La question de son immunité avait fait polémique lorsque Jacques Chirac présidait aux destinées du pays, l'actualité judiciaire qui rattrape l'ancien Président aurait pu donner l'occasion de rendre hommage à la justice française, une fois n'est pas coutume... "Aurait pu" si la convocation du retraité de l'Elysée n'arrivait pas si tard...
Et pourtant, faut-il en raison de son âge et de l'ancienneté des faits qui lui sont reprochés renoncer à permettre à la justice de faire son travail, comme elle le fait (en principe) pour tout justiciable au nom des principes républicains ? Je ne le pense pas.
La modération des propos des hommes politiques à droite de l'échiquier politique à le défendre, mais surtout les prises de propos de certains de ses anciens adversaires Ségolène Royale et plus encore, Arnaud Montebourg, ont de quoi surprendre. Ces derniers ont souhaité que la justice laisse Jacques Chirac tranquille en raison des services qu'il avait rendu à la France.
Au-delà du mauvais signe donné par la société envers sa jeunesse, alors que l'image des politiques et de la justice est mauvaise, c'est un mauvais coup donné à ceux qui défendait l'immunité des Présidents de la République durant leur mandat, en raison de leur charge et de l'intérêt supérieur de la nation.
De la à dire que les puissants sont des justiciables comme les autres, on en est loin. Mais présenter Jacques Chirac devant la justice lui permettrait de se défendre, voire de se blanchir, dans les affaires pourtant compliquées de sa gestion à la Mairie de Paris.
Si J. Chirac ne devait pas être renvoyé au tribunal correctionnel, alors que l'on sort tout juste de l'affaire Jean Sarkozy, serait confirmer à l'étranger le fait que la France ressemble de plus en plus à une république bannanière... A suivre.
Publié par gilleshuard à 22:54:54 dans Politique France | Commentaires (2) | Permaliens
Il est jeune, plutôt beau gosse, un talent oratoire qui confère à un certain mimétisme avec son père de Président de la République, Jean Sarkozy est tombé dans la politique dès le plus jeune âge.
Après l'affaire Mitterand, l'affaire Jean Sarkozy occupe l'opposition qui semble distraite des vrais problèmes dont souffre la France. La polémique autour la nomination du 2ème des fils de Nicolas Sarkozy, âgé seulement de 23 ans, à la présidence de l'Etablissement public chargé de gérer le centre d'affaire de la Défense (le 1er d'Europe) m'a semblé dans un premier temps insignifiante, ridicule, politicienne, sans intérêt. Elle l'est. Après tout, c'est sont droit de se présenter ... et de se planter pour n'importe quel scrutin. Mais jusqu'ici, il ne s'est pas trop planté justement. Après avoir été élu conseiller général des Hauts-de-Seine à Neuilly, il a conquis la fonction de Président du groupe UMP au Conseil général des Hauts-de-Seine, alors que les candidats ne manquaient pas (en tous cas officieusement).
En écoutant les arguments des uns et des autres, j'étais sceptique.
La compétence du jeune Sarko ? qui la connaît ? Certes il n'est qu'en deuxième de droit. Mais qui sait s'il n'est pas doté de facultés extraordinaires. Certains disent (mais faut-il les croire ?) qu'il est encore plus doué que son père... mais peut-on le vérifier dans l'immédiat ? rien n'est moins sûr. Sauf à voir ce qu'il aura pu faire dans le combat qu'il a annoncé vouloir mener en arrivant au Conseil général des Hauts-de-Seine : l'enfouissement de la Nationale 13, une verrue urbaine qui coupe Neuilly sur Seine en deux. Qu'a-t-il fait sur ce dossier ?
Son âge ? Ridicule comme argument pour ce qui me concerne. Qui pouvait dire à sa nomination aux fonctions de premier ministre que Laurent Fabius, agé seulement de 37 ans, ne pourrait pas être un bon premier ministre qui a remis la France sur les rails après le désastre des premières années de François Mittérand. Qui pouvait dire que Valéry Giscard d'Estaing, élu à 47 ans plus jeune Président de la République, serait le président qui ferait bouger la France comme jamais avant sur les questions sociales ?
La manière dont il atteint la présidence de l'EPAD sans en avoir été préalablement administrateur ? Non plus. Elu par ses pairs du Conseil général, il a évidemment toute légitimité démocratique pour occuper cette fonction importante.
Le fait qu'il soit le fils du Président ? nous y voilà. Evidemment, il ne doit pas avoir moins de droits que n'importe quel citoyen, mais pas plus non plus. Alors que nombre de jeunes ultra diplômés doivent ronger leur frein dans des stages bidons peu ou pas rémunérés pour acquérir une première expérience avant un hypothétique emploi au bout, le petit prince de la République semble voir se dérouler un tapis rouge devant lui vers une carrière politique prometteuse.
