En 2002, lors du sommet mondial du développement durable, à Johannesbourg, Jacques Chirac alors Président de la République déclarait en assemblée plénière "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre... La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d’ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d’alerte s’allument. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie....". Un beau discours qui voulait avec force tenter de faire bouger les choses, alerter les consciences des Chefs d'Etat. Résultat ? Rien
Depuis lors, des différents rapports du GIEC, le groupe d'experts intergouvernnementaux sur l'évolution du climat (composé de 2500 scientifiques du monde entier) qui démontrent changement climatique provoqué par l'homme, aux nombreuses catastrophes naturelles engendrées à travers le monde, la preuve est faite que le réchauffement est déjà engagé, avec des conséquences dramatiques et irréversibles, en particulier pour les régions les plus mal armées pour y faire face.
Le Sommet de Copenhague apparaissait comme celui de la dernière chance afin de tenter d'éviter le pire, une augmentation de la température de la planète de 2° à échéance de 2050, température jugée maximale que la terre puisse accepter en dépit de conséquences importantes et déjà mesurées : augmentation du niveau de la mer, érosion des côtes et disparition d'un certain nombre de territoires insulaires (Maldives..), raréfaction de l'eau dans les territoires désertiques, etc, etc, etc...
Le chaud et le froid ont soufflé sur le sommet (sans jeu de mot). D'abord on a annoncé une absence d'accord du fait de l'absence du plus gros polueur de la planète, les Etats-Unis. Puis l'espoir est revenu avec la présence confirmée de Barack Obama. Puis durant le sommet, le blocage a été de plus en plus évident dès lors que l'on s'approchait de l'arrivée des 182 Chefs d'Etat, un moment historique dans l'histoire des relations internationales.
Une véritable occasion gachée, essentiellement à cause de 3 pays : les Etats-Unis et la Chine, et pour d'autres raisons l'Inde. Le premier, ne veut pas réduire ses émissions de CO2 si le second ne fait pas l'objet de vérifications comme l'ensemble des Etats signataires d'un accord. Même si la Chine a compris les enjeux pour la planète, elle y voit une atteinte insupportable à sa souveraineté. L'Inde de son côté ne veut pas freiner son développement en cours, alors que les pays occidentaux responsables de l'état actuel du climat ne se sont pas génés. Bref chacun attend que l'autres fasse un pas, c'est la situation de blocage.
Notre Président s'est plutôt bien battu à Copenhague, dans un certain consensus national, mais il s'est confronté à une Europe divisée notamment sur le fait d'imposer par une déclaration unilatérale une baisse de 30% des émissions de CO2 à l'intérieur de l'Union européenne. Cette idée aurait au moins permis à l'Europe de garder la face et de montrer du doigt les opposants à l'accord. Mais les opposants y vont un risque pour la compétitivité de l'Europe si elle se donnait seule cet objectif. L'économie, toujours l'économie... mais la planète n'attends pas !
Et maintenant alors ? Restent deux rendez-vous d'ici à l'année prochaine : le sommet de Bonn dans 6 mois et celui de Mexico dans un an, qui devront transformer les bonnes intentions de l'accord final de Copenhague en Traité contraignant
Mais l'on ne peut qu'être très pessimiste sur l'issue de ces deux prochains rendez-vous. A moins que cet échec ne résonne comme un coup de semonce chez les responsables du monde ou que les consciences collectives ne se révoltent au risque de provoquer des troubles à l'ordre publique dont l'issue est hasardeuse.
Publié par gilleshuard à 23:36:21 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Tous les experts s'accordent à le dire, israëliens et palestiniens le savent, la seule solution viable durablement pour mettre un terme au conflit israëlo-palestinien et la création de deux états, un israëlien, et un autre palestinien. Pour ce faire, le préalable demandé par les palestiniens avant d'engager de nouvelles négociations et relancer le processus de paix et le gel des implantations de colonies en cis-jordanie, cette partie parlestinienne qui continue à être occupée en partie par Israël en dépit des nombreuses résolutions de l'ONU.
Au lieu de faire preuve de fermeté en la matière, Hilary Clinton a préféré tenir un double discours, fait de bienveillance envers Israël et en qualifiant de "sans précédent" une offre israélienne de gel partiel de la colonisation puis en rassurant les palestiniens en indiquant que les Etats-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite des implantations israéliennes. Alors que penser ? S'agit-il d'une diplomatie du double langage ? Hilary Clinton montre-t-elle à cette occasion les limites de ses compétences ? Trop tôt pour le dire sans doute, mais l'administration Obama semble marcher sur des oeufs à l'international. Il est vrai que les dossiers sensibles sont nombreux : Afghanistan, Pakistan, Iran, Israël-Palestine...
Mais peut-on imaginer que le futur Etat palestinien puisse voire le jour de manière viable s'il est morcelé et constitué d'une multitude d'enclaves israeliennes où l'Etat souhaitera continuer à assurer la protection des populations y vivant. Quelles seraient les possibilités d'une paix durable dans ces conditions ? ...
Publié par gilleshuard à 14:48:35 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a des symboles qui marquent et qui donnent à celui qui les ose une stature majeure. Ainsi, comme l'avait Elmut Kohl en tenant la main de François Mitterand près de Verdun marquand la réconciliation et l'amitié franco-allemande, la présence de Angela Merkel à Paris en ce jour de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918 est un symbole important, majeur.
Le dernier ancien combattant français (un "poilu" de 14-18) ayant disparu, Nicolas Sarkozy souhaitait faire évoluer la nature même de ces commémorations en faisant de cette journée une manifestation de l'amitié franco-allemande. Restait à ce qu'un chancelier allemande vienne à Paris, chose non aisée puisqu'en Allemagne le 11 novembre marque une défaite et n'est donc pas célébré. Gerard Schroder avait une première fois décliné l'invitation, estimant que c'était trop tôt.
