En tant que démocrate, je ne peux que constater l'élection de Nicolas Sarkozy à plus de 53% mais surtout, avec 83,97 % de participation près de 19 millions de français qui se sont portés sur son nom, soit plus qu'aucun Président français, y compris le Général de Gaulle, si l'on enlève le cas particulier de l'élection de 2002.
Démocrate, je souhaite que le nouveau Président réalise les nombreuses promesses faites. Et elles sont nombreuses, trop sans doute, et je demande à voir maintenant si le dynamisme et le volontarisme de N.Sarkozy suffira à mettre en oeuvre les réformes faites. Mais par dessus tout, je souhaite qu'il le fasse dans un climat serein appaisé, qu'il n'oppose pas les français les uns aux autres. Au soir du premier tour, il a effectivement fait un discours d'unité et rassembleur ; dont acte. A suivre si son attitude sera la même par la suite.
Aussi comme démocrate, je ne peux que condamner avec la plus grande fermeté les casseurs et nombreux manifestants qui veulent en découdre face à la police. Peut-être d'extrême gauche, ce sont à coup sur des ennemis de la démocratie. Leur méthode montre leur peu d'intelligence puisque cela ne fera que conforter les partisans du tout répressif et finalement Sarkozy.
Mais je souhaite aussi que les parlementaires élus dans la nouvelle majorité présidentielle en juin prochain ne soient pas des godillots, qu'ils constituent certes une majorité stable, mais qu'ils gardent leur liberté d'amendements et de vote, ce qui ne s'était pas passé depuis 5 ans, et a amené l'UDF à adopter son positionnement courageux et libre. Elle soutenait les projets allant dans le bon sens et votait contre les projets qui ne lui convenait pas. Je souhaite qu'elle continue à le faire. Je souhaite aussi que l'opposition ait toute sa place dans le débat démocratique.
Aussi comme démocrate, je serai un citoyen vigilant, fidèle à ma famille politique, et prendrait fait et cause pour le nouveau mouvement créé par François Bayrou, un parti au centre du système politique, équilibré dans ses propositons, ouvert et respectueux des personnes...
Publié par gilleshuard à 10:26:57 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
On craignait un débat où il ne se passerait rien, comme en 1995, cette fois il n'en a rien été.
Ségolène Royal, mordante dès le début du débat, peut-être pour compenser une fragilité dans les dossiers économiques mais surtout le grand écart qu'elle effectue entre l'extrême gauche et le centre. Au point que, étonnamment, Nicolas Sarkozy a eu du mal à placer ses propositions à tord parfois techniques face aux formules souvent faciles et séduisantes de sa concurrente qui a aimé jouer les donneuses de leçon de bonne gouvernance. Cherchez l'erreur !
Les débattants se sont tous deux présentés comme défenseurs du monde de l'entreprise, de la lutte contre la dette, de la suppression de la technocratie, ... une conversion nouvelle pour la candidate socialiste, c'est heureux, un peu tardive sans doute et si peu crédible.
Ségolène Royal a bien révisé ses fiches sur le nucléaire, du vrai bachotage, elle aurait dû en faire de même durant la campagne au sujet de l'arsenal militaire ! Ce n'est pas très grave de ne pas tout savoir d'un point de vue technique, mais mieux vaut ne pas donner de leçon tant qu'on n'est pas soi-même irréprochable. Très à l'aise sur les questions d'éducation, on peut tout de même s'interroger sur le financement du catalogue de toutes ses mesures...Pour le reste, un débat relativement équilibré, chacun a défendu ardemment ses positions, Nicolas Sarkozy a en un sens gagné ce débat dans la mesure où il est resté calme face à une candidate qui a cherché à le déstabiliser à plusieurs reprises ; mais a perdu en ne réussissant pas à imposer ses vues et obtenir les précisions demandées à son opposante.