Mais tout cela sonne faux le jour où le Président Sarkozy annonce sa réforme du lycée et en vantant le mérite et le travail et surtout après sa campagne des élections présidentielles où il anonçait qu'il serait l'homme des nominations irréprochables.
Vous en connaîssez beaucoup des jeunes de 23 ans inconnus et encore étudiants nommés président d'un établissement public, ou d'une Chaine de télévision nationale ou d'une grande banque française ... ? Tout est dit !
Publié par gilleshuard à 23:53:51 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Dans la gestion des collectivités locales, rares sont les élus qui décident de se faire hara-kiri. La communauté urbaine de Metz, qui regroupe 40 communes représentant 230 000 habitants a réduit d'un tiers le nombre de délébués siégeant à son instance décisionnelle (de 170 à 105) et de moitié le nombre de ses vices-présidents (de 48 à 24). La Communauté comptait plus de délégués que le Grand Lyon, pourtant six fois plus peuplé !
Un cas d'espèce, pas sûr... Imaginez parmi les 48 vice-présidents que comptait la communauté jusqu'alors, il y avait un vice-président aux nuisances sonores, un vice-président chargé de l'archéologie préventive et un vice-président chargé de la fourrière animale.
Sans parler de la question des frais liés aux indemnités d'élus, qui reste un problème mineur, c'est surtout la symbolique donnée dans la gouvernance des collectivités afin de redonner de la crédibilité et du poids aux élus.
Voilà un bon exemple pour les députés et sénateurs dont certains sont conseillers généraux et régionaux, en plein débat sur la réforme des collectivités locales qui doit justement les amener à voter la division par deux le nombre d'élus (de 6000 à 3000) en créant des conseillers territoriaux à la fois élus des départements et régions. Mais les parlementaires également élus d'exécutifs locaux exercent de fortes pressions afin de préserver leurs positions. L'exemple lorrain illustre qu'il est possible avec bon sens et souci de l'intérêt général de concilier démocratie et efficience dans l'utilisation de l'argent public.
Publié par gilleshuard à 21:16:50 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
L'entretien télévisé que Frédéric Mitterand a accordé ce soir au journal de 20 heures m'a rappelé le soir où Dominique Baudis était venu défendre son honneur face à un scandale monté contre lui à Toulouse.
Là, évidemment, les faits sont différents. En plein débat et polémique sur l'arrestation en suisse de Roman Polanski pour avoir eu, il y a 32 ans, des relations sexuelles avec une fille de 13 ans, Marine Le Pen, dont on connait le sens de la mesure, a volontairement fait le lien lors de l'émission télévisée "Mots croisés" entre les faits qui sont reprochés à Polanski et le livre que Frédéric Mitterand a publié il y a 4 ans, "La Mauvaise Vie".
Dans ce livre, que je n'ai pas encore lu, Frédéric Mitterand y décrit sa descente aux enfers, ses difficultés à accepter son homosexualité. Un passage y mentionne ses voyages en asie où il paye pour rencontrer des garçons et avoir des relations sexuelles. Le livre a rencontré un large succès à l'époque sans qu'il ne fasse réellement polémique ; sans doute parce qu'on n'y voyait pas d'ambiguité. Un témoignage que l'on a décrit comme bouleversant, courageux, et honnête. Dans une société de la langue de bois, la sincérité a quelque chose de touchante.
Le problème soulevé à ce jour est la compatibilité entre les aspects de la personnalité et les expériences dans son intimité que Frédéric Mitterand raconte et sa nouvelle fonction de Ministre de la Culture, de ministre de la République.
Evidemment, le tourisme sexuel qui consiste pour des occidentaux à s'acheter des relations sexuelles avec des hommes ou des femmes dans des pays pauvres, est innaceptable, insupportable. C'est une négation même de la dignité et de la valeur de l'homme. Frédéric Mitterand l'a d'ailleurs très nettement condamné ce soir, même si il a pu le pratiquer par le passé.
Marine Le Pen, qui peine à s'imposer comme chef de file du Front national, a bien manoeuvré afin de replacer l'extrême droite comme parti de la protection des valeurs morales et chrétiennes, et récupérer les électeurs les plus à droite de l'UMP. Ce qui est écoeurant, c'est que tout le monde tombe dans le panneau et aboie en même temps que les chiens enragés. Le PS a envoyé ainsi son jeune "loup" Benoit Hamon condamner un homme sans connaître le fond des choses. Sans doute manque-t-il de sujets à opposer au travail gouvernemental...?
Je n'aime pas l'injustice et encore moins le linchage médiatique. Je salue le courage de F.Mitterand qui a dû répondre à la calomnie publiquement sur ce qui constitue son intimité. S'il a fait une erreur, c'est en soutenant trop fortement Roman Polanski pour des faits indéfendables. Pour ce qui est de son livre, il a eu cette honnêteté de conter ce qui constitue souvent une difficulté, un déchirement, voire une croix pour nombre d'homosexuels : accepter son identité.
