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On craignait un débat où il ne se passerait rien, comme en 1995, cette fois il n'en a rien été.
Ségolène Royal, mordante dès le début du débat, peut-être pour compenser une fragilité dans les dossiers économiques mais surtout le grand écart qu'elle effectue entre l'extrême gauche et le centre. Au point que, étonnamment, Nicolas Sarkozy a eu du mal à placer ses propositions à tord parfois techniques face aux formules souvent faciles et séduisantes de sa concurrente qui a aimé jouer les donneuses de leçon de bonne gouvernance. Cherchez l'erreur !
Les débattants se sont tous deux présentés comme défenseurs du monde de l'entreprise, de la lutte contre la dette, de la suppression de la technocratie, ... une conversion nouvelle pour la candidate socialiste, c'est heureux, un peu tardive sans doute et si peu crédible.
Ségolène Royal a bien révisé ses fiches sur le nucléaire, du vrai bachotage, elle aurait dû en faire de même durant la campagne au sujet de l'arsenal militaire ! Ce n'est pas très grave de ne pas tout savoir d'un point de vue technique, mais mieux vaut ne pas donner de leçon tant qu'on n'est pas soi-même irréprochable. Très à l'aise sur les questions d'éducation, on peut tout de même s'interroger sur le financement du catalogue de toutes ses mesures...Pour le reste, un débat relativement équilibré, chacun a défendu ardemment ses positions, Nicolas Sarkozy a en un sens gagné ce débat dans la mesure où il est resté calme face à une candidate qui a cherché à le déstabiliser à plusieurs reprises ; mais a perdu en ne réussissant pas à imposer ses vues et obtenir les précisions demandées à son opposante.
Ségolène Royal a perdu le débat dans le sens où elle n'a pas montré le sérieux de sa candidature étant plus en situation d'attaque, de simulation de colère visant à montrer une facette noire de son contradicteur ; elle a gagné en montrant une force de caractère et de détermination et en récupérant (on peut l'imaginer) une partie de son électorat qui s'en était parti voter pour François Bayrou, à coup de mesures de gauche très classiques, en revanche, elle a sans perdu dans le même temps l'électorat de ce dernier qui espérait sans doute voir le visage d'une réformiste et moderne. Dommage.
On a bien senti deux personnalités, deux styles. On regrettera parfois les imprécisions sur les programmes, les incohérences, notamment du côté de Ségolène Royal.A noter la conclusion mieux préparée de Ségolène Royal concluant en tentant de charmer une dernière fois son audience avec un large sourire, voulant être la Angela Merkel française, en référence à la chancelière allemande de droite qui gouverne avec les socio-démocrates, un appel sans doute aux électeurs de François Bayrou. C'est bien essayé ...
On appréciera le calme déployé par Nicolas Sarkozy bien que parfois au bord de craquer. Cela semble être une nouveauté. Ce qui semble paraître étonnant est-il sincère ? Rien n'est moins sûr. Un débat qui n'aura sans doute pas convaincu les plus indécis.
Publié par gilleshuard à 00:08:38 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
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