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Rendez-vous à Anchorage.
Prenez la route de Seward pour atteindre le village du saumon d'argent. Vous conduisez le long du Golfe d'Alaska, à l'ouest de Cook's Arm.
Vous n'êtes pas seule.
A Portage, de part et d'autre du highway, vous contemplez à perte de vue un paysage de lune. Le résultat d'un reflux.
Celui d'un tsunami, un raz-de-marée qui s'est produit lors du tremblement de terre de 1964 et qui, lorsque l'eau de mer s'est retirée, a laissé un glacis d'arbres noirs, givrés par le sel de mer. Imaginez sur plusieurs dizaines de kilomètres une forêt de troncs d'arbres et de branches exsangues comme ces violettes de cristal, prises dans le sucre, cristallisées pour l'éternité.
Vous hésitez à nommer ce que vous voyez. Vous demandez à votre navigateur. Il vous dit juste ce que je viens d'écrire. Tsunami, des vagues de 5 mètres. Et vous voyez juste ce que je viens de décrire. Des gisants d'arbres couleur de bachélite. Devant un tel paysage, perplexe, que peut-on devenir, géologue, climatologue, océanologue, analyste du chaos, théoricien des catastrophes ? Peut-être juste poète.
Mais vous n'êtes pas poète. Vous n'êtres rien. Votre histoire ne vous a pas appris que la vérité git dans l'esthétique. Vous croyez toujours qu'il y va des faits et, sous les faits, la justice et qu'il vous faudra traquer, trouver une piste et la suivre. Vous y tenir, surtout, ne pas lâcher.
Une scène vient. Qui n'a pas existé, mais qui est vraie. Quoi, un faux souvenir, une fiction ? Alors c'est ça la poésie, un paysage suscité, plus vrai que si vous y étiez ?
Publié par Anthropia à 12:04:34 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
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