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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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    Débris de semaine 13 - Qu'est-ce qui reste ? | 07 mars 2009

    Nicole Kidmann

    Film doublé

    Crédit photo Anthropia

     

     

    Je pense à elle, qui elle était.

    Sauf que c'est de moi dont il s'agit,

    qu'est-ce qui restera de moi après ?

    Question parano s'il en fût.

    Façon je maitrise l'image que les autres auront de moi plus tard,

    une question de vie éternelle, l'image qu'on laisse.

    Vous la posez-vous parfois ?

    Juste pour voir si l'image que ça renvoie

    fait évoluer votre quotidien ?

     

    Mais la façon dont on meurt affecte le cliché final,

    et ça on ne le maitrise pas.

     

    Toute cette métaphysique de bazar,

    parce qu'en observant cette photo prise sur le vif durant un film,

    j'ai compris pourquoi je l'avais prise,

    pour le sous-titrage : "qui elle était",

    un paradoxe face à cette femme pleine de vie.

     

    Le paradoxe d'une narration qui s'applatit,

    qui suis-je ? c'est réflexif, ça ouvre, une quête,

    qui elle était, sans point d'interrogation,

    c'est juste plat, introduisant un discours à l'imparfaite réalité.

    C'est nous quoi, quand on se retourne.

     

     

    Publié par Anthropia à 09:42:08 dans Débris de semaine | Commentaires (5) |

    Débris de semaine 12 : train de vie | 18 février 2009

    Fiac 2007

    Si vous connaissez le nom de l'artiste, merci de me le signaler.

    Crédit photo Anthropia

     

    Oui je sais que finir la semaine un mercredi,

    c'est de l'abus,

    mais ça déborde.

     

    Jeudi

    Ai suivi un cycle de production,

    je veux dire tout ce qui se passe

    de la vente de service à la réalisation de la prestation,

    c'était dans une grosse structure de service à la personne,

    je fais un audit, tout ce qui dysfonctionne.

    Phase d'observation : je suis une salariée à domicile, auxiliaire de vie sociale,

    chez un homme handicapé, Claude,

    souffrant de maladie orpheline, on n'en sait pas davantage,

    quand j'arrive, il est assis sur une chaise, l'accoudoir rentré dans son flanc,

    le corps penché, il ne peut se tenir droit à cause de sa scoliose.

    Cela fait un an qu'il passe ses journées dans sa chaise, le corps tordu.

    il n'a pas les moyens de s'acheter

    un fauteuil turbo réacteur freins ABS, moteur à 13 soupapes, roulant,

    la Maison du handicap du Conseil Général ne le lui finance pas,

    alors on lui offre des séances de kiné, de massage,

    pour défaire ce que la position torve provoque.

    Le pire, c'est qu'aider une personne dans ces conditions,

    devient de la complicité de maltraitance avec les institutions.

    Dont acte.

     

    Vendredi

    Je poursuis mon audit, auprès d'une responsable.

    Elle me parle des salariées qui ont des soucis de vie.

    Justine a ses deux enfants placés par l'ASE,

    le père alcoolique battait les petits,

    vient d'apprendre qu'ils ont été victimes

    d'attouchements dans la famille d'accueil.

    Elle tourneboule, crie, pleure, lâche le boulot.

    Elle qui tentait de recréer les conditions pour accueillir ses petits.

    Rage.

     

    Lundi

    On installe un ascenseur dans l'immeuble,

    bruits d'enfer, odeur de brûlé,

    ils percent un puit dans la cage d'escalier,

    une sorte d'autoroute verticale,

    tout doit céder sur son passage,

    les marches d'escalier, le plâtre, le stuc, la rampe,

    peu à peu s'érige une structure métallique,

    les itinéraires des insectes et des bactéries

    sont modifiés, il faudrait respecter l'éco-système,

    créer des passerelles,

    mais la société ascensoriste n'est pas durable,

    elle tranche dans le vif.

    Ceux qui résisteront au tsunami prendront l'ascenseur.

     

    Mardi

    Marre de marre. On paie son train aussi cher qu'un billet d'avion,

    mais on gèle sur les quais, un TGV sur 4 a du retard,

    l'ambiance sonore est épouvantable,

    qui a dit que le train c'est écolo ?

