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Publié par Anthropia à 13:07:54 dans Critique Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Diane Arbus (droits réservés)
FUR
Steven Shainberg
Avec Ty Burrell, Harris Yvlein, Robert Downey Jr, Nicole Kidman
Le début de l'histoire nous présente une jeune femme rangée, mariée-deux filles, frustrée, dans l'Amérique new-yorkaise des années cinquante, dont on comprend très vite l'étrange étrangeté et la sensibilité artistique. Le scénario nous fait assister à son initiation, conduite par un voisin, nouveau venu et peu conventionnel, qui la mènera à une radicale bifurcation de sa vie ; elle prendra sa vocation de photographe au sérieux et se consacrera désormais à son art.
Un rôle innovant pour Nicole Kidman, qui joue Diane (Dee-Ann) Arbus, la célèbre photographe américaine. Ce film réalisé par Steven Shainberg fait penser à la Leçon de piano, par ses silences, ses plans longs, ses subtilités psychologiques. Il est des films, absolument anti-conformistes, qui dérangent, étonnent. Ce film est une ode à la différence et nous insuffle une singulière énergie.
Nous sommes conviés à la découverte d'une artiste, mettant nos yeux dans son regard sur le monde, découvrant avec elle des êtres singuliers, leur humanité, leur proximité, qu'elle a su si bien photographier. Quelques arrêts sur image nous font reconnaître au passage son œuvre photographique.
Délicatesse des sentiments, dans le couple, dans l'aventure menée, les scènes s'enchaînent montrant comment Diane Arbus est à l'écoute de son moi profond, cherche à se découvrir elle-même tout en veillant à ne pas se retrouver victime des autres. Un film captivant, délicat, malgré des plans étonnants, tant la fourrure sous toutes ses formes est présente dans le film.
Publié par Anthropia à 13:12:57 dans Critique Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
L'incroyable destin d'Harold Crick de Marc Forster,
avec Will Ferrel, Emma Thompson et Maggie Gyllenhaal, Queen Latifah et Dustin Hoffman
Le pitch de ce film est magique, un homme entend un matin une voix de femme, qui narre sa propre vie, avec des détails que lui seul connaît. Une psychanalyste intelligente lui conseille d'aller voir un spécialiste de littérature, Dustin Hoffman, qui n'accepte de le coacher que lorsque celui-ci lui cite une phrase entendue « Loin de se douter de ce qui l'attendait ». Ce « loin de se douter », qui est la marque d'un narrateur omniscient et accessoirement le titre d'un cours du littérateur, entraîne le professeur à rechercher qui, diantre, est l'écrivain qui rédige le roman de la vie d'Harold. C'est aussi le début des bifurcations pour Harold, qui va voir sa vie chamboulée, notamment lorsqu'il rencontre Maggie Gyllenhaal, patissière au grand coeur.
A l'autre bout, la narratrice, Emma Thomson alias Mrs Eiffel, auteur à succès, écrit dans les affres de la création les mille détails de ce destin, pour lequel elle cherche la mort la plus appropriée. Une assistante expérimentée, Queen Latifah, envoyée par son éditeur, lui donne un coup de main.
Cette comédie fantastique fait inévitablement penser au Truman Show et à ces scénarios où les héros sont aux prises avec un manipulateur tout-puissant. Elle fait se poser la question de la fiction, de son rapport avec le réel. Le sous-titre anglais « stranger than fiction » aurait pu aller jusqu'au bout de cette logique d'une réalité plus singulière que n'importe quelle fiction. On aurait aimé que l'ambiguïté de la folie d'Harold et de la réalité de la narratrice persiste, pour qu'in fine l'histoire soit indécidable, c'est-à-dire littéraire.
Mais le réalisateur n'a pas résisté à l'idée de la double fin, changée d'un trait de plume, qui rend l'intrigue à sa réalité filmique, c'est-à-dire une fiction qui ressemble à une réalité et dont on peut changer la fin. Cela s'appelle un film.
Tendre, ironique, très bien joué et savoureux.
Publié par Anthropia à 11:12:14 dans Critique Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
(droits réservés)
Publié par Anthropia à 12:03:17 dans Critique Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
film de Nacer Khemir
Partir au désert, marcher sur les traces de personne.
Vous allez à la Réunion ?
Oui.
Connaissez-vous le chemin ?
Non. Celui qui a confiance ne se perd pas.
Ichtar, la petite-fille et son grand-père, font le chemin de vie, escaladant les dunes, le grand-père transmettant à la petite-fille les savoirs de son art, celui d'un derviche.
Le sable est partout, il protège des tempêtes, il recouvre le vivant, il s'efface pour revenir sous le balais fantaisiste.
Le sable comme symbole des secondes de nos vies, envahissant notre quotidien, égrénant les instants de milliards de cristaux.
Puis, l'humain. Dans ce film, l'humain trébuche, l'humain émerge, l'humain est un miracle de cette nature hostile, l'humain désire et poursuit la gazelle, sa chimère toujours là pour le perdre.
Comment parler d'un film-symbole, d'un film soufi qui nous conduit vers la sagesse des derviches. En se glissant comme la petite Ichtar dans la musique pour la danser des bras, du cou, du corps qui tourne.
Ichtar aime les histoires et nous aussi.
Avec elle nous écoutons l'histoire du Prince qui contemplait son âme dans l'eau d'une flaque. Nous découvrons le secret du derviche roux qui cherchait un puit pour retrouver son palais. Nous accompagnons le jeune homme qui recherche sa bien-aimée, qui lui a volé ses vêtements au lendemain d'une nuit d'amour.
Des histoires de fous, des histoires de pauvres, des histoires d'illuminés, plus savants que les plus savants.
Un film qui ne nous quitte pas, qu'on veut revoir et revoir, pour imprimer ces petites phrases, viatique de la vie de l'esprit.
Publié par Anthropia à 23:01:01 dans Critique Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
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