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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

    Wikio

    http://www.wikio.fr

    L'affiche | 26 novembre 2008

     

     

    Regardez-là cette affiche,

    photographier la relation charnelle des corps entre eux,

    ce qui compte,

    pas les stars,

    non mais les éclats de chair, qui se touchent,

    les liens des bras et des mains

    qui tentent d'enlacer le corps de l'autre,

    qui enferment, qu'on veut décrocher,

    mais on n'y arrive pas.

    Le regard intérieur des trois personnages,

    chacun se posant la question de sa place,

    tout cela est dit en une photo,

    qui rappelle une photo de corrida,

    de Cartier-Bresson,

    qui représentat la proximité de trois corps

    dans un public d'afficionados,

    une photo qu'on ne peut prendre qu'en Espagne,

    parce que les conventions autorisent ces corps-à-corps sociaux.

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:43:19 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

    Where do I stand, what do I want ? | 21 novembre 2008

    Thomas Hirschhorn

    FIAC 2008

    Crédit photo Anthropia

     

    Certains semblent toujours avoir su où était leur place.

    Fils de médecin, devenu médecin.

    Fils de ferrailleur, devenu ferrailleur.

    Fille de polytechnicien, devenue polytechnicienne.

    Ou peut-être ont-ils eu simplement une énorme flemme,

    n'ont-ils pas eu envie de se poser de question

    ou sont-ils entrés dans le moule, un rôle pratique,

    absorbé par une enfance à regarder l'autre ?

    Parmi eux, certains ont revisité le statut

    et en ont fait quelque chose pour eux.

     

    Ségolène Royal par exemple aurait été mère au foyer,

    si elle avait écouté ses parents.

    Bien qu'on transmette souvent à l'insu de son plein gré,

    quel(le) est l'ancêtre ou le parent qui nous souffle un autre destin possible.

     

    Thomas Hirschorn se demande,

    comme un psychanalyste qui s'installe,

    de qui il va s'autoriser.

    On ne s'autorise que de soi-même,

    voilà c'est tout bête.

    Si vous attendez que l'autre vous donne son accord,

    vous pouvez patienter toute votre vie.

     

    Alors, il y a de la violence, forcément,

    à imposer son désir, on ne vous attendait pas là,

    vous contrariez les images toutes faites

    que les autres se sont imaginés.

    Il faut de la résistance, de la persévérance,

    de l'humilité quand on échoue et qu'il faut recommencer,

    mais écouter sa petite musique en soi,

    c'est le seul chemin possible.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:44:02 dans Art contemporain | Commentaires (2) |

    Shaking baby | 19 novembre 2008

    Atelier van Lieshout

    Baby

    2008

    Galerie Bob Van Orsouw

    FIAC 2008

    Crédit photo Anthropia

     

    La première le met au monde en loucedé,

    et l'abandonne derrière une poubelle,

    de façon à ce que quelqu'un le prenne,

    La deuxième le congèle à la cave,

    pour qu'elle puisse le susciter de temps en temps

    en ouvrant le placard lumineux,

    La troisième le secoue dans une crise d'hystérie,

    elle l'a laissé arriver dans la famille

    mais pour combien de temps.

    La quatrième l'enferme dans un placard,

    pour ne plus se voir,

    la cinquième prie le père de le punir le soir

    quand il rentre du travail, en complice,

    elle ne sera pas la seule coupable,

    la cinquième ferme les yeux

    quand le tortionnaire de beau-père le roue de coups,

    n'est-elle pas elle-même victime ?

    Une étude dit que les mères sont plus sereines

    quand elles élèvent des enfants,

    qui proviennent d'un autre ovule que le leur,

    tant elles ont besoin de tiers.

    Les mères sont sauvages, notre époque nous le dit,

    nos Reines de la nuit hurlent leur délire,

    il n'y a que les hommes innocents qui vivent avec,

    qui ne voient rien.

    Les autres font leur boulot, ils séparent, ils interviennent

    dans la dyade mère-enfant, ils mettent leur nez,

    détachent la mère, l'emmènent au ciné,

    pour qu'elle ne devienne pas chèvre

    dans cette toute-impuissance

    qui lui est tout à coup tombée dessus,

    n'a même plus le temps de pisser,

    et dans cette toute-puissance absolue,

    si personne ne vient l'interrompre.

     

    A une mère qui disait sa hâte que son enfant placé

    pour cause de maltraitance (la sienne)

    lui soit rendu, Françoise Dolto disait,

    oui et que ferez-vous quand vous rentrerez,

    je lui ferai un flan à la vanille, elle les adore,

    oui, et puis ?

