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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

    Wikio

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    La photo narrative | 05 mars 2009

    AFP/Arif Ali

    A Lahore, Pakistan

    L'attaque de l'équipe de cricket du Sri Lanka

     

     

    Cette photo m'a mise en arrêt,

    elle nous met en position de victime,

    intérieur bus,

    le photographe s'est installé,

    derrière la vitre transpercée de balles.

    Récit par l'image, dans l'après-coup de l'événement,

    on perçoit l'émotion par l'attroupement devant le bus.

    En raccourci, le photographe se met et nous met

    à la place du mort,

    force de l'évocation, j'ai reçu le shoot en plein coeur,

    impact.

     

    Sur le pare-brise, on a au choix le sticker d'un policier

    ou celui d'un joueur de cricket,

    véhicule utilitaire, stickers fonctionnels,

    que tient l'homme dans sa main

    une batte ou une mitraillette ?

     

    Mais c'est l'image d'un ange qui m'apparait,

    il aurait failli ou plutôt non,

    il est sombre, un ange déchu, un Lucifer ?

     

    La dépêche de l'agence,

    mort de six policiers et de deux civils,

    une équipe de cricket attaquée,

    ne nous éclaire pas.

    Que faisaient les policiers là s'il s'agit d'eux,

    était-ce l'escorte ou un renfort arrivé plus tard ?

    Est-ce le car des sportifs en déplacement

    dont on voit le pare-brise ?

     

    On reste perplexe.

    Une image qui met en posture interrogative,

    en nous soumettant des scénarii possibles,

    qui suscite l'émotion directe

    est-elle plus juste qu'une photo qui prétendrait

    être neutre ?

     

     

    Publié par Anthropia à 11:48:07 dans Actualité | Commentaires (1) |

    Entre le singe et le hasard | 03 mars 2009

    Mathieu Mercier

    Homonculus, 2007

    Crédit photo Anthropia

     

     

      

    L'homme ne descend pas du singe.

    L'homme a des ancêtres communs avec le singe.

     

    Si vous ne savez pas qu'Erasme est le frère de Darwin

    si vous ne savez pas

    que Darwin préférait le mot "préservation naturelle"

    au terme de "sélection",

    Si vous n'y comprenez plus rien à ces histoires d'évolution,

    et que vous vous méfiez de "l'intelligent design",

    cette théorie des born again christian américains,

     

    si vous voulez mieux comprendre Darwin et sa théorie,

    Ecoutez cette émission passionnante du 8 février

    de Ruth Scheps et ses invités,

    dans Espace 2, Sonar, Darwin, sur Radio Suisse Romande.

     

    Encore audible quelques jours.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 13:46:51 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (4) |

    Ma théorie sur la Princesse | 02 mars 2009

    Rodney Graham

    Main street tree

     

    L'autre soir, j'écoutais Princesse,

    infirmière guadeloupéenne,

    raconter ses pérégrinations dans les hauteurs de l'ile,

    pour trouver de la morue

    à rapporter à un vieil homme handicapé,

    elle était belle, Princesse,

    dans sa voiture blanche customisée.

    Elle m'a fait penser à une autre princesse,

    La Princesse de Clèves, celle qui n'est pas chère à Sarkozy.

     

    On croit souvent que l'intrigue du premier de tous les romans,

    porte sur la vertu d'une femme,

    qui se sentant coupable d'avoir trahi par la pensée son mari,

    se croit la cause de sa mort et renonce à l'amour.

    Ma théorie, sur la Princesse de Clèves,

    porte sur un interdit d'adultère,

    imposé par la mère à la fille,

    pour éviter la répétition d'un drame qu'elle a vécu jeune fille,

    le jour où elle perdit les deux hommes de sa vie,

    son mari et son amant, si bien qu'elle prétendit

    porter le deuil de l'un en pleurant l'autre.

    C'est dit quelque part entre les lignes, à vous de trouver.

    La Princesse est donc l'objet d'une transmission transgénérationnelle

    et d'un phénomène de répétition, qui lui fait rejouer l'histoire de sa mère,

    et cet interdit perdure dans la mémoire collective,

    comme un secret qui résiste au temps.

    En attendant, voir un peuple se mettre à lire devant le Panthéon

    un texte vieux de 400 ans a quelque chose au choix de totalement givré,

    ou de sublimement audacieux. Je penche pour la seconde hypothèse.

