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Offrandes au gisant, 2007, Huile sur toile, 2 x 2 m
Florence Reymond
13 décembre au 26 janvier 2008
Chaos, rêveries et somnifères
Galerie Ouizeman
Cliché Anthropia
Rien n'est féérique chez Florence Reymond, il serait erroné de prendre au pied de la lettre ces enfants roses et ces fleurs tressées des îles, effet pailleté voulu comme invite à entrer dans une cathédrale de verdure qu'on devine, un écrin de nature qu'on pressent, qui séduit à la manière de ces chromos des temps anciens.
Nous sommes captés par un «dream catcher », un de ces nids à rêves, qui serait plutôt un filtre à cauchemars, les nôtres autant que les siens, une sorte de piège tendu à nos images mentales.
Florence Reymond nous invite à une promenade dans un paysage psychique, un itinéraire de fantasmes, dont les messages sibyllins nous entraînent de faux euphémismes en parodies dramatiques.
L'univers de Florence Reymond fait coexister dans une galerie de portraits les reliquats de nos histoires enfantines, Pinocchio, des petits soldats d'opérette, les jouets qui s'animent à l'occasion d'un ballet de Casse-Noisette, mais que l'artiste a saisis au moment où ils sont retombés après la fête, jonchant le premier plan des toiles, à tel point qu'on ne sait si cette litanie d'objets n'est pas le vrai sujet des tableaux.
Comme le patient qui décryptant son rêve décompte les symboles et les sèmes de son inconscient, la jeune peintre accumule les indices, mais le travail du rêve ne pense pas, comme dit Lyotard, et on reste pris dans l'énigme freudienne. Ces religieuses au café, cette bouteille d'eau, cette pomme sont-elles les traces de l'extinction d'une gisante post-boulimique, une forme de la jouissance contemporaine, un climax immortalisé ou un nirvana aliéné ?
Entre baroque et gothique, tous deux flamboyants, entre BD aux bulles sans dialogue et culte spirite, le cauchemar est féérique et la féérie cauchemardesque. Le syncrétisme n'est pas loin, la magie noire non plus : nous fréquentons les autels de Saint-Expédit, chez Alice au pays des horreurs.
Indécidable comme pour la post-modernité avec laquelle cette artiste flirte, peintures de faux collages, traitement kitch des gisants au fusain rose, la peinture se fait narration figurative mentale. Le rêve avance par juxtapositions, par translations, par analogies, au hasard du paradoxal.
On retient le guerrier Congaceiros, le déjeuner sur l'herbe revisité façon conte de Freud, le nez au milieu de la figure comme un nu au milieu du tableau, les figures d'enfants laissés à eux-mêmes, les génuflexions et les offrandes de serviteurs lors de cérémonies des morts.
Comme autant de retours au monde rêvé de l'enfance, ce monde peuplé de fantômes, de contes de fée et d'impossibles pensées, de guerres silencieuses et dévastatrices.
Publié par Anthropia à 13:31:18 dans Fairy nightmares of Florence Reymond | Commentaires (0) | Permaliens
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