Angela Merkel qui vient d'être reconduite à la tête de l'Etat allemand et de commémorer les 20 ans de la chute du Mur de Berlin a compris le sens de ce symbole et permet une fois de plus d'encrer la relation spéficique qu'entretienne France et Allemagne depuis 1945, faite d'amitié et de partenariat, dans la durée et confirmer cette relation privilégiée comme un socle intengible de la construction européenne.
Publié par gilleshuard à 14:30:15 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Quelle joie de revivre depuis quelques jours une histoire qui a symbolisé le tournant de l'histoire européenne : la chute du Mur de Berlin. A travers les commémorations biensurs ce 9 novembre, mais plus encore grâce aux nombreux reportages diffusés sur la période on a découvert le plus souvent l'histoire dans l'histoire, les petites histoires : les coulisses de la grande histoire, la réaction des chefs d'Etat et diplomates aux évènements, (passionnant !) et les petites histoires de ces anonymes
J'ai revu avec plaisir "Good bye Lenine" qui donne une photo de ce qu'avait pu être la RDA dans certains aspects (pas les plus noirs) mais aussi montre le décalage entre un système et un autre lorsque qu'une vie est bouleversée du jour au lendemain...
J'ai cherché à me souvenir ce que je faisait il y a 20 ans au soir du 9 novembre. Je ne m'en rappele pas et pour cause, puisqu'aucune chaine de télévision n'a pu diffuser les images de la destruction du mur par manque de faisceau. En revanche, je me rappellerai toujours ces mois où, à 17 ans, je voyais l'Histoire se dérouler devant mes yeux ébahis regardant la télévision. Une sorte de feuilleton quotidien qui tels des dominos voyaient le système communiste s'effondrer. Des grèves de Solidarność, en Pologne, en 1988 à la Chute de l'empire soviétique en août 1991, ce sont autant de bouleversements qui ont permis à l'Europe de l'est de changer d'ère (et d'air).
Le Mur de Berlin dans tout cela n'est en effet qu'un épiphénomène dans cette histoire car dès l'ouverture du rideau de fer entre la Hongrie et l'Autriche, le signal était lancé envers la population alors que les soldats avaient reçu l'ordre de Moscou de ne pas tirer.
Ce qui fut étonnant c'est la soudaineté de l'évènement alors que le matin même du 9 novembre le ministre des affaires étrangères français déclarait que la chute du mur interviendrait mais sans doute dans plusieurs mois et la réunification peut être pas de son vivant. Elle intervient moins d'un an plus tard.
La chute du Mur de Berlin est importante parce que symbolique. Elle symbolise la liberté, la séparation de familles entières, elle rappelle les nombreux morts qui ont péri à vouloir le franchir, la stupidité de certaines décisions de pouvoir qui ne compennnent pas que la liberté triomphe toujours, parce que c'est l'aspiration de tout homme après boire et manger.
En ces temps de commémorations, je pense à tous ces autres murs qui existent à travers le monde, qui séparent les hommes, qui provoquent tant de haine et de souffrance, souvents absurdes ou inutiles : entre Isräel et la Palestine, entre les 2 Corrées, y compris en Europe, à Nicosie sur l'île de Chypre, à Belfast en Irlande, à Ceuta (l'enclave espagnole au nord du Maroc)...
Merci d'avoir pensé lors de la chute des dominos lors des commémorations à avoir penser à garder un mur debout, symbolisant tous les murs qui ne sont pas tombés...
Publié par gilleshuard à 10:21:58 dans International | Commentaires (2) | Permaliens
Voilà qui a surpris le monde entier. Barack Obama n'est pas le premier Président d'un Etat du monde à recevoir le prix Nobel de la paix. Mais c'est une des rares fois où celui-ci est décerné si peu de temps après l'investiture du Chef d'Etat et encore plus sans que celui-ci ait fait montre d'une quelconque action concrête en faveur de la paix.
Président médiatique, orateur remarquable, symbole d'intégration pour le monde entier, la présence même d'Obama à la Maison blanche a donné le signe d'un changement non seulement symbolique mais aussi réel.
En soi, l'attribution de la plus haute distinction en faveur d'hommes (ou femmes) de paix est un symbole à la fois parce qu'il est noir, mais surtout parce qu'il est américain. Il entre dans la lignée des Martin Luther King, Mandela...
C'est surtout le ton Obama qui est récompensé, une capacité à repenser les rapports nord-sud, amenant à une nouvelle diplomatie tournant le dos à la diabolisation du monde musulman que nous avons connu durant les années Bush et privilégiant le dialogue et l'ouverture sans se renier. En cela, il a été un homme de paix.
La question que l'on peut se poser est, cette distinction est-elle une bonne nouvelle pour Barack Obama. En dehors de flatter son égo durant quelques instants, mais en a-t-il besoin ?... C'est surtout une pression supplémentaire qui tombe sur ses épaules. Il n'a pas le droit à l'erreur. Ou plus encore, il a l'obligation d'agir, et c'est là que cela se complique. L'exemple du Président iranien, le bourbier en afghanistan sont autant de pièges desquels le Président Obama va devoir se sortir et montrer au monde d'abord que l'Amérique a réellement changé, mais surtout, que cette nouvelle politique avec le monde arabe peut fonctionner. S'il réussit, il aura montré au monde entier que son prix Nobel de la paix n'était pas dévoyé.
Publié par gilleshuard à 23:15:24 dans International | Commentaires (1) | Permaliens
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