils ont fait un robinet,

Et cela donne une eau sentant la résine,

Pas mauvaise.

  

 

Mercredi

J'écoute depuis lundi le guide de survie

pour passer l'épreuve de philo du bac,

c'est sur France Culture,

avec Raphaël Enthoven,

et c'est un délice.

Surtout lundi avec Carole Diamant.

Mais je ne passe pas le bac,

c'est déjà fait.

  

 

Jeudi

Mon client du jour,

à qui je raconte l'histoire du sapin qui pisse l'eau

me demande si je n'avais pas trop arrosé le repas à l'auberge.

Je me promets de lui envoyer une photo du sapin.

  

 

Vendredi

Basel Messe 2008,

la foire d'art contemporain de Bâles.

J'ai vu les photos de Diane Arbus,

un vieux couple de naturistes dans son salon,

exposées par la Fraenkel Gallery (San Francisco),

là où il y a vingt ans,

j'ai découvert Sophie Calle.

 

Et puis les œuvres de Liu Bolin,

cette jeune artiste de Shanghaï,

dont je montre The Red Hand, ci-dessous.

 

 

 

 




 

 

Publié par Anthropia à 11:47:02 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

Débris de semaine 9 : les trucs promis pas tenus | 31 mai 2008

Façade d'immeuble 

Cliché Anthropia

 

Samedi

Vu les momies, les masques, les sarcophages.

Ce sont des faux. J'ai beau le savoir, ils charrient le vrai.

Et ces deux artistes, Eric Gougelin et Jean-Michel Chesné,

qui ont passé dix ans à collecter l'iconographie sur le sujet,

quel livre "Momies". Mais quelle vie à côtoyer ces morts.

 

Jean-Michel dit qu'il veut faire autre chose. Comme on tourne la page.

Un adieu à son enfance, sans doute.

 

Me souviens de la quête des trois momies au Louvre,

un parcours de mon petit garçon,

et puis la découverte du Scribe. Un choc.

Si vivant. Si actuel.

 

Mardi

Visite d'appart pour une copine, avec elle.

C'est fou le nombre de trucs à 1400 euros,

petits, sombres et moches.

Y en a même où la cuisine est tellement petite,

que pas de place pour une gazinière ou un frigo.

Oui, oui, à 1400 euros.

Ces propriétaires ne doutent de rien.

Ma copine a failli prendre, elle est pressée.

Mais heureusement, les cinq critères l'ont sauvée,

y avait pas les cinq critères.

 

Mercredi

Mais en même temps, on ne peut pas tout avoir.

Il faut savoir renoncer, qu'ils disent.

Rester modeste.

Ne pas imaginer qu'on va trouver la poule aux oeufs d'or,

le logis idéal.

Mais je l'ai dit à ma copine,

ne prends que quand tu le sens.

Après il sera trop tard pour pleurer.

 

Jeudi

Vu O.

Il fait des trucs avec son pantalon,

comme j'ai vu faire hier dans Sex and the City,

la série.

Je me demande s'il croit vraiment

que ça peut marcher,

un truc aussi peu sexy pour draguer.

 

Jeudi

Un tribunal accorde la répudiation d'une mariée,

pour cause de mensonge sur la qualité du produit.

Est-ce contractuel, ça la vérité dans le mariage ?

Est-ce qu'on demande aux époux :

Jurez-vous de toujours dire la vérité à votre époux ?

Parce qu'il va y avoir une avalanche de procès :

pour stérilité, pour tromperie sur la couleur des cheveux,

pour mensonge sur les origines sociales,

pour abus sur les diplômes obtenus.

Même si c'est important pour l'autre,

n'est-ce pas l'histoire même des couples, ça,

les petits mensonges entre époux ?

Et l'apprentissage de la différence,

pour apprendre à aimer dans l'ambivalence,

il n'est pas tout à fait ce qu'il disait,

mais finalement, quand même, je l'aime.

 

Vendredi

Partie à l'aube, vu le lever du soleil.

Se lever tôt pour méditer.

Non, pour travailler.

Rentrée tard, pas vu le coucher du soleil,

trop de nuages.

Se coucher tard nuit.

 

Samedi

Bonne fête à la Pétronille de Juléjim.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 12:02:23 dans Débris de semaine | Commentaires (1) |

Débris de semaine 8 - Voyage corsé | 16 mai 2008

Goya + - 

Cliché Anthropia

 

 

Lundi

Le chien du voisin est guéri, il trottine l'arrière-train bandé.

