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Oui, on pouvait se douter qu'avec les reconduites accélérées à la frontière et par voie aérienne, le personnel d'Air France finirait par prendre le même parti que les passagers des vols d'Air France. Ne plus accepter d'être témoin au quotidien des violences policières.
Comme on sait ici que je ne suis pas tendre avec la police, j'aimerais pourtant dire que les Français ont voté à 54% pour un Président qui a affiché clairement son choix de ne vouloir qu'une émigration propre sur elle, riche et diplômée. Alors, seraient-ils assez hypocrites pour vouloir cette exclusion tout en ne voulant pas la voir sous leur nez à bord ?
Il peut être intéressant de rappeler que cet épineux sujet qui fait couler à lui tout seul des tonnes d'encre chaque jour représente 8% de la population vivant en France. 8%, qu'on veut donc réduire encore, ce qu'aucun pays sensé en Europe ne fait, rappelons que l'Allemagne compte 12% d'émigrés et qu'elle n'a pas fait la fine gueule à les voir arriver, l'Espagne en a régularisé des milliers. Bref, tout se passe comme si nous imaginions que de refuser ces personnes, dont je le rappelle la France dépend pour la plupart de ses fleurons économiques, le luxe, le tourisme, le bâtiment, l'hotellerie, l'agriculture, sans parler de nos petits vieux qui sont aimés et choyés au quotidien par ces centaines de milliers de femmes africaines, était la solution à nos autres poblèmes, et notamment ceux du chômage.
Je pense que nous devrions avoir un débat national pour revoir nos positions en tenant compte de la réalité. Les médias ont à ce point travesti les choses au nom d'une dizaine de milliers de personnes, qui font les quatre-cent coups, que les gens sont persuadé qu'il y a 50% d'étrangers en France et qu'ils sont tous voleurs et agresseurs. Pourrait-on redevenir raisonnable et faire le point.
Par ailleurs, on le sait, le problème se désagrègera de lui-même, si la situation économique reprend, si le chômage baisse vraiment pas seulement dans les statistiques de l'INSEE. Je rappelle que le trou de la sécu aurait dû baisser si nous avions reçu davantage de rentrées de charges URSSAF, liées à ces milliers d'emplois soi-disant créés. Partout ailleurs, la question de l'immigration économique à 50% de l'immigration n'est pas le résultat d'une politique d'immigration, elle est le résultat d'une redynamisation de la vie économique. Et le bouclier fiscal qu'on vient de nous asséner sur la tête n'est pas fait pour relancer la recherche, aider les entreprises à exporter, etc.
Alors en attendant, merci les syndicats d'Air France, d'avoir eu ce courage de dire que "non, on ne peut pas être une nation digne de ce nom et taper sur des gens, les étouffer, les coincer entre leurs genoux pendant des heures, les molester, les tirer sur le sol, que tout cela n'est pas normal, admissible, dans un pays démocratique".
Publié par Anthropia à 09:57:35 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Jeremy Deller - Bag unmade bag (droits réservés)
Discrimination, droit des victimes et justice.
Les médias nous envahissent de leurs leçons de bienpensance, cela vous pouvez, cela vous ne pouvez pas.
L'autre jour, on apprenait qu'un réseau d'agences intérim pratiquait la discrimination raciale, des initiales mystérieuses glissées dans le fichier permettant de comprendre qu'ici on n'embauchait pas de minorité visible. Accessoirement, il était aussi précisé que seules les femmes faisant moins qu'une taille 42 pouvaient être embauchées, mais cela, n'est-ce pas, n'est de la discrimination pour aucun des médias, qui ont cité cette mention dans le fichier sans même souligner que la discrimination était double et que les gros, les ronds et les enrobés pouvaient à juste titre porter plainte pour .... discrimination pondérale. Mais tout de même, quelqu'un d'obèse à l'accueil d'une entreprise, pas bon pour l'image. Et pour la couleur ? On le voit, entrer dans le débat mène loin.
Un peu plus tard dans la journée, on apprenait à propos d'un petit garçon, dont tous les médias ont montré urbi et orbi la photo tiens, je croyais que le droit à l'image, que les mineurs, enfin...-, bref qu'une mère indigne avait abandonné son petit dans un fast-food on aurait d'ailleurs pu aussi lui reprocher de mal nourrir son petit, m'enfin-, et que l'abandon d'enfant était passible d'une peine de sept ans de prison. Et je me demandai tout à coup où donc était le père qui avait abandonné son petit, où étaient donc tous ces pères qui abandonnent à longueur d'année leurs petits et qui ne font jamais de prison. Ah, oui, c'est une peine réservée aux femmes, sans doute.
