Ce fut une polémique politicienne de plus, il y a un an, sous couvert de devoir de mémoire, patriotisme,... Cette année, on remet le couvert. Sûr que certains enseignants les plus réfractaires à Sarkozy ont aujourd'hui boudé la lecture de la lettre de Guy Moquet, que pourtant leur ministère demande dans toutes les classes de France.
J'estime cette polémique stérile. Effectivement, ce n'est pas aux hommes politiques de faire les programmes, notamment d'histoire. Il y a la une ingérence insupportable. L'histoire est un bien commun et ne doit pas souffrir d'une appréciation politique, voire politicienne. Stérile aussi, car sur le fond, à y regarder de près, la lettre que durant la seconde guerre mondiale, cet adolescent de 17 ans écrivit, alors que déporté, il était sur le point d'être fusillé, cette lettre est touchante, émouvante, bouleversante, étant donné le destin et le jeune âge de celui qui l'écrit.
Voici le texte de la lettre d'adieu de Guy Moquet.
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino [1]. Quant au véritable je ne peux le faire hélas!
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte!
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels [2].
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous
embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage!
Votre Guy qui vous aime
Guy Moquet fut fusillé le 22 octobre 1941 à côté de Chateaubriant.
Publié par gilleshuard à 19:23:40 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gilleshuard à 23:15:08 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
C'était il y a 40 ans exactement : ils ont marché sur la Lune... Bravo à toutes les émissions (Arte et France 2 notamment) qui ont retracé cette nuit cette incroyable émotion que l'on pouvait ressentir en cette nuit du 21 juillet 1969.
Dans notre monde technologique où tout va très vite, sans doute trop vite, il est difficile de se rendre compte à quel cet évènement a bouleversé le monde et changé l'échelle de représentation de la vie terrestre. Je m'y intéresse depuis longtemps maintenant, et la visite du Musée de l'air et de l'espace à Washington (où les 2 héros qui ont foulé le sol lunaire étaient hier) m'a donné l'occasion d'en apprendre encore plus et de mieux appréhender l'évènement, comme ces émouvantes images que l'on a pu voir hier, intelligemment accompagnées des explications des scientifiques et journalistes.
Alors la grande question est arrivera-t-on à renouveler ce type d'évênement et poursuivre cette conquête spatiale au-delà même de la Lune ? Dans un contexte de crise internationale, la question est plus que d'actualité. Barack Obama est sans doute maître de la réponse.
En dehors de l'exploit technologique et de l'apport scientifique, ce type d'événement répond a de fortes aspirations humaines.
Le monde a besoin de tels événements pour se rassembler autour de projets communs, de moments historiques planétaires, en dépit du drapeau américain planté (symbole de cette guerre froide qui voyait s'opposer USA et URSS), car cet événement appartient à tous. Je suis persuadé que de tels événements peuvent être source de paix et de partage. Sans doute la conquête de la Lune aura permis de créer une émulation internationale autour de projets scientifiques plus intéressants et utiles pour l'humanité que la course à l'armement.
Le monde a besoin de rêver aussi. Dans un monde de plus en plus tourmanté et incertain, ce type de programmes et réalisations offre à chacun l'occasion de réver, d'imaginer le lointain de l'espace, de se forger sa propre réprésentation de ces horizons immenses dont on imagine une vie quelque part. L'occasion donc parfois 'oublier les soucis quotidiens. Bref la même fonction qu'à le cinéma, la musique, l'humour etc...
Mais surtout, le monde a besoin de comprendre d'où il vient et où il va ; de comprendre son environnement à la fois dans l'infiniment petit et dans l'infiniment grand. De tous temps, la foi a permis à beaucoup de comprendre la raison de notre existence. Mais loin d'opposer foi et science, car je reste persuadé que Dieu est à l'origine de toute chose, la science doit permettre de savoir comment l'univers est né, comment la vie est apparue, et surtout si d'autres formes de vie existent ailleurs. On en sait déjà beaucoup, mais c'est bien peu à l'échelle de l'univers.
Pour certains, tout cela pourrait paraitre bien dérisoire au regard des milliards d'euros que ces explorations et recherches nécessitent et face à la misère qui grandit dans le monde. Et pourtant, comme la culture et l'éducation, la recherche peut nous donner des clés pour améliorer la vie sur terre. Comme on le dit souvent si l'on ne sait d'où l'on vient, on ne peut aller nulle part...
