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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Daily motion

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    Etat de siège | 01 avril 2009

    L'homme aux jonquilles

    Crédit photo Anthropia


    De retour de Strasbourg,

    je quitte une ville en état de siège,

    dont même les autoroutes ferment

    durant deux jours,

    pour arriver à la gare de l'est,

    face à deux hommes en treillis

    portant mitraillettes au poing,

    et je me sens tout à coup

    dans une république bananière sur le qui-vive,

    alerte rouge, sursécurisation,

    et je me demande si c'est ça le monde de Sarkozy,

    une démocratie militaire.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 10:55:00 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) |

    Des tentes au bord de la rivière | 31 mars 2009

    Crédit photo Randall Benton (détail)

    Sacramento Bee (ici)

     

     

    Le bord de la rivière de Sacramento

    sert de baromètre aux habitants de la ville.

    Lors de la guerre du golfe,

    les enfants venaient y installer d'étranges armées US,

    entassements de galets faisant soldats de pierre.

    Depuis peu, ce ne sont plus les enfants qui viennent

    sur les river banks de la sacramento river.

    Ce sont les adultes pauvres, les chassés des subprimes,

    qui viennent sous l'oeil des médias du monde entier,

    ici la TV australienne, camper leur pauvreté californienne.

    De mémoire de sacramontain, c'est du jamais vu.

     

     

     

    Publié par Anthropia à 13:19:02 dans Actualité | Commentaires (0) |

    Pour les dimanches jaunes - ça résiste | 29 mars 2009

    Crédit photo Anthropia

     

     

    Etrange fortune de ce mot,

    au sens courant, résister, c'est s'opposer,

    prendre le maquis au risque de la vie.

    Dans son acception psychanalytique,

    c'est monter toutes les barricades

    du moi contre le changement,

    contre la parole qui délivre.

    Noblesse versus arc-boutage,

    dans le printemps, ça se cotoie ;

    Le gel a permis le bourgeon,

    la lumière blanche raconte la rencontre

    d'une giboulée et d'un laurier rose.

    Décristallisation.

     

     

     

     

    Publié par Anthropia à 11:36:09 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) |

    Sur place | 27 mars 2009

    Transitioners : Le Producteur

    Société réaliste (Ferenc Grof et Jean-Baptiste Naudy)

    Cliché Anthropia





    Je ne sais pas pour vous,

    mais j'ai l'impression que la France fait du sur place,

    dans crise, doit se cacher une étymologie du cercle,

    on tourne en rond, on répète ad libitum

    que rien ne va plus,

    et c'est vrai de l'automobile et des sous-traitants,

    de ces bourgs secondaires de région

    que Sarko a mis à genoux, sans tribunal, sans hôpital,

    sans caserne, les commerçants souffrent dans ces coins-là,

    c'est vrai aussi des jeunes au chômage, perte des CDD,

    des boulots d'intérim, hésitation à recruter dans ces conditions.

     

    On fait du surplace parce que Sarko ne sait pas

    nous offrir des perspectives,

    sa vision Nucléaire-Réformes gestionnaires

    et Bouclier fiscal,

    ce n'est pas une perspective, c'est une impasse.

     

    Faisons un rêve : Objectif développement durable,

    obligations faites aux banques aidées de favoriser ces projets-là,

    obligations aux entreprises automobiles de développer ces projets-là,

    relance du bâtiment autour de maisons passives,

    d'immeubles à économies d'énergie,

    formation massive de ces jeunes aux emplois durables,

    un espoir, un vrai, qui irait dans le sens de l'avenir,

    de la lutte contre l'effet de serre,

    mise en demeure des porteurs de stock options,

    bonus et niches fiscales en tous genres

    d'investir dans le secteur solaire, éolien, géothermique, etc.

    Si on mettait la clef de sol de l'écologie à l'entrée

    de cette nouvelle symphonie.

    Ne serions-nous pas tout à coup plus sécures, plus enthousiastes,

    plus certains que c'est le bon chemin ?



    Mais pour ça, il faut un pilote dans l'avion,

    un homme sincère, un homme qui ait envie

    que tous ensembles on s'en sorte,

    et certains ont élu un égo surdimensionné,

    à vision étriquée et tactique narcissique.

    Et c'est pour ça qu'on fait du sur place.

     

     

    Publié par Anthropia à 10:54:35 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

    L'intolérance à la frustration | 25 mars 2009

    Tous clones

    Crédit photo Anthropia

     

     

     

    Une des principales sources de notre stress quotidien émane de notre intolérance à la frustration. Le réel ne saurait nous résister, et quand il le fait, quand la technique fait défaut, quand le TGV une fois de plus ne part pas à l’heure, ou quand cette place de parking convoitée nous échappe à l’instant tant attendu, quand nous découvrons au démarrage d’un séminaire que la rallonge pour l’ordi est restée au bureau, quand ce réel nous met devant le fait accompli de son inaccompli, nous ne résistons plus, le dépit nous saisit, un sourd énervement monte qui ne saurait trouver d’obstacle sur son chemin, les joues nous en rosissent, l’haleine se fait pâteuse, la surface de la peau se met à lente ébullition, crispation, tension, dents serrées et pour certains poings dans le mur.  

