Je viens de regarder la cérémonie d'hommage de la Nation aux 10 soldats français tués en Afghanistan. L'émotion était perceptible, je l'ai ressentie également. Un cérémonie sobre, digne, oecuménique ponctuée par un éloge funèbre du Président Sarkozy au ton juste, digne et émouvant dont j'ai partagé chacun des mots, qui donnait bien le ton de la communion nationale qui règne dans le pays autour des familles des soldats.
Une émotion qui ne cache pas des interrogations et éventuellement peut-être, plus tard, la polémique. L'enquête permettra de savoir ce qui s'est passé exactement ; le débat qui s'annonce au Parlement aurait pu permettre une vraie confrontation d'idées sur l'opportunité de notre présence en Afghanistan, mais le Président a déjà légitimé cette présence et indiqué qu'elle serait poursuivie. Dire le contraire eut sans doute été un propre désaveu de sa stratégie.
Le Président a avoué mesurer par ce drame le poids de ses responsabilités en tant que chef des armées. Je le comprends. Il a pris la décision de renforcer la présence militaire française en Afghanistan, un pays enfoncé dans un bourbier incomensurable où les forces occidentales semblent impuissantes. Face à ce "nouveau Vietnam", la présence d'une coallition internationale, la présence de 25 des 27 Etats de l'Union européenne a-t-elle encore un sens ? Combien d'autres drames y aura-t-il encore ? Certes, les militaires participent à une mission qui vise à pacifier le territoire et rétablir à terme un ordre démocratique, mais à quel terme, et dans quel contexte ? Alors que l'on a vu une avancée majeure des talibans sur le territoire afghan qui sont désormais aux portes de Kaboul, il y a de quoi s'interroger... Je ne sais pas ce qu'il convient de faire, j'admire l'action de nos soldats mais je suis inquiet pour l'avenir car je ne vois pas d'issue dans la logique actuelle. Sans doute convient-il de changer notre stratégie et celle de l'OTAN dans la région. Une option qui semble prendre le pas, affaire à suivre...
Mais en ce jour, je préfère rester dans le registre de l'hommage et exprimer ma compassion aux familles...
Publié par gilleshuard à 13:03:00 dans Politique France | Commentaires (1) | Permaliens
En matière de droits de l'homme l'essentiel n'est pas de participer mais d'avoir des idéaux, des valeurs, des convictions et de s'y tenir.
Je me rappelle le discours mémorable de Nicolas Sarkozy sur les droits de l'homme, prononcé le 13 mars 2007, il y a donc un peu plus d'un an, durant la campagne présidentielle. J'avais admiré ses mots qui disaient :
" Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant eux. La France ne fait pas exception, et il appartiendra au prochain président de lui faire franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés.
Je veux être le Président d'une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai pas devant ces insultes aux droits de l'homme.
Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l'homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes."
Certes, il y eut son implication dans la libération des infirmières bulgares ou sa contribution à faire pression pour la libération d'Ingrid Bétancourt, mais son attitude concernant la Chine, et notamment ses relations avec le Tibet, efface presque tout le reste. C'est une claque aux droits de l'homme qu'il vient de donner en annonçant discrètement, par un communiqué, qu'il se rendrait à la cérémonie d'ouverture des J.O. à Pékin. Alors qu'il n'hésite pas à défendre et marteler ses prises de positions, cette fois il reste discret, preuve qu'il n'est pas à l'aise. Et le fait qu'il préside l'Union européenne qui doive l'amener à privilégier un certain consensus n'excuse rien.
Pire, l'avertissement, voire l'intimidation faite par l'Ambassadeur de Chine en France en cas de réception du Dalaï Lama, a le goût de l'humiliation et renvoie à une réalité : Sarkozy n'est pas Chirac, qui sur ce point (même si on pouvait lui repprocher beaucoup de choses par ailleurs) n'aurait jamais laissé la France subir un tel affront. La France peut donc se laisser mener par le bout du nez par la Chine alors que l'Allemagne et la Grande-Bretagne restent droits dans leurs bottes.
