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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

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    Le dernier musée de Pei | 15 janvier 2009

     

     

    Merci à la Tribune de l'Art pour cette photo du dernier musée à Doha 

    de l'architecte, Pei, celui de la Pyramide du Louvre.

    L'ombre sur la surface de l'eau

    donne à ce bâtiment sa part d'ombre,

    désordre dans l'ordre complexe de cette quête épurée

    de l'architecture islamique.

     

     

     

     

     

     

    http://www.latribunedelart.com/Nouvelles_breves/Breves_2008/05_08/Musee_Qatar.htm

    Publié par Anthropia à 11:43:57 dans Architecture | Commentaires (0) |

    Thirtsa Ullman, capter l'insistant | 14 janvier 2009

    Autoportrait (détail)

    Thirtsa Ullman

    Crédit photo Anthropia 

     

     

    "La réalité est ce qui ne disparait pas

    quand on a cessé d'y croire".

    Philipp K. Dick

    cité par Chloé Delaume

    in Dans ma maison sous terre

    (dont je parlerai bientôt).

     

    J'aime cette image de la réalité têtue,

    de ce reste après division,

    de ce plus petit commun dénominateur

    dans la négociation entre soi et soi.

    Peut-on ensemble se mettre d'accord,

    sur ce que nous appelons la réalité ?

    Oui, à condition de sortir de nos croyances.

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 13:09:25 dans Art contemporain | Commentaires (2) |

    Coeur noir, larmes rouges | 12 janvier 2009

    Jean-Michel Othoniel

    Black Heart Red Tears

    Galerie Emmanuel Perrotin

    FIAC 2008

     

    Daniel Simon ne reviendra pas du sommeil profond,

    il n'écrira plus à l'arraché.

    A cessé de battre, le coeur noir.

    Larmes rouges.

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 22:54:05 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    La crise par une nulle | 10 janvier 2009

    Dubossarsky Vinogradov

    Japanese beauties under the water 2005

    Galerie Krinzinger Vienne

    Crédit photo Anthropia

     

     

    Depuis que je tente de comprendre la crise économique, je suis comme tout le monde, je pédale.

    Comme vous, je sais qu'elle est complexe et je vais tenter de mettre bouts à bouts ce que je crois avoir saisi. Par habitude liée à mon métier, face à la complexité, je sais qu'il faut sérier les difficultés, réduire en éléments simples les nœuds,qui, dans l'économie mondiale, par problèmes successifs, se sont agglutinés jusqu'à composer une pelote de laine inextricable. 



    D'un côté, c'est la crise financière, les subprimes, les crédits hypothécaires accordés à des dossiers peu solides sur fond de crise immobilière qui voit bientôt la valeur des biens ne pas couvrir l'hypothèque, bon ça c'est le petit bout de la lorgnette, aux USA. Très vite, les banquiers voyant le risque passent à la titrisation (on mélange les bons placements et des bouts de prêts hypothécaires pourris), qu'on revend à l'étranger, ça c'est l'exportation de la crise. 

     

    Parallèlement et on peut remonter aux années soixante (Brettenwoods), on constate l'abandon d'une indexation des taux de changes sur l'or par Nixon, dans un contexte du dollar roi. Mais du coup les taux flottent, comment prévoir ? On invente les produits dérivés, on crée des modèles mathématiques, on spécule sur les chances de perte ou de gain vis-à-vis des taux de changes d'abord, on parie sur des tendances, on finit pas spéculer sur l'évolution des produits pétroliers, puis agricoles, jusqu'aux émeutes contre la faim africaines récentes.




    Tout ça est fondé sur (ou génère) un découplage accéléré entre l'économie réelle et l'économie financière, rapport passé de 1 dollar économie réelle pour 1 dollar 50 ingéniérie financière, à 1 dollar économie réelle pour 10 dollars générés en finance aujourd'hui. Rendu possible par la stratégie des actionnaires de se liguer pour faire pression dans les conseils d'administration et obtenir des taux de 8 à 15% de rentabilité de leurs actions, sans lien avec la valeur ajoutée réelle de l'activité. Pour obtenir une totale soumission au conseil d'administration, on a désolidarisé le patron de son entreprise, par l'indexation de sa rémunération sur le taux de profit de l'entreprise, cf. notamment les parachutes dorés. Les entreprises se sont alors mises à externaliser, à faire fabriquer des produits à meilleure marge, à réorganiser à la sauvage pour trouver des poches de rentabilité, à supprimer les activités non rentables à ce taux-là, à augmenter la productivité à tout-va, en pressurisant le personnel. Tout ça pour que la ligne "bénéfices" augmente. 

     

    De son côté le salariat est coincé, dans un contexte de fragilisation de l'emploi, des formations peu adaptées,une pénurie des bons emplois est organisée pour plier les salariés et réduire les acquis syndicaux. En France, la mondialisation n'explique que 10% du chômage, les réorganisations à tout-va ont conduit sans doute à un taux important de "non-employabilité" (ne maitrisent pas l'informatique, ne savent pas lire) de certaines populations, le reste, c'est du manque de travail, donc de la non-croissance, qu'on constate dans toutes les économies occidentales. 

