Ca y est nous y sommes !
Après une campagne électorale présidentielle faite de nombreuses promesses, après la victoire nette de Nicolas Sarkozy et la mise en place d'une nouvelle équipe, d'une nouvelle méthode, d'un nouveau style, il fallait entrer dans le vif du sujet, la rupture annoncée, nous y sommes.
Le Président hyper-actif est désormais au pied du mur. On nous a promis que les choses allaient changer, que les réformes de fond promises seraient mises en oeuvre contrairement à un ancien Président (suivez mon regard... !). On nous garantit que les français attendent cela au point de manifester une certaine impatience, on verra. Quoiqu'il en soit, le Président ne peut plus reculer. Temporiser est déjà décevoir. Le semi camouflet qu'il vient de signifier publiquement au premier ministre François Fillon qui s'est déclaré prêt à la réforme des régimes spéciaux n'attendant qu'un signe que son complice de Président, en stigmatisant son manque de méthode, risque d'apparaître aux yeux des français au pire comme un début de reculade, au mieux du doute ou de la prudence, en tout cas une première fissure dans le couple exécutif.
Mais quelle est-elle justement cette méthode ? Faire des effets d'annonce, provoquer le débat ou provoquer tout court, prendre les français à témoin, aller loin dans les annonces et propositions pour mieux revenir, nuancer et apparaître comme le meilleur Président d'ouverture et de négociation que la France n'ait jamais connu. Malin, efficace si l'on en croit la côte de popularité du Président, mais risqué à terme. Les espoirs fondés sont inversement proportionnels à la déception des partisans de Président d'un genre nouveau, brisant les lignes, bouleversant les repères. Mais l'important est le résultat et non la forme, l'affichage.
La France a souffert de sclérose durant de nombreuses années que droite et gauche ont dénoncé durant la campagne électorale pour préconiser des changements majeurs. Cette fois nous y sommes. Cet alignement des régimes spéciaux sur le régime général (et non celui des fonctionnaires) doit être mis en oeuvre. C'est une question d'équité et de préservation du système de retraite pour l'avenir.
Alors un peu de courage ! sinon on peut imaginer que l'espoir que certains ont mis dans le volontarisme de Nicolas Sarkozy retombera vite et que les 5 prochaines années seront à nouveau perdues. Et c'est quelqu'un qui n'a pas soutenu Sarkozy qui vous le dit. A suivre...
Publié par gilleshuard à 22:11:46 dans Politique France | Commentaires (1) | Permaliens
Il ne s'agit pas de désigner les bandes ou groupuscules qui agissaient secrètement durant la résistance l'occupant nazi lors de la seconde guerre mondiale. Non ce n'est cela.
On est décidément entré dans une nouvelle ère politique, qui s'annonce tout aussi passionnante qu'inquiétante...
Passionnante parce que la rupture annoncée est devant nous et se déroule sous nos yeux. Un Président volontariste qui agit sur tout les fronts et qui prend la parole quasi quotidiennement ; un Chef de l'Etat décidé (une fois n'est pas coutume) à mettre en oeuvre les réformes promises. La présidentialisation est en marche. N.Sarkozy agit avec une énorme habileté, que sans sa fougue irritante, on pourrait comparer au fin stratège qu'était F.Mitterand. Sa politique d'ouverture rassure le peuple de gauche, séduit les courtisans du pouvoir et est gage d'encouragement pour les réformes importantes mais douloureuses pour la nation qui sont à venir.
Passionnante aussi, la nouvelle pratique que souhaite développer Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'assemblée nationale en créant un cabinet fantôme, un gouvernement de l'ombre, chargé de suivre "à la culotte" l'action de l'ensemble des ministres du gouvernement. Une occasion pour faire entrer de nouvelles figures, dépoussiérer un appareil en mal de renouvellement, ce qu'à bien compris l'éléphant Dominique Strauss Kahn.
