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La passion du monde

Le blog de Gilles Huard

Rencontres, destins, demain sera-t-il un autre jour ? | 20 décembre 2009

Il y a des journées où l'on a l'impression que tout va mal. D'autres journées où l'on a l'impression de vivre comme sur un nuage. Hier a été pour moi une journée particulière où j'ai vécu différents moments qui m'ont tous renvoyé à notre condition d'humanité. Une journée qui rend humble et amène à réfléchir...

Le temps s'améliorant quelque peu, j'ai finalement maintenu ma journée à Paris d'abord pour faire la descente des Champs-Elysées jusqu'au marché de Noël près de la Place de la Concorde. J'ai eu plaisir à voir les mines réjouies des enfants et de leurs parents partageant autour des chalets vins chauds et autres beignets au chocolat admirant les artisanats mis en avant, où les nombreux touristes sur les visages desquels je lisais qu'être à Paris en hiver, avait sûrement quelque chose de magique. J'ai moins aimé la dimension très commerciale de ce marché où nombre de chalets donnaient plus dans la fête foraine que dans la tradition des produits de Noël.

J’ai continué mon cheminement à travers les galeries de la rue de Rivoli, jusqu’aux Halles, avant de rejoindre un studio de télévision du 15e arrondissement où j’allais assister à l’émission en direct de Paul Amar, « Revu et corrigé », à l’invitation de Wali Mohammadi, auteur de De Kaboul à Calais, paru aux éditions Robert-Laffont, et pour que l’on puisse se rencontrer en fin d’émission. L’actualité abordée était dense et riche.

Wali Mohammadi a témoigné avec émotion et sincérité sur son parcours qu’il raconte dans son livre. Son père mort sous la torture des talibans, sa mère tuée par une bombe sur un marché, il quitte Kaboul, la capitale Afghane âgé de 15 ans et décide de rejoindre sa sœur aînée à Londres. Après un long et difficile périple qu’on ne peut imaginer, il s’est retrouvé parmi ces nombreux réfugiés clandestins de Calais avant d’être pris sous son aile par une famille, tel un « petit oiseau qui tombe de son nid ». Il rend hommage avec émotion à cette France qui sait être généreuse mais n’en oublie pas moins celle qui reconduit encore des afghans dans son pays d’origine, même s’il est en guerre. Il évoque ses projets immédiats, passer le bac en 2010 et faire des études supérieures, rêvant d’intégrer Sciences-Po.

Parmi les autres sujets abordés, un reportage sur l’hiver et les SDF puis un débat avec Augustin Legrand, Comédien et cofondateur des Enfants de Don Quichotte, et Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme, qui a laissé apparaître une fois de plus un grand fossé entre les déclarations d’intentions et une réalité de terrain souvent toute autre.

Après l’émission, sur le chemin de la gare, un SDF qui somnolait dans la rue, sur une bouche de métro, a attiré mon attention. Sans considérer faire acte de bravoure, il m’est apparu naturel de m’arrêter et d’appeler le 115, compte tenu du grand froid, et d’autant plus après ce que j’avais entendu durant l’émission. J’ai attendu avec Jean (c’est le prénom de ce franco-sénégalais arrivé en France il y a environ 30 ans) le Samu social. Un long moment à converser avec lui où il m’a expliqué ses difficultés familiales et professionnelles qui l’ont amené depuis environ 20 ans dans la rue, l’importance de la famille, son voyage à New-York il y a 20 ans, une personne cultivée, très au courant de l’actualité (nous avons parlé de Copenhague), « remonté » contre Sarkozy, et qui m’a lâché ne pas vouloir travailler dans le contexte actuel ; mais après 20 ans de rue, comment pourrait-il en être autrement ? Si au début il ne souhaitait pas aller dans un centre (bruit, agressions, rackets, bagarres…), il s’y est résolu, motivé par une nuit à l’intérieur et une bonne soupe…

Ces rencontres et un appel familial reçu m’annonçant le décès d’un membre de ma famille a la suite d’une longue maladie, (formule consacrée (!)) m’a renvoyé sur notre faible condition d’homme. Nous avons la chance de vivre dans un pays riche qui vit en paix depuis longtemps, où le tissu social est fort. Il nous appartient tous de faire qu'une des devises de la République, la "fraternité", soit toujours réalité et que l’humanité reste humaine.

