Même si, après avoir largement commenté les élections blésoises, je devrais me consacrer à autre chose, je ne résiste pas à un petit commentaire sur un article lu dans le journal local intitulé "Cinq élus se retroussent les manches", évoquant le fait que ces élus de la nouvelle majorité étaient déjà à travailler le lendemain de l'élection. Un article de pure forme, qui n'aborde aucunement les questions de fond, un article un peu "gadget" finalement.
Cela m'inspire deux commentaires : d'abord le fait que tout chef de file qui l'emporte dans une élection municipale commence à travailler seul ou avec ses collègues le lendemain de l'élection. La fête passée, on peut imaginer qu'il ne part pas à la pêche ou en ballade, donc rien d'étonnant à cela.
Par ailleurs, durant la campagne contre N. Perruchot, la gauche avait beaucoup raillé le fait que le Maire était enclin à communiquer sur son action. De ce fait, on aurait pu imaginer que, une fois en place, la nouvelle majorité, adopterait des méthodes différentes et une attitude plus en recul. Dès lors, si cet article a pu être réalisé et publié, il a bien fallu qu'il y ait acte de communication en direction de la presse. On voit donc bien qu'il y a eu la volonté de mettre en scène la réactivité supposée des nouveaux élus. Voilà ainsi un premier acte du nouveau Maire contraire à son discours de campagne ; espérant qu'il n'y en ait pas d'autres...
Publié par gilleshuard à 20:34:47 dans Municipales - Cantonales 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Municipales :
Avec plus de 60 % des suffrages sur nom, c'est une véritable claque que Marc Gricourt et sa liste viennent de donner à la liste portée par Nicolas Perruchot à Blois.
|
VILLE DE BLOIS |
Nombre de voix |
% |
Sièges gagnés |
| Nicolas Perruchot (NC-UMP) |
6 763 |
39,31 |
8 |
| Marc Gricourt (PS) |
10 441 |
60,69 |
35 |
| Total |
17 204 |
100 |
43 |
En dépit d'un très bon bilan, le Maire sortant n'a pas réussi à conforter une implantation souvent mise à mal sur la seule ville dans les autres élections locales ou nationales depuis 2001 (cantonales, régionales, législatives, présidentielles).
Je profite de ce billet pour adresser un coup de gueule contre tous ceux qui veulent voir dans le Mouvement démocrate blésois le responsable de la défaite de Nicolas Perruchot. C'est facile, trop facile. D'abord, parce que le MoDem a fait la démonstration au plan national de son posionnement central et indépendant des autres formations politiques. Au nom de quoi celui-ci devrait-il se considérer lié à l'équipe du Maire sortant, alors même que celui-ci a fait un autre choix que celui de suivre les convictions du parti dont il était issu, l'UDF ?
Considérer que les 16 % de Jean-François Mortellette lui étaient acquis est non seulement inexact en l'absence d'une quelconque consigne de vote, mais aussi faux alors même que les électeurs sont libres de voter en conscience pour qui bon leur semble, quand bien même il y aurait consigne, et plus encore, stupide, car si l'on fait la somme des scores obtenus par N.Perruchot et JF Mortellette au 1er tour on obtient tout au plus 45,28 % et non les 50 % nécessaires pour l'emporter. Ce n'est donc pas le MoDem qui a fait perdre Nicolas Perruchot.
Non, en fait, je vois plusieurs explications à cette défaite :
- D'abord le fait que la gauche ait réussi à dépasser ses différents pour se rassembler dès le 1er tour, le fait aussi qu'elle ait fait une campagne de proximité, avec une tête de liste déjà très implantée dans les quartiers nord de la ville ; faute de mobilisation de l'électorat de droite, la sociologie de la ville donne structurellement la majorité à la gauche... ;
- Ensuite car Nicolas Perruchot a été victime de son soutien à Nicolas Sarkozy depuis le 2ème tour de la Présidentielle, dont l'image est plutôt défavorable actuellement dans l'opinion ;
- Enfin et surtout car dans un monde de plus en plus médiatique, un bon Maire est un bon gestionnaire, il l'a été, mais aussi un bon communiquant, il l'a été, mais ceci dans la proximité avec les citoyens, c'est sur ce point qu'il a pêché me semble-t-il, non intéressé qu'il fut d'aller à la rencontre des habitants, dans la simplicité de la rencontre au détour d'une rue, ou d'une rencontre sur le marché ; lui qui se prévalait d'appartenir à la "génération terrain" s'est embourbé sur le terrain des relations humaines.