Ségolène Royal a perdu le débat dans le sens où elle n'a pas montré le sérieux de sa candidature étant plus en situation d'attaque, de simulation de colère visant à montrer une facette noire de son contradicteur ; elle a gagné en montrant une force de caractère et de détermination et en récupérant (on peut l'imaginer) une partie de son électorat qui s'en était parti voter pour François Bayrou, à coup de mesures de gauche très classiques, en revanche, elle a sans perdu dans le même temps l'électorat de ce dernier qui espérait sans doute voir le visage d'une réformiste et moderne. Dommage.
On a bien senti deux personnalités, deux styles. On regrettera parfois les imprécisions sur les programmes, les incohérences, notamment du côté de Ségolène Royal.A noter la conclusion mieux préparée de Ségolène Royal concluant en tentant de charmer une dernière fois son audience avec un large sourire, voulant être la Angela Merkel française, en référence à la chancelière allemande de droite qui gouverne avec les socio-démocrates, un appel sans doute aux électeurs de François Bayrou. C'est bien essayé ...
On appréciera le calme déployé par Nicolas Sarkozy bien que parfois au bord de craquer. Cela semble être une nouveauté. Ce qui semble paraître étonnant est-il sincère ? Rien n'est moins sûr. Un débat qui n'aura sans doute pas convaincu les plus indécis.
Publié par gilleshuard à 00:08:38 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
Parce que je suis un démocrate et que, pour se faire une idée sur les choses et les personnes il faut s'informer, écouter, regarder... parce que le choix du second tour pour les électeurs de Bayrou est difficile tant ils souhaitent rester en accord et cohérents avec la voie ouverte par le candidat UDF, et tout simplement parce que j'étais sur Clermont-Ferrand hier après-midi, je finalement décidé d'aller écouter Nicolas Sarkozy en meeting, juste comme cela, pour voir, prendre la température.
Force est de constater qu'il m'a convaincu : convaincu qu'il était absolument impossible que je puisse voter pour lui ! Ce que j'apprends jour après jour des manoeuvres et intimidations en tous genres exercées auprès des parlementaires UDF a fini de me convaincre.
J'arrive, une grande halle se présente devant moi, une salle mobilisée, convaincue pour la plupart des présents mais pas très vivante, un peu terne que la succession des discours en attendant l'arrivée du "chef" n'a pas réussi à galvaniser ; on y a vu successivement Laurent Vauquiez, jeune député de la Haute-Loire, Christine Boutin, députée (anti-pacs) des Yvelines, Charles de Courson, député UDF de la Marne, qui vient expliquer les raisons qui l'ont amené à rallier Sarkozy - je me demande dans quelle galère il est venu se mettre. Louis Giscard d'Estain, député du Puy de Dôme - qui a rendu un hommage ditirambique à son père et ses années glorieuses à la tête de l'Etat - et enfin Brice Hortefeux, ministre et fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy. Objectivement, cette salle, rien à voir avec l'ambiance surchauffée de Bercy avec Bayrou. C'est sans doute le lieu qui faisait ça ou présentement, l'Auvergne, j'espère pour lui...
Et voici Nicolas arrivant avec VGE, sous une musique émouvante qui invite à verser sa petite larme. Je ne la verserai pas. Je doute de ma présence ici, mais courage avant de fuir, attendons au moins quelques minutes.
On a assisté d'abord à un discours sur mesure pour les auvergnats venus en nombre, du vrai marketing. Non, il ne s'est pas trompé avec l'hommage au bassin minier, Valenciennes c'est pour samedi. Puis a suivi une attaque en bonne éduforme vis à vis de François Bayrou, sans le citer, jamais, on l'accuserait d'attaque personnelle, mais pourtant : de quoi s'agit-il d'autre ? Il a critiqué selon lui la violence avec laquelle le candidat centriste s'en est pris à lui. Non, Sarkoy ne l'est jamais, pas le style, à d'autres ...! Eh bien si, avec un ton modéré, une fois n'est pas coutume, il a attaqué de manière très violente, empreinte de mépris et de mauvaise fois la possibilité, la légitimité pour F.Bayrou de participer à la campagne du second tour.