Aujourd’hui est pour moi un autre jour ; pour Jean, c’est sans doute le même jour qui recommence…

Publié par gilleshuard à 17:30:08 dans Société | Commentaires (0) |

Charité ou dictature du don ? | 30 novembre 2009

Ce lundi était marqué par le lancement de la campagne annuel des restaurants du coeur. Demain marquera la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Vendredi prochain sera le traditionnel téléthon.

Cette période où le froid gagne, où les appels à la générosité des français se font plus nombreux, est le moment qu'a choisi Pierre Bergé pour jetter un réel pavé dans la mare. En accusant le téléthon d'être inutile et de capter la générosité des français, il a soulevé un tollé dans le monde politique et médiatique, mais surtout il provoque une cesure bien inutile parmi les associations humanitaires et de solidarité, et risque d'en provoquer une parmi les français.

On ne peut croire une seule seconde que Pierre Bergé ne savait pas ce qu'il faisait en procédant de la sorte, à quelques jours du lancement du Téléthon. Principal soutient financier de Ségolène Royal, grand parrain du Sidaction avec Line Renaud depuis de nombreuses années, ce riche homme de gauche a cru bon mettre en évidence le décalage qui existe entre les dons que les versent au Téléthon et ceux dont bénéficie le Sidaction. Mais surtout il a jeté l'opprobre sur une association, l'Association française de lutte contre les Myopaties) dont on connait le sérieux dans la gestion et l'utilité depuis de nombreuses années.

Alors, à quoi bon ?

Il est vrai que la lutte contre le Sida est une cause mal aimée chez les français. Les actions maladroites de certaines associations ont semble-t-il laissé des traces. Pour certains, la maladie est encore trop perçue comme une maladie honteuse d'homosexuels et de drogués, ce qu'elle n'est évidemment plus depuis lontemps. Pire, certains pensent même qu'on peut la soigner par les tri-thérapies. Bref, du vrai n'importe quoi !..

Ainsi, sur le fond, on peut comprendre la démarche de Pierre Bergé qui vise à alerter sur une cause quelque peu oubliée. En revanche la méthode est exécrable et risque d'être contre-productive. Au lieu de mettre le débat sur la manière dont sont financées les associations humanitaires, le financement de la recherche par l'Etat..., il a opposé les associations les unes aux autres, stigmatisant les difficultés des enfants handicapés mis en exergue le temps d'un marathon télévisuel. C'est honteux et pitoyable.

Les propositions qu'il met en avant pour favoriser la cause qu'il défend sont démagogiques. En souhaitant que les dons des français soient mutualisés et reversés pour l'ensemble des associations, il en oublie ce qui fait l'essence même de la générosité : le don, concrétisation financière du soutien que l'on souhaite apporte à une cause qui nous touche, qui nous émeut, ou qui renvoie à des histoires que nous avons pu vivre ou connaître dans ses proches... Le don est donc une démarche personnelle, un choix subjectif. Vouloir orienter les dons des français avec des critères objectifs, quand bien même certaines associations seraient plus bénéficiaires que d'autres serait transformer la charité, une démarche personnelle, en véritable dictature du don. Qui l'accepterait ?...

Publié par gilleshuard à 23:26:05 dans Société | Commentaires (0) |

Guy Moquet : lira, lira pas... | 22 octobre 2009

Ce fut une polémique politicienne de plus, il y a un an, sous couvert de devoir de mémoire, patriotisme,... Cette année, on remet le couvert. Sûr que certains enseignants les plus réfractaires à Sarkozy ont aujourd'hui boudé la lecture de la lettre de Guy Moquet, que pourtant leur ministère demande dans toutes les classes de France.

J'estime cette polémique stérile. Effectivement, ce n'est pas aux hommes politiques de faire les programmes, notamment d'histoire. Il y a la une ingérence insupportable. L'histoire est un bien commun et ne doit pas souffrir d'une appréciation politique, voire politicienne. Stérile aussi, car sur le fond, à y regarder de près, la lettre que durant la seconde guerre mondiale, cet adolescent de 17 ans écrivit, alors que déporté, il était sur le point d'être fusillé, cette lettre est touchante, émouvante, bouleversante, étant donné le destin et le jeune âge de celui qui l'écrit.