Espérons comme l'a dit Jack Lang qu'il profite de sa présence en Chine pour réafirmer les valeurs et positions de la France et de l'Europe en faveur des droits de l'homme. Rien n'est moins sûr...
Publié par gilleshuard à 22:04:28 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Le Président Sarkozy serait-il en train de perdre ses nerfs ?
Voilà une des raisons qui m'a amené à réagir (je pense avec lucidité) lors de mon vote durant le second tour de la Présidentielle. Nous l'imaginions ainsi, Nicolas Sarkozy l'a fait. D'ailleurs nous ne faisions pas que l'imaginer ; lors de son passage au Ministère de l'Intérieur, nous avons déjà tous collectivement éprouvé ses prises de position provocatrices qui apparaissent alors comme le fait de dire tout haut ce que la plupart des français pensaient tout bas. Certes ce n'était pas faux, mais dès lors, pour en faire quoi ?...
Si l'on admirait son volontarisme à toute épreuve, sa capacité à affronter les problèmes et à parler vrai (trop parfois), nombreux étaient ceux qui, déjà, ne voyaient pas en lui le Président capable de se placer au-dessus des luttes politiciennes, d'intégrer le costume de son nouveau statut, de . Il ne nous a pas déçu.
N.Sarkozy a ouvert de nombreux chantiers et mis en marche de nombreuses réformes, dont certaines étaient absolument nécessaires. L'opposition socialiste n'a d'ailleurs pas fait preuve d'une opposition virulante, tant elle est divisée sur les personnes et les idées, c'est entendu, mais également parce qu'elle en approuvait le plus souvent le bien fondé. Cela c'est pour le positif.
Habile, il a trompé tout le monde en lançant l'artifice de l'ouverture qui n'en est finalement pas une puisque tous ceux qui l'on rejoint sont contenus dans le périmètre de la parole qu'on veut bien leur laisser exprimer. Mais aujourd'hui il ne fait pas illusion même s'il dit avec la même force qu'hier, le contraire de ce qu'il promettait durant la campagne.
Très people et clinquant du soir de sa victoire jusqu'à présent avec sa femme de chanteuse, il agace, il ennerve, il déçoit. Mais en arborant de manière ostansible un ton arrogant, parfois suffisant, qui tranche avec ses partenaires Chefs d'Etat européens et étrangers, il met en péril les positions de la France dans le monde, ce qui est grave ; d'autant plus au démarrage de la Présidence française de l'Union européenne.
Dernier exemple en date, après ne pas avoir caché son agacement et ses dissensions vis à vis de son premier ministre, il s'est inutilement mis à dos le milieu militaire en stigmatisant publiquement les "incompétences" de l'armée, suite à l'incident de Carcassonne il y a quelques jours. De même, dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, il a stigmatisé les contenus des programmes de France télévision les jugeant identiques à ceux du privé.
La réaction de Patrick de Carolis, fut autant tempérée dans la forme que vive dans le contenu en jugeant le propos de "faux, stupides et injustes". Voilà qui était surprenant, courageux et exact.
Le Président est omnipotent. Devrons-nous bientôt lui rendre hommage pour la qualité des programmes de télévision qu'il aura lui-même concocté ? Rien n'est moins sûr mais on peut s'interroger sur sa volonté à s'intéresser à tout, à prendre des décisions sur tout. Plus que de décevoir, cela sera certainement inefficace. Mais surtout cela m'apparaît être dangereux pour la Démocratie. A suivre...
Publié par gilleshuard à 23:35:08 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Ségolène Royale et Bertrand Delanoë, deux prétendants socialistes à la candidature à la tête du PS viennent de nous offrir un débat bien sympathique et sémantique sur le fait de savoir si l'on pouvait être socialiste et libéral ou si ces deux termes étaient incompatibles.
