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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

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    Débris de semaines 10 Photos-souvenirs | 07 juin 2008


    Le sapin qui pisse

    Cliché Anthropia 

     

     

     

      

    Lundi

    Tempête sur le toit du loft,

    des pots de fleurs atterrissent dans le jardin,

    Moi qui suis loin, je reçois des appels de détresse,

    Mais quand on est loin, on s'en fiche.

    Tant que ce n'est pas une vache.

      

     

    Mardi

    Un nouveau client,

    Je guette les trois premières secondes,

    celles où on voit dans le regard de l'autre,

    la glaciation ou la relation,

    C'est selon.

    Beau fixe.

      

    Le client m'emmène manger dans une auberge.

    Je découvre une curiosité locale,

    un sapin qui pisse l'eau,

    une source y est née, ils ont fait un robinet,

    Et cela donne une eau sentant la résine,

    Pas mauvaise.

      

     

    Mercredi

    J'écoute depuis lundi le guide de survie

    pour passer l'épreuve de philo du bac,

    c'est sur France Culture,

    avec Raphaël Enthoven,

    et c'est un délice.

    Surtout lundi avec Carole Diamant.

    Mais je ne passe pas le bac,

    c'est déjà fait.

      

     

    Jeudi

    Mon client du jour,

    à qui je raconte l'histoire du sapin qui pisse l'eau

    me demande si je n'avais pas trop arrosé le repas à l'auberge.

    Je me promets de lui envoyer une photo du sapin.

      

     

    Vendredi

    Basel Messe 2008,

    la foire d'art contemporain de Bâles.

    J'ai vu les photos de Diane Arbus,

    un vieux couple de naturistes dans son salon,

    exposées par la Fraenkel Gallery (San Francisco),

    là où il y a vingt ans,

    j'ai découvert Sophie Calle.

     

    Et puis les œuvres de Liu Bolin,

    cette jeune artiste de Shanghaï,

    dont je montre The Red Hand, ci-dessous.

     

     

     

     




     

     

    Publié par Anthropia à 11:47:02 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

    Débris de semaine 9 : les trucs promis pas tenus | 31 mai 2008

    Façade d'immeuble 

    Cliché Anthropia

     

    Samedi

    Vu les momies, les masques, les sarcophages.

    Ce sont des faux. J'ai beau le savoir, ils charrient le vrai.

    Et ces deux artistes, Eric Gougelin et Jean-Michel Chesné,

    qui ont passé dix ans à collecter l'iconographie sur le sujet,

    quel livre "Momies". Mais quelle vie à côtoyer ces morts.

     

    Jean-Michel dit qu'il veut faire autre chose. Comme on tourne la page.

    Un adieu à son enfance, sans doute.

     

    Me souviens de la quête des trois momies au Louvre,

    un parcours de mon petit garçon,

    et puis la découverte du Scribe. Un choc.

    Si vivant. Si actuel.

     

    Mardi

    Visite d'appart pour une copine, avec elle.

    C'est fou le nombre de trucs à 1400 euros,

    petits, sombres et moches.

    Y en a même où la cuisine est tellement petite,

    que pas de place pour une gazinière ou un frigo.

    Oui, oui, à 1400 euros.

    Ces propriétaires ne doutent de rien.

    Ma copine a failli prendre, elle est pressée.

    Mais heureusement, les cinq critères l'ont sauvée,

    y avait pas les cinq critères.

     

    Mercredi

    Mais en même temps, on ne peut pas tout avoir.

    Il faut savoir renoncer, qu'ils disent.

    Rester modeste.

    Ne pas imaginer qu'on va trouver la poule aux oeufs d'or,

    le logis idéal.

    Mais je l'ai dit à ma copine,

    ne prends que quand tu le sens.

    Après il sera trop tard pour pleurer.

     

    Jeudi

    Vu O.

    Il fait des trucs avec son pantalon,

    comme j'ai vu faire hier dans Sex and the City,

    la série.

    Je me demande s'il croit vraiment

    que ça peut marcher,

    un truc aussi peu sexy pour draguer.