Et puisque la journée n'était pas terminée, je découvre à la lecture de mon libé quotidien qu'un homme est allé au bout de la logique, il a porté plainte pour s'être fait faire un bébé dans le dos, sans son accord. Et là tout à coup, je me suis sentie touchée.
Car elle est compliquée cette affaire-là. D'un côté, le droit à disposer de son corps librement pour une femme, pour avoir milité durant des années à ce sujet, je suis pour.
Mais plutôt dans le sens du droit à la contraception et à l'avortement, et rien n'est jamais gagné, quand on voit comment les pro-life qui sont aussi des anti-femmes reviennent au galop dans les jupons de Christine Boutin, dans les cabinets ministériels, Darcos récemment commençait même à leur prêter une oreille complaisante voulant interdire un film d'information des mineurs au lycée sur les risques d'un avortement clandestin. Donc oui au droit des femmes de ne pas se voir imposer une grossesse non désirée.
Mais l'attitude de cet avocat qui a décidé de poursuivre parce qu'il ne voulait pas se voir imposer une paternité non désirée ne pouvait que résonner avec le précédent droit décrit. D'un côté, on pourrait se dire que c'est l'exacte symétrique de la précédente position, encore que dans son cas, il existe des moyens très précis pour ne pas faire d'enfants, au choix la contraception masculine, les capotes, la vasectomie, bref, il a l'embarras du choix. Et alors, s'il n'a pas pris de moyens pour se protéger, il acceptait donc les conséquences de ses actes, à savoir un enfant.
On peut donc valablement s'interroger : son attitude n'est-elle pas en fait un moyen de ne pas payer la pension alimentaire, situation que son attitude laxiste de baiseur non protégé a engendré en fécondant une femme. Dans ce cas, ne s'agit-il pas alors d'un abus de droit, d'un abus de recours à la loi, d'une manière détournée de se dérober à ses obligations en se prétendant victime.
De l'autre côté, quand une femme est enceinte, aux premiers mois, elle a aujourd'hui le droit de renoncer à cette grossesse. Peut-on sérieusement ne pas accorder ce même droit à un homme ? Celui de ne pas accepter sa paternité et exiger l'avortement. Et dans le cas où la femme poursuivrait dans son intention de garder l'enfant, un acte simple pourrait alors permettre à l'homme de se dégager de sa responsabilité parentale, une sorte d'avortement masculin symbolique.
Pour peu que la femme l'ait informé de sa grossesse, il faudrait alors prouver qu'elle l'a bien fait, que le débat intime a eu lieu, qu'il s'est soldé par un constat de désaccord.
Bref, tout à coup, je me retrouve à me dire que dans cette affaire, il faudrait éviter la toute-puissance des mères, qui décident seules et qui demandent la pension alimentaire, et la toute-puissance machiste, qui se défausse de ses obligations et ne paie pas.
Il reste un droit que je n'ai pas cité, celui d'un enfant à avoir un père et une mère sitôt qu'il est né. Et dans le dernier cas qui nous occupe, ce droit-là est largement bafoué.
Mais tout de même, si la loi était plus anticipatrice de ce genre de situations, on n'aurait pas besoin qu'un petit en fasse les frais.
* Pour ce dernier, le Président du Conseil général pourrait représenter ses intérêts, puisqu'ils sont distincts de ceux du père et de la mère.
Publié par Anthropia à 12:17:59 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
DSK n'a pas annoncé semble-t-il sa candidature au FMI ? Souhait-il agir à l'insu du PS ?
DSK n'a pas commenté le soutien de Nicolas Sarkozy à sa candidature au FMI ? A-t-il fait des petits arrangements dans le dos du PS ?
Depuis plusieurs mois, j'avais renoncé à penser que DSK était l'homme utile pour le PS. Les faits semblent me donner raison.
Mais que François Hollande ne se frotte pas les mains en se disant qu'à ce rythme, il aura bientôt éliminé tous les éléphants qui barrent sa route vers la candidature au siège suprême. Car la voie royale, c'est plus que jamais celle de Ségolène, pour peu qu'elle sorte du piège de la télé-réalité dans laquelle les médias veulent l'enfermer et qu'elle résolve son problème avec le PS.
Tous les moyens doivent être étudiés, y compris celui de créer un nouveau parti, qui fasse ce que le PS se refuse à faire, son aggiornamento. Qu'on entende bien, je ne suis pas pour que le PS affiche un libéralisme échevelé, mais je pense qu'au nom de la protection des plus faibles et d'un développement durable pour tous, de nouvelles politiques doivent être envisagées, pas dogmatiques, mais associant la collectivité et les individualités dans une démarche compatible.