Comme si 7 millions d'électeurs ne se reconnaissaient pas en lui, pour défendre au mieux leurs convictions, comme si chaque citoyen ne pouvait pas participer au débat. Lui plus que chaque citoyen bénéficie de plus de lumière due à sa position politique, c'est sans doute cela qui gène le candidat Sarkozy, le débat, la confrontation. Il a refusé les débats avec les autres candidats avant le 1er tour, il continue. Et pourquoi pas supprimer le débat télévisé du second tour ?...
Puis N.Sarkozy développe un discours formaté pour la terre rurale d'Auvergne, que Frédéric Nihous partagerait, un poil anti-bruxelles, un poil populiste - terme qu'il dénonce, il serait juste comme la gauche "proche du peuple" - reprennant à foison les promesses non réalisées du candidat Chirac en 1995 sur la fracture sociale allant même à vouloir repeupler les campagnes par les habitants des cités, je croyais réver.
Belle transition pour évoquer une rencontre. Je suis au fond d'immense halle, debout (alors que la grande partie de l'assemblée est assise). Devant moi, 4 jeunes beurs que je vois intéressés par le discours de N.Sarkozy, commentant ses propos. Ne le entendant pas bien, je me demande s'ils sont là par hasard ou s'ils sont fervents supporters, alors que l'on connait l'audience dont Sarkozy bénéficie dans les quartiers. Préférant ne pas tirer de conséquences sur la ville d'où ils viennent et la raison de leur présence qui ne me regarde pas après tout, je vais tout de même vers eux à la fin du meeting et les interroge. Et là surprise : ils ont voté Besancenot au 1er tour, ne savaient pas pour qui voter, sont venus l'écouter et ont décelé dans ses propos les mêmes thèses que l'extrème gauche. Ils ajoutent ne pas se placer dans le contexte tout sauf Sarko et le "linchage" dont il est l'objet dans les banlieues ; simplement ils ne se reconnaissent pas en lui. On a débattu quelques instants à l'extérieur, des propos républicains, ils reconnaissent que les positions de Bayrou sont intéressantes et capables de rassembler (dommage, trop tard pour cette fois). Il voteront Ségolène Royal.
Je les quitte satisfait de rencontrer des gens intelligents au contraire des videurs du meeting que j'ai vu expulser plusieurs jeunes dont le look ne semblait pas correspondre... dommage.
Publié par gilleshuard à 14:29:12 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
Quel est le point commun entre l'ordre juste de Ségolène Royal et le "juste l'ordre" de Nicolas Sarkozy, JUSTE UNE ILLUSION ! C'est ce qu'à exprimé aujourd'hui François Bayrou dans sa conférence de presse. Il n'est pas tombé dans le piège de l'entre deux tours, des marchandages politiciens. Droit dans ses bottes, fidèle à ses convictions, il a tenu le langage courageux d'un homme libre respectant ses électeurs.
La facilité aurait été de revenir dans le giron traditionnel de l'UDF. Rien n'aurait changé. Le 1er tour 2007 serait resté comme un "coup", une parenthèse dans l'histoire politique française.
Il n'en a rien été. Au contraire, tirant les conséquences du 1er tour, et de la volonté clairement affichée par 18,5% des français, François Bayrou a posé les 1ères premières d'un nouveau mouvement, qu'il a lui-même baptisé Parti Démocrate, en toute cohérence avec la démarche engagée au lendemain de la présidentielle de 2002 - où Jacques Chirac lui confiait ne pas vouloir tenir compte du message exprimé au second tour en formant un gouvernement d'union nationale - et de sa campagne pour la présidentielle de 2007.
Un pari courageux qui va à coup sûr semer la confusion parmi certains électeurs traditionnels de l'UDF pas forcément préparés à ce virage. Force est de constater que la stratégie étonne voire crée un malaise, normal. Trouble aussi parmi certains élus UDF dont la réelection n'est pas assurée. Là encore, Bayrou reste gentleman et assure qu'il respectera jusqu'au bout son absence de consigne de vote, donc pas d'exclusion ou de représailles.