Cette ère politique est également inquiétante. Le Président apparait omnipotent et laisse un espace réduit à son gouvernement qui agit presque dans l'ombre, dans son ombre certes, mais sans réelle capacité de jouer le quelconque rôle de paravent en cas de difficultés. C'est exactement ce qu'il cherche mais qu'arrivera-t-il alors s'il ne peut faire sauter le fusible que consituait jusqu'alors le 1er ministre. Sans doute parie-t-il sur un total succès... pari risqué !
Mais une ère surtout inquiétante car si N.Sarkozy a plus de pouvoir qu'aucun Président jusqu'alors, le Parlement quant à lui en a de moins en moins. L'Assemblée nationale ne sera plus la chambre des débats sociaux et sociétaux sur les lois. Tout sera réglé en amont entre le Président et les partenaires sociaux, à l'Elysée, le Parlement ne sera dès lors qu'une chambre d'enregistrement des décisions. Les députés l'accepteront-ils ?... Et surtout changer la nature du régime sans changer la constitution de manière démocratique c'est à dire avec l'assentiment du peuple ou de ses représentants, voilà qui inquiéterait les plus fervents démocrates, dont je suis...
Publié par gilleshuard à 00:09:54 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Dûr dûr la politique. Eh oui ! Après être revenu en ayant changé disait-il, et reconverti au développement, Alain Juppé qui avait été réélu triomphalement à la Mairie de Bordeaux, et bénéficié après la présidentielle d'un ministère d'Etat, 2ème personnage du gouvernement, s'en est allé dimanche dernier, battu aux élections législatives. Cela reste le symbole de cette élection qui annoncait destructrice pour la gauche et prometteuse pour l'UMP. Il n'en a rien été. Localement, A.Juppé qui garde une grande popularité chez les bordelais (j'ai pu le vérifier hier où je suis allé pour le travail et en parlant avec plusieurs personnes), a subi un retour ministériel trop rapide et une certaine arrogance dont on le croyait débarassé.
Au niveau national, c'est bien à rééquilibrage auquel on a pu assister. Le Président Sarkozy a désormais la majorité lui permettant de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il vient de se faire élire, c'est là bien normal. Mais il aura en face de lui une vraie opposition qui voit son nombre de siège augmenter. Une opposition qui aura la charge d'être crédible, de proposer les amendements permettant la modification des mesures qui iraient trop loin ou pourraient être mal vécues.
Le véritable scandale de cette assemblée c'est qu'elle ne reflette en rien la réalité politique du pays. Le parti communiste à 2% qui bénéficie d'environ 15 sièges, le Mouvement Démocrate qui fait 7% en voix au national qui n'a que 4 sièges, le Nouveau centre qui fait 2% qui a 21 sièges... A quand la réforme du mode scrutin ? Sarkozy n'en veut pas et propose de dose minimale de proportionnelle, on verra ...
C'est en tous cas un sérieux avertissement pour le nouveau Président. Les français aiment conserver la liberté de leur vote et qu'on ne leur annonce pas les résultats à l'avance. Tout cela est plutôt rassurant et me plait bien. En plus, annoncer des mesures entre les deux tours alors que celles-ci n'ont ni été étudiées, ni validées, voilà qui relève du suicide électoral ; une bonne leçon pour ce cher Borloo que pourtant j'aimais bien.
Publié par gilleshuard à 18:08:54 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Il est des moments où il faut savoir défendre des convictions fortes. Et c'est un vrai coup de gueule que je souhaite pousser !
Nicolas Sarkozy qui se veut le symbole du libéralisme et de l'ouverture l'avait promis : Christian Vanneste, le député sortant de l'UMP condamné pour propos homophobes ne serait pas soutenu aux élections législatives. Il a tenu sa promesse, l'UMP ne l'a investi. Sauf que, si celui-ci a intégré l'anti-chambre de son ancien parti, le Centre national des indépendants, une sorte de sas entre une droite républicaine "acceptable" et l'extrême droite, ce qui est bien son droit après tout, en revanche, il ne s'est pas vu opposer de candidat de droite face à lui. Un moyen de tenir sa promesse sans déjuger les électeurs de ce député qui en séduit plus d'un électeur de droite. Pire, il a reçu le soutien actif du président de l'Assemblée Nationale, Patrick Ollier.
