Ségolène Royale et Bertrand Delanoë, deux prétendants socialistes à la candidature à la tête du PS viennent de nous offrir un débat bien sympathique et sémantique sur le fait de savoir si l'on pouvait être socialiste et libéral ou si ces deux termes étaient incompatibles.
Le journaliste américain Ted Stenger disait hier sur RTL dans "on refait le monde" (que j'écoute quasi quotidiennement en revenant du travail) "C'est pour ça que je vis en France. C'est un spectacle sans avoir à payer le billet d'entrée..."
Plus sérieusement, j'y vois une source de satisfaction car les socialistes seraient enfin sur le chemin de la modernisation de leurs thèses et seraient sur le point, de vouloir, peut-être, semble-t-il, un jour prochain, accepter l'environnement qui régit notre pays depuis longtemps : l'économie de marché. J'ai l'air de blaguer, mais je pense que c'est un débat sérieux qui mérite d'être posé. Le libéralisme n'est pas mauvais en soi, qu'il soit politique ou économique. Comme en toute chose, il nécessite une régulation et un encadrement. La gauche française a toujours feint cette réalité lui préférant une idéologie étatiste à laquelle même ses voisins sociaux-démocrates européens ont tourné le dos. Elle en oublie volontairement que la régulation permet d'éviter les dérives du tout laisser-faire mais surtout elle permet d'assurer une certaine cohésion sociale en ne laissant pas de côté les moins armés dans un système qui n'en reste pas moins complexe et difficile.
Le débat plus que sémantique qui vient d'être ouvert montre que ce parti avance vers la voie de la rédemption, doucement, mais surement...
Publié par gilleshuard à 21:33:18 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Alors que Nicolas Sarkozy se prend le tapis avec sa majorité et ne cache pas ses critiques envers son premier ministre, François Fillon, que les couacs de sa majorité montrent le peu de soutien des députés à l'égard de certains de ses projets, on aurait pu imaginer que l'opposition socialiste aurait tiré profit de cette baisse de régime. Il n'en est rien.
Engluée dans ses dissensions internes, qui semblent déjà préfigurer ce que sera le futur Congrès de Reims à l'automne prochain chargé de désigner le prochain Premier secrétaire du partir, le PS est incapable de proposer une alternative crédible à l'UMP, mais se contente d'une opposition idéologique et stérile. Un bémol, lors de l'actuelle discussion sur la réforme des institutions, 17 parlementaires, dont le Député-Maire d'Evry et ancien proche de Lionel Jospin, Manuel Valls, ont courageusement signé un appel en direction de leurs collègues socialistes à voter la réforme des institutions proposée. Bravo à eux qui ont préféré mettre en avant les aspects positifs d'un texte censé renforcer la démocratie parlementaire, et qui leur ouvrira ainsi un espace supplémentaire pour contester les politiques qu'ils désapprouvent.
A l'opposé de cette attitude constructive qui devrait être celle de tout parlementaire, surtout compte tenu de l'importance d'une réforme constitutionnelle, les figures socialistes ont pour obsession d'être chef de file de leur mouvement. C'est Ségolène Royale qui a déclanché ce mouvement en se déclarant officiellement ; les autres, Manuel Valls, Pierre Moscovisci, Bertrand Delanoë, en attendant Jack Lang, Laurent Fabius, Martine Aubry ou qui sais-je, ne s'étaient pas encore déclaré ou tout juste "disponibles", l'expression pour dire qu'on attend que cela. Bref la campagne interne de la Présidentielle de 2012 est déjà lancée et elle risque de faire de fort dégâts puisque l'on préfère travailler la forme, l'enveloppe, que le fond du discours et du programme, et sur la stratégie d'alliances.
Et pourtant, c'est bien là qu'on attend les socialistes. Le PS deviendra-t-il enfin ce grand parti européen, décentralisateur, écologiste, et socio-libéral que les centristes espèrent, à l'image des socialistes espagnols, italiens, anglais ou allemands ou continuera-t-il à afficher le chaud et le froid, quitte à concilier l'inconciliable en acceptant l'économie de marché et en faisant alliance avec les communistes et la gauche alternative ? Nous le saurons, sans doute, peut-être, un jour...