     



    Dans la non-croissance, la léthargie du marché commercial pose à nouveau plein de petites questions. Par exemple, une partie des croissances des pays occidentaux est fondée sur une conception erronée du Pib, on y compte par exemple l'augmentation du coût administratif de la santé, sans valeur ajoutée d'activité ou d'emploi,mais qui est liée à la rémunération des actionnaires des grosses mutuelles privées,passée de 14 à 17% du Pib aux USA. La privatisation des services, qui coûtent plus cher en gestion privée qu'en gestion publique, non parce qu'on recruterait plus de professionnels, mais juste parce qu'il faut bien payer les bénéfices. Un exemple les prisons sont un élément constitutif de la croissance aux USA, les prisons sont pleines de chômeurs sans emploi, est-ce un mieux pour une société ? Non mais pour les actionnaires privés, oui. 

     

    On a donc des augmentations de Pib fondées non sur une valeur ajoutée, non sur une croissance de l'activité réelle, non sur une consommation dynamique de salariés bien payés, mais sur une consommation des Etats financée sur les impôts des citoyens, ou sur une consommation artificiellement augmentée par la hausse des coûts du logement, de la santé, de l'alimentation, de l'éducation.Un tour de passe-passe qui profite aux actionnaires. 

     

    On a abandonné les salariés, En France, 11% des Pib en salaires est passé en rémunération d'actionnaires, qui ne profite pas au pays qui en fait le sacrifice, la richesse d'un pays fuit ailleurs. L'argent produit ici circule et profite à d'autres,on a découplé les lieux de dépense et les lieux de profit, les lieux d'activité et les lieux de rentabilité. A titre d'exemple, les grandes multinationales prélèvent des droits corporate de pure forme sur les économies de leurs filiales qu'elles rapatrient pour leurs actionnaires dans le pays d'origine.

     

    Le plus grand nombre, s'il ne meurt pas de faim, ne se voit plus capable de couvrir ses dépenses et 5% des populations s'enrichissent sur le dos des autres. 

     

    Voici ce que j'ai trouvé, comme non-sens qui expliqueraient la crise, je suppose que vous pouvez m'aider à en trouver d'autres, La question se pose de savoir comment traiter ce MEGA-PROBLEMEà l'échelle du monde ? Dans quel ordre s'y prendre ? En ne comptant ni sur l'honnêteté des banques ou d'actionnaires, qui veulent poursuivre leur course aux profits, ni sur le courage de gouvernants à genoux, ni sur des populations qui veulent conserver leurs avantages et leurs modes de consommation. 

     

    On comprend bien confusément qu'une fois nos pays occidentaux bien dotés, on ne peut plus compter sur une croissance à deux chiffres, le simple renouvellement de nos équipements ne le permet pas, D'ailleurs on le constate en France, la courbe des croissances baisse sans discontinuer depuis vingt ans. La vraie croissance, celle de nos trente glorieuses, ne peut donc venir que des pays qui s'équipent nouvellement.  Dans les bulles qui ont tenté de relancé artificiellement la croissance, outre l'informatique et l'immobilier, on a inventé le développement durable qui est un stratagème, pour relancer la consommation par de nouveaux investissements de sécurité écologique. Oui bien sûr, il nous faut des économiseurs d'énergie, mais si nos salariés n'ont pas l'argent pour payer cette croissance, si la valeur ajoutée de l'économie réelle est confisquée par les actionnaires, cette croissance n'aura pas lieu, parce que nous n'aurons pas les moyens de nous acheter la chaudière thermique ou le capteur solaire. 

     

    Ce que nous voyons, c'est que nous devons réfléchir globalement,en prenant en compte les problèmes du monde, penser à ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté aujourd'hui, les doter d'un minimum alimentation,santé, éducation, bien-être, droits de la femme. Nous devons songer aussi à protéger nos avantages essentiels d'occidentaux, parce que nous priver de tout, transformer nos villes en poubelles, ne serait pas non plus une solution, nous devons raisonner en termes de croissance forte, mais intégrant le développement durable sur les zones en développement, et de croissance nulle ou faible chez nous, mais recomposée de manière originale.

     

    Et pour cela réfléchir sans revenir aux antiennes, le protectionnisme tous azimuts,le nationalisme idiot, ou le retour à l'étalon-or, et en ne vouant pas aux gémonies l'économie virtuelle. Nous devons regarder ce qui a une valeur ajoutée réelle, à long terme, sans préjugés, par exemple ne pas jeter les fonds de pension avec l'eau du bain, car ils financent les retraites de nos têtes blanches.