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:52:40 dans Débris de semaine | Commentaires (8) |

    Débris de semaine 11 : La réalité ? | 10 janvier 2009

    Paul Thek

    Serie de reliquaires technologiques

    Crédit photo Anthropia

     

    Lundi

    Un patron qui ne sait pas combien son service produit,

    dans quelles villes il le fait,

    avec combien de personnes,

    et combien de coûts induits par la planification,

    s'étonne d'être dans le brouillard. Moi pas.

     

    Mardi

    Dix entreprises clientes viennent de m'annoncer qu'elles licencient

    environ 10% de leur personnel, perte de chiffre d'affaires 30%,

    elles sont dans l'immobilier, soit les clients n'achètent plus,

    soit ils veulent acheter mais les banques ne prêtent plus.

    Surprise : une des entreprises ne licencie pas.

    Le patron a fait une réunion avec son équipe

    pour réduire tous les postes coûteux,

    sauf ceux de personnel,

    "on va se serrer la ceinture, mais ensemble, tant qu'on peut".

     

    Mercredi

    Un ami d'un grand groupe américain m'annonce qu'il va être licencié

    de son poste de responsable de la comptabilité,

    pour cause d'externalisation en Inde, tout le service est viré,

    cela faisait deux ans qu'il formait les Indiens,

    maintenant les Indiens vont faire sans eux,

    il n'est pas amer, il voit ça comme une opportunité,

    au passage il rappelle qu'il leur a économisé 5 millions d'euros

    lors du dernier contrôle fiscal,

    je me demande si les Indiens en feront autant si cela se reproduit ?

    Il va prendre un avocat, c'est plus sûr.

     

    Jeudi

    A propos du petit Illyès,

    le responsable de l'AP-HP rappelle

    que ce n'étaIt pas un problème de personnel,

    le service pédiatrique avait deux médecins,

    quatre internes, huit infirmières, que sais-je ?,

    non c'était un problème de livraison,

    le journaliste ne demande pas si l'équipe

    chargée de la logistique des médicaments,

    n'a pas été réduite,

    parce que le journaliste ne creuse pas ses sujets,

    ou qu'il n'y connait rien à l'organisation.

    Moi qui ai fait du conseil dans les hôpitaux,

    je sais qu'on ne peut pas réduire le nombre de professionnels

    en face à face patients,

    cela fait partie des exigences des accréditations,

    mais rien n'empêche d'en supprimer dans le back-office,

    en pharmacie centrale, dans les supplies chains,

    et voilà comment les journalistes

    se font avoir avec leurs questions à deux balles.

     

    Vendredi

    Esther Duflo dit que les grands économistes spécialistes

    ne comprennent rien à la crise.

     

     

    Publié par Anthropia à 11:26:03 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

    Débris de semaine 11 : La dinde, la dinde et la dinde | 30 novembre 2008

    FIAC 2008

    Courtesy Galerie Laurent Gaudin (?)

    Crédit photo Anthropia

     

     

    Lundi 24

    La finale des dames se transforme en pugilat pour médias en folie.

    On compte, on recompte, mais ça ne sert à rien.

    Comme dirait l'autre, Aubry est élue Secrétaire de la Floride.

     

    Arrivée de nuit à Toulon, sa gare, ses palmiers, sa placette, sa statue,

    la plus belle sortie de gare depuis longtemps.

     

    Mardi 25

    Heurts, malheurs, bonheurs, les animations de réunions ressemblent

    de plus en plus aux montagnes russes,

    les gens sont inquiets, se battent, se débattent

    la tension palpable des ambiances de bureaux.

    Nouveau ça, depuis quelques années la lutte des classes est repartie.

     

    Mercredi 26

    Ai présenté mon rapport d'audit de développement.

    Les représentants du personnel ont dit :

    il faut stabiliser l'organisation.

    La direction a dit :

    il faut stabiliser l'organisation.

    J'étais en stéréo, qui a dit qu'on ne peut pas faire

    du gagnant-gagnant en France ?

     

    La dinde a gagné, la dinde a perdu,

    mais qui est donc le dindon de la farce du PS ?

