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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Chronique Ivryenne XXI- Obsession | 06 avril 2008

Louise Bourgeois 

The mirror

FIAC 2007

Cliché Anthropia

 

 

Il y a d'étranges moments captés dans la foulée d'une marche en ville.

 

Ce matin, j'éveillais mes cheveux dans l'air doux d'un presqu'été.

 

En traversant, j'aperçois une voiture garée en double file,

dans la voie des bus, tous warnings clignotant.

 

Devant la voiture, une jeune femme maigre, cheveux longs chocolat,

quelque chose dans l'allure qui me fait penser à la pauvreté, l'ingrate condition.

La voiture n'est pas neuve, mais il y a voiture.

 

Ce qui me frappe d'abord c'est le mouvement répétitif qu'elle exerce

à l'aide d'un petit mouchoir

sur la carrosserie de sa voiture, porte conducteur ouverte,

elle frotte avec obsession des petites taches qui se trouvent sur le toit,

dans l'arrondi, au-dessus du cadre de porte.

 

Elle frotte une tache, puis une autre, comme si là dans la double file,

tous feux allumés, elle n'avait que ça à faire.

 

Je dis ça, parce qu'en traversant, j'ai vu un bus s'arrêter pour prendre des passagers,

il va bientôt redémarrer et fatalement, oui fatalement,

il va vouloir emprunter le couloir bus que la femme au mouchoir bloque,

avec sa voiture, porte ouverte.

 

Elle frotte, elle frotte, mais ce faisant,

je la vois glisser des regards façon derrière les paupières,

vers les fenêtres du grand immeuble, juste en face.

Des petits coups rapides.

J'ai compris : c'est pour ça qu'elle est là.

 

Ce qui m'apparaît, c'est qu'elle fait mine,

mine de rien, mine de nettoyer,

mine d'être là par hasard.

 

 

Dans l'auto, banquette arrière, un enfant emmitouflé. 

Elle est là, un dimanche matin, par hasard,

dans un couloir de bus, avec son fils bébé,

qui n'a rien d'autre à faire qu'attendre là dans l'auto,

dans son fauteuil-bébé, à regarder sa mère,

nettoyer d'hypothétiques taches

sur le cadre de la porte de la voiture.

 

Voilà. Et je me mets à supputer.

Que fait-elle ? Qui attend-elle ?

Un homme, forcément un homme.

Le père du petit. Elle sait qu'il est là.

Il est marié avec une autre.

Alors, elle l'attend, elle veut le voir.

Elle existe encore, il ne peut pas la larguer

comme ça, sans rien dire.

 

Elle vient avec le petit,

qu'elle a habillé en quatrième vitesse ce matin,

parce qu'il fallait qu'elle voie son homme,

et qu'il n'y a personne pour le garder.

 

Lui ne donne plus signe.

Il n'appelle plus. Il laisse son répondeur sonner dans le vide.

Elle n'a même plus accès à la boîte vocale.

 

Alors, elle est là.

Et aucun bus, aucun regard de passante, aucun cri d'enfant,

ne saurait avoir raison de son obsessionnelle attente nettoyante.

 

C'est cela l'air de pauvreté qu'elle porte sur elle,

c'est celle de l'esprit ;

on regarde partout en quête de quelque chose

et y a rien.

C'est l'air de la folie.

Une Lucia, qui attend et qui frotte.

 

Finalement, elle capitule, je me suis retournée, deux fois le bus a klaxonné,

place au public, à la transportation,

la femme est dans son tort, elle doit céder le passage,

et même le libérer, dégagez, y a rien à voir.

 

La femme n'est pas à sa place, elle doit quitter, séance tenante.

Et je la vois remonter dans la voiture,

avec nonchalance, l'indifférence de la solitude,

que rien n'atteint.

 

Elle va se garer dans la rue adjacente.

Le bus la houspille, long klaxon de culpabilisation.

 

Elle reste dans la voiture, elle regarde obsédée,

vers l'entrée de l'immeuble.

 


Elle attendra toute la matinée s'il le faut et même l'après-midi.

 

Mais peut-être, attend-elle simplement son homme passé chez sa mère,

pour le bonjour du dimanche.

Et la nervosité n'est que la relation tendue

à la belle-mère, sujet de conflits.

 

Ou bien est-ce sa soeur qui va chercher quelques effets chez son amant

qu'elle vient de quitter. Et la soeur craint le pire, un acte violent.

 

Que valent quelques secondes pour découvrir un être ?

 

On ne sait jamais en voyant une femme nettoyer,

ce qu'elle cherche à effacer.