Publié par gilleshuard à 23:57:30 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Cette semaine, à l'assemblée nationale, on a pu assister à une scène pour le moins rare et stupéfiante au sein de l'hémicycle lors d'un vote de procédure qui n'aurait dû être qu'une formalité pour la majorité présidentielle et qui s'est traduit par une victoire pour l'opposition qui obtenait le rejet de la loi sur les OGM.
Si la stratégie était effectivement une manoeuvre de l'opposition pour bloquer le plus longtemps possible un débat que l'on sait embarrassant pour la majorité (la gauche n'osant espérer un tel résultat pour ce vote de procédure), elle s'est rapidement retournée contre ses auteurs puisque le 1er ministre a immédiatement convoqué une commission mixte-paritaire qui, de fait, faisait cesser tout débat et assurait le vote de la loi.
Comment en est-on arrivé là ? D'abord une absence de la plupart des députés, UMP et opposition comprise, sauf que cette dernière avait 1 voix de plus. Coïncidence ou hasard ? probablement, mais cela démontre deux choses :
- le cumul des mandats ne permet pas aux députés d'assurer pleinement leurs fonctions (même si l'on sait que le travail des députés ne se limite pas au vote des lois, mais comprend également un lourd travail en commissions diverses, de rédaction de rapports, questions etc...) ;
- le groupe des députés UMP est divisé, sur la méthode de travail gouvernementale et sur certaines des options retenues, mais surtout, et c'est une nouveauté, les parlementaires expriment leurs désaccord. Normal, vous me direz, en démocratie, certes ; malheureusement, ces prises de positions ne se traduisent pas dans les votes, sauf cette fois... au lieu de voter à contre-coeur ils ont préféré ne pas voter du tout.
La brillante et compétente Secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'avait dit et s'est d'ailleurs fait taper sur les doigts pour cela, les députés UMP sont des lâches et des hypocrites. Lâches, car ils n'assument pas leurs positions sur les OGM. Hypocrites, car ils soutienent dans les médias le travail gouvernemental sur ce dossier alors qu'ils ne partagent ni la méthode ni la position adoptée qui veut ménager la chèvre et le choux, concilier l'inconciliable.
Je ne suis pas contre la recherche scientifique, au contraire. Mais foncer tête baissée dans ce qui peut apparaître comme une réelle fuite en avant, sans garantie d'un mieux pour la population et pour la santé publique, est non seulement risqué mais dangereux. La question de l'alimentation se pose sur la planète, mais résoudre cette question nécessite de mener des études sérieuses et approfondies, dans le respect des principes écologiques et de développement durable sinon l'on risque des sévères déconvenues.
Pourquoi les députés UMP favorables à la culture des OGM cèdent à la pression du puissant syndicat agricole FNSEA, qui défend essentiellement les grands et riches céréaliers ? Pour des raisons électorales ? Ont-ils une si faible idée de la mission qui leur a été confiée par les électeurs ou de la notion d'intérêt général ou de l'élémentaire principe de précaution ? Je m'interroge et je condamne...
Publié par gilleshuard à 22:03:52 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Le Président de la République peine à retrouver des sondages favorables. Après son intervention télévisée nouvelle formule (plutôt réussie il est vrai), il n'a pas retrouvé les faveurs de l'opinion, mais qu'importe, ça le regarde ; l'essentiel n'est pas là, pour les français en tous cas.
Et pourtant, Nicolas Sarkozy a fait de son image l'élément central de sa stratégie de conquête du pouvoir. Et cela lui a plutôt réussi jusqu'à présent. Mais à coup de symboles par trop "bling bling" ou familiers voire populistes (le fameux "casse toi pauvre con"), il a laisse paraître l'image non pas d'un Président de la République qui sait prendre de la hauteur sur les évènements et sur les critiques, mais du toujours candidat qui dit les choses telles qu'il les pense et qui n'a pas peur d'aller au contact. Tout se passe comme si il avait oublié que les symboles que les images médiatiques véhiculent étaient parfois plus fort dans l'inconscient collectif que les discours, aussi sincères et profonds soient-ils. Quelle naïveté !...
Jusqu'à présent les médias ont été plutôt de son côté. Non pas qu'ils furent partisans (à quelques exceptions près !) mais comme bon client "vendeur" (les personnes adeptent d'un franglais de bon ton disent "bankable"), N.Sarkozy leur assurait de bonnes audiences ou de bonnes ventes de presse. C'était donc un échange de bons procédés.
