Je profite une nouvelle fois d'un autre ordinateur que le miens pour écrire quelques mots sur ce blog qui me manque mais je suis toujours empétré dans mon problème de connexion à internet avec Free et France Telecom (voir un billet précédent).
Pourquoi un point d'interrogation dans le titre de ce billet diront certains tant le spectacle de la lutte entre 2 projets et 2 personnes fut dévastateur et révélateur du creuset dans lequel le Parti socialiste se trouve depuis plusieurs années, et notamment le "non" à la Constitution européenne.
Dévastateur, car comme quelqu'un l'a dit (je ne sais plus qui...), Nicolas Sarkozy semble être à la fois le Président de la majorité et de l'opposition. Par ses interventions de "recadrage" de ses ministres aux voix discordantes, il donne le ton ce qui lui paraît être juste.
Juste, voilà le leit-motiv que Ségolène Royage a porté durant toute la campagne présidentielle et qu'elle a revendiqué encore durant la dure bataille pour la tête du PS. Mais de débat de fond il n'y en eut pas, ou si peu. Seul le respectable mais gauchiste Benoit Hamon a défendu avec courage et assurance ses convictions que, même si je ne les partage pas, j'apprécie la manière dont il a voulu en permenence ramener les opposants sur le terrain du débat d'idées.
Peine perdue car c'est à un vrai "tous contre Ségolène" auquel on a assisté. Contre Ségolène, à cause de sa défaite à l'élection présidentielle, et de sa médiatique image de femme profetrice plus que de femme politique feutrée mais déterminée qu'entend incarnée Martine Aubry. Mais aussi contre la rénovation des thèses et des méthodes du PS qui l'ont pourtant conduit à l'échec depuis 1995, date de l'élection de Jacques Chirac à la Présidentielle. Car depuis cette date, ce ne sont que les circonstances qui ont amené la gauche au pouvoir.
Au poids des mots on a préféré le choc des photos ou plutôt des images. Mais on peut s'interroger sur l'image de Martine Aubry et de sa nouvelle (durable ?) coalition qui vient d'écarter environ 50 % des militants du Parti socialiste. Une stratégie risquée. En effet, de Benoit Hamon au Strauss-Kahnien Pierre Moscovisci (converti entre temps au Maire de Paris Bertrand Delanoë), la coalition veut amalgamer tous les courants "traditionnels" du PS et montrer ainsi l'image d'un PS unifié et combatif. Qui le pense ?
Si je vois en Ségolène Royage une sorte d"'évangéliste laïque" qui ne fait pas illusion et reconnaît à la "femme aux 35 heures (Martine Aubry) tout le sérieux et la compétence d'une ancienne Ministre du travail, je reconnais à la première un courage et une détermination qui inspire l'admiration et la vision d'avoir compris la première non pas que le PS devait changer, mais qu'il fallait effectivement le faire. J'écoute avec intérêt un de ses lieutenants, Manuel Walls, le Député-Maire d'Evry qui, tout en restant à gauche et dans l'opposition, porte la parole d'un homme de terrain, confronté aux dures réalités de notre société et qui adopte une position plutôt non dogmatique.
Le PS pourra-t-il se remettre de ses divisions et du match qui vient de se dérouler au Congrès de Reims et les jours suivants ? Rien n'est moins sûr car la nouvelle direction qui vient de se constituer autour de la Maire de Lille, sans l'ensemble des courants du parti, et surtout sans 50% des militants, sonne comme une provocation à l'égard de Ségolène Royale. On semble lui dire : "tu veux garder la distance, et bien chiche !" Ségolène l'a bien entendu ainsi et met déjà en place une organisation parallèle afin d'être prête, sans le parti, au rendez-vous de 2012.
Mais on n'est bien loin de ce qui préoccupe réellement les français...
Publié par gilleshuard à 17:00:08 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
La crise financière qui vient se dérouler durant les dernières semaines dans le monde entier et qui a aboutit sur une crise économique est sans précédent depuis la crise des années 30.
En quelques semaines on a vu le château de carte bancaire s'éfondrer tant le système bancaire mondiale était inter-dépendant. L'origine du phénomène : la crise des subprimes ; ces prêts à taux variables dans l'immobilier américain qui on mis sur la paille tant d'américains quand ces taux devenaient élevés. Les banques se retrouvaient à se rembourser sur des maisons qui ne valaient plus grand chose et sans récupérer completement leurs billes. Cela a entrainé la faillite de Leman Brothers, la suite on la connaît. Cette crise devrait servir de leçon à l'établissement d'un nouvel ordre économique. Rien n'est moins sûr...
