Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

anthropialeblog@gmail.com 


Droits réservés

Compteur

Depuis le 13-10-2006 :
1719930 visiteurs
Depuis le début du mois :
100721 visiteurs
Billets :
1226 billets

Daily motion

    Wikio

    http://www.wikio.fr

    Soustraite | 30 janvier 2007

     



     

    Zouc par Zouc 

    Hervé Guibert - L'Arbalète – Gallimard  



    Cela commence comme une fraction, Zouc par Zouc, mais au lieu de diviser, elle multiplie.


    Cette équation, c'est l'improbable rencontre entre Hervé Guibert et Zouc, et cet entretien qui en est sorti.
     



    Zouc y apparaît à l'image de ce qu'elle est, cet albatros aux ailes trop longues, cette innocente façon Faulkner, toujours dans les affaires des autres, pas suffisamment présente aux siennes. 



    Destin d'une têtue, le pas de chance d'une malaimée, l'orgueil de celle qui n'en a cure, mais qui cherche partout un tuyau à oxygène sans le trouver, entre l'étable et l'hôpital psychiatrique, à envier les enfants du fermier, elle la bourgeoise, à écouter les mots des fous et des infirmières, à s'imprégner de cette Suisse bien rangée dans un boîte. 



    Personnage lucide, elle n'a qu'un tort, dire ce qu'elle pense, ne pas respecter la normopathie ambiante.



    Par l'humour, elle a trouvé le biais, celui d'un geste qui fait hurler de rire, d'un accent qui renvoie à l'enfance. Quand son jeu faisait rire le curé de la paroisse, qui sortait dit-elle par la sortie des artistes derrière l'église.
     



    Ce qui trouble, c'est que la nausocomie l'ait attrapée, alors qu'elle traçait son chemin, que l'hôpital général ait réussi ce que l'hôpital psychiatrique n'avait su faire, la faire taire à nos oreilles, la soustraire à nos yeux.  



    J'aimerais qu'elle lise ces lignes, j'aimerais qu'elle puisse blaguer sur ce blog. 

    Que fais-tu, que fais-tu, Zouc ma sœur ?  



    - Oh, la petite fourmi, elle est toute petite. Alors petite fourmi, tu vas à l'école ? (pan, elle l'écrase).



     

    Publié par Anthropia à 09:56:26 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

    Quelle petite phrase bouleversante au coeur d'un être ? | 22 décembre 2006

     




    Quelle petite phrase bouleversante au cœur d'un être ?




    Proust, Freud, Spinoza




    Max Dorra


     


    Connaissance de l'inconscient




    NRF




    Editions Gallimard – 22,50 €

      



    Un philosophe a dit : notre tâche est de penser l'impensable et l'impensé de notre pensée. Vous vous coucheriez sur le sol et attendriez en faisant le vide en vous.

     



    Max Dorra se penche sur ce moment où l'impensé parvient à la conscience, où un individu se décarcère, sort d'un montage qui l'emprisonnait.

     



    Une petite musique est en nous, qui nous fait radicalement différent, et qu'il nous faut entendre.

     



    « ...Un groupe pourrait-il faire oublier à un individu sa propre mélodie, source [..] d'une si précieuse énergie ? C'est que l'on n'a jamais conscience sur le moment d'être dans la musique d'un clan, sous l'emprise de ses clichés. On ne s'en aperçoit qu'après coup, lorsqu'on en est réellement sorti. Lorsque le groupe est sorti de nous. Quand on est de nouveau capable d'accueillir une singularité. Preuve d'un lien entre tonalité du groupe et tonalité du moi : c'est alors qu'on change d'humeur. Une tonalité peut donc dissimuler un piège ? Songez aux illusions d'optiques. Et bien il y a aussi des illusions affectives.... ». Ce qui importe donc est la reconquête de son propre regard.

     



    Rien de plus étonnant qu'un changement d'humeur, nous dit Max Dorra. Quand on apprend à sortir de ses tristes pensées, en quête d'un remède à ses anxiétés. Au travers des expériences de Proust, Freud et Spinoza, Max Dorra nous apprend à repérer l'affectivité, cette sensibilité de la mémoire, qui nous fait croire retrouver quelqu'un quand on rencontre un être nouveau. Son regard, ses yeux, immédiatement superposés à d'autres yeux, un autre regard, venus du passé.

     



    « Un heureux changement d'humeur, c'est le retour soudain du présent ». Quand les yeux ne cillent plus, qu'ils s'écarquillent pour apercevoir « la plus grand surprise de leur vie, la plus exaltante, sans doute l'événement fondateur d'une œuvre ».

     



    Un de ces livres toniques qui aident à vivre.




     

    Publié par Anthropia à 13:12:03 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

    Histoire d'un amour | 06 décembre 2006

    André Gorz - Lettres à D.
    Histoire d'un amour


    Récit


    Galilée   (75 pages, 13,40 euros)



    Reprenant une phrase de Kafka, « mon amour de toi ne s'aime pas », André Gorz tente d'expliquer pourquoi, il y a plus de quarante ans, il a pu écrire un livre, Le Traître, dans lequel il ne sait pas rendre hommage à la femme qu'il aime depuis sept ans, alors que c'était précisément son intention. Tournant autour de cette histoire d'amour, il lui préfère une histoire de rupture, sacrifiant à l'idée qu'on ne fait pas de la bonne littérature avec des bons sentiments.  Il conclut « je ne m'aimais pas de t'aimer ».

     







    Peut-être aurait-il pu dire « mon amour de moi ne s'aimait pas », tant il est difficile au narrateur de se plonger dans le présent de sa vie, de s'attarder dans chaque instant du quotidien, leur préférant la quête d'avenir, la pensée et les concepts, la philosophie et le monde qui s'agite. Marcher à côté de sa vie et de leur couple, tel a été son choix, presque toujours.  

