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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Je vide des tubes | 15 mars 2008

CHUGACHUGGACHUGGACHUG (détail)

Thomas Lélu

Galerie Léo Scheer

Acrylique sur toile - 180 x 120 cm

Cliché Anthropia

 

 

 

  

« Je vide des tubes ».

 

Cette petite phrase de Thomas Lélu, artiste-téléshopper, notée en exergue du communiqué de la Galerie Léo Scheer pour sa récente exposition, m'a posé question. Oui, l'artiste vide des tubes sur une toile et il appelle cela peinture. Il prétend s'inscrire résolument dans la post-post-modernité, quand plus rien n'est à dire, même pas la vanité de la vanité, dans le cynisme absolu de ceux qui n'ont pas encore compris qu'il y a de l'art dans l'art contemporain. Les parfaits correspondants des contempo-haineux. Et on pourrait s'arrêter là.

  

Mais c'est cette phrase qui m'arrête, qui me fait tout à coup reconsidérer le monde autour.

  

Parce que Je vide des tubes résonne avec des tas de choses en place. Avec une forme d'épuisement de la pensée, dans lequel les gens insistent. L'UIMM et son vidage de coffres, à quoi on rajoute un parachute doré, Kerviel et ses positions explosées, tous ces gens qui se laissent aller à cette pente du toujours-plus, je vide, je vide, je vide, jusqu'à cette phase de l'obscénité qui n'excite plus aucun corps. Aucune leçon jamais apprise.

  

Le Bling-Bling P est aussi dans le Je vide des tubes, façon je pique des stylos, je collectionne les montres, j'épuise les victimes, je flatte les ouvriers. La phrase à un complément d'objet direct. La politique sans complexité, sans intelligence, sans subtilité.

  

Une perversité, être le tout et faire le rien, qui se moque de l'histoire, de tout ce qui nous réunit aujourd'hui ici, du sens de la vie, du sens même s'il n'y en pas, que nous construisons par nos vies.

  

Mais j'oubliais que derrière les marionnettes qui vident des tubes, derrière les fantoches, il y a toujours des intérêts, des pouvoirs qui sont là pour grignoter davantage de pouvoir.  Quand Je vide des tubes, certains se font entuber et d'autres s'emplissent les poches.










 

Publié par Anthropia à 11:09:31 dans Je vide des tubes | Commentaires (2) |

Make your own papier peint | 13 mars 2008

Matthieu Clainchard

Rassemblement pour Repeindre, 2006 (détail)

21,7 cm x 30,5 cm, photographie numérique encadrée, ed. 3 ex.

 

La Planck/Galerie Léo Scheer : "Rassemblement pour Repeindre"

Cliché Anthropia


 

La Planck est un simple mur, qu'on trouvait jusqu'ici uniquement à la Galerie Air de Paris. Mais La Planck pour le printemps se dédouble à la Galerie Léo Scheer.

 

Animée par Keren Detton, La Planck est un espace expérimental, qui trace son chemin : réflexion sur le conceptuel, traité du dessin en cent expositions, tentative de cerner le réel, la complexité, le contemporain, l'art en ce qu'il est composite, au sens des matériaux composites : le tout-en-un, le ready-made et son contexte, la documentation et sa réalisation, l'archive et sa conséquence, le papier peint et sa gamme. En quelque sorte un art qui s'annoncerait mode d'emploi en main, un résultat et son cheminement en amont et en aval.

 

A la Galerie Léo Scheer, pendant un mois, La Planck donne à voir deux oeuvres de Mathieu Clainchard. Cherchez bien, La Planck se planque, dans les placards, derrière les portes coulissantes.


"Matthieu Clainchard est artiste et commissaire d'exposition, mais on connaît davantage ses activité au sein de collectifs d'artistes, Bad Beuys Entertainement fondé en 2000 et dont les actions visaient à développer de nouvelles formes de sculpture sociale en résonance avec la culture urbaine, et Le Commirssariat fondé en 2006 avec trois autres artistes pour développer une pratique de l'exposition sur un mode plus ouverte et spontané (voir ci-contre Le Syndrome de Broadway").