Ce travail, il apparaît clairement qu'on ne pourra pas le faire avec des Mélanchon, des Bartolone et des Emmanuelli, qui ont choisi le dogmatisme comme prêt-à-penser. Il faut donc ouvrir le jeu et créer si nécessaire un nouveau mouvement de la gauche dynamique. C'est une martingale complexe à élaborer, mais il faut la trouver.
Ségolène Royal sera-t-elle la femme capable de rassembler ceux qui veulent du changement, de l'enrichissement du plus grand nombre, dans la dignité, le respect des autres et la protection des plus faibles ? Je l'espère et pour l'instant ne vois qu'elle pour représenter cette quatrième voie.
Publié par Anthropia à 14:31:33 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis quelques temps, Nicolas Sarkozy voudrait nous faire croire qu'il a trouvé la panacée universelle, l'ouverture. S'asseyant allègrement sur toutes les promesses faites à ses amis, il pratique, dit-il, la politique de la main tendue vers ses ennemis d'hier.
Dans un paysage politique, le seul jeu de négociation qui vaille, c'est-à-dire qui prenne en compte la réalité du terrain, est l'alliance avec les partis. On fait un gouvernement d'union nationale pour la sainte cause du bien public. Comme en Allemagne, par exemple.
Mais Nicolas Sarkozy a décidé de choisir une autre voie. La voie de la dé-liaison partisane, qui méconnaît l'appartenance à un groupe et qui réifie l'individu. Ce que veut Nicolas Sarkozy, c'est la fin des partis politiques. Dans un contexte, où ceux-ci sont incertains de leurs valeurs, s'interrogent sur leur repositionnement, il les ignore pour les anéantir.
Et pour cela il pratique l'inféodation, il demande aux individus de prêter allégeance sur la base d'un acte de foi simple, la liberté de pensée, de parole et d'action, comme s'ils n'avaient pas d'appartenance, et comme s'ils pouvaient le croire. Et il s'en trouve pour accepter. Il faut comprendre que le monde politique ne vit que de goût du pouvoir et de vanité. Qui disait que celui qui ne peut pas faire devient enseignant, celui qui ne peut pas enseigner devient politicien ? Le comble ces jours-ci consistant à rompre avec son camp pour quelques piastres.
Sarkozy initie un nouveau modèle libéral : le modèle libéral-familial. Tout pour soi et sa famille, le travail collectif ne servant qu'à assurer l'ascension, on est en cordée, quand on est au sommet, on retire l'échelle. Voir la pratique de Sarkozy à l'UMP, qui fait disparaître la première marche du podium, pour que personne n'ait l'idée d'y accéder à la place du Président... de la République. Pourquoi les hommes jouent-ils le jeu ? Par individualisme et vénalité.
Ce modèle de l'égotisme comme forme sociale a été amorcé par l'injonction à l'infinitif « travailler plus pour gagner plus ». Ce n'était pas un projet de société, « travaillONS plus pour... », mais bien un objectif individuel. De même, « ensemble, c'est possible », ne renvoyait qu'à la nécessité de voter dans le même sens pour que tout le reste devienne possible, à savoir « l'égoïsme au pouvoir ». « Tous, tous seuls », comme disent les manifs anti-droites'.
Mais on aurait tort de vouloir comparer ce système au fonctionnement américain. Si son attitude semble se rattacher à l'idéologie du capitalisme, l'individualisme n'est-il pas au cœur du libéralisme ?, au Royaume US, le rêve américain conjugue dollar, religion et melting pot, individualité, communauté et migration, c'est ce mélange qui est supposé structurer la société.
Avec Sarkozy, on rompt le lien à tous les étages, on génère l'opposition à l'intérieure d'une même classe sociale, entre ouvriers et rmistes, au sein d'une même classe politique, entre socialistes, entre UMPistes, entre Verts, entre centristes, au sein d'une même nation, les Français de souche et les migrants menaçants.
Regardez-le bien, il ne recourt au groupe, qu'à titre symbolique, que pour se protéger, dans un grand sens de l'anti-langage, puisque le ciment qui fait masse est précisément ce « chacun pour soi », qui nous met à portée de gueule du loup qui nous isole.
La difficulté à lutter contre un tel modèle, c'est que cela implique un sursaut collectif, à l'ère où s'imposent les modèles personnels et l'isolement social renforcé par cette politique, que cela nécessite une rapidité de réaction face à celui qui, doté de tous les pouvoirs sans les lourdeurs des appareils à sa botte, mène une guerre de mouvement à la hauteur de son syndrome d'hyperactif.
Combien faudra-t-il de temps au peuple pour trouver le paratonnerre, qui nous mettra à l'abri de cet éclair, plus dangereux que la grue de la fable, et pour renvoyer par un jeu de miroir l'éclair à l'éclair pour qu'il s'autodétruise.
Publié par Anthropia à 10:32:42 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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