     







    André Gorz, le philosophe, le journaliste, se met à écrire l'amour et à écrire d'amour. Il est retombé amoureux dit-il, amoureux de la femme de quatre-vingt-ans, celle qu'il serre dans ses bras, tout ému de ce « vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien ». Et l'on entend comme une basse continue l'histoire d'une peur existantielle, quand chacun avait trouvé chacun.

     







    Ecrit dans une langue d'une grande beauté et d'une réelle pudeur, ce texte est la grâce même. Si peu de pages pour résumer cinquante années de vie commune, mais quelles pages.

     







    Dans ce monologue, on entend la voix de l'épouse, « Come to bed ». I'm coming, lui répond-il. « Don't be coming, come », la voix de l'épouse qui demande et l'homme qui est heureux qu'elle le veuille, qu'elle l'attende si tard dans la nuit, et qu'il puisse encore un tout petit peu tirer sur la corde.

     







    Ou encore « tu es écrivain, écris ». Elle a épousé l'Austrian Jew, le Juif pauvre, elle a construit sa vie autour de cet homme, qui vient tardivement la remercier. On aimerait en entendre davantage, au-delà de la maladie, du silence, on aimerait que D. lui réponde.
    Pour être sûr que cette ode à l'amour n'est pas l'ultime manière de ne pas être tout à fait dans l'accompagnement à la mort, dans la gestion ordinaire du sang, de la sueur et des larmes, dans le quotidien des malheurs du corps. Mais peut-être qu'André Gorz ne sait pas faire de meilleur cadeau que celui de la littérature ? Et qui le lui reprocherait.

     





     

    Publié par Anthropia à 09:40:19 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

    Chirurgie esthétique | 25 novembre 2006

     




    Lignes de faille de Nancy Huston (Actes Sud - 20,52 euros)




    Un petit garçon. On est dans sa tête, cela se passe en Californie. Un petit garçon tout-puissant, certain de son génie et de son ascendant sur sa mère. Il y a bien un problème, une tache de naissance, sur le visage. Qu'on veut enlever à tout prix, chirurgie, infection, chirurgie, échec, rien n'y fait, la tache est là. Dans les campagnes, on disait « tache de vin, père ivrogne ». De quel tort des pères fait aux fils surgit ce signe honteux ?




    Un autre petit garçon, c'est le père, au même âge, il fait six ans dans cette famille, c'est à cet âge qu'on est dépucelé des secrets de famille. Son dépucelage lui viendra de la découverte d'un mot « Lebensborn », de quelques phrases échappées de la bouche d'un professeur d'hébreu et d'un chagrin d'amour en Israël. Tout cela casse un enfant pour toujours.




    Mais sa mère veille, enfin, quand elle n'est encore qu'une enfant. Elle entrevoit le secret, elle regarde par le trou de la serrure et décide de consacrer sa vie à élucider le mystère, ce qu'elle finira par faire à l'âge de la retraite.




    Ce secret concerne sa mère. La cantatrice, celle qui chante dans une langue sans mots, parce que les mots trompent les sens et violentent la pensée. Le nœud se dénoue en Allemagne, là où tout avait commencé, autour d'une poupée, d'un secret de famille autant que d'un secret d'Etat.




    Vous êtes face à une fresque où les silhouettes se succèdent en se tournant le dos, comme le font les générations, tentant de regarder par-dessus l'épaule pour comprendre de quoi la tache est faite et de qui elle vous vient. 




     

    Publié par Anthropia à 13:04:16 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

    Accouplement | 24 novembre 2006

    Le jardin des délices - Jérôme Bosch (détail) - Bridgeman Giraudon (droits réservés) - Photogravue MCP





     





    Accouplement de Norman Rush (Fayard, 23 euros)

      



    Partir en compagnie d'un écrivain, Norman Rush, et se retrouver dans la tête d'une femme, sans nom, mais dont on connaît le métier, anthropologue, telle est la situation de départ.

     



    Nous avons rendez-vous avec l'Afrique, le Botswana et avec une de ses aventurières des temps modernes, qui nous fait voyager dans sa tête. L'anthropologie, elle voudrait bien faire sa thèse, mais le terrain ne correspond pas avec son sujet élaboré sur un campus américain. Le rêve africain, de ce rêve-là elle déchante rapidement, les néo-colons veulent trop, et surtout s'enrichir, tandis que les Africains ne veulent pas assez, on a même inventé un métier pour eux, animateur rural, pour les aider à vouloir davantage.

     



    On le voit, point de politiquement correct dans ce livre. Les leçons de marxisme sont assénées par les petits amis entre joute oratoire et tendre complicité. Roman d'aventure, elle traverse un désert, roman d'amour, elle risque sa vie pour Nelson, roman de science-fiction, elle découvre une utopie, une cité des femmes, vivant dans la clandestinité.

     



    559 pages qu'on ne lâche que pour les retrouver avec un intense plaisir chaque soir, un rendez-vous de rire, à chaque page, un rendez-vous d'intelligence, un rendez-vous d'humanité.





     

    Publié par Anthropia à 10:43:41 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

    << |1| 2| 3| 4| 5| 6| >>

    Mes autres textes et images

    Sites à découvrir

    Soutien à Aides

    Pour voir le widget Aiderdonner, vous devez installer le plugin Flash :

    Télécharger le greffon Flash

    Décembre

    DiLuMaMeJeVeSa
      12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
    • RSS
    • RSS
    • Podcast
    • atom 03