A part la tache.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 14:37:00 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (3) |

Chroniques Ivryennes XX : La nettoyeuse | 18 janvier 2008

Néon

Palais de Tokyo

Cliché Anthropia

 

 

Hier il m'est arrivé quelque chose qui n'arrive pas souvent dans la vie. Une vieille amie est venue me voir. Et tout de go, à l'heure du thé, elle m'a demandé d'être son exécutrice testamentaire. Bon, elle n'est pas encore à l'article de la mort, mais elle y pense, elle prenait l'avion pour L.A., ceci expliquant peut-être cela.


 Je ne sais pas bien ce que c'est, exécuteur testamentaire, mais j'ai l'impression d'une demande qui ne s'accepte pas comme ça. C'est une responsabilité. Réaliser le projet post-mortem de quelqu'un, un peu déstabilisante l'idée.


C'était comme un nouveau rite initiatique, j'avais atteint un certain stade, assez jeune pour lui survivre, digne de confiance et tout le toutim pour qu'elle  me confie cette responsabilité-là, assez teigneuse, apparemment aussi, pour qu'elle sache que je respecterais ses dernières volontés.

 

Elle a fait ça avec beaucoup de classe, rien de pompeux, un courrier glissé sur la table, en me regardant en souriant, pas de tralala, de larmes, de drame, une demande d'une copine à une copine, un petit service en quelque sorte.





Le partage était assez simple, un patrimoine à distribuer à peu de personnes, une œuvres littéraire, pour laquelle elle a désigné un autre exécuteur, son éditrice, ce qui circonscrit mon rôle et le rend plus léger. Mais tout de même, c'est accepter de se mêler des affaires d'une autre. Et ça, c'est toujours compliqué.




D'ailleurs la nuit me l'a confirmé, c'était la tempête, oui, non, des vagues de 11 mètres de haut, le bateau tanguait fort. Et puis ce matin, arrivée à bon port, l'impression que la réponse est prête.



J'ai décidé d'accepter la demande de mon amie. Parce que c'est une belle personne et que je veux bien accompagner son départ, je sais que tout sera prêt. Et puis il faut bien se rendre des coups de main entre amis.








 

 

Publié par Anthropia à 11:51:29 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (0) |

Chroniques Ivryennes XIX – En vrac | 27 novembre 2007

Bruno Rousseau

Tourelles pour voitures

 

 

 

Ce matin, un type en vrac m'accoste à la pompe à essence. Il est livide, fatigué, porte une petite boucle argent à l'oreille et s'approche de moi avec deux bouteilles plastiques vides.

 

 

Aidez-moi, aidez-moi, Mademoiselle. Oui, que puis-je faire ? Je penche pour une manche originale, une pièce pour la route, à l'entrée de l'autoroute, pour acheter un cubi de rouge qui tache, de quoi remplir ses bouteilles.

 

Mais non, ce n'est pas ça. Le type, c'est de l'essence qu'il veut, le cubi, c'est moi qui dois le remplir, avec ma pompe bien ostensiblement entrée dans mon réservoir à essence. L'argent, c'est à moi qu'il revient. Mettez m'en pour 5 euros, je vous paierai.

 

Je le regarde une deuxième fois. Les yeux inquiets, rouges autour des pupilles. Le nerveux s'approche de moi, il pousse les bouteilles sur mon sac. Façon de faire pression. Mais je n'ai pas peur. Je suis tombé en panne, je viens du haut d'Ivry, à pied. Vous pourriez pas me dépanner.

 

Lâche comme souvent, je lui propose d'aller demander au pompiste. Non, il ne veut pas. Il dit qu'il a pas le droit de me livrer de l'essence en vrac. Je me retourne, avise la mine défaite du pompiste derrière la vitrine, qui fait un signe négatif de la tête. Non, je ne peux pas, le pompiste ne veut pas.

 

Je finis mon plein. M'en vais payer. Le gars me suit. Le pompiste m'explique qu'il a reçu un appel de l'inspecteur de police, lui interdisant de vendre de l'essence en vrac. Vous comprenez, s'ils tombent sur lui avec ses bouteilles remplies, ils fermeront la station. Ils ont peur. Avec les émeutes de la nuit dans le Val d'Oise, ils ont peur que le mouvement se répande. Mais le gars n'a qu'à aller au poste. Tout à l'heure, un retraité y est allé. Ils m'ont appelé. Je lui ai servi l'essence.

 

Je suis sûre que le gars n'obtiendra pas l'essence, lui, il a trop la gueule de l'emploi, de l'émeutier qui prépare ses cocktails molotof. Toujours à me fendre d'un bon conseil : faites venir un copain, et syphonnez l'essence de son réservoir avec un tuyau plastique. Il me regarde. Je n'ai pas que ça à faire, mes copains non plus. Je suis pressé.

