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The little marmaid
Fiorenza Menini
Ce que je ressens depuis quelques jours, c'est la difficulté à user de sa liberté de penser et d'expression sur internet, sans se faire disqualifier, par l'amalgame avec le FN, par l'accusation de populisme, voire de bêtise, ne confond-on pas homosexualité et pédophilie, ou encore de Père et Mère Lapudeur ; pire, nous serions des ignares en matière de littérature, incapables de faire la différence entre l'art et la réalité. C'est à un tel point que ce matin, je me suis mise à analyser cette position en me disant : et s'ils avaient raison. J'ai cherché des motifs qui me feraient renoncer à m'exprimer pour laisser ma langue au chat éditorialiste ou chroniqueur, j'ai cherché, vraiment, et je n'en ai pas trouvés.
Au contraire, le blogueur anonyme serait de la sous-caste de la téléréalité, il n'aurait droit qu'au quart d'heure de notoriété, qu'à la portion congrue du monde des visibles, les limbes éternels, le reste n'est-il pas réservé aux happy few. Le combat qui se déroule sous nos yeux est à sang, à l'os, défendre son pré carré pour ceux qui ont beaucoup sacrifié pour l'accès à l'Olympe, est affaire de sauvegarde de soi et des siens. Certains jouent leur place dans la famille, d'autres sont dans la frayeur d'aller vers l'inconnu, ce monde noir des mineurs, des anonymes, des penseurs non répertoriés. D'où ces derniers jours, l'étrange coalition des visibles contre la soute internet, Ne peuvent-ils concevoir que nous ayons le tutoiement protestant, le salut camarade, la parole ouverte, ne demandant qu'à dialoguer. Ne peuvent-ils imaginer, imagine, un monde sans hiérarchie, chacun étant invité à se joindre au banquet pour poster et pour participer de cet art insigne de la conversation.
Comme ça, gratuitement, sans enjeu autre que le plaisir et l'exigence de vérité ou d'élégance.
Publié par Anthropia à 19:54:19 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
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