Le Président français a plutôt bien rempli son rôle, notamment au titre de la Présidence française de l'Union européenne (jusqu'à fin décembre), ceci, bien qu'il ait un peu tardé à réagir comment le lui réclamait le MoDem de François Bayrou et la gauche socialiste. Sans mépris aucun pour les petits Etats, le poids du Président slovène au du Président tchèque pour ne citer qu'eux n'aurait sans doute pas été le même. N.Sarkozy a dû avaler son idéologie libérale pour adopter un ton beaucoup plus gaullien d'intervention de l'Etat dans un secteur traditionnellement laissé à la libre concurrence.
Surtout, il a dû convaincre les plus récalcitrants eux-mêmes, les américains essentiellement, les anglais et les allemands dans une moindre mesure, qu'on ne pouvait plus continuer ainsi et que le monde marchait sur la tête. Comment accepter que quelques "traders" risquent des millions de dollars pour l'appât du gain au détriment de l'économie mondiale, au détriment des plus modestes et des classes moyennes qui constituent le coeur des économies car les plus grands consommateurs, ce sont eux. Ce sont eux qui permettent au entreprises de tourner et de se développer. Ce ne sont pas les milliardaires dont la propension à consommer est proportionnellement plus faible (car ils ont moins de besoins) ; c'est ce qu'on appelle en économie la "propension marginale à consommer".
Le creuset entre riches et pauvres est de plus en plus grand. Il importe de restaurer la confiance en une économie qui sert l'homme, non pas en une économie qui s'auto-alimente pour l'enrichissement de quelques uns uniquement. Et ce n'est pas un propos socialiste ou d'extreme gauche en disant cela, enfin je pense (!) J'espère que le nouveau Président Barack Obama prendra conscience de la nécessité de repenser le système économique mondial, que les pays émergents accepteront de se développer d'une autre manière que celle qui nous a vu nous développer pendant 50 ans. A suivre...
Publié par gilleshuard à 13:13:34 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Je viens de regarder la cérémonie d'hommage de la Nation aux 10 soldats français tués en Afghanistan. L'émotion était perceptible, je l'ai ressentie également. Un cérémonie sobre, digne, oecuménique ponctuée par un éloge funèbre du Président Sarkozy au ton juste, digne et émouvant dont j'ai partagé chacun des mots, qui donnait bien le ton de la communion nationale qui règne dans le pays autour des familles des soldats.
Une émotion qui ne cache pas des interrogations et éventuellement peut-être, plus tard, la polémique. L'enquête permettra de savoir ce qui s'est passé exactement ; le débat qui s'annonce au Parlement aurait pu permettre une vraie confrontation d'idées sur l'opportunité de notre présence en Afghanistan, mais le Président a déjà légitimé cette présence et indiqué qu'elle serait poursuivie. Dire le contraire eut sans doute été un propre désaveu de sa stratégie.
Le Président a avoué mesurer par ce drame le poids de ses responsabilités en tant que chef des armées. Je le comprends. Il a pris la décision de renforcer la présence militaire française en Afghanistan, un pays enfoncé dans un bourbier incomensurable où les forces occidentales semblent impuissantes. Face à ce "nouveau Vietnam", la présence d'une coallition internationale, la présence de 25 des 27 Etats de l'Union européenne a-t-elle encore un sens ? Combien d'autres drames y aura-t-il encore ? Certes, les militaires participent à une mission qui vise à pacifier le territoire et rétablir à terme un ordre démocratique, mais à quel terme, et dans quel contexte ? Alors que l'on a vu une avancée majeure des talibans sur le territoire afghan qui sont désormais aux portes de Kaboul, il y a de quoi s'interroger... Je ne sais pas ce qu'il convient de faire, j'admire l'action de nos soldats mais je suis inquiet pour l'avenir car je ne vois pas d'issue dans la logique actuelle. Sans doute convient-il de changer notre stratégie et celle de l'OTAN dans la région. Une option qui semble prendre le pas, affaire à suivre...
Mais en ce jour, je préfère rester dans le registre de l'hommage et exprimer ma compassion aux familles...
Publié par gilleshuard à 13:03:00 dans Politique France | Commentaires (1) | Permaliens
En matière de droits de l'homme l'essentiel n'est pas de participer mais d'avoir des idéaux, des valeurs, des convictions et de s'y tenir.
Je me rappelle le discours mémorable de Nicolas Sarkozy sur les droits de l'homme, prononcé le 13 mars 2007, il y a donc un peu plus d'un an, durant la campagne présidentielle. J'avais admiré ses mots qui disaient :
" Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant eux. La France ne fait pas exception, et il appartiendra au prochain président de lui faire franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés.
Je veux être le Président d'une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai pas devant ces insultes aux droits de l'homme.
Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l'homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes."