Voici le texte de la lettre d'adieu de Guy Moquet.

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino [1]. Quant au véritable je ne peux le faire hélas!
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte!
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels [2].
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous
embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage!

Votre Guy qui vous aime

Guy Moquet fut fusillé le 22 octobre 1941 à côté de Chateaubriant.

Publié par gilleshuard à 19:23:40 dans Société | Commentaires (0) |

La grippe A se propage... | 17 septembre 2009

Publié par gilleshuard à 23:15:08 dans Société | Commentaires (0) |

De la Lune à Mars ... | 21 juillet 2009

C'était il y a 40 ans exactement : ils ont marché sur la Lune... Bravo à toutes les émissions (Arte et France 2 notamment) qui ont retracé cette nuit cette incroyable émotion que l'on pouvait ressentir en cette nuit du 21 juillet 1969.

Dans notre monde technologique où tout va très vite, sans doute trop vite, il est difficile de se rendre compte à quel cet évènement a bouleversé le monde et changé l'échelle de représentation de la vie terrestre. Je m'y intéresse depuis longtemps maintenant, et la visite du Musée de l'air et de l'espace à Washington (où les 2 héros qui ont foulé le sol lunaire étaient hier) m'a donné l'occasion d'en apprendre encore plus et de mieux appréhender l'évènement, comme ces émouvantes images que l'on a pu voir hier, intelligemment accompagnées des explications des scientifiques et journalistes.

Alors la grande question est arrivera-t-on à renouveler ce type d'évênement et poursuivre cette conquête spatiale au-delà même de la Lune ? Dans un contexte de crise internationale, la question est plus que d'actualité. Barack Obama est sans doute maître de la réponse.

En dehors de l'exploit technologique et de l'apport scientifique, ce type d'événement répond a de fortes aspirations humaines.

Le monde a besoin de tels événements pour se rassembler autour de projets communs, de moments historiques planétaires, en dépit du drapeau américain planté (symbole de cette guerre froide qui voyait s'opposer USA et URSS), car cet événement appartient à tous. Je suis persuadé que de tels événements peuvent être source de paix et de partage. Sans doute la conquête de la Lune aura permis de créer une émulation internationale autour de projets scientifiques plus intéressants et utiles pour l'humanité que la course à l'armement.

Le monde a besoin de rêver aussi. Dans un monde de plus en plus tourmanté et incertain, ce type de programmes et réalisations offre à chacun l'occasion de réver, d'imaginer le lointain de l'espace, de se forger sa propre réprésentation de ces horizons immenses dont on imagine une vie quelque part. L'occasion donc parfois 'oublier les soucis quotidiens. Bref la même fonction qu'à le cinéma, la musique, l'humour etc...

Mais surtout, le monde a besoin de comprendre d'où il vient et où il va ; de comprendre son environnement à la fois dans l'infiniment petit et dans l'infiniment grand. De tous temps, la foi a permis à beaucoup de comprendre la raison de notre existence. Mais loin d'opposer foi et science, car je reste persuadé que Dieu est à l'origine de toute chose, la science doit permettre de savoir comment l'univers est né, comment la vie est apparue, et surtout si d'autres formes de vie existent ailleurs. On en sait déjà beaucoup, mais c'est bien peu à l'échelle de l'univers.

Pour certains, tout cela pourrait paraitre bien dérisoire au regard des milliards d'euros que ces explorations et recherches nécessitent et face à la misère qui grandit dans le monde. Et pourtant, comme la culture et l'éducation, la recherche peut nous donner des clés pour améliorer la vie sur terre. Comme on le dit souvent si l'on ne sait d'où l'on vient, on ne peut aller nulle part...

A ceux-là je répondrais d'ailleurs que je préfèrerais qu'on recherche des économies dans les multiples gaspillages qui sont courants sur notre planête, qui de plus, permettraient de préserver un peu plus la terre des risques écologiques et ouvriraient la voie au développement de nombreux territoires.

Publié par gilleshuard à 08:19:09 dans Société | Commentaires (0) |

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Présentation

Je m'appelle Gilles, j'ai 37 ans, je suis passionné par le monde, la vie, les idées, les gens.


Dans ce blog vous trouverez mes commentaires de l'actualité, mes coups de coeur ou de gueule, mes récits de voyages, bref tout ce qui me passionne.


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