En réalité, rien de bien nouveau quand on suit le parcours de cet homme d'Etat. Pour moi, c'est très clair. Comme il l'a dit durant toute la campagne, la France a changé, l'opposition stérile d'un camp contre l'autre ne peut pas durer, la démocratie doit être réformer, la France doit se réformer. Ce n'est pas à travers les vieux shémas et les vieux systèmes que l'on fait du neuf. Il l'a vite compris, visionnaire qu'il est avec les quelques Kouchner et Rocard.
J'éprouve donc une certaine émotion en ce jour. D'autant plus que, alors que j'étais plus jeune, Michel Rocard était alors premier ministre et Bernard Kouchner un ministre de son gouvernement, j'écrivais à ce dernier ainsi qu'à quelques autres hommes politiques de droite afin de lui proposer la création d'un nouveau parti que je baptisais Organisation des Démocrates Sociaux Rénovateurs dont l'idée, déjà était de rassembler les forces de droites et de gauche. Naïvement, ai-je pensé par la suite, je prenais les idées de gauche et droite qui me paraissaient aller dans la bonne direction. Lui seul m'a répondu. Je suis à la recherche du mot adressé par son chef de cabinet à l'époque et j'ajouterai sur mon blog dès que je l'aurais trouvé...
L'intervention complète de François Bayrou cet après-midi :
Publié par gilleshuard à 00:26:39 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
Après ce 1er tour de l'élection présidentielle, s'il est une satisfaction c'est de voir que le centre, que l'électorat de François Bayrou est devenu la clé de la victoire à la fois pour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. On pourrait en rester là, considérant à juste raison que son électorat ne lui appartient pas, que les voix qui se sont portées sur son nom ne lui appartiennent pas, eh bien non.
Le regret que j'ai au lendemain de ce dimanche historique, c'est de voir que nombre de parlementaires se laissent intimider par les pressions exercées par le rouleau compresseur UMP qui craint de voir la victoire lui échapper. Si Sarkozy s'adresse aux électeurs de l'UDF - en apparence - ses sbires, en coulisse multiplient les initiatives ou plutôt, devrais-je dire, les manoeuvres en tous genre pour s'attirer les soutiens centristes et créer une nouvelle dynamique pour le second tour.
Le moyen : la menace de faire échouer la ré-election de ces candidats. Très bas, très petit, je sais, mais c'est le jeu politique parait-il. Il faut bien parler de "jeu" : ni considération, ni respect pour le vote des électeurs, pour le message exprimé, non un électeur c'est pour eux juste une voix, la capacité pour un homme de voir son ambition pour les plus hautes sphères du pouvoir s'accomplir. Le reste, c'est de la philosophie...
Se rallier aussi vite, sans attendre de gages que les idées de François Bayrou qu'ils avaient eux-mêmes soutenus, sans attendre que leur leader se soit lui-même prononcé, est une preuve de déloyauté à son égard, c'est une trahison vis à vis des électeurs qui ont cru en François Bayrou. Un signe que le vieux système décrié par François Bayrou a la vie dure...
Heureusement, François Bayrou dira demain qu'il ne cède pas à ces manoeuvres, ces basseses dignes des bas-fonds de la politique qui, ne nous trompons pas, n'ont qu'un objectif, laisser le champs libre à l'UMP pour gouverner seul, diriger plus seul encore que Chirac ne l'a jamais fait. Ces manoeuvres, ces intimidations montrent que décidément, l'ancien RPR a la vie dure, ses méthodes, il les applique à l'UMP, les anciens centristes et républicains en ont déjà fait les frais, ceux qui viennent de rejoindre Sarkozy le découvriront bientôt.
François Bayrou, la tête haute et le regard droit n'en fera pas parti. Il continuera son chemin qui le conduira le moment venu à rassembler les français pour un vrai renouvellement de la vie politique. Amenant les hommes et femmes de droite et de gauche, à travailler ensemble dans l'intérêt du pays. (à suivre)
Publié par gilleshuard à 21:08:20 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (1) | Permaliens
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