     

     

    Publié par Anthropia à 14:09:33 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    The best of all of us | 01 mars 2009

    Crédit photo Anthropia

     

     

    Souvenir d'enfance.

    Je m'introduis subrepticement dans la chambre de mon frère,

    je fouillotte dans ses affaires,

    les fanzines, les photos pornos.

    Puis j'avise son stock de musique en boite.

    Je lui pique une K7 audio, je lis les gribouillis dessus,

    il écrit comme un cochon mon frère,

    je ne parviens pas à lire le nom du chanteur sur la K7,

    je sors de la chambre la K7 cachée dans mon pyjama.

    (oui les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre,

    le plaisir de la K7 volée,

    c'était avant le téléchargement peer to peer).

    Arrivée dans ma chambre, j'introduis la boite dans mon magnétophone.

    Et là, c'est l'électrochoc, l'oeil alerte, l'oreille conquise,

    l'envie de tout comprendre des paroles,

    c'est Otis Redding, le meilleur d'entre tous.

     

    (SITTIN' ON) THE DOCK OF THE BAY
    - written by Otis Redding and Steve Cropper
    - lyrics as recorded by Otis Redding December 7, 1967, just three
    days before his death in a plane crash outside Madison, Wisconsin
    - #1 for 4 weeks in 1968

    Sittin' in the mornin' sun
    I'll be sittin' when the evenin' come
    Watching the ships roll in
    And then I watch 'em roll away again, yeah

    I'm sittin' on the dock of the bay
    Watching the tide roll away
    Ooo, I'm just sittin' on the dock of the bay
    Wastin' time

    I left my home in Georgia
    Headed for the 'Frisco bay
    'Cause I've had nothing to live for
    And look like nothin's gonna come my way

    So I'm just gonna sit on the dock of the bay
    Watching the tide roll away
    Ooo, I'm sittin' on the dock of the bay
    Wastin' time

    Look like nothing's gonna change
    Everything still remains the same
    I can't do what ten people tell me to do
    So I guess I'll remain the same, yes

    Sittin' here resting my bones
    And this loneliness won't leave me alone
    It's two thousand miles I roamed
    Just to make this dock my home

    Now, I'm just gonna sit at the dock of the bay
    Watching the tide roll away
    Oooo-wee, sittin' on the dock of the bay
    Wastin' time

    (whistle)

     

     

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 12:10:31 dans Ecoutez Otis Redding | Commentaires (8) |

    L'affaire des Galettes de terre | 27 février 2009

    Le déjeuner sur l'herbe (détail)

    Florence Reymond

    Crédit Photo Anthropia

     

    Lyon, le 23 février 2009

    Je monte dans un taxi.

    Au rétroviseur, un de ces CD de décoration,

    sur lequel est imprimé en rose et vert le contour d'une ile

    dont je ne reconnais pas la forme,

    heureusement, sur l'autre face en rose pâle,

    le mot Haiti.

    Haiti, les Tontons Macoutes,

    la pauvreté,

    les sols partis avec les ouragans,

    et sur les marchés, comble de la régression,

    passé récemment dans le Zapping de Canal,

    "les galettes de terre",

    dernier nutriment pour faire face au starving.

    Le chauffeur, plutôt heureux de notre conversation jusque là,

    se met en colère.

     

    Haitien, il a une expertise, oui la situation politique,

    oui l'exil pour cause de délit d'opinion,

    oui les ouragans, oui la pauvreté,

    mais les "galettes de terre", c'en est trop,

    c'est de la conspiration, de la manipulation d'opinion,

    car les "galettes de terre", Madame,

    c'est une Délikatessen d'Haiti,

    les femmes riches s'en font quérir à l'étale,

    les femmes enceintes s'en délectent comme d'une envie de fraise,

    la "galette de terre" est un gisement de sels minéraux,

    une spécialité locale, qu'on a toujours mangé,

    alors la filmer comme si c'était la métaphore de la pauvreté,

    c'est péché.

     

    Je quitte le taxi perplexe,

    pourquoi la "galette de terre" dans les médias ?

    Y en a-t-il davantage que jadis,

    quand le taximan courait dans les allées de toiles ?

    Ou les remarque-t-on aujourd'hui

    pour illustrer d'un symbole le retour à l'état sauvage

    des habitants de l'ile ?

    Ce qu'on veut faire accroire.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 09:20:57 dans Actualité | Commentaires (0) |

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