Certes, il y eut son implication dans la libération des infirmières bulgares ou sa contribution à faire pression pour la libération d'Ingrid Bétancourt, mais son attitude concernant la Chine, et notamment ses relations avec le Tibet, efface presque tout le reste. C'est une claque aux droits de l'homme qu'il vient de donner en annonçant discrètement, par un communiqué, qu'il se rendrait à la cérémonie d'ouverture des J.O. à Pékin. Alors qu'il n'hésite pas à défendre et marteler ses prises de positions, cette fois il reste discret, preuve qu'il n'est pas à l'aise. Et le fait qu'il préside l'Union européenne qui doive l'amener à privilégier un certain consensus n'excuse rien.
Pire, l'avertissement, voire l'intimidation faite par l'Ambassadeur de Chine en France en cas de réception du Dalaï Lama, a le goût de l'humiliation et renvoie à une réalité : Sarkozy n'est pas Chirac, qui sur ce point (même si on pouvait lui repprocher beaucoup de choses par ailleurs) n'aurait jamais laissé la France subir un tel affront. La France peut donc se laisser mener par le bout du nez par la Chine alors que l'Allemagne et la Grande-Bretagne restent droits dans leurs bottes.
Espérons comme l'a dit Jack Lang qu'il profite de sa présence en Chine pour réafirmer les valeurs et positions de la France et de l'Europe en faveur des droits de l'homme. Rien n'est moins sûr...
Publié par gilleshuard à 22:04:28 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Le Président Sarkozy serait-il en train de perdre ses nerfs ?
Voilà une des raisons qui m'a amené à réagir (je pense avec lucidité) lors de mon vote durant le second tour de la Présidentielle. Nous l'imaginions ainsi, Nicolas Sarkozy l'a fait. D'ailleurs nous ne faisions pas que l'imaginer ; lors de son passage au Ministère de l'Intérieur, nous avons déjà tous collectivement éprouvé ses prises de position provocatrices qui apparaissent alors comme le fait de dire tout haut ce que la plupart des français pensaient tout bas. Certes ce n'était pas faux, mais dès lors, pour en faire quoi ?...
Si l'on admirait son volontarisme à toute épreuve, sa capacité à affronter les problèmes et à parler vrai (trop parfois), nombreux étaient ceux qui, déjà, ne voyaient pas en lui le Président capable de se placer au-dessus des luttes politiciennes, d'intégrer le costume de son nouveau statut, de . Il ne nous a pas déçu.
N.Sarkozy a ouvert de nombreux chantiers et mis en marche de nombreuses réformes, dont certaines étaient absolument nécessaires. L'opposition socialiste n'a d'ailleurs pas fait preuve d'une opposition virulante, tant elle est divisée sur les personnes et les idées, c'est entendu, mais également parce qu'elle en approuvait le plus souvent le bien fondé. Cela c'est pour le positif.
Habile, il a trompé tout le monde en lançant l'artifice de l'ouverture qui n'en est finalement pas une puisque tous ceux qui l'on rejoint sont contenus dans le périmètre de la parole qu'on veut bien leur laisser exprimer. Mais aujourd'hui il ne fait pas illusion même s'il dit avec la même force qu'hier, le contraire de ce qu'il promettait durant la campagne.
Très people et clinquant du soir de sa victoire jusqu'à présent avec sa femme de chanteuse, il agace, il ennerve, il déçoit. Mais en arborant de manière ostansible un ton arrogant, parfois suffisant, qui tranche avec ses partenaires Chefs d'Etat européens et étrangers, il met en péril les positions de la France dans le monde, ce qui est grave ; d'autant plus au démarrage de la Présidence française de l'Union européenne.
Dernier exemple en date, après ne pas avoir caché son agacement et ses dissensions vis à vis de son premier ministre, il s'est inutilement mis à dos le milieu militaire en stigmatisant publiquement les "incompétences" de l'armée, suite à l'incident de Carcassonne il y a quelques jours. De même, dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, il a stigmatisé les contenus des programmes de France télévision les jugeant identiques à ceux du privé.
La réaction de Patrick de Carolis, fut autant tempérée dans la forme que vive dans le contenu en jugeant le propos de "faux, stupides et injustes". Voilà qui était surprenant, courageux et exact.
Le Président est omnipotent. Devrons-nous bientôt lui rendre hommage pour la qualité des programmes de télévision qu'il aura lui-même concocté ? Rien n'est moins sûr mais on peut s'interroger sur sa volonté à s'intéresser à tout, à prendre des décisions sur tout. Plus que de décevoir, cela sera certainement inefficace. Mais surtout cela m'apparaît être dangereux pour la Démocratie. A suivre...
Publié par gilleshuard à 23:35:08 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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