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Tabaimo
Mushi kakushi (01) (détail) 2008
Courtesy Galerie Koryanagi
Art Basel 2008
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 11:22:38 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Tabaimo
Mushi kakushi 02 (détail) 2008
Courtesy Galerie Koryanagi
Art Basel 2008
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 11:21:10 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Tabaimo
Mushi kakushi 01 (détail) - 2008
Courtesy Galerie Koryanagi
Cliché Anthropia
Publié par Anthropia à 11:19:45 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Benoit Singy
Benoit Singy est un passager clandestin
de la Art Basel 2008.
Cliché Anthropia
L'artiste est devant moi.
Il attend devant une oeuvre et j'attends derrière lui.
Je ne pense pas tout de suite qu'il est artiste.
Juste cette image au dos de la chemise, elle m'interpelle.
Une image que je lui demande de pouvoir photographier.
Il se retourne. Demande qui je suis.
M'explique qu'il est artiste, qu'il a un site ou plusieurs.
Que cette chemise, il en a d'autres, et d'autres oeuvres aussi.
Il vient par cet acte d'attirer mon regard,
de me prendre à la lecture dans un conflit cognitif,
de m'obliger à me poser la question,
la terre va-t-elle bien ?
et tout le registre des questions bêtes, du genre,
pourquoi être pessimiste, pourquoi pleurer la terre perdue,
et toutes les assertions de fin du monde,
de réchauffement de la planète.
Cet artiste apprend à respirer.
Et puis d'autres choses sur son site.
Publié par Anthropia à 11:42:24 dans Art Basel 2008 | Commentaires (1) | Permaliens
Angela Bullock
Night sky, Dogstar 2 (détail), 2007
Courtesy Nina Köller Gallery
Cliché Anthropia
Mind, mind.
L'autre soir, quand on a commencé à parler du mot 'mind',
on était dans un tel état de vertige,
qu'on s'est assis dans l'escalier de l'immeuble,
et que cela a duré jusque très tard.
On peut traduire mind par esprit,
a state of mind, un état d'esprit.
Mais sans aller jusqu'à l'esprit saint,
car en anglais holy spirit existe, et ça n'interfère pas.
Ce qui est à moi est à moi, my mind, l'esprit, c'est l'autre.
Tout ce qui flirte avec la psyché ou l'âme n'est pas pour le mind.
Le mind est du côté de la pensée, mais aussi de l'intention.
To change one's mind, c'est changer d'avis
ou to make up one's mind, c'est se décider.
Il est performatif.
Ils ne savent pas ce qu'ils veulent, they don't know their own minds,
mais ils peuvent toujours se mettre en tête de faire quelque chose,
to set one's mind to do something.
Si parfois mind signifie raison,
dans une maîtrise qui fait craindre de perdre l'esprit, to go out of one's mind,
textuellement d'en sortir,
Il est aussi du côté du coeur,
out of sight, out of mind, loin des yeux, loin du coeur.
Et si vous n'y faites attention, il vous conduit à l'angoisse,
que vous saurez contrôler bien sûr, set your mind at rest, tranquillisez-vous !
On se demandera bien sûr qui est donc la personne à qui s'adresse cet ordre.
Enfin mind va pour souvenir,
to bear something in mind, pèse dans la mémoire.
Mais aussi pour attention, to mind out
et son corolaire, le lâcher prise, never mind, tant pis,
ou le j'm'en foutisme, I don't mind, ça ne fait rien, je m'en fiche.
Ce mot est un des plus intelligents de la langue anglaise,
il signifie dans un seul concept toute l'activité pour-soi du cerveau,
tout ce qui tourne dans notre tête,
de l'amour à nos souvenirs,
de nos préoccupations à nos projets,
Le mind anglais a quelque chose de notre ego,
du Sujet cher à Lacan, le sujet désirant bien sûr,
mais vu comme le produit d'un cerveau en activité personnalisée,
d'un cerveau dans la pleine mesure ou la démesure de ses moyens.
Nous n'en avons pas, nous, de mind.
Je veux dire que nous n'avons pas
cette entière activité prise dans un seul mot.
Nous sommes empêtrés
dans nos entités descriptives, Je pense, donc je suis,
notre esprit est pris, mais aussi notre pensée, notre raison, notre coeur,
qui viennent encombrer le cerveau
d'une figure porteuse, l'être,
d'une catégorie identitaire alourdissant notre activité de réflexion.
Quand "mind" n'est pas du côté de l'être, mais du côté du faire,
un « faire » cognitiviste, mémoriel, émotionnel et programmatique.
Mind est le meilleur mot technique,
pour les sciences psycho-cognitives,
il résume en un mot le travail du cerveau.
Entaché d'une certaine toute-puissance,
mais qui ne renvoie pas à un sujet tout-puissant,
Enfin, quelqu'un qui a une telle capacité
est sans doute un mastermind.
Never mind, nous n'avons pas ce mot en magasin.
Publié par Anthropia à 10:51:03 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
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