     

    Et pour commencer remettre du sens et du politique dans tout ça, j'avoue que pour moi c'est ça qui est le plus compliqué, parce que nos politiques n'ont pas le niveau.

     

    Mis à jour le 15 janvier 2009

    Sur France Culture, Autres regards sur la crise, Paul Virilio rappelle que la crise est systémique notamment pour cause d'hyperconnexion des ordinateurs banquaires, de la rapidité des échanges internationaux, dûe à une généralisation de l'hypervitesse. La réalité accélérée ne marche pas, dit-il, la crise se redouble ; c'est l'accident intégral, un accident qui entraine des accidents, dans un système de propagation généralisé. Face à cela, il insiste sur la notion de rythme à introduire pour faire face à cette notion de flux tendu, stock zéro. L'homme sortirait de l'espace et le temps, il ne serait plus même dans le présent, il est inscrit dans l'instantanéité. Qui n'est pas gérable à long terme. C'est le tempo du progrès qui fait sauter le système, en commençant par le plus stable, l'immobilier. C'est la fin de la géographie, si le monde est trop petit pour le profit instantané, il faut retrouver une chronopolitique, avec une économie politique de la vitesse. il faut retrouver un tempo, un rythme. Cela doit déboucher sur une nouvelle façon de faire de la politique. Pour moi, dit-il, cette crise est un crash-test de l'économie et de la culture. il souhaite donc observer ce crash-test, dans une université du désastre, c'est à dire une université. d'une certaine façon, on vient de rentrer dans le mur du temps, quand on est entré dans un mur, il faut reculer, utiliser le crash pour en tirer des conséquences. C'est tout récent, on est dans la révolution des transmissions instantanées. il n'y a pas d'exempe précédent. On a ruiné le système au sens des distances et des proportions. C'est un drame tout à fait nouveau et sans référence. Et ce n'est pas le délire des exoplanètes qui va résoudre, l'idée que la terre est trop petite. il nous faut dominer la domination technologique.

    inventer face à la grande peur, la peur écologique, une nouvelle université, comme l'université de Bologne face à la peur millénariste. Notre nouvelle université, dit-il, doit être celle du désastre, celle de l'analyse du crash-test.

     

    Mis à jour le 19 janvier

    Lire ici Joseph Stiglitz dans Le Monde

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 13:06:33 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (5) |

    Débris de semaine 11 : La réalité ? | 10 janvier 2009

    Paul Thek

    Serie de reliquaires technologiques

    Crédit photo Anthropia

     

    Lundi

    Un patron qui ne sait pas combien son service produit,

    dans quelles villes il le fait,

    avec combien de personnes,

    et combien de coûts induits par la planification,

    s'étonne d'être dans le brouillard. Moi pas.

     

    Mardi

    Dix entreprises clientes viennent de m'annoncer qu'elles licencient

    environ 10% de leur personnel, perte de chiffre d'affaires 30%,

    elles sont dans l'immobilier, soit les clients n'achètent plus,

    soit ils veulent acheter mais les banques ne prêtent plus.

    Surprise : une des entreprises ne licencie pas.

    Le patron a fait une réunion avec son équipe

    pour réduire tous les postes coûteux,

    sauf ceux de personnel,

    "on va se serrer la ceinture, mais ensemble, tant qu'on peut".

     

    Mercredi

    Un ami d'un grand groupe américain m'annonce qu'il va être licencié

    de son poste de responsable de la comptabilité,

    pour cause d'externalisation en Inde, tout le service est viré,

    cela faisait deux ans qu'il formait les Indiens,

    maintenant les Indiens vont faire sans eux,

    il n'est pas amer, il voit ça comme une opportunité,

    au passage il rappelle qu'il leur a économisé 5 millions d'euros

    lors du dernier contrôle fiscal,

    je me demande si les Indiens en feront autant si cela se reproduit ?

    Il va prendre un avocat, c'est plus sûr.

     

    Jeudi

    A propos du petit Illyès,

    le responsable de l'AP-HP rappelle

    que ce n'étaIt pas un problème de personnel,

    le service pédiatrique avait deux médecins,

    quatre internes, huit infirmières, que sais-je ?,

    non c'était un problème de livraison,

    le journaliste ne demande pas si l'équipe

    chargée de la logistique des médicaments,

    n'a pas été réduite,

    parce que le journaliste ne creuse pas ses sujets,

    ou qu'il n'y connait rien à l'organisation.

    Moi qui ai fait du conseil dans les hôpitaux,

    je sais qu'on ne peut pas réduire le nombre de professionnels

    en face à face patients,

    cela fait partie des exigences des accréditations,

    mais rien n'empêche d'en supprimer dans le back-office,

    en pharmacie centrale, dans les supplies chains,

    et voilà comment les journalistes

    se font avoir avec leurs questions à deux balles.

     

    Vendredi

    Esther Duflo dit que les grands économistes spécialistes

    ne comprennent rien à la crise.

     

     

    Publié par Anthropia à 11:26:03 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

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