     

    Jeudi

    Un tribunal accorde la répudiation d'une mariée,

    pour cause de mensonge sur la qualité du produit.

    Est-ce contractuel, ça la vérité dans le mariage ?

    Est-ce qu'on demande aux époux :

    Jurez-vous de toujours dire la vérité à votre époux ?

    Parce qu'il va y avoir une avalanche de procès :

    pour stérilité, pour tromperie sur la couleur des cheveux,

    pour mensonge sur les origines sociales,

    pour abus sur les diplômes obtenus.

    Même si c'est important pour l'autre,

    n'est-ce pas l'histoire même des couples, ça,

    les petits mensonges entre époux ?

    Et l'apprentissage de la différence,

    pour apprendre à aimer dans l'ambivalence,

    il n'est pas tout à fait ce qu'il disait,

    mais finalement, quand même, je l'aime.

     

    Vendredi

    Partie à l'aube, vu le lever du soleil.

    Se lever tôt pour méditer.

    Non, pour travailler.

    Rentrée tard, pas vu le coucher du soleil,

    trop de nuages.

    Se coucher tard nuit.

     

    Samedi

    Bonne fête à la Pétronille de Juléjim.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 12:02:23 dans Débris de semaine | Commentaires (1) |

    Débris de semaine 8 - Voyage corsé | 16 mai 2008

    Goya + - 

    Cliché Anthropia

     

     

    Lundi

    Le chien du voisin est guéri, il trottine l'arrière-train bandé.

    Depuis son retour, le voisin se tient les côtes,

    il s'est mis une sorte de corset blanc à la taille.

     

     

    Mercredi

    Lever aux aurores.

    Vu le soleil se lever sur la mer,

    On m'a prévenu, je vais entrer

    dans la cage aux fauves.

    Mais les fauves sont gentils,

    je les caresse, ils ronronnent.

     

    Mercredi

    Atterri à Bastia.

    Monte avec un chauffeur de taxi

    qui commence par mettre en route le compteur

    puis se met à tchatcher sans démarrer.

    Il ne sait pas où est la rue principale de Bastia.

    Il parle avec nonchalance, la voix d'un mafioso,

    je sens mes préventions

    remonter à la surface.

    On démarre.

    Mon répondeur m'appelle,

    j'écoute le message.

    Quand je dis : supprimez !

    j'ai l'impression de donner

    un ordre à mon homme de main.

    L'oeil noir du chauffeur

    me scrute dans le rétroviseur.

    C'est fou ce qu'un mot tout simple

    change de sens selon le contexte.

     

    Jeudi

    Tête à tête avec Le Monde, Le Figaro,

    Libération, Le Canard Enchaîné,

    Le Pas aveugle de Marie-Claire Grafé,

    j'en reparlerai.

    C'est jour de grève.

    A l'aéroport de Bastia,

    on attend des heures,

    parce qu'à Paris, les aiguilleurs tricotent.

     

    Vendredi

    Ma phrase du jour à un jeune collègue, qui énerve les vieux crocodiles.

    "La beauté de la pédagogie voit sa limite dans l'impatience des grosses têtes".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 23:34:18 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

    Débris de semaine 7 : Entre Argentine et Chili | 29 mars 2008

     

     

    Lundi

    Next ne va pas bien. Elle court partout, miaule et gémit à fendre le coeur.

    Chaleurs printanières. Ouvrir la porte.

     

    Mardi

    N'ai pas parlé ici de mon nouveau voisin, Osvaldo.

    Il est peintre, sculpteur, tendance néo-cubiste. Un grand.

    Pas mon style, je suis plutôt art contemporain.

    Mais le jardin a changé de couleur, surtout le vendredi.

    La fête, tous les vendredis.

    C'est ça les artistes argentins.

     

    Jeudi

    Chez mon marchand de journaux.

    Vous l'avez vu hier soir à Windsor. N'importe quoi, son discours.

    Il fait dans l'affectif. Z'avez-vu la tête de la princesse Anne ?

     

    Un vieil homme entre. Il prend le Figaro.

    Le marchand de journaux, remonté :

    Mais vous avez tort. Vous voyez bien, ce Sarko, il fait n'importe quoi.

