L'affaire Polanski : voilà une polémique tant passionnante que complexe à commenter dans la mesure où elle fait appel à différents sentiments mais aussi et surtout car elle révèle différents aspects d'un véritable scandale à plusieurs étages.
D'abord l'affaire : L'arrestation de Roman Polanski aura été l'occasion de ressortir une affaire de moeurs vieille de 30 ans, que beaucoup avaient ignoré, que je ne connaissais personnellement pas et dans laquelle le cinéaste de renommée mondiale a été convaincu de viol d'une fillette de 13 ans. Si à l'époque il a reconnu l'acte sexuel, il a revanche réprouvé le terme de "viol" au motif que l'adolescente serait consentente. Plaidant coupable pour marchander une peine réduite (la justice américaine le permet), il n'a finalement pas fait confiance à ses juges et fuit en Europe.
Le scandale ? Il est d'abord au niveau de la justice :
Il est aussi diplomatique. La France se permet de remettre en cause la justice américaine alors qu'elle n'est d'abord pas capable de ballayer devant sa porte (cf l'affaire Outreau). Et puis que dans le cas d'espèce, le jugement de Polanski, aussi talentueux soit-il, fût prononcé à partir de faits avérés, reconnus par lui-même d'ailleurs. Il n'y a donc pas injustice. Ce qui n'était pas le cas de certains des condamnés de Guantanamo qui ne connurent pas de procès et dont certains étaient innocents. Pour ceux-là, la diplomatie française n'a pas levé le moindre petit doigt ; l'émotion du 11 septembre était sans doute trop intense diront certains. Là est le véritable scandale.
Il est également éthique. Certains du monde politique français (F.Mitterand ou J.Lang en particulier), ont accentué le creuset existant entre les politiques et les citoyens, et alimenté de ce fait ceux qui défendent des positions populistes. De même, beaucoup du milieu du cinéma mais plus largement encore le monde culturel et artistique, ont préféré défendre leur sphère que de défendre des convictions justes et courageuses. Si les artistes font rêver les citoyens communs, que J.P Rafarin avaient appelé maladroitement mais à raison "la France d'en bas", la population ne supporte pas (on l'a encore vu ces derniers jours) qu'il y ait les nantis d'un côté et le peuple muet de l'autre, bref l'injustice, l'inéquité.
Enfin le scandale est moral : Indépendamment des aspects juridiques (l'âge reconnaissant la majorité sexuelle), oser mettre en avant l'argument selon lequel parce que l'adolescente aurait été consentente, la responsabilité de Polanski serait amoindrie ou justifierait qu'on efface l'ardoise est tout simplement honteux et amoral.
Et puis on peut s'interroger sur le rôle de la Suisse dans cette affaire ; et son intérêt... La Suisse tenterait-elle de se racheter une virginité aux yeux de Washington alors qu'elle a été longtemps pointé du doigt pour abriter un paradis fiscal ? Rien n'est sûr mais cela n'en reste pas moins troublant.
Certes Roman Polanski est un grand du cinéma mondial, mais pour des raisons d'éthiques, de morale et de justice, il doit s'expliquer devant la justice américaine.
Publié par gilleshuard à 00:35:28 dans Coup de gueule | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gilleshuard à 16:34:49 dans Coup de gueule | Commentaires (0) | Permaliens
Coup de gueule contre ces taxis, parisiens notamment, qui pratiquent ce qu'en économie on appelle un "abus de position dominante". Je ne les prends pas souvent, mais je viens d'avoir la désagréable expérience de taxis qui, en cours de soirée, décident des clients qu'ils souhaitent transporter en fonction de critères que l'on ignore à l'avance.
Loins du sympatique Samy Naceri, qui dans la série des "Taxi", est toujours disponible et au service des utilisateurs de son bolide, ces chauffeurs si peu consciencieux sont en train de tuer leur métier. Ou plutôt ils donnent du grain à moudre aux réformes en cours, qu'ils dénoncent pourtant, qui prévoient d'augmenter le nombre de taxi afin de répondre à la pénurie ambiante. Et pourtant, en pleine crise pétrolière, si l'on veut favoriser l'usage des transports collectifs (publics ou privés), il faut que leur nombre soit suffisant. Les naufragés et auto-stoppeurs nocturnes se réjouiront donc sans doute de ces réformes qui viendront je l'espère mettre un terme à ces pratiques si peu civiques et qui souvent la première image que les touristes étrangers ont de la France. Terrible...