A ceux-là je répondrais d'ailleurs que je préfèrerais qu'on recherche des économies dans les multiples gaspillages qui sont courants sur notre planête, qui de plus, permettraient de préserver un peu plus la terre des risques écologiques et ouvriraient la voie au développement de nombreux territoires.
Publié par gilleshuard à 08:19:09 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
Pour que vive la musique, la création qui demeure l'avenir du développement culturel doit être sauvée. La loi dite Hadopi veut lutter contre le téléchargement illégal et permettre ainsi aux créateurs de vivre des droits liés à la vente de leurs oeuvres. Si les députés socialistes n'avaient pas effectué une manoeuvre politicienne pour empêcher le vote de la loi, celle-ci serait déjà adoptée. Et pourtant nombreux sont ceux à gauche comme à droite qui s'accordent à dire que c'est un passage obligé si l'on ne veut pas finir d'achever un marché du disque qui vit sous perfusion.
Et pourtant, il est vrai celui-ci en a bien profité. C'est en ponctionnant de manière abusive les "consommateurs" de musique par des prix excessifs qu'ils ont indirectement favorisé le téléchargement illégal. Mais désormais, nul n'est venu le temps de se lamenter, il faut réagir. Réagir à condition de ne pas stigmatiser les adolescents qui téléchargent leurs derniers titres favoris pour épater les copains ou copines. Comme eux, à une certaine époque j'ai bien téléchargé quelques fois des titres, le plus souvent à l'unité. En revanche, ceux qui en font un commerce souterain, là, il faut frapper fort.
Pour les honnêtes qui ne voient pas forcément les conséquences de leurs actes, il existe aujourd'hui des moyens qui permettent d'écouter gratuitement et légalement de la musique ; Deezer en est un. Ainsi on peut découvrir les futurs albums qui feront partie (ou pas) de notre discothèque personnelle.
Finie la frustration des files d'attentes interminables à la Fnac devant lesquelles on renonce finalement à vouloir découvrir un artiste nouveau. Finis également les investissements "hasardeux" dans des artistes méconnus pour lesquels seule la pochette qui inspire pouvait être une incitation à l'achat.
Il y a donc de la place pour la découverte de nouveaux artistes par l'écoute gratuite et l'achat d'albums qui nous semblent important de garder comme des objets de valeur que l'on emmènera avec soi lors des voyages ou des déménagements.
Publié par gilleshuard à 19:12:36 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
Aujourd'hui des centaines de personnes ayant aidé des sans-papiers se sont rassemblés pour protester contre le délit de solidarité, c'est à dire l'ordonnance de 1945 qui permet de condamner toute personne «qui a facilité l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger». La peine encourue peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.
Alors certes, en 65 ans d'application de cette ordonnance, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière, mais imaginer que les personnes fournissant un repas chaud, le prêt d'un téléphone portable ou le don de vêtements constituent des délinquants en puissance devant être placés en garde à vue et subir des interrogatoirs "musclés", il y a là stigmatisation et reniement de la tradition française de Pays des droits de l'homme.
En réalité il faut distinguer différentes choses. Faciliter l'entrée, c'est à dire participer à des réseaux de transfert et d'accueil de clandestins est une chose. Faciliter le séjour, c'est à dire participer à l'amélioration (modeste, mais utile) des conditions de vie de personnes pour qui le fait de quitter leurs pays constitue un salut, même si leur vie en constitue le prix, c'est une attitude de simple humanité. Il ne faut y voir rien de plus et surtout pas un militantisme partisan.
On le sait bien, la résolution de la question des sans-papiers n'est ni dans la régularisation massive, comme le prétendent de manière démagogique les courants d'extreme-gauche, ni dans le statut-quo, encore moins dans l'isolement. Elle passe par de réels plans de développement des pays de migrations (notamment en Afrique) conçus de manière partenariale et non post-coloniale (cf la "France-Afrique"), internationaux (ou européens) et massifs, c'est à dire des sortes de Plans Marshall pour l'Afrique. On le sait, mais que fait-on ? Peu de choses, d'autant moins en période de crise.
Au lieu de cela, on préfère donner des signes politiques à ceux qui ne voient dans les étrangers que des parasites et les parquer dans des régions entières, et stigmatiser ceux qui les aident. Le problème n'est pas simple, certes, mais ce n'est pas par ce moyen qu'on trouvera la ou les solutions...
Le film "Welcome" que j'ai vu le 23 mars 2009 en est une excellente illustration...
Publié par gilleshuard à 20:11:49 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis le 24-09-2006 :
179612 visiteurs
Depuis le début du mois :
9050 visiteurs
Billets :
314 billets
Commentaires