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Rendez-vous à Anchorage.
Prenez la route de Seward pour atteindre le village du saumon d'argent. Vous conduisez le long du Golfe d'Alaska, à l'ouest de Cook's Arm.
Vous n'êtes pas seule.
A Portage, de part et d'autre du highway, vous contemplez à perte de vue un paysage de lune. Le résultat d'un reflux.
Celui d'un tsunami, un raz-de-marée qui s'est produit lors du tremblement de terre de 1964 et qui, lorsque l'eau de mer s'est retirée, a laissé un glacis d'arbres noirs, givrés par le sel de mer. Imaginez sur plusieurs dizaines de kilomètres une forêt de troncs d'arbres et de branches exsangues comme ces violettes de cristal, prises dans le sucre, cristallisées pour l'éternité.
Vous hésitez à nommer ce que vous voyez. Vous demandez à votre navigateur. Il vous dit juste ce que je viens d'écrire. Tsunami, des vagues de 5 mètres. Et vous voyez juste ce que je viens de décrire. Des gisants d'arbres couleur de bachélite. Devant un tel paysage, perplexe, que peut-on devenir, géologue, climatologue, océanologue, analyste du chaos, théoricien des catastrophes ? Peut-être juste poète.
Mais vous n'êtes pas poète. Vous n'êtres rien. Votre histoire ne vous a pas appris que la vérité git dans l'esthétique. Vous croyez toujours qu'il y va des faits et, sous les faits, la justice et qu'il vous faudra traquer, trouver une piste et la suivre. Vous y tenir, surtout, ne pas lâcher.
Une scène vient. Qui n'a pas existé, mais qui est vraie. Quoi, un faux souvenir, une fiction ? Alors c'est ça la poésie, un paysage suscité, plus vrai que si vous y étiez ?
Publié par Anthropia à 12:04:34 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Giuseppe Penone
Pelle di marmo e spine d'acacia (Albina)
2002
Courtesy Galerie Mariann Goodmann
FIAC 2008
Crédit Photo Anthropia
Je ne sais comment vous goûtez le déferlement médiatique
de la grosse caisse présidentielle,
on espère en France 3, mais on n'y coupe pas,
on tente d'échapper à TF1, c'est France 2 qui nous fait l'article,
et les petites chaînes de la TNT s'en donnent à qui-mieux-mieux,
on voudrait échapper avec C dans l'air on retombe sur Ce soir ou Jamais,
enfin j'exagère,
mais qui n'aura pas vu presque l'intégralité du discours de Sarko,
ainsi que Fillon et tous les généraux, ministres et umpistes,
que celui qui a vu longuement sur un plateau Aubry ou Ségo,
me le dise, car moi je n'ai jamais vu une telle campagne de com'
jouée par TOUS LEMEDIAS comme un bon petit orchestre élyséen.
Et je me demande si Sausez n'a pas encore mieux que ce dont il rêvait,
mille médias tous pourris, tous à la solde, tous en révérence,
tous couchés, tous la bouche en coeur, tous flatteurs, tous baratineurs.
Et je suis ABSOLUMENT ECOEUREE.
Publié par Anthropia à 09:56:19 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Ceal Floyer
Ciel avec nuages
Cumulus (détail)
2008
FIAC 2008
Courtesy Esther Schipper Galerie, Berlin
Crédit photo Anthropia
L'autre jour au supermarché du coin,
je fais remarquer à la caisse que le Shampoing Elsève de L'Oréal à 4,15 euros,
soit plus de 26 francs, c'est un peu cher pour un petit flacon,
qu'il a augmenté de 20% en un an,
à ce moment-là, tous les gens de la caisse
se sont mis à s'énerver en me soutenant,
et j'ai senti physiquement une ambiance pré-révolutionnaire
s'installer dans le magasin,
moi j'avais juste fait une remarque et le patron avait dit
que ce n'est pas lui qui fixait les prix.
Et je me dis que les cumulus sont au-dessus de nos têtes,
que les commerçants feraient bien de revoir leurs marges,
que les élus feraient mieux de voter de vraies mesures d'aide,
car au lieu de donner des milliards aux entreprises,
qui vont d'abord les redistribuer aux actionnaires,
ce même argent donné aux consommateurs serait plus utile.
Mais il est vrai que Sarkozy ne lit pas les études d'économistes,
ne lit pas les rapports d'évaluation de ses mesures, heures sup, etc.
Sarkozy croit qu'en ouvrant les magasins le dimanche,
les gens vont davantage acheter et que cela va relancer la croissance.
Mais il est où Sarkozy ? Ne sait-il pas que depuis plus de dix ans,
la croissance est en chute libre et qu'on est arrivé à 0 ?
Il faudrait peut-être qu'il apprenne à lire et qu'il comprenne
que la croissance à la papa, c'est fini, que nos modèles doivent changer,
que ce n'est pas en vendant un superréacteur nucléaire et deux Airbus,
qu'on va dopper la vie économique française.