Depuis son retour, le voisin se tient les côtes,

il s'est mis une sorte de corset blanc à la taille.

 

 

Mercredi

Lever aux aurores.

Vu le soleil se lever sur la mer,

On m'a prévenu, je vais entrer

dans la cage aux fauves.

Mais les fauves sont gentils,

je les caresse, ils ronronnent.

 

Mercredi

Atterri à Bastia.

Monte avec un chauffeur de taxi

qui commence par mettre en route le compteur

puis se met à tchatcher sans démarrer.

Il ne sait pas où est la rue principale de Bastia.

Il parle avec nonchalance, la voix d'un mafioso,

je sens mes préventions

remonter à la surface.

On démarre.

Mon répondeur m'appelle,

j'écoute le message.

Quand je dis : supprimez !

j'ai l'impression de donner

un ordre à mon homme de main.

L'oeil noir du chauffeur

me scrute dans le rétroviseur.

C'est fou ce qu'un mot tout simple

change de sens selon le contexte.

 

Jeudi

Tête à tête avec Le Monde, Le Figaro,

Libération, Le Canard Enchaîné,

Le Pas aveugle de Marie-Claire Grafé,

j'en reparlerai.

C'est jour de grève.

A l'aéroport de Bastia,

on attend des heures,

parce qu'à Paris, les aiguilleurs tricotent.

 

Vendredi

Ma phrase du jour à un jeune collègue, qui énerve les vieux crocodiles.

"La beauté de la pédagogie voit sa limite dans l'impatience des grosses têtes".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 23:34:18 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

Débris de semaine 7 : Entre Argentine et Chili | 29 mars 2008

 

 

Lundi

Next ne va pas bien. Elle court partout, miaule et gémit à fendre le coeur.

Chaleurs printanières. Ouvrir la porte.

 

Mardi

N'ai pas parlé ici de mon nouveau voisin, Osvaldo.

Il est peintre, sculpteur, tendance néo-cubiste. Un grand.

Pas mon style, je suis plutôt art contemporain.

Mais le jardin a changé de couleur, surtout le vendredi.

La fête, tous les vendredis.

C'est ça les artistes argentins.

 

Jeudi

Chez mon marchand de journaux.

Vous l'avez vu hier soir à Windsor. N'importe quoi, son discours.

Il fait dans l'affectif. Z'avez-vu la tête de la princesse Anne ?

 

Un vieil homme entre. Il prend le Figaro.

Le marchand de journaux, remonté :

Mais vous avez tort. Vous voyez bien, ce Sarko, il fait n'importe quoi.

Le vieil homme à casquette et à veston de gabardine beige. J'm'en fous.

 

Il sort.

Mon marchand de journaux. Vous savez, celui-là, il se fait engueuler par toute sa famille,

il est le seul à être sarkozyste dans une famille antisarkozyste.

 

Il se fait engueuler, mais il s'en fout.

 

Je sors. Je recroise le vieil homme plus loin à la boulangerie.

Il me reconnaît, me sourit.

Et la phrase sort toute seule. Pourquoi vous votez Sarkozy ?

Il me regarde. L'air d'un petit garçon malicieux, de 70 ans.

Ben vous voyez, il est jeune, dynamique. J'aime ça.

Je ne rétorque pas. Rien à faire, celui-là n'entend que ce qu'il veut.

 

Vendredi

Ai revu Jean.

Son cheval, qui était malade, est mort. C'était le petit-fils de Roquépine.

Est-ce qu'on dit comme ça pour les chevaux.

Est-ce que ce cheval connaissait sa grand-mère ?

 

Samedi à la boulangerie

Ma boulangère me regarde contrariée. Quoi ?

Elle m'explique. Elle est en colère.

Elle a vu à la télé un Chinois de l'ambassade de Chine à Paris.

Il l'a énervée. Non mais vous voyez ce qu'ils font là-bas, contre les Tibétains.

Et ce Chinois qui dit n'importe quoi.

Je ne l'avais jamais vue aussi remontée, ma boulangère.

Une petite femme, toute en boucles et en sourire. 

Elle est marocaine.

Elle aurait pu être boudhiste tibétaine.

 

Samedi un peu plus tôt

Il est passé. Une barbe de trois jours. Il m'a regardé.

Ca y est je suis rentré.

Cela faisait 360 jours qu'il était au Chili.

 

 

 








 

 

 

Publié par Anthropia à 13:35:59 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

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