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Aujourd'hui des centaines de personnes ayant aidé des sans-papiers se sont rassemblés pour protester contre le délit de solidarité, c'est à dire l'ordonnance de 1945 qui permet de condamner toute personne «qui a facilité l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger». La peine encourue peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.
Alors certes, en 65 ans d'application de cette ordonnance, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière, mais imaginer que les personnes fournissant un repas chaud, le prêt d'un téléphone portable ou le don de vêtements constituent des délinquants en puissance devant être placés en garde à vue et subir des interrogatoirs "musclés", il y a là stigmatisation et reniement de la tradition française de Pays des droits de l'homme.
En réalité il faut distinguer différentes choses. Faciliter l'entrée, c'est à dire participer à des réseaux de transfert et d'accueil de clandestins est une chose. Faciliter le séjour, c'est à dire participer à l'amélioration (modeste, mais utile) des conditions de vie de personnes pour qui le fait de quitter leurs pays constitue un salut, même si leur vie en constitue le prix, c'est une attitude de simple humanité. Il ne faut y voir rien de plus et surtout pas un militantisme partisan.
On le sait bien, la résolution de la question des sans-papiers n'est ni dans la régularisation massive, comme le prétendent de manière démagogique les courants d'extreme-gauche, ni dans le statut-quo, encore moins dans l'isolement. Elle passe par de réels plans de développement des pays de migrations (notamment en Afrique) conçus de manière partenariale et non post-coloniale (cf la "France-Afrique"), internationaux (ou européens) et massifs, c'est à dire des sortes de Plans Marshall pour l'Afrique. On le sait, mais que fait-on ? Peu de choses, d'autant moins en période de crise.
Au lieu de cela, on préfère donner des signes politiques à ceux qui ne voient dans les étrangers que des parasites et les parquer dans des régions entières, et stigmatiser ceux qui les aident. Le problème n'est pas simple, certes, mais ce n'est pas par ce moyen qu'on trouvera la ou les solutions...
Le film "Welcome" que j'ai vu le 23 mars 2009 en est une excellente illustration...
Publié par gilleshuard à 20:11:49 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
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