Les modèles de Sarkozy sont dépassés, en matière de politique,
en matière de démocratie, en matière économique.
Et malheureusement c'est lui que nous avons jusqu'en 2012,
pour nous enfoncer encore davantage.
Publié par Anthropia à 13:12:27 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
Frères Chapmann
Courtesy The White Cube, London
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Etrange sentiment, toutes ces réactions autour de l'affaire Vittorio de Filippis.
Nier les faits, de la part des ministres,
c'est manquer de vision,
c'est s'accrocher à une procédure qui de toute évidence est dépassée,
qui de toute évidence est abusivement appliquée,
petits pouvoirs des policiers, petits pouvoirs des juges.
Mais toutes ces réactions me semblent à la hauteur
du soulèvement de coeur que j'ai éprouvé à lire l'interpellation.
Le corps nu de Filippis, c'est le mien,
deux fois déshabillé, deux fois devant tousser,
image obscène du pouvoir sur l'annal,
vos sphinctères leur appartiennent,
le coton-tige pour l'adn, la fouille au corps,
quel étrange métier que celui de policier.
Et je me dis que Filippis, c'est nous,
qu'il nous révèle que le sarkozysme, ce prétendu champion des victimes,
est en train de les multiplier par ses outrances,
faire de nous tous des victimes, ce n'était pas dans la promesse de campagne,
mais de plus en plus, nous sommes amenés à voir
ce qui se trame sur le vaisseau-amiral,
sur le pont, l'homme en uniforme blanc, qui parade,
dans les soutes, des hommes qui font le sale boulot,
en douce, en violence, en se payant sur le cul,
parce qu'au moins là, y a de la jouïssance, "tous des racailles",
Sarkozy se ferait doubler par l'étrange salaire de la peur infligée,
ses bourreaux se vengeraient du sale destin,
qui leur est fait par le maître qu'ils se sont donnés.
Et même Sarkozy prend peur, il dit qu'il faut revoir les procédures,
il doit les tenir, ses exécutants des basses oeuvres,
si jamais les victimes se retournaient tout à coup
pour mordre la main qui caressait mais qui s'est mise à faire mal.
Publié par Anthropia à 11:22:23 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
FIAC 2008
Courtesy Galerie Laurent Gaudin (?)
Crédit photo Anthropia
Lundi 24
La finale des dames se transforme en pugilat pour médias en folie.
On compte, on recompte, mais ça ne sert à rien.
Comme dirait l'autre, Aubry est élue Secrétaire de la Floride.
Arrivée de nuit à Toulon, sa gare, ses palmiers, sa placette, sa statue,
la plus belle sortie de gare depuis longtemps.
Mardi 25
Heurts, malheurs, bonheurs, les animations de réunions ressemblent
de plus en plus aux montagnes russes,
les gens sont inquiets, se battent, se débattent
la tension palpable des ambiances de bureaux.
Nouveau ça, depuis quelques années la lutte des classes est repartie.
Mercredi 26
Ai présenté mon rapport d'audit de développement.
Les représentants du personnel ont dit :
il faut stabiliser l'organisation.
La direction a dit :
il faut stabiliser l'organisation.
J'étais en stéréo, qui a dit qu'on ne peut pas faire
du gagnant-gagnant en France ?
La dinde a gagné, la dinde a perdu,
mais qui est donc le dindon de la farce du PS ?
On n'en sait plus rien à cette heure de cet instant.
Mais le coup du vote à mains levées du Conseil national
est une sortie en beauté du PolitHollande, enfoiré de première.
Jeudi 27
Chez Joe Allen (un restaurant américain à Paris pour les ceux qui savent pas).
Happy thanks giving.
Roast turkey with apple and walnut stuffing, candied yams,
green beans and cranberry sauce with orange and kirsch
and Pumpkin pie with bourbon sabayon.
C'est pas toujours bon chez Joe Allen,
mais là Graham s'est surpassé.
C'est là que j'apprends que
Thalassa présente une version édulcorée et officielle de l'affaire MC Ruby.
Et pour tout dire les psys et les anthropos sont effondrés.
Ont peur pour la vie du second, qu'il se fasse trucider dans la prison
après le docu vu à la télé.
Vendredi 28
Tous ces jeunes à qui on offre des joujous de luxe,
à Bombay, en RDC et ailleurs.
Ces adultes du lobby militaro-industriel qui font du business
et Lagardère qui communique sur son groupe
en occultant ses usines d'armement.
On aimerait qu'il nous dise combien ça lui rapporte ce secteur,
sans compter EADS.
Notre fils appelle. Il se tâte pour un Erasmus à Londres,
bienheureux enfants des pays occidentaux.
Samedi 29
Repos de la guerrière, bien mérité.
Publié par Anthropia à 10:12:42 dans Débris de semaine | Commentaires (0) | Permaliens
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