Ces différentes colaborations ont... renforcé sa position d'observateur critique. Son travail plastique s'appuie sur ce qui est déjà là et privilégie les ready-mades et les assemblages/remix. Il s'intéresse avant tout à la question du contexte et cherche à pointer les dysfonctionnements. Lorsqu'il présente des objets, des images ou des situations, il génère des "fictions réelles". Non pas des histoires en formes, mais des formes produisant des histoires où la question de la subjectivité est sans cesse remise en cause. Le quotidien urbain est son champ d'action. L'artiste met en évidence le jeu des simulacres sur lesquels se fonde l'idée de communauté et d'appartenance (les marques, la télé, le cinéma, Disney...). Sa pratique tend à déjouer les clichés et leur immédiateté en gelant certains moments, en freinant la perception et en poussant la logique dans ses derniers retranchements.


A La Planck/Galerie Léo Scheer, Mathieu Clainchard présente deux photographies. La première est prise juste avant le ravalement d'une façade d'immeuble. Le dégradé des couleurs appliqué sur le mur avant le choix d'une teinte finale exprime une volonté esthétique qui engendre un certain nombre de questions : qui sont les décideurs du goût, quels critères seront appliqués à ce choix, les habitants seront-ils consultés ? La seconde photographie est similaire, elle est simplement décentrée. L'artiste a utilisé la fonction "extrusion" de Photoshop, qui permet de créer des raccords et de penser l'image comme un détail., un motif répétable à l'envie. La mise en avant des couleurs et de la composition donne à ces photographies une qualité picturale qui renvoie aussi bien à la question du sujet en peinture qu'à celle du trucage et de la transformation du paysage en décor."



 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 12:29:05 dans Make your own "papier peint" | Commentaires (0) |

Make your own papier peint | 13 mars 2008

Matthieu Clainchard

RPR extrudé, 2006 (Détail)

22 x 31,5 cm, photographie numérique encadrée, ed. 3 ex.

 

La Planck/Galerie Léo Scheer "Rassemblement pour Repeindre"

Cliché Anthropia

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:58:40 dans Make your own "papier peint" | Commentaires (0) |

La vague libérale | 12 mars 2008

Temple libéral

Cliché Anthropia

 

 

 

Tout augmente. Dans le porte-monnaie, c'est bizarre, mais un retrait courant ne suffit pas à assurer les courses de la semaine, et pourtant je ne change pas de produits, je suis assez stable dans mes achats, comme tout le monde.

 

Et la vague libérale s'annonce, l'acharnement de ce gouvernement à mener coûte que coûte cette politique thatchérienne (serait-ce les affinités de Fillon avec le Royaume de sa très gracieuse Majesté ?) se manifeste de plus en plus. En tout cas, je sens que derrière la marionnette présidentielle, un homme convaincu d'avoir raison est à l'oeuvre. Il veut mettre à terre le système de protection sociale, le régime des retraites, il veut que la France entre dans le club des pays très libéraux.

 

Peu importe l'état des lieux, peu importent les singularités de notre pays, ses différences, il veut nous faire entrer dans le lit de Procuste, quitte à nous couper les pieds et la tête.

 

Jamais je ne m'étais sentie aussi impuissante et je pense que nous le sommes tous. Alors voter pour des élus généreux sur le plan local (conseillers généraux et maires de gauche), c'est une tactique, c'est vouloir compenser par des aides locales ce que l'Etat va nous prendre.

 

Mais ce n'est pas la solution face à la TVA sociale, aux franchises de plus en plus élevées, si ce gouvernement n'entend pas, il faudra retrouver le chemin des manifestations, sinon comment agir dans les quatre années à venir.

 

 

 



 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:20:03 dans Actualité | Commentaires (0) |

And the winner is ? | 10 mars 2008

Cliché Anthropia

 

 

Et bien justement, il est bien difficile de dire qui est le "winner".

 

Comme d'habitude, les citoyens sont très fins : ils votent à gauche, assez pour dire à Sarkozy, tu vois, on en a marre de tes facéties. Mais pas suffisamment pour que la gauche puisse penser avoir gagné.

 

C'est ce qu'on appelle un vote subtil. Qui montre assez le malaise des Français, qui ne savent plus à quels saints se vouer. Ils croient encore à Fillon. Ils espèrent encore que dans leur malheureux vote pour Sarkozy, ils n'ont pas tout perdu.

 

Ils n'ont pas encore compris que Fillon est le cerveau rationnel et libéral de Sarkozy, celui qui va au bout de son idéologie, sans se poser de questions.

 

Fillon fera payer le peuple, pas les riches. Qui croirait le contraire est bien naïf.











Publié par Anthropia à 09:22:26 dans Demos | Commentaires (0) |

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