     

    Jusqu’à la contre-offensive d’une armée de moines zen, façon soldats du Xi’ang défilant dans l’éternité en mode pétrifié, qui nous soufflent qu’il n’y a rien à attendre de l’intolérance à la frustration et que face à ce symptôme, il n’est qu’un recours, le lâcher prise.

     

    Lâcher prise. Ce mot a l’heur de ne pas être compris d’un grand nombre de nos contemporains. Alors j’explique. Tout d’abord, rendons à Guy Finley ce qui appartient à son augustre livre : le lâcher prise. Nous ne parlons pas ici de tout lâcher, de mollir, de nous laisser abattre par l’adversité dans le mano a mano d’un combat de petits chefs ou cheftaines. Le lâcher prise est un exercice mental : au lieu de s’entêter, on s’arrête, on coupe-circuite, on fait la part des choses à l’aide du principe de réalité. Combat perdu d’avance, perdu pour l’instant, pas perdu pour attendre, un perdu pour un rendu, pas un combat, pas un, pas, aaaaaahhh, les doigts en cercle,.huuuuuuummmmmm. Le lâcher prise, quoi.

     

    L’intolérance à la frustration est la maladie juvénile de l’homme moderne et de la femme aussi, nous poussant souvent au comble du ridicule, femmes au bord de la crise de nerf au comptoir de passage à l’aéroport, hommes traquant les voitures queue-de-poisson sur l’autoroute.  C’est l’intolérance à la frustration qui nous pousse vers le petit whisky du soir, la même qui se cache derrière les fringales de chocolat, la torture des vitres sous le chiffon ou les quatre cent paires de chaussures au-dessus de l’armoire, côté homme je peux ajouter l’achat compulsif de scies circulaires et/ou de cravates, ou encore la collection de produits de soins du visage de nos métro-sexuels. L’intolérance à la frustration fait le lit de nos passages à l’acte, la nuit de nos insomnies et souvent la grosse de nos divorces.

     

    Il ne s’agit pas de se contenter de peu, mais bien davantage de savoir attendre, négocier, résister, espérer. C’est le « pas tout, tout de suite » qu’on prêche à nos enfants et qu’on ne s’applique pas.

     

    Ne pas supporter la frustration, ne pas autoriser que le monde soit imparfait, vient de nos égos contemporains, un brin surdimensionnés, ou de nos « surmoi » envahissants, de nos pulsions de vie qui se sont perdues en route, ont tourné vinaigre parce qu’elles n’avaient pas su trouver les cheminées symboliques, celles de la parole qui apaise, de la pensée qui patiente, du raisonnement qui explique, de la respiration qui soulage.

     

    Que ne dit-on plus souvent que les pulsions sont nées vivantes avant que d’être mortifères, qu’elles ne le deviennent, ça, sales pulsions de nos obsessions morbides, paranoïaques et sado-maso, que faute de prise de conscience, ce lent balayage entre le cerveau reptilien et le néo-cortex ?  

     

    Sinon ? C’est le petit bonheur de quotidien qu’elles fabriquent, du petit moteur d’aéroplane tout vivant qui fait des vœux de nuage dans le ciel.

     

    Mais il faut bien le dire, parfois l’intolérance à la frustration vient de loin, de la maltraitance subie enfant, de l’impossibilité de l’âme quand la haine la dénie, de l’insupportable douleur ressentie et encore et encore qu’on ne saurait revivre, alors tout plutôt que sentir, et je t’intolère et je te dégomme la frustration, je te la met K.O., ligotée, au fond du panier, le cadenas sur le verrou, le panier au fond de l’eau, l’eau au fond du trou, le trou au fond du rien..

     

    A moins que nous ne nous mettions à mettre des mots sur tout ça, à démêler entre le superfétatoire et l’inscription profonde, entre la narcisson vaniteux et la blessure douloureuse, pour ré-apprivoiser les petits ressentis, qui étaient partis depuis longtemps se cacher dans la crypte, pour leur dire, viens, petit, petit, en leur tendant la main, pour qu’ils reviennent nous raconter pourquoi ils se terraient là, tout là-bas.

     

    C’est ainsi que les hommes vivront, reléguant aux oubliettes les pleurs de crocodiles, les cris d’orfraie et les colères d’éléphants.  Intolérance à la frustration ; à ne pas confondre avec gémissement de l’âme.

     

    Publié par Anthropia à 11:00:24 dans Le carré psy | Commentaires (3) |

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