 

Le pompiste se tourne vers ses papiers, glissés le long de la glace. Vous savez à la fin du mois, j'aurai une circulaire du Préfet, qui me dira de contrôler l'identité de ceux qui achètent de l'essence en vrac, je devrai faire une copie de la pièce d'identité. Comme il y a deux ans.

 

Dans la queue qui s'agglutine peu à peu derrière nous, un black grommelle. C'est de sa faute aussi, il n'avait pas à tomber en panne d'essence. Je réponds que cela peut arriver à tout le monde. Mais ne me décide toujours pas à lui filer un coup de main, il est dans les hauts d'Ivry, et là-haut, il y a un gigantesque bouchon, des travaux partout, je n'ai pas le temps. Et je file, lâchement.

 

Dans le rétroviseur, je vois le gars, qui s'éloigne du côté du commissariat. Il était vraiment en panne.

 

Il y a deux ans à Ivry, on n'a pas eu de problème. Le bourg, communiste, n'a pas brûlé, les associations sont allées voir les jeunes et les ont dissuadés de brûler les voitures. Un tissu social, ça sert à ça, que les gens montent au créneau, qu'ils se serrent les coudes, pour protéger leur cité. Total, quasiment pas de voitures incendiées.

 

Je m'en vais, pas fière de moi, j'ai préféré me défausser. De quoi au juste ? De lui rendre service ? De me retrouver embringuée dans une affaire de police ?

 

Et je me souviens d'une après-midi chaude de mon enfance, un ouvrier vient vers moi, je suis suspendue à la grille de la maison. Eh, petite, tu n'aurais pas une bouteille de verre qui traînerait dans ton garage. Je vais la chercher. Un peu plus tard, un autre vient me demander du tissu, du coton blanc. Je vais en chercher dans le panier de la machine à coudre. Enfin, un troisième. Y a pas une jerrycane d'essence dans ton garage ? Et là, tout à coup, je m'arrête d'aider. Je ne sais pas pourquoi. Non. Et je descends de la grille pour rentrer à la maison.

 

Là-bas dans la rue, j'ai vu se monter une barricade de pavés et de poutres, j'entends le sifflement de bouteilles d'essence enflammées, je vois la police charger. Je me souviens tout à coup que ce jour-là, en 1968, on retrouve un homme mort sur le pavé, un ouvrier tué par la police. Et je n'ai pas envie d'en être, ni d'un côté, ni de l'autre. La violence me fait peur, quelque soit le camp qui y recourt.






 

   

 

Publié par Anthropia à 11:37:26 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (1) |

Chroniques Ivryennes XVIII - Le biologiste | 21 septembre 2007

Corbis (droits réservés)

   

A Ivry, quand on va au cinéma de quartier, on va au Luxy, 4,50 euros la séance, qui dit mieux.


 

L'autre soir, on y donnait La Question Humaine de Nicolas Klotz. Je passe sur le film qui fait se poser des tas de questions quand on travaille en entreprise dans les ressources humaines.


 

Un ami, ancien DRH, parle de son ancien métier comme « agent de transit », métier de merde qui assure le transit in et out au sens de la merde. Quand les personnels deviennent des ressources humaines, valorisées comme n'importe quel coût dans l'exercice comptable, toujours trop chers disent les patrons. On doit donc les gérer comme tous ces coûts d'entreprise, pour que la dépense baisse, en délocalisant, en licenciant, en automatisant, les trois voies du « downsizing ».



 

Le film nous montre comment l'usage par les nazis d'une langue pervertie et euphémisante -« la solution finale » par exemple- s'est répandue dans tout le XXème siècle, comment cet usage s'est généralisé à toutes les sphères sociales, et singulièrement au vocabulaire d'entreprise, parlant des hommes et des femmes en termes d'unités, d'outplacement et de plan social, mots pudiques pour parler de licenciement et de reclassement dans des voies sans issue, de type CDD de trois mois ou stage garage.

 


L'autre soir au cinéma, quand la lumière s'est rallumée, le réalisateur était là et le débat s'est engagé.


 

Je voudrais ici citer Tom, le biologiste, qui a pris la parole et qui s'est dit en résonnance avec le film. Tom travaille dans l'ADN, il réalise des tests ADN, c'est son métier.