Publié par gilleshuard à 08:32:26 dans Coup de gueule | Commentaires (0) | Permaliens
Ils auraient pu l'appeler "Baygon jeunes" à l'image du produit rendu célèbre par une publicité ("baygon rouge", "baygon vert") qui voulait combattre les moustiques. Justement, en Grande-Bretagne, il s'appelle "Mosquito" (Moutisque en français). Il n'en est rien ; en France, ce produit est appelé Beethoven.
C'est vrai Beethoven était sourd, mais appeler du nom de ce grand compositeur le nom d'un produit commercial destiné à éloigner les bruits provoqués par les jeunes des zones habitées, voilà qui a de quoi le faire se retourner dans sa tombe, et choquer ses descendants. Choquer. Oui, il s'agit bien de cela, car c'est un vrai scandale ; une honte, qui n'a d'ailleurs pas manqué de créer une énorme polémique en France, au point, et on peut le regretter, de faire sans doute bien involontairement de la publicité à son diffuseur.
D'abord j'y vois un paradoxe : celui de protégrer les oreilles sensibles du bruit provoqué par ces jeunes inconséquents en provoquant un son à même de créer des dommages difficiles à mesurer à ce jour ; c'est plutôt insolite, dans une société qui met souvent en avant le principe de précaution.
Mais c'est surtout un scandale car au nom de la sécurité et la tranquilité auquel chacun, bien légitimement, aspire, on présente un produit innovant comme la solution miracle aux problèmes de bruits dans les bas d'immeubles de certains quartiers. Si des problèmes existent, souvent, dans les zones très urbanisées, ce produit n'est qu'une escroquerie intellectuelle et surtout, pas la bonne méthode.
Scandaleux aussi car décidément non, les jeunes ne sont pas des cafards ou des parasites qu'il faudrait, je n'irai pas jusqu'à dire supprimer (ce serait excessif) mais éloigner vers des endroits qu'on estimerait appropriés (des ghettos ?), qu'on jugerait "acceptables". Voilà qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire... Excessif ? Peut-être. Mais qui sait après ce système ce qui pourrait sortir... la voie ouverte est dangereuse.
Arrêtons de ne voir dans les jeunes que des problèmes en puissance. Ils sont surtout des ressources, l'avenir, ils sont ce que la société, leurs ainés, leur propose comme modèle. On le sait bien. Proposons-leur une télévision violente et on se promet une société violente ; on pourrait décliner la comparaison... Les jeunes sont à l'image de ce que leur renvoient les adultes...
Arrêtons d'être sur la défensive, soyons dans la la proposition, construction, si possible la co-construction d'une société qui avance, dans le respect des différences et des aspirations de chacun, mais dans le cadre de l'intérêt général.
Je dis cela, sans angélisme, car dans le même temps, pour connaître les problèmes qui peuvent se présenter à "la France qui se lève tôt" comme dirait notre cher Président, il faut trouver des solutions au problème posé qui ne passent pas par ce type d'offre.
Publié par gilleshuard à 00:18:22 dans Coup de gueule | Commentaires (0) | Permaliens
La Bretagne vient une nouvelle fois d'être victime de la pollution d'un pétrolier. La couche de fuel, échappée d'un navire en chargement dans une raffinerie Total s'étalait lundi sur 22 kms entre Donges et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Coup de gueule contre cette entreprise qui fait de l'écologie une variable d'ajustement de ses budgets et non une priorité... Total qui devrait revoir son slogan : "Vous ne viendrez plus chez nous par hasard" et supprimer le "par hasard" !
Publié par gilleshuard à 22:48:28 dans Coup de gueule | Commentaires (0) | Permaliens
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