Comme je l'indiquais à une nouvelle élue de la majorité, comme républicain et démocrate, j'adresse mes félicitations à la nouvelle équipe et lui souhaite bonne chance dans la mise en oeuvre des nombreuses promesses qu'elle a pu faire. Je fais également le voeu qu'elle agisse dans l'intérêt général, sans esprit partisan ou idéologique, ni sans revenir sur les méthodes du passé qui ont montré leur échec, notamment dans le domaine de la jeunesse...
Cantonales :
En dépit des manoeuvres de ses adversaires, Marie-Hélène Millet a été réélue sur le canton de Blois 1. Elle sera accompagnée au Conseil général d'un autre élu MoDem, Jean-Paul Pinon. Tous les deux ont été élus avec environ 60% des voix.
Publié par gilleshuard à 21:29:26 dans Municipales - Cantonales 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
La majorité présidentielle a eu du mal à prononcer le mot "défaite" depuis hier soir, il s'agit pourtant bien pour elle d'une défaite cuisante que le 1er tour annonçait déjà mais dont on ignorait l'ampleur.
Même si la majorité présidentielle réussit à "sauver" Marseille et l'emporter dans quelques petites villes, c'est surtout pour elle une défaite aux municipales avec environ une quarantaine de villes de plus de 100 000 habitants qui passent à gauche dont Toulouse, Strasbourg, Reims, Metz, Caen, Amiens et Saint-Etienne, mais aussi de plus de 20 000 habitants comme à Blois, Angoulème, Perigueux, Quimper...
Mais aussi défaite aux cantonales puisque les départements de l'Ain, la Corrèze, les Deux-Sèvres, l'Indre-et-Loire, le Lot-et-Garonne, la Somme, le Val-d'Oise... et de l'Allier (d'un siège) passent à gauche. Il faudra attendre le 20 mars, jour d'élection des exécutifs pour connaître la carte définitive de ces élections avec d'autres départements en balance.
Voici l'enseignement que je tire de cette folle soirée électorale. C'est d'abord une situation inédite dans la vie politique française avec un Président et un Gouvernement issus d'un camp, l'UMP et ses partenaires, et les régions (sauf l'Alsace), une majorité de départements, et la plupart des grandes villes, issus de l'opposition PS et PC.. C'est une sorte de cohabitation d'un nouveau genre. Reste à espérer que de part et d'autre, chacun prendra ses responsabilités, et sera respectueux de chacun, dans le respect des valeurs républicaines et démocratiques.
On a assisté à la résurgence de cette vieille "union de la gauche" que l'on ne croyait plus voir tant elle met le Parti socialiste sur des positions souvent conservatrices et contraires à ce qu'exigerait une modernisation de ses méthodes et de son programme. Cela me fait dire que si l'on peut reconnaître sa qualité de gestionnaire, localement, le PS ne parvient pas à créer au plan national les conditions de la victoire tant il est loin de ce qu'attend la population, en terme de gouvernance.
Autre constat, le Parti communiste n'est pas mort. Il se renforce en s'imposant à Vierzon ou Dieppe mais perd Calais, Montreuil et Aubervillers mais surtout le Département de la Seine-Saint-Denis qui passent sous gestion UMP ou PS. Il faudra suivre dans quelques jours ce qu'il en sera de l'Allier... Par ailleurs, le FN disparait de la gestion des communes, ce dont je ne peux que me satisfaire.
Enfin, j'y reviendrais dans un autre billet, si le Mouvement démocrate réussit à montrer qu'il existe et qu'il faudra compter sur lui, il souffre encore d'un manque de lisibilité, tant sa démarche bouscule les clivages traditionnels.