Mais dès lors que la machine s'est enrayé, que la période de fascination pour le candidat puis Président "tout fou qui s'agite" non adepte de la langue de bois a tourné au vinaigre, alors les médias ont repris leur vrai métier, de communiquants qu'ils étaient devenus, ils sont revenus au journalisme. Nicolas Sarkozy en a perdu ses repères.
Alors, serait-elle là la vraie rupture ? Rien n'est moins sûr. Parmi les outils de communication dirigés ou son le contrôle de ses amis (Bolloré, Lagardère, Bouygues), il garde de nombreux contacts prêts à jouer présent et s'assurer du même coup un scoop, le jour l'ami Sarko a besoin d'un coup de main, que ce soit pour une couverture papier glacé d'un magazine ou une interview avec journaliste qu'il sait "bien pensant".
En revanche, il s'agace, s'ennerve, face à une presse qui se fait critique. Pire, il condamne. Et c'est là un vrai aveu de faiblesse, qui montre qu'il est sans doute dans une posture pire que celle qu'on veut bien lui prêter.
Mais après tout, n'est-ce pas le rôle de la presse que de contredire le pouvoir (quelqu'il soit) dès lors que celui-ci travestit des vérités, ou encore de faire de l'investigation face à des faits de société même s'ils peuvent être génants pour les majorités en place.
Autre hypothèse : ne serait-ce pas plutôt une stratégie volontairement adoptée, reprenant celle qui avait marqué le démarrage de François Bayrou dans les sondages durant la campagne présidentielle ? Peut-être. Sauf qu'en 2007, F.Bayrou était le petit candidat contre l'établissement, les pouvoirs en place et le bipartisme qu'on voulait imposer aux français. Sarkozy ne pourra jouer la même partition car représente le pouvoir en place puisqu'il est à sa tête...
Publié par gilleshuard à 13:38:41 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Au plus bas dans les sondages, et même plus qu'aucun de ses prédécesseurs Présidents de la République, c'est à une véritable séance de rattrapage à laquelle a participé Nicolas Sarkozy jeudi soir à la télévision.
Dans un décor un peu renouvellé mais a néanmoins coûté 280 000 (est-ce bien nécessaire pour 90 minutes d'antenne ?!), une formule voyant le retour la jadis "Heure de Vérité", Nicolas Sarkozy s'est efforcé de montrer qu'il avait "enfin" pris la dimension de sa fonction et qu'il était à l'écoute et comprenait les français.
Effectivement, dans son discours et son attitude, il est apparu plus présidentiel que jamais, humble voire compassé, admettant à plusieurs reprises avoir commis des erreurs d'appréciation, de communication, mais sur le fond rien de changé. Il est resté déterminé à ne pas rompre le rythme des réformes. Ca tombe bien, ce n'est pas vraiment cela que les français lui reprochent. Mal à l'aise sur la question du pouvoir d'achat, il a renvoyé l'heure du bilan à la fin de son quinquennat, certes.
J'ai particulièrement regretté son "couplet" sur les couacs gouvernementaux. Si l'on doit pouvoir suivre la ligne gouvernementale, j'estime néanmoins que, sans être contradictoires avec la nécessaire solidarité gouvernementale, les prises de position des Fadela Amara, Rama Yade ou Nathalie Kosciusko-Morizet apportent un vent de fraicheur dans la manière de faire de la politique, qui doit d'abord être basée sur les convictions et non le renoncement, et réhabiliter les politiques me semble-t-il.
Plutôt convainquant et pédagogue, la prestation de Nicolas Sarkozy m'a laissé sur ma fin, ainsi que les journalistes qui l'interrogeaient, notamment sur toutes les contradictions entre ses discours et promesses de campagne et prises de paroles et décisions d'aujourd'hui (notamment sur les droits de l'homme). Rien non plus sur le devenir du Grenelle de l'environnement qui avait créé un fort espoir et qui semble retomber comme un soufflé. Rien non plus sur sa capacité à respecter les engagements européens de la France en matière de réduction des déficits publics.
Bref, on a plus assisté à une opération de com' qu'on pourrait s'appeler "qui peut sauver le soldat Sarko" qu'à une émission d'information permettant de mieux savoir où le Président Sarkozy emmène la France...
Publié par gilleshuard à 12:44:58 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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