    Le vieil homme à casquette et à veston de gabardine beige. J'm'en fous.

     

    Il sort.

    Mon marchand de journaux. Vous savez, celui-là, il se fait engueuler par toute sa famille,

    il est le seul à être sarkozyste dans une famille antisarkozyste.

     

    Il se fait engueuler, mais il s'en fout.

     

    Je sors. Je recroise le vieil homme plus loin à la boulangerie.

    Il me reconnaît, me sourit.

    Et la phrase sort toute seule. Pourquoi vous votez Sarkozy ?

    Il me regarde. L'air d'un petit garçon malicieux, de 70 ans.

    Ben vous voyez, il est jeune, dynamique. J'aime ça.

    Je ne rétorque pas. Rien à faire, celui-là n'entend que ce qu'il veut.

     

    Vendredi

    Ai revu Jean.

    Son cheval, qui était malade, est mort. C'était le petit-fils de Roquépine.

    Est-ce qu'on dit comme ça pour les chevaux.

    Est-ce que ce cheval connaissait sa grand-mère ?

     

    Samedi à la boulangerie

    Ma boulangère me regarde contrariée. Quoi ?

    Elle m'explique. Elle est en colère.

    Elle a vu à la télé un Chinois de l'ambassade de Chine à Paris.

    Il l'a énervée. Non mais vous voyez ce qu'ils font là-bas, contre les Tibétains.

    Et ce Chinois qui dit n'importe quoi.

    Je ne l'avais jamais vue aussi remontée, ma boulangère.

    Une petite femme, toute en boucles et en sourire. 

    Elle est marocaine.

    Elle aurait pu être boudhiste tibétaine.

     

    Samedi un peu plus tôt

    Il est passé. Une barbe de trois jours. Il m'a regardé.

    Ca y est je suis rentré.

    Cela faisait 360 jours qu'il était au Chili.

     

     

     








     

     

     

    Publié par Anthropia à 13:35:59 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

    Débris de semaine 6 - Dans la jungle | 23 mars 2008

    L'homme de pierre sur le toit

    Cliché Anthropia

     

    Lundi

    Un groupe de fauves dans l'arène. Ils me tournent autour, prennent la parole chacun leur tour.

    Outrecuidance, spectacle, le lion et sa crinière, le tigre rapide, le vieil éléphant.

    Je suis dompteuse de profession.

    Mais là, je fatigue.

     

    Lundi soir

    Je prends la route. J'entre dans la nuit.

    Impression d'un temps qui ralentit, qui m'enveloppe.

    J'aime le danger de la nuit, dans la jungle de la pensée.

     

    Mercredi

    Téléconférence depuis la chambre d'hôtel. Choisir l'arrière-plan.

    J'évite le fonds avec lit, le fonds avec porte sur laquelle les tarifs sont affichés,

    et le fonds avec fenêtre (contre-jour).

    Ne reste qu'un tout petit angle entre la salle de bain et la chambre.

     

    Mercredi

    Rien de plus pour la journée.

    Visite de la fabrique de papiers peints chez Zuber à Rixheim.

    Des fresques coloniales, qu'on n'a pas le droit de photographier.

    De longs panoramiques qui garnissaient les murs des salons de la haute-bourgeoisie.

     

    Des indigènes nus cachés derrière des bambous, quelques bêtes sauvages,

     

    des femmes en robes à crinolines, des maisons blanches à baldaquins.



    Notre Occident a tant fantasmé sur les corps basanés et nus des autochtones.

     

    Mercredi

    Recherche sur Justine, la petite morte de 1917.

    Retrouvée. Morte, je veux dire. Morte en Alsace.

    On m'avait dit qu'elle était morte ailleurs.

    En Allemagne, de faim, à neuf ans.

    Pourquoi cette légende familiale ?

    Je voulais savoir où elle était morte. J'ai la réponse à ma question.

    Mais comme d'habitude, la réponse cache d'autres questions.

     

     

     

     

     









     

    Publié par Anthropia à 12:15:38 dans Débris de semaine | Commentaires (21) |

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