Doit-on croire que l'UMP soutient les propos de ce député du Nord qui fait honte à la République et qui a dit notamment que l'homosexualité est «inférieure à l'hétérosexualité» ? On peut espérer que non. Mais alors, qu'attend-elle pour "lacher" définitivement le député homophobe et que l'on ne se contente pas de condamner ses propos.
L'association Gaylib qui a fait campagne en faveur de Sarkozy à la présidentielle appelle elle-même sans succès auprès de ses amis au "tout auf Vanneste" ; C'est une preuve supplémentaire que la droite a encore des kilomètres à faire sur le chemin de la tolérance et de la rupture promise. Finalement, on admettra que l'UMP cherche à ménager la chèvre et le choux, la présence de Roselyne Bachelot et afin de draguer un électeur quelque peu conservateur voire homophobe.
Pour tout cela, je suis vraiment fier de ne pas appartenir à ce parti...
Publié par gilleshuard à 22:48:51 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Je reviens vers mon blog après quelques jours d'absence, pour réfléchir sur plein de choses, et pris par mes diverses occupations...
Marketing électoral en préparation des législatives, véritable tournant de la vie politique française par un renouvellement des méthodes, qui sait, mais on ne peut que constater que le Sarkozy auquel on était habitué et auquel on s'attendait n'est pas apparu au soir et depuis de son élection à la Présidence de la République.
Avec un ton nouveau, moderne, dynamique, mais trop souvent pressé, il a imposé un nouveau rythme dans la conduite des affaires, rompant volontairement avec le chiraquisme qui, du coup, a pris "20 ans dans la vue" (!), se montrant décomplexé vis à vis de l'argent (en atteste la polémique du yacht), laissant son épouse libre avec le protocole...
Avec un gouvernement resséré (15 ministre) et à parité hommes-femmes, pratiquant l'ouverture à gauche et notamment à une personnalité aussi emblématique que Bernard Kouchner, il a mis en oeuvre son très beau discours d'unité du soir du second tour. J. Chirac nous avait tellement habitué à ne pas tenir sa parole que nous en avons été surpris.
On a assisté finalement à un mois de présidence qui a plutôt convaincu les français et qui, ne nous trompons pas, à plutôt épaté nombre de politiques à droite, mais aussi à gauche. Ce Sarko, quel talent !
De ce fait, l'élection législative l'a montré, les français ne se sont pas déplacés. Parce que épatés par ce jogger pas aussi méchant qu'on pouvait le dire et le lire (?), séduits par cette ouverture à gauche, ou bien résignés à cette vague bleue prévue d'avance, les français ont cédé au monolytisme bi-partiste qu'on cherche à leur vendre depuis 5 ans.
Mais ne nous y trompons pas. Le danger vient bien de là. 5 ans sans contre-pouvoir, avec un PS en déconfiture, avec un MoDem pourtant 3ème parti de France décimé par un scrutin majoritaire couperet et injuste, avec juste un Nouveau Centre godillot et faire valoir de l'ouverture au centre. Tiens ! c'est nouveau ça ! La présence d'Hervé Morin au gouvernement marquerait l'ouverture vers le centre. Parlait-on d'ouverture quand l'UDF était associée aux gouvernements avec le RPR ; non juste d'"alliance". Il y a des choses comme ça qui évoluent...
Prenons garde ! Aussi séduisant soit-il dans sa méthode et son modernisme, Nicolas Sarkozy nous promet des lendemains qui vont déchanter que les quelques députés d'opposition ne sauraient à eux seuls empêcher. Dès lors, l'opposition se fera ailleurs... dans la rue sans doute. Est-ce cela que l'on appelle la démocratie ? A suivre.
En ce qui me concerne, je resterai vigilent. Ouvert, à l'écoute, mais droit dans mes convictions et combatif pour mes valeurs...
Publié par gilleshuard à 22:25:02 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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