    On n'en sait plus rien à cette heure de cet instant.

    Mais le coup du vote à mains levées du Conseil national

    est une sortie en beauté du PolitHollande, enfoiré de première.

     


    Jeudi 27

    Chez Joe Allen (un restaurant américain à Paris pour les ceux qui savent pas).

    Happy thanks giving.

    Roast turkey with apple and walnut stuffing, candied yams,

    green beans and cranberry sauce with orange and kirsch

    and Pumpkin pie with bourbon sabayon.

    C'est pas toujours bon chez Joe Allen,

    mais là Graham s'est surpassé.

    C'est là que j'apprends que

    Thalassa présente une version édulcorée et officielle de l'affaire MC Ruby.

    Et pour tout dire les psys et les anthropos sont effondrés.

    Ont peur pour la vie du second, qu'il se fasse trucider dans la prison

    après le docu vu à la télé.

     

    Vendredi 28

    Tous ces jeunes à qui on offre des joujous de luxe,

    à Bombay, en RDC et ailleurs.

    Ces adultes du lobby militaro-industriel qui font du business

    et Lagardère qui communique sur son groupe

    en occultant ses usines d'armement.

    On aimerait qu'il nous dise combien ça lui rapporte ce secteur,

    sans compter EADS.

     

    Notre fils appelle. Il se tâte pour un Erasmus à Londres,

    bienheureux enfants des pays occidentaux.

     

    Samedi 29

    Repos de la guerrière, bien mérité.

     

     

    Publié par Anthropia à 10:12:42 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

    Débris de semaine 11 - L'oeuf et la poule | 30 août 2008

    Cliché Anthropia

    Musée Dali de Figueres (Espagne)

     

    Lundi

    Vous invitez des amis à venir boire le café,

    façon de rattraper quelques lueurs de vacances

    dans le quotidien qui recommence à déborder.

    Ils annulent en fin de matinée,

    souhaitant plutôt venir pour le thé.

    Et là vous acceptez,

    puisque vous avez aussi invité

    une amie pour le thé.

    Plus on est de fous.

    Puis vient l'amie, et les amis,

    et comme à vingt heures vous êtes en train de rire,

    vous prolongez pour le dîner,

    sachant qu'un autre ami doit arriver incessamment.

    Et vous voilà tous réunis comme en vacances,

    tous autour de la grande table.

     

    Vous apprenez que Delacroix adorait Dante,

    La Divine Comédie,

    que c'était son livre de chevet,

    qu'il est devenu célèbre grâce à son tableau

    sur Socrate, sur la barque sur le Styx.

     

    Mardi

    Les libations continuent,

    cette fois pour un anniversaire.

    Vous parlez d'Henri Bauchau,

    de son boulevard périphérique et de son enfant bleu.

     

    Mercredi

    Retour aux choses sérieuses, il faut partir,

    meetinguer, enrouler dans la bouche

    les syllabes oubliées depuis les vacances,

    retrouver ces phrases mystérieuses du business,

    qui sonnent étrangement dans la tête,

    le docte langage, la sérieuse analyse,

    après les rires de l'été.

     

    Jeudi

    Ca y est le conseiller du Prince va partir.

    Il part au Canada, la France c'est plus possible,

    il l'a décidé, il a pris des contacts,

    des premiers rendez-vous en novembre,

    il est jeune encore, la trente-cinquaine,

    c'est l'âge pour partir en Amérique.

    Il n'a pas lu la nouvelle,

    cette de Peter Bichsel, dans Histoires Enfantines,

    qui montre comment Colombo s'était caché derrière un arbre,

    et qu'il n'est jamais jamais allé humer les odeurs de là-bas.

     

    Vendredi

    Une amie d'Amérique m'appelle,

    elle est du Missouri, elle me dit

    que le dossier de jumelage Metz-Kansas City,

    il ne restait qu'à signer,

    est tombé à l'eau,

    en raison du changement de maire à Metz,

    changement de priorité sans doute,

    comme si ça faisait quelque chose.

    Je lui demande si c'est elle

    qui a reçu Obama dans sa salle à manger,

    non, mais elle connaît les G.,

    elle est allée à l'école avec la femme.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 11:46:32 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

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