Le journaliste américain Ted Stenger disait hier sur RTL dans "on refait le monde" (que j'écoute quasi quotidiennement en revenant du travail) "C'est pour ça que je vis en France. C'est un spectacle sans avoir à payer le billet d'entrée..."
Plus sérieusement, j'y vois une source de satisfaction car les socialistes seraient enfin sur le chemin de la modernisation de leurs thèses et seraient sur le point, de vouloir, peut-être, semble-t-il, un jour prochain, accepter l'environnement qui régit notre pays depuis longtemps : l'économie de marché. J'ai l'air de blaguer, mais je pense que c'est un débat sérieux qui mérite d'être posé. Le libéralisme n'est pas mauvais en soi, qu'il soit politique ou économique. Comme en toute chose, il nécessite une régulation et un encadrement. La gauche française a toujours feint cette réalité lui préférant une idéologie étatiste à laquelle même ses voisins sociaux-démocrates européens ont tourné le dos. Elle en oublie volontairement que la régulation permet d'éviter les dérives du tout laisser-faire mais surtout elle permet d'assurer une certaine cohésion sociale en ne laissant pas de côté les moins armés dans un système qui n'en reste pas moins complexe et difficile.
Le débat plus que sémantique qui vient d'être ouvert montre que ce parti avance vers la voie de la rédemption, doucement, mais surement...
Publié par gilleshuard à 21:33:18 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Alors que Nicolas Sarkozy se prend le tapis avec sa majorité et ne cache pas ses critiques envers son premier ministre, François Fillon, que les couacs de sa majorité montrent le peu de soutien des députés à l'égard de certains de ses projets, on aurait pu imaginer que l'opposition socialiste aurait tiré profit de cette baisse de régime. Il n'en est rien.
Engluée dans ses dissensions internes, qui semblent déjà préfigurer ce que sera le futur Congrès de Reims à l'automne prochain chargé de désigner le prochain Premier secrétaire du partir, le PS est incapable de proposer une alternative crédible à l'UMP, mais se contente d'une opposition idéologique et stérile. Un bémol, lors de l'actuelle discussion sur la réforme des institutions, 17 parlementaires, dont le Député-Maire d'Evry et ancien proche de Lionel Jospin, Manuel Valls, ont courageusement signé un appel en direction de leurs collègues socialistes à voter la réforme des institutions proposée. Bravo à eux qui ont préféré mettre en avant les aspects positifs d'un texte censé renforcer la démocratie parlementaire, et qui leur ouvrira ainsi un espace supplémentaire pour contester les politiques qu'ils désapprouvent.
A l'opposé de cette attitude constructive qui devrait être celle de tout parlementaire, surtout compte tenu de l'importance d'une réforme constitutionnelle, les figures socialistes ont pour obsession d'être chef de file de leur mouvement. C'est Ségolène Royale qui a déclanché ce mouvement en se déclarant officiellement ; les autres, Manuel Valls, Pierre Moscovisci, Bertrand Delanoë, en attendant Jack Lang, Laurent Fabius, Martine Aubry ou qui sais-je, ne s'étaient pas encore déclaré ou tout juste "disponibles", l'expression pour dire qu'on attend que cela. Bref la campagne interne de la Présidentielle de 2012 est déjà lancée et elle risque de faire de fort dégâts puisque l'on préfère travailler la forme, l'enveloppe, que le fond du discours et du programme, et sur la stratégie d'alliances.
Et pourtant, c'est bien là qu'on attend les socialistes. Le PS deviendra-t-il enfin ce grand parti européen, décentralisateur, écologiste, et socio-libéral que les centristes espèrent, à l'image des socialistes espagnols, italiens, anglais ou allemands ou continuera-t-il à afficher le chaud et le froid, quitte à concilier l'inconciliable en acceptant l'économie de marché et en faisant alliance avec les communistes et la gauche alternative ? Nous le saurons, sans doute, peut-être, un jour...
Publié par gilleshuard à 23:57:30 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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