 

A partir de maintenant, grâce à la nouvelle loi sur l'immigration (une par an, comme durant la montée du nazisme en Allemagne pour les lois scélérates, technique de la cuisson de la grenouille, on fait chauffer l'eau peu à peu, pour que la grenouille ne se rende compte de rien), oui désormais, le nouveau métier de Tom va consister à prélever l'ADN de migrants, analyser les résultats et les envoyer à la police, pour chasser l'immigré. Il va devoir dire si les enfants de ces hommes ou de ces femmes sont bien leurs enfants. S'ils sont les enfants de cet homme, la police leur délivrera alors des cartes de séjours « vie familiale ».



 

Même en Italie, qui a adopté les tests ADN, une précaution a été prise, les résultats ne sont pas envoyés à la police, ils sont destinés à une Fondation d'aide aux migrants, qui transmet l'information positive ou négative à la police, mais détruit les échantillons d'ADN ; ainsi ces tests ne sont pas reversés aux fichiers de l'Intérieur. En France, oui vous savez, le pays des droits humains, on vient de rétablir les fichiers racistes qu'on enrichira de tests ADN facultatifs, mais à la charge du migrant qui veut faire venir sa famille. On ne les lui remboursera que s'il obtient le visa. Donc s'il ne l'obtient pas, il aura vraiment tout perdu, sa famille, sa certitude de paternité et son argent.



 

On réduit par ailleurs le droit de recours pour les étrangers demandeurs d'asile de 1 mois (prévu dans le projet de loi) à 15 jours, ce qui est une atteinte fondamentale au droit d'asile. Et on fusionne en une seule décision le refus de papier et la reconduite à la frontière, histoire de contourner les recours aux juges qui annulent les reconduites. Ainsi, la reconduite à la frontière ne sera plus qu'une affaire d'arbitraire administratif, tellement plus pratique.




 

Tom est dans la stupeur, il vient de devenir auxiliaire de police, ce n'était pas son choix, lui, il voulait être biologiste et il ne sait pas s'il poursuivra dans cette voie. Et moi j'ai honte de vivre dans ce pays.

  








  

 

Publié par Anthropia à 18:47:56 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (5) |

Chroniques Ivryennes XVII - Bateau, carrosse, sans oublier Chouka | 27 juillet 2007

 

Les lofts sont comme vous le savez souvent aménagés dans des anciens ateliers. C'est le cas du mien.

 

Donc, il y a dix ans, là où se trouve ma pièce à vivre, se trouvait une entrée de garage pour les véhicules utilitaires du petit atelier de confection qui l'occupait.

 

Donc, à l'extérieur, il y avait une interdiction de stationner et un léger, oh très léger, abaissement de trottoir que le propriétaire avait réalisé sur ses deniers, puisque c'était à son avantage.

 

Mais donc, depuis, c'est un loft et j'y habite. Je me gare donc devant mon entrée de garage qui entre temps est devenue une baie vitrée de loft. Vous me suivez.

 

Et bien, aujourd'hui, je me suis vue verbaliser 35 Euros, parce que je garais ma voiture devant une entrée carrossable, qui n'en est plus une. Vous me suivez toujours.

 

Je suis donc allée débroussailler cette affaire kafkaïenne au Commissariat, qui m'a gentiment renvoyée à la Mairie, qui m'a gentiment orientée vers la Direction des Services Techniques, à l'accueil de laquelle, on m'a très gentiment indiqué que c'était au 2ème étage, lequel m'a gentiment réorientée vers le 1er étage, qui m'a gentiment signalé que la Direction des Espaces Publics d'Ivry, qui m'a dressé le PV, se trouvait au 3ème étage.

 

Là, rien à dire, les jeunes femmes qui m'ont reçue étaient très aimables, mais malheureusement pour moi m'ont signalé qu'elles ne pouvaient rien faire, car c'était une voie carrossable. J'ai eu beau leur montrer des photos de ma baie vitrée, du mur vierge de tout panneau d'interdiction de stationner, bref on m'a appris, oui, je sais, mon passage au code de la route date un peu, qu'il suffisait qu'il y ait un léger abaissement du trottoir pour qu'on considère que ce n'est pas un parking.

 

Bref, ce qui compte, ce n'est pas l'usage, la réalité, mais la forme du trottoir. Et si je vous le montrais, vous verriez que l'abaissement tient du centimètre. Mais voilà hein, c'est comme ça. Le code, c'est le code. Ah j'oubliais, si je veux que cela change, il ne me reste qu'à payer plusieurs milliers d'euros pour obtenir que ce privilège que j'ai d'avoir un accès carrossable qui ne me sert à rien me soit retiré. C'est simple, il me suffit d'écrire au technicien, qui fera un chantier pour redresser le trottoir d'un centimètre.

 

Au pays de Kafka, Chouka ne peut vraiment rien faire pour moi. C'est la loi.

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 16:09:47 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (10) |

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