L'amalgame qui est fait par certains dans cette polémique entre homosexualité et pédophilie est insoutenable, insupportable. Je pensais que la France avait fait des progrès sur la question homosexuelle depuis une dizaine ou quinzaine d'années ; mais avec ce genre de polémiques, on a l'impression de repartir en arrière...
Je parie que cette polémique sera, au détriment de son auteur, une très bonne publicité pour son ouvrage. Certainement, ceux qui ne l'ont pas lu vont se précipiter pour le lire et se faire une idée, librement.
Publié par gilleshuard à 23:45:26 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Qu'on les appelle "université d'été", "université de rentrée" ou de manière plus branchée "campus", le dernier week-end d'août et le premier de septembre sont traditionnellement l'occasion de faire redémarrer la saison politique après la pause estivale.
Au départ, ces rencontres étaient organisées pour permettre aux jeunes militants des partis politiques de se retrouver afin, en théorie, de débattre et préparer les échéances futures ; en pratique de passer du bon temps au soleil et à picoler entre potes de collage d'affiches.
En réalité, il ne faut y voir là qu'un prétexte, une occasion pour les grands, les ténors des partis, de tirer la couverture à eux en disposant de quelques minutes de communication dans les médias. Ces derniers viennent y guetter la petite phrase, la polémique qui alimentera les journaux en mal d'audience. Cette année n'a pas fait exception.
A gauche, on a assisté successivement, aux journées des Verts, aux rassemblements des amis de Vincent Peillon, puis de Arnaud Montebourg, puis de Ségolène Royale pour se terminer par les universités du PS à La Rochelle.
Martine Aubry en difficulté depuis son élection à la tête du parti, en a profité pour se relancer en attaquant le gouvernement et Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone, qui passe mal parmi la population et dans l'opposition mais également dans une partie de la majorité. Elle a également tenté de reprendre la main sur la question des alliances et du non cumul en ouvrant la voie. En effet, elle a ouvert la porte du non cumul des mandats au sein du parti socialiste, après 2010, sachant très bien, que la mise en oeuvre n'est pas prête d'être réalité tant les élus socialistes auront du mal à accepter de se faire arakiri. En attendant, elle apparaît comme celle qui fait bouger le parti. Les militants seront-ils dupes ?... Enfin, en fine stratège, elle a tenté de piéger François Bayrou en l'invitant à se positionner clairement par rapport à la gauche de l'échiquier politique.
Peut-être involontairement, peut-être faussement naïvement, elle a permis à François Bayrou d'être au centre de l'actualité politique ce week-end, lors des universités de rentrée du Mouvement démocrate. Ceux qui ont cru que François Bayrou tomberait dans le panneau seront déçus pour certains ou rassurés pour les autres, car en expérimenté de la vie politique française, François Bayrou a vu et éviter le piège. Evidemment, entrer dans le jeu de Martine Aubry et positionner le MoDem par rapport au PS aurait été en finir avec son parti. Placé dans le giron du PS, le MoDem ne serait devenu qu'un Parti radical de gauche bis, c'est à dire peu de choses. Ouvrir au dialogue, en affirmant son opposition à N.Sarkozy mais son indépendance, lui permet habilement de préserver l'indépendance de son parti, quitte à maintenir le trouble parmi ses électeurs, en particulier ceux venus de l'ex-UDF, quitte à enfoncer encore un peu plus le parti dans les profondeurs des sondages, à moins que les élections régionales, ne lui donne l'occasion de rebondir. A suivre...
Enfin, du côté de l'UMP, ce n'est pas sur les plages de Seignosse mais à Paris que l'on a formalisé la droite plurielle, c'est à dire le rassemblement de la grande famille de la majorité, qui va de Jean-Marie Bockel et Eric Besson, transfuges du PS à Philippe Devilliers, en passant par le Nouveau centre, les Chrétiens sociaux de Christine Boutin. Bref, un attelage bien hétéroclyte qui risque de surprendre les militants de gauche venus en Sarkozie. Mais Sarkozy veille sur son petit monde, donnant des assurances aux uns, rassurant les autres, il prépare l'avenir afin de s'assurer de sa réelection.
Si à gauche on se cherche un chef, au centre on se cherche un allié, à droite tout semble aller pour le mieux, mais il ne faut se fier aux apparences... En coulisses, un combat terrible se déroule en coulisses : la lutte Cope-Bertrand en préparation de l'élection présidentielle de ... 2017. Et oui, vous ne rêvez pas ! de l'eau aura coulé sous les ponts d'ici là...
Publié par gilleshuard à 23:41:16 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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