Un grand vent de fraicheur souffle sur la vie politique française avec la création du MoDem, entendez "Mouvement Démocrate", le nouveau parti politique créé par François Bayrou, au lendemain de l'élection présidentielle.
Tirant les enseignements de son bon score au 1er tour de l'élection présidentielle et de la forte attente des quelques 7 millions d'électeurs qui se sont portés sur nom, François Bayrou est désormais porteur d'une flamme centriste indépendante qui ne renie en rien son passé, mais qui tire les enseignements du passé et veut rompre avec la crise politique qui a plongé la France dans de nombreuses années de léthargie, promouvant son idéal de rassemblement au-delà des frontières politiques qui ont vécu.
Et preuve s'il en est, la volonté même du nouveau Président de la République de faire l'ouverture (et non pas un rassemblement) lui qui était le chantre d'une droite droitière qui s'assume. Mais on verra vite que, sur le fond, rien n'aura changé, dans la répartition du pouvoir, des nominations aux postes important de l'Etat, du lien qui unit N.Sarkozy avec les grands groupes financiers et médiatiques. Il tirera les ficelles de l'UMP depuis l'Elysée puisque déjà le parti qui l'a soutenu n'est que doté d'une direction collégiale en lieu et place du Président qu'il était. On ne le dit pas assez, mais cela n'est jamais arrivé auparavant sous la Vème République qu'il existe un lien si étroit entre un Président de la République et son parti d'origine. Mais cela est un autre sujet, j'y reviendrais dans d'autres billets.
Si l'espoir que François Bayrou porte est grand, l'avenir du mouvement centriste parait trouble avec le départ de nombre de députés UDF qui ont préféré sourire aux sirènes de la majorité présidentielle, leur permettant de faciliter leur réelection, que de rester fidèle à leur leader.
Compréhensible me direz-vous ? Oui d'un certain point de vue, si l'on pense stratégie de court terme politicienne. Mais regrettable moralement tant la confiance dans les politiques est érodée depuis longtemps ; nombre d'électeurs ne se renconnaitront pas dans cette manière de faire de la politique. Et plus encore, ces 22 ralliés à Sarkozy qui avaient effectivement la liberté de vote comme l'avait indiqué F.Bayrou au lendemain du 1er tour, auraient pu en continuant à rester fidèle à l'UDF-Mouvement Démocrate bénéficier dans leurs circonscriptions du soutien de nouveaux électeurs jusqu'à cette année absents des bureaux de votes, ainsi que tous les déçus de ce Parti socialiste sclérosé et à bout de souffle.
Ils ont préféré une stratégie de groupe, nationale, alors qu'une stratégie au cas par cas, localement pouvait aussi leur permettre une victoire dans un contexte politique national rénové. Quel gâchis !
En Loir-et-Cher, département que je connais bien, j'admire le courage de celles et ceux qui restent droit dans leurs convictions et fidèles à leur famille politique... Je sais que nombre des sympathisants et militants UDF sont déçus et déstabilisés par les positions des 2 députés locaux, en particulier Maurice Leroy qui, il y a seulement quelques jours, chargeait contre N.Sarkozy avec des mots très dûrs. Ils ont choisi de se rallier à la majorité présidentielle alors même que l'UMP locale est très divisée sur le soutien à leur apporter. Nous verrons dans quelques semaines si les électeurs s'y retrouvent...
Dans ce contexte difficile pour les centristes, c'est justement le bon moment pour croire au nouvel avenir qui s'offre aux centristes venus de droite et de gauche, aux socio-démocrates, démocrates-sociaux ou sociaux-libéraux, aux écologistes Verts ou de Cap 21, qui tous croient en la construction d'une grande force réformatrice pour le pays, rassemblant toutes les sensibilités démocrates et humanistes... En tous cas, moi j'y crois, pas vous ?
Vous souhaitez adhérer au Mouvement démocrate : cliquez ici
Publié par gilleshuard à 22:56:02 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Est-il si terrible d'être fidèle à ses valeurs et ses convictions que l'on doive se taire au risque d'être accusé de traitrise ou de compromission ?
C'est bien là tout le débat auquel les membres de l'UDF sont confrontés depuis l'entre-deux tours de la présidentielle. Le Conseil national qui s'est réunit se matin, où je n'ai malheureusement pas pu aller ("la France qui se lève tôt" !), a fourni quelques éléments de réponse. Un soutien massif à la position de son Président François Bayrou, qui doit, comme nombre d'élus partout en France, subir toutes les pressions inimaginables de la part des partisans de la pensée unique.
Eh oui, la défection de 23 des 29 députés UDF au Mouvement démocrate souhaité par François Bayrou, pose question. Mais elle ne doit en aucune façon remettre en cause le choix fait par le 3ème homme de la présidentielle qui, fort de ses 7 millions d'électeurs qui se sont portés sur son nom, souhaite contribuer à la rénovation de la vie politique française et rester fidèle et loyal à ses positions durant la campagne.
Evidemment il y a plus urgent, l'action du nouveau gouvernement au service de la nation. Mais celle-ci sera plus efficace s'il existe un pluralisme politique source d'action publique collective et non d'affrontement stérile entre une majorité omnipotente et une opposition absente des instances démocratiques qui n'a d'autre alternative de s'exprimer par la rue.