    Je la coifferai avec son chouchou,

    Oui, et puis ? Puis je la coucherai,

    mais Mademoiselle ne voudra pas dormir comme toujours,

    Oui, et puis ? Ben, je lui dirai de dormir,

    Oui, et puis ? Ben, j'éteindrai la lumière.

    Oui, et puis ? Ben, elle continuera à faire la foire, comme d'habitude.

    Oui, et puis ? Ben, je la corrigerai, oh,oh,

    oh s'il vous plaît, prenez mon enfant,

    je ne pourrai pas m'en empêcher.

    Et Dolto d'ajouter, on ne peut rendre un enfant à sa famille,

    que quand il sait défendre son corps,

    qu'il sait qu'on ne doit pas lui faire de mal,

    parce que son corps lui appartient.

     

    On peut voir et entendre Dolto ici.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:50:21 dans Art contemporain | Commentaires (1) |

    Quand l'art parle de la rue | 17 novembre 2008

    Banks Violette

    3 unit no name

    (I may not climb the social ladder

    but I can jump the schoolyard fence)

    2008

    Courtesy Galerie Rodolphe Janssen Brussels

    FIAC 2008

    Crédit photo Anthropia

     

    Je peux ne pas être autorisée à monter dans l'échelle sociale,

    mais je peux sauter la barrière de l'école.

    Un frémissement social dans l'air ?

    Quelques menues manifs ?

    Quelques énervements ?

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 11:52:58 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

    Buzzer l'art contemporain | 21 octobre 2008

     

    Christine Laquet 

    Centre-Europe
    150 x 177,5 cm, encre de chine sur papier in La Planck

    Partir en forêt en quête de phénomènes inaccoutumés,
    et se faire peur dans un décor à la “Blairwitch
    Project”. Une expédition qui tend vers l'onirisme à travers
    des effets graphiques de camouflage et de matière.

    "Ces atmosphères de sous-bois que je retranscris dans cette série de dessins démesurés à l'encre de chine me permettent de créer des situations étranges, qui traduisent dans ce « chaos » une ambiance magnétique. Je me trouve comme aspirée dans cet univers particulier entre le conte de fée et le film à suspense, telle une invitation à une expédition qui tend vers l'onirisme. Dans l'encre de chine, le marcheur est équipé d'une « veste camouflage » qui a pour fonction de se confondre dans la végétation en dissimulant ou en masquant la forme du corps. Cette technique a été inventée en 1914 par le peintre Guéro de Sévola, lui-même inspiré par le mouvement cubiste. Lorsque l'on regarde attentivement le dessin, on peut apercevoir que la façon dont les bois sont dessiné laisse apparaître une texture proche de la fourrure d'une bête." (C. Laquet).

     

    Voilà tout est dit ou presque de la différence entre une oeuvre du XIXème siècle, une gravure ou un dessin à l'encre de chine, arts précieux, dont on a conservé à travers les âges les créateurs emblématiques, et cette oeuvre-là, qui renouvelle le genre, qui fait avancer l'histoire de l'art, qui saisit dans un format inattendu (grand format) quelque chose de notre époque, non dans la nostalgie d'un autre temps, mais en acceptant de se confronter aux artistes précédents, à la référence du cubisme, en connotant le Blairwitch Project, en réalisant une opération complexe, qui part d'eux-mêmes, qui traite d'un sujet, tout en cherchant le "what's new" dans le matériau ou dans son cadrage, ou encore la dimension émotionnelle dans une émotion d'aujourd'hui.

    Ce qui est incomparable dans Centre-Europe, c'est l'intervention d'un sujet dans un paysage, preuve qu'on est bien au XXIème siècle, que la veste para-militaire, les effets de neige télévisuelle sur ce qui pourrait bien être un écran, que l'ambiance de complot, d'étouffement d'une nature nocturne, font sens aujourd'hui et maintenant.

    C'est contemporain, parce que cela n'aurait pas pu être produit au XXème siècle, on devrait appeler cela art actuel, si l'actualité n'avait pas déjà tué le mot, ce réel-là travaille avec les références en les sacrifiant sur l'autel de la création. 

    Et s'il y faut du texte, c'est que nos artistes contemporains doivent tout prouver, qu'ils sont là, qu'ils réfléchissent à leur oeuvre, ils doivent inventer l'oeuvre et apporter eux-mêmes la voix off, défendre leur point de vue, parce que l'art contemporain foisonnant de faux espoirs -beaucoup d'appelés et peu d'élus- ne les a pas encore légitimés et que le commentaire n'est pas fait par le buzz.

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:13:56 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

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