Pour la majorité présidentielle, c'est un coup de semonce. En dehors des enjeux et contextes purement locaux qui semblent d'abord avoir compter, les électeurs ont sans conteste sanctionné l'image et le style du Président Sarkozy, mais aussi l'abscence de résultats attendus dans la politique gouvernementale. Le Président devra donc, s'il veut envisager une quelconque réelection dans quatre ans, opter pour une présidence plus simple, plus en phase avec la tradition républicaine, et surtout obtenir des résultats dans ses réformes afin de montrer qu'elles étaient utiles et non idéologiques, mais plus encore pour redresser les finances de notre pays, ceci sans oublier les plus modestes, dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat et de crise du logement...
Publié par gilleshuard à 12:00:54 dans Municipales - Cantonales 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Bizarre, cette manière de voir la politique.
J'ai entendu ce soir à la radio Marie-Georges Buffet énoncer à une journaliste l'ensemble des villes que le Parti Communiste était susceptible de "gagner" (selon ses propos) dimanche prochain lors du 2ème tour des municipales. Peut-être prise dans l'euphorie de la resurgence d'un parti qu'on croyait en voie d'extinction, elle n'a pas vu qu'elle avait utilisé un terme peu symbolique de ce que doit être une élection, le temps de la démocratie.
Evidemment, me direz-vous, elle n'est pas la seule à utiliser ce type d'expressions pour qualifier le poids ou la puissance que représente un parti dans l'échiquier politique, certes, mais venant d'une représentante de ce parti dit "du peuple", cela laisse à réfléchir...
Cela m'interpelle car, si effectivement chez la plupart des responsables de partis politiques, les élections constituent souvent l'occasion de se compter, ils en oublient souvent le sens que ces élections prennent, sur le terrain, chez "la France d'en bas" (comme dirait l'autre). C'est d'abord l'engagement local de femmes et d'hommes, militants ou non de partis politiques, qui sont étrangers aux combinaisons d'appareils qui prendraient le pas sur l'intérêt, selon eux, de leur territoire. Mais c'est aussi et surtout pour les simples citoyens, l'occasion de s'exprimer, de donner leur confiance et de formaliser par leur vote l'espoir qu'ils mettent dans leur candidat favori...
Alors s'ils vous plait, mesdames et messieurs les responsables politiques, arretez de considérer les électeurs comme des actionnaires minoritaires de vos partis et par voie de conséquence de vos carrières politiques, et prenez au sérieux leur expression, sincère et libre, sérieuse mais précaire, symbole de toute la confiance et le crédit qu'ils vous accordent.
Vous pensez que je suis trop idéaliste, peut-être...
Publié par gilleshuard à 21:18:21 dans Municipales - Cantonales 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Jean-François Mortelette, la tête de liste du MoDem blésois, vient de l'annoncer sur France 3 Centre, il ne jouera pas les "roues de secours" de Nicolas Perruchot, entendez par là que la liste se retire sans consigne de vote, laissant ainsi la liberté aux électeurs de se positionner au second tour. Nulle doute que nombreux seront ceux qui voteront blanc, d'autres souhaiteront faire barrage à la gauche, d'autres encore sanctionner le Maire sortant, bref un grand suspense se profile...
Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une décision courageuse, qui n'a pas été facile à prendre, tant l'investissement était grand et l'espoir fort pour cette équipe nouvelle, jeune, réunissant militants de longue date et nouveaux venus en politique qui se sont engagés dans la foulée de l'élection présidentielle et de la "vague orange". Mais une décision logique et cohérente avec la stratégie globale du Mouvement démocrate. Etre indépendant et non supplétif des forces en place.
Aucun élu du MoDem à Blois, c'est donc une force locale importante qui ne sera pas représentée au Conseil municipal et qui laissera donc les clans habituels UMP-PS s'affronter... Mais le MoDem blésois n'abandonne pas pour autant le combat et se concentrera désormais à préparer l'avenir et le renouveau de la vie politique blésoise.
Publié par gilleshuard à 19:22:17 dans Municipales - Cantonales 2008 | Commentaires (3) | Permaliens
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