Le pluralisme politique c'est donc tout l'enjeu de la réussite des cinq ans qui viennent. Elle doit contribuer à apaiser un climat lourd après l'élection d'un Président largement et démocratiquement élu, mais qui bénéficie d'une image cultivée source de division entre les français, alors même que sa fonction est d'abord d'unir le peuple pour mieux le représenter.
Vous souhaitez adhérer au Mouvement démocrate : cliquez ici
Publié par gilleshuard à 00:55:28 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Plus que l'élection de Nicolas Sarkozy comme Président, le 2nd tour de la présidentielle restera comme le déclancheur d'une vrai recomposition politique en France.
Dans les esprits depuis longtemps, la rénovation du PS est engagée. Déjà avant le 1er tour, Michel Rocard et Bernard Kouchner avaient appelé à une alliance des socialistes et du centre.
Le 22 avril, Bayrou arrive 3ème du 1er tour avec 18,5% ; le Parti socialiste avec peu de réserve de voix à gauche est obligé de se tourner à sa droite afin d'espérer pouvoir être élu. Ségolène Royal ouvre la voix en proposant un débat à François Bayrou censé permettre aux électeurs centristes de se déterminer (... en sa faveur). Bayrou accepte la main tendue sans renier ses convictions. Le débat lui donnera raison.
Mais cette stratégie ne plait pas parmi les élus centristes, en particuliers les parlementaires. A coup de pressions, 22 d'entre eux se rallient à Nicolas Sarkozy.
Aujourd'hui, avec la large victoire de Sarkozy, l'UMP veut une nouvelle fois créer LE parti unique de la majorité. La méthode : une charte de soutien à la majorité présidentielle. Un vrai piège bien imaginé : tous ceux qui la signeront et s'engageront à la respecter (donc ne pas jouer leur rôle de parlementaire) n'auront pas de candidat de la majorité face à eux donc leur élection sera facilitée. Qu'ils soient ou non l'intérieur de l'UMP n'y changera rien, ils seront liés pour l'avenir.
Ce qui me choque le plus, c'est que ceux-là même qui dénonçaient le bi-partisme à la française, la pensée unique, qui rendaient hommage à la stature d'homme d'Etat et les positions courageuses de François Baryou, sont les mêmes qui aujourd'hui reviennent sur leur parole et tirent sur leur leader. Affligeant. Sans doute est-ce cela la real politique. Si c'est la rupture que veut imposer Sarkozy dans les méthodes et dans les pratiques politiques, c'est raté.
Si effectivement, la stratégie de François Bayrou peut surprendre tant elle est risquée ; elle est fidèle à ce qu'il dit depuis 5 ans : il faut changer le système de lutte d'un camp contre un autre qui est stérile. L'ont-ils déjà oublié ? Non, mais ils veulent avant tout être réélus et pour certains, ils n'ont pas accepté de ne pas être consultés sur cette stratégie de second tous. Nul n'est prophète en son pays...
Personnellement, je ne vois pas d'obstacle à travailler avec les représentants d'une gauche réformée et ouverte, tout comme d'une droite ouverte et tolérante. C'est une question de convictions et de valeurs. Et la force des convictions n'a rien à voir là-dedans, François Bayrou l'a bien montré. Je n'ai jamais pensé que tout était noir ou blanc, bien ou mal, ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencer. C'est sans doute cela le centre...
Publié par gilleshuard à 11:16:37 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Ca devait être un moment historique, ça l'a été ... une journée. Personne ne parle plus du très bon discours que Jacques Chirac a prononcé à l'occasion de son annonce qu'il ne se représenterait pas aux fonctions de Président de la République.
Un discours digne, fort, qui a été l'occasion pour lui de rappeler les valeurs de la République qui unissent l'ensemble des français et qu'il entend continuer à défendre d'une autre manière, dans d'autres lieux, dans d'autres fonctions. Un discours que l'on aurait aimé entendre au soir du 21 avril 2002, afin d'unifier le peuple français et le préparer à un gouvernement d'union nationale ou d'ouverture. Il n'en a rien été. Histoire de méthode et de 40 ans de pratique politique qui l'ont toujours amené à ne pas se laisser discter ses choix par les évènements.
Et c'est bien cela que l'on retiendra des deux mandats présidentiels de Jacques Chirac : un Président fort à l'étranger, se heurtant aux Etats-Unis dans la guerre en Irak et aux syriens pour l'indépendance du Liban, un Président respecté dans le monde entier, en particulier en Afrique, redonnant en quelque sort l'aura que la France avait perdu, un Président combattant ardemment les idées extrémistes du Front national et admettant publiquement la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs.
Mais aussi et malheureusement surtout, un Président très critiqué à l'intérieur de l'Europe, jouant souvant cavalier seul, méprisant à l'égard des pays entrants issus de l'Europe centrale et orientale ; un Président desintéressé par la politique intérieure française, multipliant les mauvaises décisions comme la dissolution ratée, ou les échecs (CPE, Référendum européen qui a enfoncé l'Europe dans une crise où elle est encore), englué dans les affaires du RPR apparaissant comme un "super menteur", un Président qui ne comprenait pas les français (dans son dialogue avec les jeunes)... bref un Président qui est passé à côté de beaucoup de choses...
Néanmoins un beau discours qui restera parmi ses meilleurs, laissant parmi les français l'image d'un homme proche des gens... mais avec un bilan pas suffisamment positif pour entrer dans l'histoire...
Publié par gilleshuard à 23:46:00 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis le 24-09-2006 :
192533 visiteurs
Depuis le début du mois :
10620 visiteurs
Billets :
318 billets
Commentaires